Le standard du cheval

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Chaque race possède son standard : taille, robe, modèle, ossature, etc. Mais, même si votre cheval est le fruit d'un mélange indéfinissable, vous devriz pouvoir le rattacher à un type : sa conformation appartient, en quelque sorte, à une famille particulière de chevaux et le destine à tel ou tel usage.

La beauté est relative

Dans la nature, un "beau" cheval est un cheval adapté à son milieu, qui a développé au mieux ses capacités pour bien vivre dans son environnement. C'est le barbe dans les régions semi-désertiques d'Afrique du Nord, le shetland dans les îles Britanniques battues par les vents, le haflinger dans les herbages des montagnes.

Beauté absolue, beauté relative

En dehors des critères esthétiques – variables d'une personne à l'autre, d'une discipline à l'autre et d'une époque à l'autre -, il existe des critères de la beauté permettant de juger assez objectivement le modèle d'un cheval.

On appelle "beauté absolues" les points forts que l'on recherche chez tous les types de chevaux : bons aplombs, articulations fortes, tissus solides. On appelle "beautés relatives" celles qui conviennent à un certain type de cheval : l'épaule inclinée pour un pur-sang, droite pour un cheval de trait, par exemple. De même, il existe des défauts absolus (mauvais tissus, mauvais aplombs, etc.) et des défauts relatifs (épaule droite chez un pur-sang).

Trois grands types

De nos jours, on distingue trois grands types de chevaux :

  • les chevaux à intensité de contraction. Ce sont des modèles brévilignes : membres courts, épaule peu allongée, croupe ramassée, angles articulaires plutôt courts. Il s'agit essentiellement des chevaux de traits, massifs, possédant des muscles volumineux, une encolure courte et puissante, une épaule droite, un poitrail large. Leurs coprs est plutôt cylindrique. Leur centre de gravité est bas, leur masse les prédispose à la traction.

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  • les chevaux à étendue de contraction. De modèle longiligne, hauts sur pattes, légers et élégants, avec des angles articulaires ouverts, ils sont adaptés aux allures étendues et rapides. L'exemple type est le pur-sang.

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  • les chevaux de type intermédiaire ou médioligne. C'est le cheval de selle et de sport, adapté à de nombreux types d'efforts. Le selle français, le trakehner, le quarter-horse appartiennent à ce type.

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Un type fonctionnel

Selon l'usage auquel on le destine, le cheval doit appartenir plutôt à l'un qu'à l'autre type. Savoir reconnaître un type permet de choisir un cheval en connaissance de cause. Ensuite interviennent des distinctions plus subtiles, qui permettent de rattacher l'animal à une race spécifique.

L'ensemble des traits qui distinguent une race constituent le standard.

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Chez certaines races, comme l'appaloosa, la robe revête une importance

Le gène qui détermine la couleur « appaloosa » est réprésentée par les lettres LP et détermine ce qu'on appelle les patrons ou patterns dans la race. Ceux-ci sont nombreux et possèdent plusieurs dénominations différentes. Un appaloosa en l'absence de ce gène (lp) sous sa forme dominante ressemblera en couleur à n'importe quelle autre race de chevaux et on dira de sa robe à ce moment qu'elle est solide. Quand on dit d'un appaloosa qu'il est coloré, on fait allusion à sa partie « appaloosa » de sa robe. C'est cette « couleur appaloosa » qui est diverse.

En gros la façon d'interagir de ce gène est la suivante. Sous sa forme hétérozygote (LPlp) la couleur tachetée caractéristique s'exprime et sous sa forme homozygote dominante (LPLP) le fond blanc apparaît seulement avec parfois quelques taches mais très peu nombreuses ou même pas de taches du tout. Bien entendu sous sa forme homozygote récessive (lplp) le cheval n'a donc pas le gène et donc aucune apparence extérieure d'appaloosa en terme de robe uniquement car il possède tout de même la morphologie de la race.

A partir de ces informations on peut déterminer les patrons suivants :

LPlp = fond blanc tacheté

1)   Si le cheval est blanc tacheté à la grandeur du corps on dira de lui qu'il est léopard.

2)   Si la partie tachetée n'apparaît qu'à la croupe (fesses), on dira « couverture tachée (spotted blanket) et si cette couverture est très étendue, par exemple recouvrant jusqu'au garrot (épaules) on pourra même dire « near léopard » ou « extended blanket ».

