Hollywood s'en va-t-en guerre

En 1941, le cinéma américain se mobilise. Films de propagande ou d'instruction, techniciens ou acteurs en uniforme, tournées des stars sur le front pour soutenir les troupes, la huitième plus grande industrie du pays participe pleinement à l'effort de guerre.

Tyrone Power, l'un des sex-symbols masculins des années 1940 et héros de nombreux films de cape et d'épée, s'engage dans les marines en 1942. Il devient pilote d'un transport C-46 et effectue de nombreuses missions dans le Pacifique, à Saipan, Iwo Jima et Okinawa, avant de participer à l'occupation du Japon.

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En juillet 1942, Tyrone et Annabella organisèrent chez eux, une vente de charité au profit de la France Libre. Ils font recette... Annabella dira : "Nous avons fait une grosse recette... Le seul ennui c'est que nous n'avions plus de jardin. Il y était passé plusieurs milliers de personnes. Nous étions morts de fatigues mais contents de nous." Tyrone tourne The Black Swan (Le Cygne Noir, 1942) aux côtés de Maureen O'Hara. Le film terminé, il s'octroya quelques jours de détente à Saltair mais ne pouvait s'empêcher d'écouter chaque bulletin de guerre.

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A la même époque, l'amitié de Tyrone et Watson monta d'un cran. Tyrone éprouvait pour lui une affection qui n'était pas de la simple camaraderie, il avait en lui une confiance aveugle, une adoration unique. Ils se parlaient avec une sincérité et un abandon sans pareil, qu'ils n'avaient jamais eu ou éprouvé avec quiconque auparavant. Tyrone écrira à Watson : "Crois-moi Watson, ce que tu me dis de notre amitié, je le pense mille fois. Tu es en fait, mon seul ami intime. Après nos longues nuits de veille, tu dois le savoir. Je n'ai pas à te dire des choses que tu sais si bien..." Après le tournage de Crash Dive (Requins d'acier, 1943), dont la critique fut sévère, Tyrone se présenta au bureau des recrutements de la marine à Manhattan. Il signala qu'il avait son brevet de pilotage, mais fut malgré tout déclaré inapte. Il comprit aussitôt que Zanuck empêchait toute affectation.

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Il réussit enfin a être mobilisé et envoyé avec Henry Fonda au camp de Pendleton. Mais avant son départ, il eut une liaison qui mit dangereusement son mariage en péril. Il s'éprit violemment d'une femme, Judy Garland, au point de mentir à son épouse. Judy était exigeante, elle alla jusqu'à demander à Tyrone de quitter Annabella pour elle. Entre eux ce fut l'amour fou pendant un certain temps, mais interrompu par l'appel de Tyrone au camp de Pendleton. Mme Lang, ex-ami de Carole Lombard, donna avec Annabella une soirée en l'honneur de Tyrone, mais aussi de Glenn Ford qui allait intégrer les Marines. Rapidement, Tyrone sut se servir d'un fusil, se montrant une excellente recrue et passa très vite au rang de Lieutenant.

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Pendant ce temps, Ann Hardenberg, la sœur de Tyrone, enceinte, était venue tenir compagnie à Annabella à Saltair. Lorsque Tyrone revenait à Saltair les WE, c'était pour tenter de sauver son ménage. Pourtant, toujours tiraillé entre Judy et Annabella, il finit par s'éclipser aussi le week end et restait avec Henry Fonda à San Diego "Je n'ai jamais vu Henry de si belle humeur" écrit-il un jour à Watson. Judy refusait de voir Tyrone, elle lui avait adressé un ultimatum et menaçait même Tyrone de suicide. Lorsqu'il avoua à Annabella son amour pour Judy, celle-ci resta stoïque et refusa le divorce. A l'humiliation de cet adultère s'ajoutait pour Annabella l'impossibilité de donner un enfant à Tyrone, ceci, malgré les examens. La liaison avec Judy terminée, Tyrone tenta de se faire pardonner par son épouse, suivirent de longues lettres et elle le pardonna, même si la blessure ne devait jamais vraiment se refermer.

