Annexe 1

Annexe 1 : Biographies des artistes du Nose Art.

Donald E. Allen (4 fighter Group).

http://fourthfightergroup.com/resource/megura.html

http://amcmuseum.org/

Après avoir suivi les cours de Cleveland School of Art et obtenu un diplôme d'illustrateur, Donald Allen est appelé sous les drapeaux en février 1942. Il intègre la section camouflage de fort Belvoir en Virginie puis l'école de mécaniciens de l'USAAF où il travaille sur des AT.6, B.40 et des B.17. En mars 1943, il est affecté au 334 Fighter Squadron. Il réalise ses premières peintures pour le Capt Audrew Stanhope : Vic France et Miss Dallas.

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Durant la guerre, il réalisera plus 39 peintures et 16 noms d'avions. Comme il nous l'explique : « se procurer du matériel était toujours un tour de force. J'allais dans les hangars emprunter les couleurs utilisées par l'armée, essentiellement du bleu, du rouge, du noir, de la couche passivante à chromates de zinc. Parfois je devais travailler au couteau, surtout la laque qui séchait tellement vite ; il m'est arrivé d'obtenir de véritables pinceaux et de la térébenthine, ce qui facilitait les choses, mais la laque abîmait très vite les pinceaux. La plupart de mes dessins, je les imaginais tout seul, en essayant de ne pas tomber dans la vulgarité - certains squadrons de bombardiers arboraient des nus assez minables. Tout dépendait du commandant. Personne ne m'a jamais critiqué parce que j'essayais des filles sexy mais un tant soit peu vêtues ; si on me demandait du nu intégral ; je refusais parce que, tout simplement cela ne me disait rien. Mais la Miss Painfield de Steve Pisano était couverte d'un voile imperceptible. Je n'ai jamais copié les Varga et les Petty girls, bien que je m'en sois souvent inspiré [...] Dans la plupart des cas, le pilote me donnait une idée générale et un nom. Je préparais une petite esquisse, généralement en noir, rarement en couleur et je lui soumettais. Si elle lui plaisait, je l'agrandissais directement sur l'avion243(*) ».

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Donald Allen justifie l'engouement des militaires pour le Nose Art : « une peinture singularise un avion. Après tout, il y a des milliers d'avions du même type, qui se distingue uniquement par leurs lettres de code et leur numéro de série. Très souvent la peinture avait une signification spéciale pour le pilote et un effet positif sur son moral. C'était important pour les taches difficiles dont il était chargé ! S'il choisissait souvent un sujet féminin c'est que les femmes étaient rares dans son secteur avec des attraits aussi séduisants que les pin-up de Vargas ou de Petty244(*) ». Après la guerre Donald Allen est embauché aux studios Ad Art de Cleveland.

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1945: QP-U 44c-73304 "Blondie" was flown by Lieutenant Marvin Arthur of the 334th Fighter Squadron. Cpl. Jerry Byrge & S/Sgt. Don Allen (right) showing off the swept-back red nose of the P-51D

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Don Allen (left) Marvin Arthur at the 4th Fighter Group Reunion in Knoxville TN during June 17-21 1999 

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* 243 ETHELL Jeffrey.L, SIMONSEN Clarence, De 1914 à nos jours histoire de la peinture de guerre, Paris, MDM, 1992, p.92.

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Cliquez sur l'image ci-dessus

* 244 Idem, p.94.

Philip S. Brinkman (486 Bomb Group).

http://www.philbrinkman.com/phil-brinkman-nose-art-paintings.htm

http://www.486th.org/Brinkman/Sketches/Sketch13.htm

PhilBrinkman.com

« Avant la guerre, j'étais un artiste professionnel ; je touchais un peu à tout245(*) » rappelle Philip Brinkman. « Je travaillais pour des agences de publicité de St Louis et Chicago et je peignais un peu en faisant du tourisme246(*) ». Devenu un artiste accompli au terme de six années d'expérience, Brinkman est appelé dans l'Armée de l'air et affecté à un guard squadron stationné à la base aérienne de Davis-Monthan (Arizona) où il restera deux ans et demi avant que Winfred d. Howell, commandant le 843 Bomb Squadron, le fasse transférer dans le 486 Bomb Group qui doit rallier l'Angleterre. Du passage de Brinkman, la base de Davis-Monthan gardera de nombreux souvenirs picturaux, parmi lesquels, dans son centre de loisirs, une énorme fresque illustrant l'histoire de l'aviation.