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LPLP = fond blanc sans ou avec très peu de taches

1)   Si le cheval est blanc à la grandeur du corps on dira de lui qu'il est « few spot leopard »

2)   Si la partie blanche n'apparaît qu'à la croupe, on dira que c'est un « couverture blanche » (white blanket ou snowcap).Si cette même couverture est très étendue jusqu'au garrot on pourra même parler d' « extended snowcap » ou même à la limite pourra être confondu avec un few spot leopard.

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Entre ces deux patrons plus ou moins étendus, il y a des variantes. Par exemple le cheval solide qui a hérité du gène du rouan et qui effectivement rouannera avec l'âge. Le cheval dont le fond blanc ne s'est pas complètement imposé (par l'action de d'autres gènes inconnus) et qu'on pourra appeler « floconneux ou neigeux » (snowflake) et même parfois on pourra entendre parler de léopard inversé (reverse leopard) si les taches blanches sont nombreuses et bien réparties sur un fond sombre. Ce type de patron est peu fréquent et apparaît plus souvent lorsqu'on croise une autre race avec l'appaloosa comme le Quarter horse par exemple. Si ce même patron est plutôt localisé à la croupe on entendra parler de « lacey blanket ». Il arrive parfois même que l'on distingue des taches foncées en transparence sur un fond solide en regardant de près.

Les taches elles-mêmes sont souvent de tailles et de formes variées. On retrouve des taches très petites comme de très grosses taches, des rondes, d'autres plus effilées. Certaines sont entourées d'une bande de poils rouannés et on entendra souvent le terme « peacock spot ». Certains chevaux ont des taches tellement nombreuses et si rapprochées qu'elles se confondent.

Bien entendu en lien avec ces patrons de robe, certaines particularités font partie de la race et déterminent si nous avons ou non affaire à un appaloosa. C'est ce qu'on appelle les caractéristiques de la race. Ces caractéristiques peuvent apparaître autant sur un cheval « coloré » que sur un cheval « solide » n'ayant pas à prime abord de patron appaloosa apparent et permettront alors d'identifier ce dernier comme étant bien un représentant de la race et lui permettre ainsi d'obtenir des papiers d'enregistrement de l'Appaloosa Horse Club « régulier » (sans lettre N devant le numéro).

peau marbrée (mottled skin) :

C'est-à-dire une peau où on dénote des zones de peau pigmentées (noires) et non pigmentées (rose). On voit généralement facilement ce type de peau sur les parties génitales et/ou autour des yeux et des naseaux/bouche.

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cornée blanche (white sclera) :

C'est vraiment caractéristique des appaloosas. L'oeil ressemble en apparence à un oeil humain en ce sens qu'on distingue nettement le blanc de loeil (cornée) en un seul regard.

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sabots striés (striped hooves) :

Ce sont des sabots striés verticalement et en alternance de bandes blanches et noires.

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Enfin parfois, mais pas toujours on aura des sujets avec très peu de crins ou des crins courts (sparse mane and tail). On entend aussi souvent parler de « queue de rat » lorsque les crins sont rares et peu longs sur la queue du cheval. Parfois aussi on retrouve des marques blanches sur les pattes mais celles-ci ne touchent pas nécessairement le sabot. On dira en anglais « lightning marks).

Comme mentionné au début, le cheval appaloosa en plus de son patron de robe, a d'abord et avant tout une couleur de base comme n'importe quelle autre race. Ainsi si votre cheval est par exemple léopard, il apparaitra blanc mais ses taches vous permettront de déterminer sa couleur de base. Si ses taches sont rousses (brunes) sur le corps et apparaissent noires sur le bas des pattes, votre cheval est donc un bai et par conséquent un léopard bai. Parfois la couleur bai est si foncée qu'elle peut être confondue avec un noir. La seule façon scientifique et sûre pour être certaine du génotype de votre cheval est de prélever des crins avec les racines et de les envoyer tester à l'Université Davis en Californie qui est spécialisée en ce domaine et pour un coût somme toute très raisonnable. Parfois avec des « few spots leopard » ce test devient nécessaire en l'absence de taches ou de couleurs spécifiques apparentes.

La génétique de cette race de chevaux est vraiment intéressante en ce sens qu'elle offre une panoplie de dessins différents. En fait chaque appaloosa est vraiment unique.

On ne connaît pas encore toute l'interaction de chacun des gènes de couleur mais avec cette base vous pouvez déjà mieux comprendre les résultats de vos croisements et même arriver à programmer quelque peu le destin.