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Au Printemps 1944, il écrivit à Watson : "Un mot seulement pour te dire que je pense à toi. Je suis arrivé hier. Ici c'est affreux. La base est immense, terriblement anonyme. Je voudrai que tu demandes à Clark (Gable) de m'envoyer par écrit, la raison qui l'a fait revenir à la vie Civile. Plus de mille personnes me l'ont demandé. Tout ce que je peux répondre c'est que je n'en sais rien, mais il a bien de la chance." Ty fut affecté à un escadron de transport de troupes et apprit à piloter un DC3. Il pilota également un bombardier D25. Enfin, le 21 novembre 1945, Tyrone rentra définitivement et même si le couple Power reprit une vie "normale", plus rien ne fut comme avant, la guerre, mais aussi Judy et la faiblesse de Tyrone les avaient séparés. Tyrone tourna en mai 1946 The Razor's Edge (Le Fil du Rasoir) aux côtés de Gene Tierney et Anne Baxter. Avec le retour de Tyrone, les rendez-vous du dimanche à Saltair, reprirent de plus belle. Avec tous les habitués, Cesar Roméro, les Niven etc...Mais un dimanche, alors qu'ils faisaient une partie de cache-cache dans la résidence, Primmie Niven, âgée de 25 ans, chuta mortellement dans les escaliers de la cave de Saltair et décéda à l'hôpital. Ce fut un drame éprouvant pour Tyrone et Annabella. Tous se succédèrent pour venir en aide au pauvre David. Alors que Tyrone s'apprêtait à tourner Captain from Castile (Capitaine de Castille, 1947), il eut une aventure avec Lana Turner. Il partit au Mexique tourner le film et Lana le rejoignit à sa grande surprise. Très entreprenante, Tyrone fut vite étouffé et supplia Annabella de ne pas demander le divorce. En 1947, Tyrone tourne Nightmare Alley (Le Charlatan).

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Le film dont on attendait pas les éloges, fut un succès et Zanuck en fut consterné. Tyrone y tient le rôle d'un homme qui parvient au succès en se servant des femmes attirées par son physique. Puis, il devient l'ombre de lui-même, sombre dans la folie. Zanuck était persuadé que ce rôle nuirait à Tyrone, que ses admiratrices seraient horrifiées de le voir dans "cet état". Mais ce film lui permit de prouver qu'il était un acteur capable d'une composition difficile et convaincante. Tyrone mit fin à sa liaison avec Lana, et Annabella demanda le divorce, qui fut prononcé à son profit le 26 janvier 1948. Tyrone était libre et ruiné, pourtant il s'arrangea pour qu'Annabella reçoive une pension honorable pour le reste de sa vie.

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Clark Gable, sûrement la plus grande vedette masculine des années 1930 avec son rôle dans Autant en emporte le vent, est cameraman – et mitrailleur – sur bombardier B-17.

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En 1944, le Département de la guerre américain avait lancé « The Memphis Belle : A Story of a Flying Fortress », un film documentaire relatant les 25 missions et le retour à la maison de l’avion. C’était un film documentaire d’une durée de 45 minutes réalisé en 1943-1944 par William Wyler, l’un des réalisateurs en vogue recrutés par l’armée US et surnommés les « colonels d’Hollywood » envoyés sur le front et embarqués à nord du Memphis Belle. Il retraçait la mission du bombardier sur Wilhelmshaven, en Allemagne, le pilonnage de la base navale et des chantiers navals.

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C’était une véritable opération de propagande visant à faire comprendre les enjeux des bombardements aériens par les Alliés en général et par les Américains en particulier. On soulignait que ces missions étaient dangereuses et entraînaient de fortes pertes, ce qui obligeait à recruter sans cesse de nouveaux équipages…

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Mais la pièce maîtresse de l’opération de propagande était bien l’implication directe, sous l’œil des caméras, de l’acteur à succès Clark Gable.

L’acteur Clark Gable avait même été mis à contribution pour cinq missions, dont une au-dessus de l’Allemagne, la plus médiatisée d’entre elles.

C’était l’acteur le plus connu, sous contrat avec les studios de la Metro Goldwyn Mayer (MGM). C’était sans aucun doute la tête d’affiche de cette opération de propagande. Trois années après avoir connu le succès retentissant du film Autant en emporte le vent, il avait rejoint l’US Army Air Forces.

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Son mariage en 1939 avec sa troisième femme, l’actrice Carole Lombard, avait été l’épisode le plus heureux de sa vie personnelle mais tout cela allait se terminer par un drame. Le 16 janvier 1942, alors qu’elle était en tournée pour vendre des bons de guerre, la comédienne devait disparaître dans le crash de son DC3 qui s’était écrasé dans une montagne, près de Las Vegas.

En cette même année 1942, suite au drame, ravagé par le chagrin, Clark Gable avait rejoint l’US Army Air Forces. Avant sa mort, Carole Lombard lui avait suggéré de participer à l’effort de guerre et il allait suivre à la lettre ce qui lui avait dit la femme de sa vie. Mais la MGM était forcément réticente à le laisser partir. Finalement, Gable avait reçu une « affectation spéciale » dans les forces armées aériennes.