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Il se lance ensuite dans le Nose Art en proposant des peintures de femmes ayant pour thématique les signes du zodiaque. Ses peintures forcent l'admiration de la 8 Air Force, faisant de lui un artiste reconnu du Nose Art. Comme lui-même le souligne : « j'utilisais des pinceaux classiques et j'achetais mes peintures dans les villes les plus proches. Je peignais surtout des femmes, peut-être pour continuer la tradition des bateaux, mais surtout parce que tous les militaires aimaient ça. Je ne faisais pas payer les équipages de mon squadron, et aux autres, je demandais à peu près 40 à 50 dollars247(*) ». Installé dans la région de Miami en 1946, Brinkman ajoutera à sa liste de mérites académiques ceux de la Washington University School of Fine Arts (St Louis), de l'American Academy (Chicago) et de la Grand Central Academy (New York). On ne compte pas le nombre de ses peintures murales qu'il effectue par la suite.

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Arthur Da Costa (355 fighter Group).

Arthur Da Costa intègre l'armée après les évènements de Pearl Harbor. Alors qu'il est cuisinier, il réalise au mess des officier une peinture murale représentant des figures mi-femme mi-ange. Remarqué par Tom Lea, dessinateur de Time Life, Arthur suit quelques cours de dessins à ses côtés. Muté au Special Service, il réalise alors de nombreux portraits et peintures murales. Il travaille sans esquisses, dessinant directement au fusain sur ses supports, puis estompe ensuite les traits avant de peindre. Arthur vient au Nose Art lorsque des soldats lui demande de peindre sur leurs avions les mascottes qu'il réalise sur les blousons des aviateurs. Pour obtenir le brillant et la transparence des couleurs, il commence par faire un dessin sur du papier journal, puis il le découpe en suivant les contours et le met de côté. Il applique alors le reste du journal sur le fuselage et vaporise avec de la laque blanche, de sorte que lorsqu'il retire le papier, il lui reste la forme blanche qui lui servira de fond. C'est ainsi qu'il obtient un meilleur rendu que s'il travaillait directement sur le fond vert olive très terne du camouflage.

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  « Je crois que ma première peinture de guerre a été Miss Behave pour le Capt Henry Kucheman248(*) », raconte Arthur De Costa. « Comme c'était quelqu'un que j'appréciais beaucoup, je voulais vraiment lui faire plaisir. C'est alors que l'idée m'est venue de préparer mes silhouettes à la laque blanche et d'y peindre les personnages réels avec un mélange de peinture à l'huile et de vernis. De l'époque où je peignais des portraits, j'avais gardé une boite à peintures que j'emportais partout avec moi et à Cambridge, j'ai trouvé une boutique d'art où j'ai pu trouver des pigments et de l'huile, ce qui m'a permis de compléter ma panoplie avec du vrai matériel de professionnel - mis à part mon essence indice d'octane 100249(*) ». De Costa admet avoir été l'un des peintres du Nose Art les plus privilégié de la Seconde Guerre Mondiale : « la peinture de portraits, les décorations de fuselage et autres réalisations faisaient partie de mon travail dans les Special Services. Je n'avais aucun supplément de solde. A Saffron Walden, j'ai aussi fait plusieurs portraits pour le personnel volant et les états-majors du Fighter Wing, des peintures pour la scène de l'orchestre local, pour les différents bals ou autres manifestations de ce genre. Je dois avoir une vingtaine de peinture de Nose Art à mon actif, essentiellement des P.47250(*) ». Pour créer ces pin-up, De Costa avoue s'inspirer des dessins d'Esquire : « toutes mes peintures sont nées de ma seule imagination, même si parfois, je me suis un peu inspiré d'Esquire. Comme j'ai toujours été très intéressé par l'art classique et l'utilisation du nu, j'ai essayé de tout fondre, dans un mélange du meilleur goût possible251(*) ». Après la guerre, Arthur De Costa entre à l'Academy of Fine Arts de Pennsylvanie où il étudie la peinture murale. Il devient ensuite artiste à plein temps d'abord comme illustrateur puis il est nommé à la faculté de l'Academy of Fine Arts de Pennsylvanie.

* 245 Idem, p.106.

* 246 «Ibid.»

* 247 Idem, p.109.

* 248 Idem, p.95.

* 249 «Ibid.»

* 250 «Ibid.»

* 251 «Ibid.»

