Le sevrage

Longtemps pratiqué par les éleveurs, le sevrage brutal est aujourd'hui contesté par de nombreux spécialistes. Si votre poulain doit être sevré, donnez-lui le temps de s'habituer en douceur à sa nouvelle indépensance !

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Interrompre l'allaitement : un acte artificiel

Le sevrage consiste à interrompre l'allaitement d'un jeune poulain, de façon artificielle, au moment où cela paraît nécessaire pour la santé de la jument ou pour l'intérêt de l'éleveur.

A l’état naturel, le sevrage du poulain apparait en moyenne vers dix mois, quand la mère est prête à nouveau à mettre bas. Le jeune arrête alors de téter. Mais il reste avec sa mère jusqu’à sa maturité sexuelle. En élevage, les poulains sont généralement séparés de leur mère vers cinq ou six mois, plus tôt parfois. Ce sevrage artificiel et précoce entraîne un stress important, une perte d’état physique, voir l’apparition de stéréotypies. L’idéal serait donc probablement d’attendre un âge tardif pour séparer la mère de son poulain, et que cela se fasse à l’initiative de la mère et du poulain plutôt que par la volonté de l’homme. Mais malheureusement, les contraintes de l’élevage font que ce sevrage naturel est relativement difficile à mettre en place. Pour diminuer le stress du sevrage artificiel, différentes mesures ont été testées.

L'offre et la demande

La lactation (production du lait par la jument) est un mécanisme soumis au principe de l'offre et de la demande. Plus le poulain tète, plus la jument produit du lait, moins il tète, moins elle en produit.

Chez la jument vivant en liberté, le lait se tarit très progressivement. Lorsque le poulain grandit, il broute de plus en plus, passe de plus en plus de temps avec les autres poulains et tète moins fréquemment. Cependant, il suffit qu'il tète une ou deux fois par jour pour que la lactation persiste.

Au-delà de l'allaitement

Au sein d'un troupeau, la jument pleine près du terme écarte généralement son poulain précédent pour qu'il cesse de téter et cède la place au second. Mais une relation étroite entre la mère et son petit se poursuit souvent jusqu'à la maturité sexuelle de ce dernier. Si c'est un mâle, il sera écarté de la horde entre deux et trois ans. Si c'est une jument, elle prendra sa place dans le troupeau en devenant mère à son tour.

Ne pas agir contre la nature

Dans les élevages, l'homme intervient souvent pour procéder à un sevrage artificiel. Jusqu'à une époque récente, les éleveurs séparaient un beau jour le poulain de sa mère sans autre forme de procès. Au cours d'un sevrage de ce type, les cris déchirants émis des deux côtés disent assez combien ce geste cruel est contre nature.

Aujourd'hui, heureusement, on commence à admettre qu'un sevrage brutal est traumatisant et nocif pour la mère et pour le poulain et, de surcroît, peu justifié.

Bon pour le moral

Lorsqu'il vit dans un troupeau libre ou en semi-liberté, le poulain s'éloigne très progressivement de sa mère. Peu à peu, il explore le monde, joue de plus en plus avec les autres poulains et se met à manger par lui-même, ne tétant plus qu'occasionnellement. Le lait de la jument se tarit doucement en même temps que le poulain devient autonome. Si vous le pouvez, accordez à votre jument et à son poulain le temps nécessaire pour un sevrage naturel.

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Pourquoi sevrer ?

L'allaitement mobilise une bonne partie de l'énergie de la jument. Si cette dernière est pleine, il est bon d'interrompre la lactation afin que le fœtus profite au maximum de l'apport alimentaire et des forces vives de sa mère.

Si la jument n'est pas pleine, le sevrage peut être justifié dans le cas d'une jument de sport ou de loisir que l'on souhaite remettre au travail. Travail et allaitement ne sont pas incompatibles, mais l'accumulation des deux entraîne une fatigue importante qui risque d'user prématurément l'animal.

Le sevrage n'est pas obligatoire

Si la jument n'est pas pleine et qu'elle ne reprend pas un travail régulier, on peut laisser le poulain téter aussi longtemps qu'il le souhaite à condition de procurer à la mère une nourriture riche et abondante et, éventuellement, des compléments alimentaires.

Le poulain à qui l'on procure un début d'éducation et des compagnons cessera de lui-même de téter avant un an.

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Le tout jeune poulain ressent une profonde détresse dès qu'il est séparé de sa mère. Il sait qu'il est en danger. A six mois, il montre déjà plus d'indépendance, mais la séparation provoque encore une grande inquiétude et beaucoup de souffrance.

Bon à savoir

Durant le sevrage, il faut aider le poulain à s'adapter à sa nouvelle alimentation par l'adjonction d'un complément alimentaire spécifique. C'est également le bon moment pour lui donner un vermifuge.

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Le jeune poulain continue longtemps à jouer avec sa mère et à apprendre beaucoup d'elle.

Sevrer progressivement

Le but du sevrage est de faire cesser la lactation, non de séparer la mère et le poulain définitivement.

Une question d'équilibre

La mère continue d'éduquer son poulain assez longtemps. Pour son bon équilibre psychologique et son complet développement, le petit doit recevoir les soins, l'attention et l'enseignement maternels jusqu'à sa maturité. Une séparation brutale marque le poulain définitivement.

Faire diversion

Le sevrage ne doit en aucun cas intervenir avant les six mois révolus du poulain. Pour réduire la lactation, vous devez espacer les tétées. Pour cela, vous pouvez éloigner la mère ou le poulain quelques heures par jour d'abord, puis de plus en plus longtemps. Pour que tout se passe au mieux, il est préférable de mettre le poulain en compagnie d'autres poulains avec lesquels il pourra jouer ou avec des chevaux plus âgés qu'il connaît déjà.

Six semaines pour devenir grand

Séparez, par exemple, le petit de sa mère tous les matins, pendant une ou deux heures, durant une à deux semaines. Pendant les deux semaines suivantes, séparez-les cinq ou six heures d'affilée. Autorisez encore deux tétées par jour pendant quelques jours, puis séparez la mère et le poulain pendant 12 heures, puis 24 heures un jour sur deux. La lactation ne sera complètement interrompue qu'au bout de six semaines environ. Dès que le lait est tari, on peut réintroduire le poulain et sa mère sur le même pré.

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Si vous n'avez pas de compagnon de jeu à offrir à votre poulain pendant le sevrage, tenez-lui souvent compagnie.

Le bon geste

Le meilleur remède contre le "blues" du sevrage, c'est la compagnie d'autres poulains. Le besoin de jeu est tel qu'il mobilise largement l'attention du petit séparé de sa mère. Le contact rassurant de ses congénères contribue aussi à amoindrir son inquiétude. La technique des éleveurs consiste souvent à retirer la mère de la pâture en laissant le petit avec les autres juments et leurs poulains et à introduire une nouvelle jument non suitée.

Le coin du pro

Bien que cela paraisse cruel, il est préférable d'éloigner suffisamment la jument et son petit pour qu'ils ne puissent plus communiquer. Tant qu'ils s'appellent, ils cherchent à se rejoindre à tout prix et risquent de se blesser sur les clôtures.

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