Durant une bonne partie de l’année 1943, Clark Gable avait été en poste à la base aérienne de

Polebrook, dans le Northamptonshire, pour un plan de recrutement de mitrailleurs pour les B17.

Il avait été formé avec le 351e Bomber Group, à Bigs Army Air Base au Texas, en compagnie de six hommes de l’unité cinématographique et à la Pueblo Army Air Base, dans le Colorado.

Ses missions de combat, en tant que mitrailleurobservateur, avaient commencé dans l’une des B17 Flying Fortress, le 4 mai 1943, lors d’un raid sur la Belgique, contre les usines Ford et General Motors.

Quelques semaines plus tard, le 10 juillet 1943, il avait participé au bombardement de l’aérodrome de Villacoublay, en France. Puis, le 24 juillet, son appareil avait attaqué les usines de produits chimiques Norsk Hydro, en Norvège.

Mais ce fut surtout le 12 août 1943, qu’il avait mené avec l’équipage de son bombardier, la mission la plus dangereuse, au-dessus du territoire allemand.

Son B 17 avait bombardé une usine de pétrole synthétique, à Gelsenkirchen, dans la Ruhr. Son appareil avait été touché assez sérieusement et avait perdu l’un de ses moteurs. 11 Fortress du

351e Bomber Group avaient été plus ou moins endommagées. La mission avait mal tourné. L’un des hommes de l’équipage avait été tué et deux autres blessés assez sérieusement.

Clark Gable, mitrailleur dans la tourelle dorsale avait ouvert le feu contre des chasseurs allemands qui avaient riposté. Un obus de 20 mm avait touché la botte de l’acteur et lui avait frôlé la tête, heureusement sans exploser.

Lorsque ces informations étaient parvenues aux oreilles des patrons de la MGM, ils avaient demandé aussitôt à l’Armée de l’Air de réaffecter Gable à des tâches sans risque. Ce qui avait été immédiatement fait.

James Stewart, promu major dans une unité de bombardement basée en Angleterre, participe fin 1943 à de périlleuse missions sur l'Europe – où il commande jusqu'à 50 bombardiers B-24 – et finit la guerre comme colonel. Vrai militaire, il reste dans la réserve jusqu'en 1968 où il termine général de brigade. Il devient après 1945 un promoteur très efficace à Hollywood du lobby de la nouvelle US Air Force (créée en 1947), en jouant dans plusieurs films à la gloire de l'aviaton américaine dans la guerre froide.

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"Jimmy" Stewart fut de tous les grand acteurs d'Hollywood celui qui s'investit le plus dans l'aviation. Pilote privé, puis pilote militaire, il fit une brillante carrière dans l'USAF, tout en tournant plusieurs films d'aviation qui restent des classiques du genre.  Nous n'aborderons pas ici sa carrière artistique sur laquelle on dispose, par ailleurs, de nombreuses études et commentaires. Nous mettrons donc l'accent sur sa carrière de pilote, au service de son pays, et sur l'acteur, au service de la promotion de l'aviation.

James Maitland Stewart naquit le 20 mai 1908 à Indiana, en Pennsylvanie, dans une famille de commerçants en quincaillerie. Après des études d'architecture à Princeton, il s'inscrivit à la nouvelle University Players, créée dans le Massachusetts. Il y rencontra, en autres, Henry Fonda et Margaret Sullivan. Il tourna son premier film ("Art Trouble") en 1934. Dés son arrivée à Hollywood, son premier arrêt fut au terrain d'aviation de Mines Field. Il ne fut pas le seul acteur à voler à Mines Field (et plus tard, à Clover Field); il y rencontra Frances Langford, Robert Taylor, Joan Fontaine, Tyrone Power. Une fois son brevet obtenu, il participa, en 1937, avec son agent artistique, Leland Hayward, à une course, entre Los Angeles et Cleveland. Il obtint son brevet de pilote professionnel en 1938.