Thomas E. Dunn (Squadron 432, RCAF).

http://www.bombercommandmuseum.ca/noseartnlsfull.html

En même temps que ses études supérieures, à la fin des années 1930, T. Dunn suit des cours de calligraphie par correspondance. Diplômé, il est embauché dans un magasin de quincaillerie, mais s'entraîne chaque soir à tracer des inscriptions sur tout ce qu'il peut trouver. Engagé dans la Royal Canadian Air Force en octobre 1940, il suit une formation de base au Manning Depot de Brandon (Manitoba), puis se spécialise dans la mécanique en Ontario, effectue des stages dans différentes bases de la RCAF de l'Ontario et de l'Ottawa et, en 1943, rejoint la Nouvelle Ecosse d'où il rallie l'Angleterre et le Bomber Command de la RAF. Les hommes du Squadron 432 de la RCAF, stationné près de York, ne tardent pas à découvrir les dons artistiques de Dunn, qui est rapidement sollicité pour peindre les bombardiers Handley Page Halifax, puis les Avro Lancaster de l'unité. Parmi les six ou huit Nose Art qu'il réalise, ses favoris restent, pour les Halifax, Moonlight Mermaid et Willie the Wolf. L'artiste se fait payer 5 livres sterling par peinture et selon la coutume, il orne du O ailé du squadron, le nez de chaque bombardier qui revient de sa vingt-cinquième sortie en Allemagne. Après sa démobilisation, il travaille dans les différents ateliers de Winnipeg, Toronto et Kitchener, où l'illustration et la calligraphie constituent l'essentiel de son activité professionnelle, la peinture et la menuiserie prenant ensuite le relais dans ses loisirs de retraité, à Kitchener.

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Harold Kearl (pilot) of Calgary
who flew Willie The Wolf to Rawcliffe
to be scrapped.

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Nicholas H. Fingelly (447 Bomb Group).

Enfant, Nicholas Fingelly aimait dessiner des paysages, des animaux, des avions et fabriquer des maquettes d'avions. Plus tard, il se prend de passion pour l'aéronautique dans les années 30 et il finit par entrer dans l'Armée de l'air. A peine son entraînement terminé, en novembre 1943, il rallie le 709 squadron, 447 Bomb Group, stationné en Angleterre. Son expérience artistique lui vaut rapidement une dizaine de sollicitations pour des peintures de Nose Art, qu'il se rappelle avoir réalisées pendant ses heures libres ; d'abord L'il Eight Ball, Nazdrowie, Hurry Home, Sarah Gray, Miss Minookey. De toutes ses peintures, la plus célèbre et la plus photographiée reste certainement A Bit O Lace, dont il a orné un B-17G. Cette peinture inspirée de l'héroïne de Milton Caniff Miss Lace, lui demandera cinq heures de travail. La Forteresse effectuera quatre-vingt-trois missions avant de regagner les Etats-Unis, le 5 juillet 1945, avec Fingelly à son bord.

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Jack Gaffney (91 Bomb Group).

Appelé sous les drapeaux en octobre 1941, Jack Gaffney devient le chef d'équipage adjoint dans le 401 squadron, 91 BG à Manchill Field. Muté en Angleterre, il décore plus de 10 B.17. Lui-même raconte : « la peinture que j'utilisais, je la prenais, ou la faisais prendre par d'autres, au magasin du groupe. Les équipages choisissaient le thème de leur Nose Art et nous cherchions dans les magazines les illustrations adéquates252(*) ». Chaque peinture demande en moyenne deux ou trois heures de réalisation. Une fois démobilisé, Jack Gaffney est embauché dans une société d'alimentation pendant 41 ans. Une fois à la retraite, il prend des cours de peintures et expose ses oeuvres au San Bernardino County Museum.

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* 252 Idem, p.117.

Anne Joséphine Hayward (Croix Rouge).

Le Nose Art n'est pas l'apanage des hommes. Pendant la guerre, l'American Red Cross Aero Club engage pour trois livres par semaine, une jeune anglaise nommée Anne Hayward, qui doit apporter un peu de chaleur aux hommes du 385 BG, stationné à Great Ashfield. Agée d'une vingtaine d'années, vive et dynamique, celle que l'on surnomme Annie, experte en peintures de femmes, s'impose rapidement par ses talents d'artistes. Le responsable du mess des soldats, qui a vent de ses talents artistiques, lui suggère de décorer les murs : elle entreprend alors d'y peindre des danseuses de rhumba qui soulèvent un tel enthousiasme, que les officiers lui demandent de venir égayer leur club. C'est pour elle le début d'une période d'activité intense où, sollicitations issues de toutes parts, elle consacre ses heures libres à imaginer pour les B.17 des peintures de Nose Art dont Dragon Lady, Thunderbird, Madame Shoo pour ne citer que les plus connues : « J'ai dû peindre des surnoms et des diminutifs sur presque toutes les Forteresses de Great Ashfield, décorer les blousons de cuir de la plupart des hommes d'équipage et sans doute la quasi-totalité des murs des salles de mess253(*) ». Après la guerre, Anne, devenue Madame Gordon, obtient un diplôme d'histoire de l'art à l'université d'Oxford. Peintre toujours passionnée, elle se souvient aujourd'hui avec émotion de ses années partagées avec les équipages de bombardiers et lorsque l'écrivain Phil Cohan l'interroge sur le Nose Art et ce qu'il pourrait avoir d'offensant pour la gente féminine, elle répond sans hésiter : « c'était pour la bonne cause : soutenir le moral des hommes dans une période si tragique. Chaque équipage attribuait à son avion et sa peinture de guerre des vertus spéciales, qui leur portaient chance et leur assuraient une forme de sécurité dans l'adversité254(*) ».

