Les majorités aux États-Unis

Aux Etats-Unis, les jeunes adultes acquièrent différents droits à des âges différents : conduire, voter, boire… Aussi, comme les Etats-Unis sont une fédération d’états, les âges peuvent être différents d’un état à l’autre.

Dans cet article, je vous donne une idée générale de l’âge légal, avec parfois des exemples pour quelques états.

A quel âge peut-on conduire aux Etats-Unis ?

L’âge minimum pour obtenir son permis aux Etats-Unis varie de 14 ans et 3 mois (au South Dakota) à 17 ans (dans le New-Jersey).

En Californie, les jeunes peuvent commencer la conduite accompagnée à 15 ans et 6 mois. A 16 ans, ils peuvent obtenir un permis restreint et à 16 ans et 6 mois un permis sans restrictions.

  • Le "Driver’s Licence" est également la pièce d’identité (I.D.) la plus généralement demandée. On peut l’obtenir dès l’âge de 16 ans dans certains Etats. Chaque Etat délivre son propre permis, et les règles de conduite peuvent varier légèrement d’un Etat à l’autre (en ce qui concerne la vitesse maximum autorisée, notamment). Il est conseillé à toute personne séjournant pour plus de trois mois d’obtenir un permis américain. Sa présentation est souvent demandée, en cas de vérification d’identité, lors d’un payement par chèque, ... Il coûte fort peu cher (20 dollars) en comparaison des services qu’il offre et il serait dommage de s’en passer.
  • Pour obtenir son permis de conduire américain, il suffit de se présenter à l’un des centres agréés de "Driving Licences" dont les adresses figurent dans les pages jaunes de l’annuaire sous la rubrique "State Government", section "Department of Motor Vehicles".

3 380

A quel âge a-t-on le droit de voter aux Etats-Unis ?

Les jeunes américains ont le droit de voter à partir de 18 ans aux USA depuis la loi signée en Juillet 1971. Ça correspond aussi à la majorité civile.

Cependant, 19 états, comme Hawaï, l’Alaska ou encore le Kansas, autorisent les jeunes de 17 ans à voter pour les élections primaires.

En 2013, la ville de Takoma Park, dans le Maryland, a abaissé l’âge de vote à 16 ans, pour les élections municipales et les référendums.

Le droit de vote aux États-Unis est régi par un ensemble de législations fédérales et des États fédérés. À l'indépendance, chacun des États fondateurs disposait de sa propre législation en la matière, y compris pour les élections fédérales. Cette autonomie des États existe toujours, mais est strictement encadrée par un certain nombre de textes constitutionnels et législatifs fédéraux. Les différences existant actuellement entre les États en matière de droit de vote portent surtout sur deux aspects ; la déchéance du droit de vote suite à une condamnation pénale et le droit de vote des étrangers.

A quel âge peut-on devenir président des Etats-Unis ?

Aux États-Unis, une personne doit avoir au moins 35 ans pour pouvoir candidater à la présidence des USA. La constitution interdit à toute personne qui n'a pas encore 35 ans de devenir président. L'âge moyen d'un homme qui entre dans le Bureau ovale pour la première fois est de 55 ans.

4 329

A quel âge a-t-on le droit de boire de l’alcool aux Etats-Unis ?

L’âge légal pour consommer de l’alcool aux USA est de 21 ans. Lorsque vous voudrez acheter de l’alcool aux Etats-Unis, le/a caissier/ère vous demandera systématiquement une carte d’identité.

5 289

Cependant, dans certains états, il est permis de consommer de l’alcool en présence d’un parent dans un endroit privé.

A ce jour, les Etats-Unis font partie des pays dont l’âge légal pour acheter et consommer de l’alcool en public est le plus élevé (il est de 18 ans en France). Cette disposition remonte au vote du National Minimum Drinking Age Act de 1984, qui règlemente l’âge d’achat et de consommation d’alcool en public. Auparavant, l’âge légal était de 18, 19 ou 20 ans dans la plupart des Etats, mais face à l’importance du nombre d’accidents de la route notamment, les parlementaires ont décidé de sévir en plaçant l’âge légal a 21 ans, âge de majorité dans la plupart des Etats jusque dans les années 70. A l’époque, l’alcool était responsable de 60% des accidents, et deux-tiers des morts en voiture pour cause d’alcool étaient des individus âgés de 16-20 ans.

Suite à l’adoption de la loi, chaque Etat a dû voter la hausse de l’âge minimum à 21 ans. Les résultats ont été impressionnants: le nombre de morts de 16-20 ans sur les routes a chuté de moitié, selon le Departement américain de la Santé.