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A 32 ans, devenu une étoile montante d'Hollywood, ayant reçu un Oscar pour "Indiscrétions" (1940), et une nomination pour son rôle dans "Mr. Smith au Sénat" (1939) de Frank Capra, il fut appelé par le service militaire, comme tous les hommes entre 21 et 35 ans, dont le nom avait été tiré au sort, la conscription ayant été instauré dès octobre 1940, aux USA. Mais, il ne fut pas admis, à cause d'un problème de poids. Il se porta donc volontaire après avoir acquis quelques kilos. Il passa de justesse la visite d'incorporation, et fut engagé le 22 mars 1941, devenant ainsi la première star d'Hollywood à porter l'uniforme. Après son instruction à Moffett Field, prés de San Francisco, il fut nommé sous-lieutenant le 19 janvier 1942 et servit comme instructeur sur monomoteur, puis sur multimoteur, jusqu'en août 1942. Il participa à plusieurs émissions de radio et tourna des courts métrages pour l'USAAF, destinés à favoriser le recrutement, comme " Winning your wings". En février 1943, il devint instructeur sur B-17 et fut basé à Gowen Field (Boise, Idaho). Mais alors que la guerre faisait rage, tant dans la Pacifique qu'en Europe, son avenir dans l'USAAF ne lui apparaissait pas clairement. Il craignait de finir la guerre aux USA, en faisant des courts métrages pour l'USAAF ou des tournées dans le pays, pour placer des bons de guerre. Passant outre la voie hiérarchique, il alla plaider sa cause auprès du lieutenant colonel Walter Arnold, le commandant du 28th Training Group de Gowen Field. Cette démarche fut utile, car peu après, il fut affecté à Sioux City (Iowa), au 445th Bombardment Group et devint le commandant du 703rd Bombardment Squadron équipé de B-24. Il utilisait souvent son Stinson personnel pour aller voir ses parents, en Californie. Le 10 novembre 1943, il s'envolait avec son escadrille pour l'Angleterre. Jimmy pilotait le B-24 "Tenofus" (s/n 41-29132). Ils atterrirent à Tibenham, le 25 novembre 1943, après un long détour par l'Atlantique sud. Il fit sa première mission de guerre le 13 décembre 1943, sur Kiel. Alors que les missions se succédaient sur l'Allemagne, il fut promu major, le 20 janvier 1944, ses supérieurs appréciant ses qualités de commandant de groupe. En mars 1944, il fut affecté en tant qu'officier des opérations, au 453rd Bomb Group, ce qui ne l'empêcha pas de participer à plusieurs missions en Allemagne, mais aussi en France (Troyes, Siracourt…). Tous ses coéquipiers et supérieurs s'accordaient pour louer sa simplicité et sa valeur au combat. Il fut décoré de la Distinguished Flying Cross, de la Croix de Guerre, ainsi que de l'Air Medal. Après avoir achevé son tour de vingt missions de combat, il fut nommé chef d'état major du 2nd Combat Bombardment Wing de la 8th Air Force, à Hethel. Quelques jours avant le débarquement de Normandie, il fut promu lieutenant-colonel, devenant ainsi un des rares Américains à passer de simple soldat à officier supérieur en quatre ans. Colonel en mars 1945, Jimmy Stewart rentra aux USA à bord du "Queen Elisabeth", en septembre.

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Après la guerre, il joua un rôle actif dans l'US Air Force Reserve et fut nommé général de brigade (une étoile) en juillet 1959. En 1966, il participa, en tant qu'observateur, à une mission sur le Vietnam, à bord d'un B-52. Il prit sa retraite le 31 mai 1968, après 27 ans de service. Il ne cessa de voler pendant toutes ces années, non seulement lors de ses périodes militaires, mais aussi avec son avion personnel (il en eut plusieurs, dont un bimoteur, un Piper Super Cub, un Beech Bonanza…). En 1949, son P-51C Mustang (N5528N), piloté par DeBona, remporta le trophée Bendix.

C'est après la guerre qu'il commença à tourner plusieurs longs métrages ayant pour thème l'aviation. En 1948, il joue le rôle d'un pilote de transport, patron d'une petite compagnie charter, qui ne possède qu'un seul avion, dans "L'extravagante Mlle Dee" de H.C. Potter. C'était alors la situation de beaucoup de pilotes militaires qui, après la guerre, furent encouragés par le gouvernement à monter leur propre affaire pour gagner leur vie. Dans ce film, il partageait la vedette avec Joan Fontaine, qui était également une pilote privée.

Trois ans plus tard, il apparaît dans un rôle totalement différent, celui d'un ingénieur en aéronautique, dans le film anglais "Le voyage fantastique". Le scénario tourne autour d'un nouvel avion de ligne qui subit un échec catastrophique, en raison de la fatigue rapide de sa  structure métallique, après un certain nombre de vols. Il s'inspirait du roman de Nevil Shute No Highway (1948) qui prédisait curieusement les graves problèmes qu'allait rencontrer le De Havilland Comet, en 1954…

En 1954, le colonel Stewart, après un entretien avec le général Curtiss LeMay, le chef du Strategic Air Command, persuada la Paramount de faire un film sur le SAC, alors qu'on était en pleine guerre froide. Il persuada également les studios de le faire réaliser par Anthony Mann, avec lequel il avait déjà tourné quatre films, depuis 1950. Dans ce film, intitulé simplement "Strategic Air Command", Jimmy Stewart joue un peu son propre rôle, celui d'un colonel de réserve qui doit reprendre du service pour assurer la transition entre les bombardiers à hélices et les premiers jets.