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Leland J. Kessler (306 Bomb Group).

Bien qu'il ait toujours peint et envisagé des études artistiques avant de s'engager dans l'AAF, Lee Kessler a révélé son talent à travers ses peintures de guerre. Après une formation d'artilleur à Las Vegas, il est l'un des premiers à être affecté au 306 Bomb Group alors en formation à Wendover, dans l'Utah. Là, il commence à peindre des portraits dans la base, puis un B.17 sur le mur du bureau du commandant et, de fil en aiguille, devient l'artiste en titre du 386 Bomb Squadron. En cette année 1942, Kessler arrivé en Angleterre, est cependant sollicité pour prêter son talent et sa créativité à la personnalisation des avions : « le pilote et son équipage se mettaient d'accord sur une idée, puis ils venaient me la soumettre pour que j'en fasse le croquis. Si cela leur plaisait, je faisais la peinture pour 5 dollars... et sur les deux côtés de l'avion255(*) ».

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* 253 Idem, p.121.

* 254 «Ibid.»

* 255 «Ibid.»

Al G. Merkling (20 combats Mapping Squadron).

Avant la guerre Al Merkling occupe un poste d'illustrateur et caricature souvent les touristes à Philadelphie. Lorsqu'il est appelé sous les drapeaux en 1942 Al n'oublie pas sa passion : « je n'ai jamais abandonné ma passion. Avant de quitter les Etats-Unis, je faisais le portrait des copains, dans les baraquements, ce qui m'a rapidement valu une réputation d'artiste256(*) ». Al est affecté à un laboratoire dans le Pacifique sud et commence à dessiner ses premières pin-up : « nous sommes arrivés en Nouvelle Guinée avec des avions couverts de peintures de guerre mal faites, carrément bâclées. Quand les copains m'ont demandé d'arranger ça, je me suis empressé de le faire et ils m'encourageaient tous257(*) ! ». Il réalise ensuite des nombreuses peintures sur une douzaine de Liberator, un A.20 et deux C.47 : « les pilotes et l'équipages me suggéraient parfois une idée générale, me parlaient de leur ville natale ou de souvenirs personnels, et je créais quelque chose à partir de là258(*) ». Comme le souligne l'artiste : « je n'utilisais ni calendrier ni images d'aucune sorte ; tout jaillissait de mon imagination. L'argent ? J'étais souvent payé en bières. Parfois, l'équipage évaluait mon travail à deux caisses de bières259(*) ».

Al Merkling ébauche directement ses dessins sur le métal à l'aide d'un crayon de bûcheron : « j'utilisais tout ce qu'il me tombait sous la main : peinture de façade, vernis au shellac ou mélanges d'huiles et d'essence, que je travaillais avec des brosses de peintre en bâtiment préalablement taillées ou avec tout ce que je pouvais trouver. Avec des températures toujours supérieurs à 35, ma peinture cuisait littéralement sur le métal, à peine étalée et le bleu de la livrée crépitait de partout. Comme je ne pouvais pas poser ma main sur le fuselage, il me fallait toujours prévoir une forme de protection spéciale260(*) ». Après la guerre, Al Merkling retourne travailler dans sa fabrique à jouet.

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James C. Nickley.

Attiré par les arts dès son plus jeune âge, Nickley doit interrompre ses études pour rejoindre l'armée où, comme beaucoup d'autres artistes, il réalise très tôt qu'aucune affectation ne correspond à ses capacités. Il opte donc pour la photographie et devient technicien dans un laboratoire. Affecté au 6 Photo Group des Blackhawks, il rallie le Pacifique en février 1944, avec les Lightning du 36 Photo Squadron. Il consacre ses heures de liberté aux peintures de guerre, dont les plus célèbres resteront Lucky Strike sur un B.24, et Daisy Mae. Il se familiarise avec le Nose Art : « comme il y avait des bombardiers dans toutes les îles... il a suffi que je réalise une peinture de guerre, pour que le bruit coure et que les commandes pleuvent. Je dois en avoir une centaine à mon actif. La plupart du temps, c'étaient les équipages qui m'en suggéraient le thème. J'ai aussi effectué plusieurs retouches sur des peintures qui commençaient à s'abîmer261(*) ». Sa famille pourvoit à ses besoins en pinceaux et en tubes de peinture à huile, bien qu'il utilise aussi des vernis et quand la térébenthine vient à manquer, il lui substitue du carburant de P.38, à fort indice d'octane.

