Pour commencer : la soie

La différence fondamentale entre le lancer de la mouche et tout autre lancer réside dans le poids du leurre. On peut lancer un leurre, appât ou cuillère, comme on lance une pierre à la main : la masse du leurre entraînera derrière lui la ligne. La mouche, en revanche, n’a pas de masse propre et ne peut entraîner la soie.

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En tant que pêcheur à la mouche, vous utiliserez des imitations d’insectes qui sont pour ainsi dire sans poids : des mouches fabriquées dans du poil, des plumes, du tinsel* et du fil. Avez-vous déjà tenté de jeter une plume au loin ? C’est impossible. Elle na pas de masse mais offre une résistance à l’air. Dans la pêche à la mouche, la masse que vous lancerez ne sera pas celle du leurre, mais celle de la soie, et son poids sera réparti sur toute sa longueur ou bien concentré dans les premiers dix ou douze mètres. La mouche est portée comme une passagère, à l’extrémité d’un bas de ligne monofilament**, qui, à son tour, est attaché à la soie. Le bas de ligne est presque invisible et forme le lien entre la soie et la mouche. Lui aussi est quasiment sans poids.

* Les tinsels sont utilisés pour réaliser les corps de mouches et des streamers.

** Le monofilament, appelé aussi nylon, est utilisé pour garnir les moulinets, réaliser les bas de ligne et les montages, monter des palangres, des lignes de traîne... Le monofilament est souple, possède peu d'effet de mémoire et il résiste bien aux nœuds et à l'abrasion. Son développement spécifique pour la pratique de la pêche a littéralement révolutionné la discipline. Avant le Nylon, qui est arrivé sur le marché dans les années 50, les pêcheurs devaient en effet se contenter de crins et de cordelettes. Aujourd'hui, le monofilament est toujours d'actualité, incontournable pour certaines techniques, comme les pêches ultra-légères ou les pêches à la traîne. Pour la réalisation des bas de ligne, on privilégie plutôt le fluororcarbone, plus raide et moins visible dans l'eau. Les fils monofilament peuvent être transparents ou colorés pour une meilleure visibilité côté pêcheur (contrôle de la bannière avec des fils fluo notamment). La régularité du calibrage, le coefficient d'élasticité, le rapport diamètre - puissance, la résistance aux nœuds, à l'abrasion et aux effets du temps sont autant de caractéristiques qui déterminent la qualité d'un fil de pêche monofilament.

C’est donc la soie que nous lançons et, du fait de sa longueur et de sa flexibilité, son poids ne peut fléchir la canne comme celui d’une cuillère, par exemple, que l’on lance d’un coup sec. Le lancer de la mouche est un mouvement de toute la canne imprimé par une impulsion de la main dans le plan vertical, suivie d’un blocage ferme du poignet. Pendant cette accélération, le poids de la soie bande et « charge » la pointe du scion*. A la fin de l’accélération, lorsque le talon de la canne est bloqué, l’extrémité souple du scion fouette en arrière, tirée par la soie longue et flexible qui continue sur sa lancée, passant par-dessus la pointe de la canne, pour former une boucle ouverte qui roule et qui s’étend.

* Partie la plus fine d’une canne à pêche, de celle au bout de laquelle on attache la ligne.

Cette action se répète sur chaque lancer. Elle doit être effectuée en arrière et en avant pour produire un lancer complet. L’amplitude des mouvements peut varier de quelques centimètres à près d’un mètre, selon la longueur de la canne et de la soie et selon la taille du pêcheur et de la longueur de son bras. Il y a donc deux coups pour chaque lancer : c’est le seul sport présentant cette particularité. Dans les autres sports, de balle en particulier, vous préparerez votre coup lentement en arrière, pour ensuite le déclencher par un geste en avant, rapide et ample. Dans le lancer de la mouche, ce n’est pas le cas : vous devez mettre autant de force pour aller en arrière que pour aller en avant. Il est primordial de comprendre cette notion de base. La soie doit s’étaler derrière vous de la même manière que devant vous, si vous voulez en garder le contrôle. Si vous préparez lentement en arrière pour lancer en avant trop brutalement, vous entendrez un claquement et votre bas de ligne partira comme un fouet, au risque de perdre la mouche. La vitesse et la puissance doivent être identiques dans le lancer arrière et le lancer avant, et la longueur de soie doit être constante.

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Malheureusement, nous arrivons à l’âge adulte sans avoir développé les muscles pour le lancer arrière. Voilà pourquoi tant de pêcheurs à la mouche ont du mal à apprendre à bien lancer sans l’aide d’un professionnel. Il n’y a pas de raccourci ; vous devez développer et entraîner vos muscles, leur inculquant ce qu’il faut faire à chaque lancer arrière, jusqu’à ce qu’ils répondent automatiquement. Le lancer arrière est le premier défi technique.

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La soie est l’élément essentiel de votre équipement. Vous devez choisir le poids et le profil de votre soie en fonction du type de pêche que vous aimez, de préférence une soie flottante, puis trouver une canne qui la lancera parfaitement. Dans la gamme des soies du commerce, classées de 1 à 12, correspondant au poids en grains des premiers 10 mètres de soie, le poids idéal pour l’apprentissage est #6. Elle est assez lourde pour vous donner une sensation de poids agréable (mieux que le #5) et la canne qui lui conviendra sera assez légère pour éviter une fatigue excessive pendant l’apprentissage. Toutes les cannes ne conviennent pas à une soie #6, donc il faut en choisir une qui lui soit adaptée. Les cannes portent sur le talon, entre la poignée et l’anneau de départ, les références de la soie correspondante.

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