Aujourd’hui, certains Etats se montrent plus « flexibles », autorisant la consommation d’alcool en privé sous la supervision d’un parent ou dans le cadre d’une cérémonie religieuse par exemple (Californie).

En outre, des voix s’élèvent pour remettre en cause ce minimum légal de 21 ans.  Selon une étude de 2010 sur les addictions, 26,3% des Américains entre 12 et 20 ans disent avoir bu de l’alcool dans le mois. Dix-sept pourcent de jeunes de la tranche d’âge se disent « binge drinkers » (consommateur express d’alcool) et 5,1% se considèrent comme des consommateurs importants (au moins cinq boissons au cours d’un même évènement). « Le problème aujourd’hui est la consommation d’alcool sans limite, motivée par des objectifs de performance, dans des endroits clandestins où faire respecter la loi est devenu difficile, écrit John McCardell, ancien président de l’Université Middlebury dans une tribune sur CNN. Il est le fondateur d’une association, Choose Responsibility, qui milite pour un changement de l’âge légal. « La consommation d’alcool chez les jeunes adultes ne prend plus place dans les lieux publics ou en présence d’un autre adulte qui pourrait leur enseigner un comportement responsable ».

A quel âge a-t-on le droit de fumer des cigarettes aux USA ?

L’âge légal pour fumer des cigarettes aux Etats-Unis varie entre 18 et 21 ans selon les états.

La carte ci-dessous vous indique l’âge légal pour acheter des cigarettes dans toute l’Amérique du Nord.

1 540

A Hawaï, il faut attendre 21 ans pour acheter des cigarettes !

En matière d’âge légal pour acheter du tabac, les États Unis n’imposent pas de réglementation fédérale, laissant ainsi le soin aux états de légiférer. L’âge légal pour acheter du tabac le plus communément adopté par la plupart des états est de 18 ans. Cependant, dans les états tels que l’Alabama, l’Alaska, New Jersey, Utah, et à Nassau, Suffolk, et le comté Onondaga à New York, il faut avoir 19 ans pour pouvoir acheter du tabac. Les législations sont aussi très diverses en ce qui concerne l’autorisation de fumer dans des lieux publics.

La majorité sexuelle aux USA

L’âge de la majorité sexuelle est établi par chaque état indépendamment des autres. Il existe bien plusieurs lois fédérales relatives à la protection sexuelle des enfants mais il n’en existe aucune qui impose un âge minimum pour avoir des rapports sexuels.

La majorité sexuelle est de 18 ans en Californie et en Floride, de 17 ans au Texas, de 16 ans au Kansas ou à Hawaï, pour ne citer que quelques exemples.

6 238

Aux Bahamas, il existe une certaine complexité. Les homosexuels doivent attendre 18 ans. Mais leur homosexualité est passible de peine d'emprisonnement si elle est considérée comme évidente. Au Canada et aux États-Unis, l'on a opté pour la souplesse. L'âge légal est de 16 ans, mais un mineur peut consentir à avoir une relation sexuelle avec un autre jeune à condition que les deux partenaires n'aient pas plus de deux ans de différence au Canada et quatre ans aux États-Unis.

A quel âge a-t-on le droit de se marier aux Etats-Unis ?

L’âge légal pour se marier aux USA est généralement de 18 ans, mais varie selon les états. La plupart des états permettent aux mineurs de se marier avec le consentement judiciaire et/ou parental.

En Californie, il faut obligatoirement attendre 18 ans.

2 473

Source : wikipedia

La Loi n° 517.02 du Minnesota (en anglais) autorise un mineur de 16 ans à se marier avec l’autorisation du ou des parents ayant sa garde, de son tuteur ou du juge, « après un examen attentif des faits et du contexte ». Dans le Mississippi (en anglais), l’âge minimum du mariage est de 17 ans pour les garçons et de 15 ans pour les filles, condition qui peut être levée par une autorisation parentale. Dans le New Hampshire (en anglais), l’âge minimum du mariage est de 14 ans pour les garçons et de 13 ans pour les filles, avec une autorisation parentale et judiciaire.

Les Etats-Unis, ce pays où les couples non mariés n’ont pas de nom

Les Américains débattent du « mariage pour tous » depuis si longtemps qu’ils devraient avoir épuisé le sujet. Mais non ! Ils adorent se marier en général, et trouvent sans cesse de nouveaux angles de discussion. Par exemple :

  • quel nom donner à son (sa) partenaire quand on n’est pas (encore) marié ?
  • ou encore : le mariage est-il un truc bourgeois ou révolutionnaire, plan-plan ou enthousiasmant, institution émancipatrice ou carcérale ?

Ces prises de tête passées de mode en Europe du nord titillent d’autant plus aux Etats-Unis que, mine de rien, l’union libre y gagne du terrain.