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Rusty Restuccia (494 Bomb Group).

Rusty Restuccia réalise, encore adolescent, de nombreuses affiches publicitaires pour l'entreprise de son père. Il obtient ensuite une bourse pour poursuivre ses études dans le Massachussetts College of Art. Il commence alors à étudier l'art de l'affiche, puis se tourne vers le portrait dans la tradition des grands maîtres. Et la guerre éclate. Durant celle-ci, il est affecté au 494 BG mais c'est au sein du 865 squadron qu'il se fait connaître en réalisant sur les blousons de cuir des aviateurs, le fameux Pluto de Walt Disney, l'emblème de l'unité. Un jour un pilote lui présente une photo de sa femme et lui demande d'en faire le portrait géant sur le fuselage de son Liberator. Rusty Restuccia réussit une oeuvre très ressemblance qui reçoit le nom de Suggin Sal et lui vaut une pluie de commandes, dont on retiendra notamment Sitting Pretty, Bomb Shell, Hawaiien Dream, Innocence A'Broad, Double Trouble, The Bull, Taloa et My Girl of my Dreams, sans compter les innombrables décorations de blousons. Il réalise ses peintures de fuselage en traçant d'abord les grands traits puis progresse par étape en indiquant à l'équipage ce dont il a besoin pour continuer. « Ils se débrouillaient pour piquer de la peinture aux Marines et j'en arrivais souvent à mélanger les pigments jaune orange de différentes variétés de haricots, utilisés pour peindre les canots, par les habitants de l'île Angon avec qui j'entretenais de bons rapports. Je parle de l'époque où nous avions quitté les Iles Mashall et les Mariannes pour Trul et Peleliu. Un jour, les indigènes m'ont aussi apporté un pinceau en poils de cochon ; en guise de pinceau, j'utilisais souvent des brosses, normalement destinées au nettoyage des instruments, que je taillais à ma convenance. A vrai dire, je faisais feu de tout bois...Quant à l'argent ? Je n'ai jamais réclamé un sou262(*) ». Malgré le brillant avenir que laissaient augurer les nombreuses distinctions obtenues avant son engagement dans l'armée, Restuccia renonce à la peinture dès la fin de la guerre, trop handicapé par ses nombreuses blessures.

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http://www.flightjacket.com/nose-art.html

* 256 Idem, p.96.

* 257 Idem, p.97.

* 258 Idem, p.99.

* 259 Idem, p.100.

* 260 Idem, p.99.

* 261 Idem, p.111.

* 262 «Ibid.»

Anthony L. Starcer (91 Bomb Group).

Anthony Starcer se fait remarquer au sein de l'armée en réalisant tout d'abord des fresques murales pour le mess des officier. De ses premières peintures de guerre, notamment Dame Satan, Careful Virgin et Memphis Belle, jusqu'aux décorations de Forteresses aussi célèbres que General Ike, Out House Mouse, Nine O Nine et Delta Rebel, il laisse son empreinte sur plus de 130 B.17 avant la fin des hostilités. Pour Starcer, soutenir un tel rythme de production n'a rien d'extraordinaire, « parce que les équipages étaient si fier de leurs forteresses volantes qu'ils ressentaient tout de suite le besoin de leur donner un nom ; ils les désignaient toujours par un nom, jamais par des lettres ou des numéro de séries. Ils y étaient très attachés. C'étaient des machines dont on tombait forcément amoureux263(*)». Même si la production semble couler de source, « rien ne se faisait sous l'impulsion du moment. Tous les membres de l'équipage se réunissaient pour se mettre d'accord sur un nom et une illustration, puis je préparais une esquisse que je leur soumettais pour vérifier si elle répondait à leurs souhaits264(*) », raconte l'artiste. S'il obtient le feu vert, Starcer peint non seulement l'avion, mais aussi les blousons de l'équipage. Une des ses oeuvres les plus connues est une immense reproduction d'une Petty Girl d'Esquire qu'il réalise en deux versions : l'une en maillot de bain rouge, l'autre en maillot de bain bleu.

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* 263 Idem, p.113.

* 264 «Ibid.»


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