Vous pouvez connaître les couleurs de base résultantes de vos reproducteurs en connaissant les couleurs dominantes et récessives et en sachant si vos chevaux sont homozygotes ou non pour tels gènes.

Par exemple :
  • vous éviterez de croiser deux chevaux de couleur Isabelle (buckskin) ou Palomino car vous savez que vous aurez une chance sur quatre d'avoir un cremello/perlino et que cette couleur dans les patrons appaloosa n'est pas souhaitable car les taches et le fond blanc se confondent car il n'y a pas assez de contraste.
  • vous ne croiserez pas de chevaux gris avec l'appaloosa. Ce gène étant dominant simplement en voyant le cheval avec un oeil d'initié et en voyant les photos du cheval à un plus jeune âge, vous reconnaîtrez cette couleur. A défaut d'en tenir compte vous perdrez toute la robe caractéristique de la race en quelques mois ou années.
  • -Vous saurez que deux chevaux alezans ne peuvent donner de poulains noirs et serez à l'affût si quelqu'un essaie de vous vendre un poulain noir dont les parents sont alezans.

La liste est longue d'applications courantes et pratiques au quotidien de l'éleveur ou de tout propriétaire d'appaloosa avide de connaissances.

Le standard

Pour chaque race reconnue, le stud-book définit des critères permettant d'évaluer la conformité d'un individu. Les éleveurs s'efforcent d'accentuer les points forts d'une race sans faire perdre à celle-ci sa personnalité et sa richesse génétique – qui pourraient disparaître à la suite d'une sélection trop acharnée, de croisements répétés ou de métissages trop généreux.

Le saviez-vous ?

Les frisons sont sélectionnés avec une rigueur particulière : les sujets qui ne correspondent pas stictement au standard de la race sont éliminés de la reproduction. Et comme ils sont forcément noirs, on a l'impression qu'ils sortent tous d'un même et superbe moule !

Une notion arrêtée par l'homme

Du point de vue de l'homme, un beau cheval est avant tout un cheval adapté à la tâche qu'on lui destine : le percheron ou le shire pour tracter, le pur-sang pur filer sur les champs de courses, le lipizzan opur exécuter des airs de haute école. Cette beauté est relative; il suffit d'inverser les rôles pour s'en apercevoir. Un percheron (modèle bréviligne par excellence) ferait ricaner sur un terrain de concours, mais un pur-sang ne serait pas moins ridicule attelé à la charrue.

Le standard : un ensemble de données

Le standard d'un cheval permet en principe d'estimer ses capacités dans telle ou telle discipline. Il est également important en terme d'élevage. Mais pour juger un cheval, rien ne vaut un essai sur le terrain.

Définir le standard

Pour connaître le standard d'une race, il faut consulter le stud-book ou s'adresser à un syndicat d'éleveurs spécialisés. Le standard prend en compte essentiellement le modèle : type, ossature, taille, conformation générale, aplombs, robe, nature du poil, des crins et de la corne, tête, etc. Les allures et la façon de se déplacer sont également importantes.

Une importance inégale

Si vous destinez un cheval à la reproduction, sa conformité au standard de la race sera un atout important, en particulier s'il s'agit d'un mâle. Toutefois, dans le domaine de l'équitation sportive, les résultats en compétition et le pedigree pésent souvent plus lourd que la conformation. On a vu réussir des chevaux qui n'avaient pas un physique de star.

Certaines races ont des standards très arrêtés. Les poulains se ressemblent alors comme les petits pois d'une même cosse. Les frisons, par exemple, sont sélectionnés avec beaucoup de rigueur et leur modèle varie peu. Chez les pur-sang ou les anglo-arabes, en revanche, on trouve de tout, aussi bien dans la taille que dans le modèle, la robe ou le tempérament.

Le coin du pro

Pour chaque race, le stud-book définit les robes admises. La robe n'a pas forcément une valeur en soi mais, inévitablement, un palomino chatoyant à la pâle crinière lunaire ou un grand cheval noir avec de superbes marques blanches feront plus forte impression sur les jurys – et sur les acheteurs – qu'un alezan un peu terne ou le vingt-cinquième bai de la journée.

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La tête du cheval doit correspondre elle aussi au standard de la race – ici un trakehner – mais il est certain qu'un chanfrein un peu concave ou des oreilles mal plantées ont moins d'impact sur les performances futures qu'une épaule trop droite ou des articulations trop minces.

 

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