Du moins, c’est ce que disent les journaux. Pour ma part, je suis toujours étonnée de voir autant de jeunes encore en fac déjà mariés, si peu d’adultes sans alliance au doigt, et tant d’incompréhension générale face à l’idée toute bête de vivre ensemble sans passer par le mariage. Quitte à accumuler les divorces.

Rien d’étonnant, dans un tel paysage, à ce que les gays américains aient réclamé depuis si longtemps le droit à l’égalité matrimoniale, là où les homos français se sont longtemps satisfaits du Pacs.

Ici, les couples non mariés n’ont aucun statut

Je n’ai pas réussi à trouver de pourcentages permettant de comparer l’état matrimonial de nos deux pays, âge par âge, taux de divorce, de remariage, etc, mais voici deux chiffres :

  • en 2009, moins de 4 mariages ont été célébrés pour 1 000 habitants en France ;
  • contre 6,8 mariages pour 1 000 habitants aux Etats-Unis.

Ici, les couples non mariés n’ont aucun statut, alors qu’en France, comme l’explique doctement à ses lecteurs le guide « Just Landed », les gens ont le choix entre trois sortes de vie commune en plus du mariage :

« La loi française fait la distinction entre les couples “non officiels” (en union libre) et “officiels” (en concubinage simple ou en Pacs). »

Elaine Sciolino, une des correspondantes du New York Times à Paris, tentait d’expliquer la mentalité hexagonale à ses lecteurs, le week-end dernier, sous ce titre ironique : « Les Français débattent du mariage gay, à leur manière » :

« La campagne pour la légalisation du mariage homosexuel intervient précisément quand le mariage hétérosexuel n’intéresse plus grand monde. »

Affolement général : l’âge du mariage recule

Tout de même, à défaut de renoncer au mariage, les jeunes Américains font comme tous ceux du monde occidental : ils prononcent leurs vœux de plus en plus tard. Ce qui ne les empêche évidemment pas de « coucher » avant. D’où l’affolement des églises, ligues familiales et même institutions gouvernementales, qui se mobilisent pour revigorer l’institution.

Deux livres sont sortis presque ensemble en 2012, racontant les efforts surhumains déployés par le gouvernement des Etats-Unis, les Etats, et la société civile dans son ensemble pour tenter d’enrayer la baisse des mariages en espérant qu’il en est encore temps.

  • « One Marriage Under God : The Campaign to Promote Marriage in America » (Un Mariage au nom de Dieu : la campagne pour promouvoir le mariage en Amérique), de Melanie Heath, donne le détail incroyable des fonds publics affectés aux actions d’éducation et d’incitation au mariage ;
  • « Not Just Roommates : Cohabitation after the Sexual Revolution » (Pas juste des colocataires : la cohabitation après la révolution sexuelle), de Elisabeth Pleck, retrace les combats pour le droit à l’union libre depuis les années 60.

« Mari » et « femme », trop vieillot, trop connoté

Paradoxalement, grâce au livre de Pleck, on comprend mieux pourquoi certains Américains sont si attachés au mariage, qu’ils considèrent comme un acquis social obtenu de haute lutte : à l’époque où les mariages inter-raciaux étaient interdits, les amoureux n’avaient d’autre choix que de vivre en union libre, marque infâme d’inégalité sociale. Comme les gays aujourd’hui dans la plupart des Etats.

Tout ce tintouin français récent, et américain depuis des lustres, a incité une écrivaine – mariée – à réfléchir à ses propres réticences envers le mariage et ses résonances vaguement passéistes et bourgeoises. Margot Page explique dans le NYT que l’appétit de ses amis gays pour cette institution désuète l’a réconciliée avec sa propre situation conjugale.

Sa rhétorique est surprenante, mais son raisonnement vaut d’être examiné. Margot, donc, et son mari Antony sont mariés depuis 22 ans, mais ont toujours mal assumé la terminologie « archaïque » de la chose. Ils emploient les mots « husband » (mari) et « wife » (femme) avec des pincettes ironiques :

« Le langage a une signification précise, et ce vocabulaire attribuant des rôles dans le mariage représentait un style de vie qui ne me convenait pas. Pendant des années, j’ai usé d’alternatives que j’espérais plus modernes : partenaire, co-parent, meilleur-ami-partageant-mon-lit…

Mais j’avais sans cesse l’impression désagréable de voler ces mots, soit à mes amis gays et lesbiennes qui, eux, n’étaient pas autorisés à les employer, soit à d’autres hétéros plus braves que moi, plus anticonformistes. »

« Les gays ont adoré la vieille terminologie du mariage »

Ces derniers temps, Margot et son Tony ont capitulé, assumant enfin d’être nominalement des époux. Mais ils n’avaient pas vu venir l’appétit des homos pour ces mêmes étiquettes officielles :

« Et vlan, ils se sont ramenés avec ça, revendiquant la vieille terminologie. Utilisant le lexique du mariage traditionnel, non de la manière dont je l’avais fait, avec ironie, mais dans l’esprit sincère d’échange de leurs vœux. Ils adoraient ça ! »

Margot Page bat donc sa coulpe, se demandant honteusement « qui elle est, elle, pour avoir oser réclamer une alternative ». Et, profondément empathique, elle conclut par une nouvelle allégeance à l’institution conjugale :

« Mes amis homos (same-sexing pals), laissez-moi vous dire ceci : mon incapacité à utiliser certains mots sans ironie n’est rien en comparaison de notre longue histoire sociale qui vous a brimé tout ce temps. Je sais que ma minuscule victoire linguistique est négligeable en comparaison de celle que vous êtes en train de remporter pour l’égalité dans le mariage pour tous.

Je m’excuse à l’avance pour les accusations dont vous allez faire l’objet : que vous désanctifiez l’institution du mariage.

Mais sachez que pour beaucoup d’hétéros, au contraire, vous la resanctifiez. Vous la revivifiez. Sachez que, quand je vous entends prononcer les mots “mari” et “femme” avec tant de révérence et d’amour, je me souviens que je peux, moi aussi, les dire. »

Les couples non mariés galèrent pour se trouver des noms

Après cet ode vibrant au mariage, comment d’irréductibles concubins, farouches partisans de l’union libre, courageux Américains bravant les usages sociaux, oseraient-ils encore la ramener avec leur refus de l’engagement signé ?

Un excellent reportage du NYT – encore lui – est paru début janvier, tout aussi long que la tribune précédemment citée, mais que je vais résumer davantage après cette introduction :

« Maintenant que nous sommes parvenus à un certain consensus sur le mariage pour tous, passons au puzzle suivant : comment appelle-t-on deux personnes agissant comme si elles étaient mariées, mais qui ne le sont pas ? »

Notez qu’on ne s’intéresse plus au sexe des personnes en question ; il peut s’agir aussi bien de couples hétéros que homos.

« Amant » ? Trop sexualisé

On n’est pas en France où, après bien des années de flottement et avec la multiplication des unions civiles, les termes « compagne » et « compagnon » semblent être entrés dans le langage courant, du moins pour les adultes. Aux Etats-Unis, dès qu’un enfant désiré paraît, il est encore rarissime que les parents ne se marient pas.

« Tous s’accordent à reconnaître que “partenaire” sonne horriblement : trop anodin, vide, froid.

“Amant” est peut-être pire : trop sexualisé, graphique, uni-dimensionnel.

“Boyfriend” fait gamin.

“Significant other” [intraduisible, ndlr] : trop années 80.

“Ami spécial” ou juste “ami”, utilisé par les plus de 65 ans : carrément ridicule. »

La lexicographie légale n’apporte aucune lumière puisque, contrairement à la France où le terme « concubin » existe dans la loi, les démographes américains n’ont pas ressenti le besoin de recenser les unions libres avant 1980. Le NYT explique :

« Jusque dans les années 70, les “ faux époux ” étaient si rares et si tabous qu’on n’avait pas besoin de les compter. Lors du recensement de 1980, on a fait un effort pour évaluer le nombre de ces créatures, en les dénommant “personnes de sexe opposé partageant un lieu de vie”, POSSLQ, à prononcer “possle cue”. »

L’humour, quand les gens ne sont pas à l’aise

Un autre terme est souvent utilisé dans les médias, qu’on retrouve aussi dans cet article du NYT : « Paramour. » J’aime bien. Mais pas Carmen Fought, linguiste du Pitzer College, qui considère que les petits noms rigolos sont révélateurs d’un inconfort général vis-à-vis des couples non mariés :

« L’humour est la stratégie courante pour faire face aux bizarreries sociales. Quand ils ne sont pas à l’aise, les gens se réfugient dans le sarcasme. »

Carmen Fought prend l’exemple du titre « Ms », contraction de « Mrs » (Mme) et « Miss » (Mlle), qui est apparu dans les années 70 et désormais prévaut aux Etats-Unis pour toutes les femmes :

« Quand on aura trouvé là aussi la bonne terminologie, vous verrez que ça changera la manière dont pensent les gens. »

Voilà. Toutes ces histoires américaines superficielles et vaguement hors-sujet pour vous distraire du très sérieux débat en cours à l’Assemblée nationale française…

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×