En 1957, James Stewart, qui avait alors 49 ans, dut lourdement insister auprès de Jack Warner pour jouer le rôle du jeune Charles Lindbergh (25 ans), au moment de sa traversée historique de l'Atlantique, dans l'"Odyssée de Charles Lindbergh", mis en scène par Billy Wilder. Il visionna de nombreux films d'époque pour copier les manières de "Lucky Lindy", alias "Slim" (le "mince"), dont il avait au moins la silhouette, sinon l'âge, mais il dut se faire teindre les cheveux en blond.

En 1961, James Stewart lit, sans apparaître, le prologue du film "X-15" dédié aux pilotes de la NASA. Quatre ans plus tard, il tient la vedette dans le "Vol du Phoenix", d'après un scénario de Elleston Trevor, un ancien pilote de Spitfire pendant la guerre. Il y tient le rôle d'un vieux pilote de transport qui doit se poser dans le désert.

En 1977, alors que sa carrière cinématographique parvient à sa fin, on le voit dans "Les naufragés du 747" (1977), en milliardaire collectionneur d'art. C'était le dernier film  de la trilogie des "Airport", dont le casting recruta souvent des acteurs sur le retour (Myrna Loy, Gloria Swanson, Alan Ladd…). On ne sait trop ce que venait faire James Stewart dans ce mauvais film catastrophe.

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Après, James Stewart ne tourna plus de film d'aviation, même si sa carrière artistique se poursuivit jusque dans les années 80, principalement à la télévision. Il mourut chez lui, à Beverley Hill, le 2 juillet 1997, trois ans après son épouse, Gloria, qui fut le seul amour de sa vie, avec le cinéma et l'aviation, bien sûr.

Audie Murphy n'est pas une star mais un pauvre paysan texan. C'est la guerre qui le rend célèbre : fantassin d'élite en Italie puis en France et en Allemagne, Murphy devient le soldat le plus décoré de l'US Army (dont la Légion d'honneur et la croix de guerre) et c'est Hollywood qui vient le chercher pour 44 films ! Essentiellement des westerns de série B et une autobiographie en 1955, To Hell and Back (l'Enfer des hommes).

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L'un de ses faits d'armes les plus impressionnants a eu lieu le 26 janvier 1945 près de Holtzwihr (Haut-Rhin). Soumis avec ses hommes à une attaque allemande combinant infanterie et tanks, il a ordonné à ses hommes de se mettre à l'abri et a demandé par radio un bombardement d'artillerie (qui a tué de nombreux Allemands) puis a abattu 240 soldats allemands debout sur un tank américain détruit (avec la mitrailleuse du tank) alors qu'il était très exposé aux tirs (venant de trois directions différentes), et a juste été blessé à la jambe.
A la fin de la guerre, il a été blessé trois fois et a reçu les décorations suivantes :

  • Medal of Honor
  • Distinguished Service Cross
  • Silver Star with First Oak Leaf Cluster
  • Legion of Merit
  • Bronze Star Medal with "V" Device and First Oak Leaf Cluster
  • Purple Heart with Second Oak Leaf Cluster
  • U.S. Army Outstanding Civilian Service Medal
  • Good Conduct Medal
  • Presidential Unit Citation with First Oak Leaf Cluster
  • American Campaign Medal
  • European-African-Middle Eastern Campaign Medal with One Silver Star, Four Bronze Service Stars (representing nine campaigns) and one Bronze Arrowhead (representing assault landing at Sicily and Southern France)
  • World War II Victory Medal
  • Army of Occupation Medal with Germany Clasp
  • Armed Forces Reserve Medal
  • Combat Infantry Badge
  • Marksman Badge with Rifle Bar
  • Expert Badge with Bayonet Bar
  • French Fourragere in Colors of the Croix de Guerre
  • French Legion of Honor, Grade of Chevalier
  • French Croix de Guerre With Silver Star
  • French Croix de Guerre with Palm
  • Medal of Liberated France
  • Belgian Croix de Guerre 1940 Palm


Pour l'anecdote, il a longtemps eu un visage assez juvénile ; il était surnommé "Baby face", "Murph" ou "Little Texas". Il mesurait 1,65 m.

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Au cours de sa carrière cinématographique, il a notamment joué son propre rôle dans un film inspiré par son expérience des combats, To Hell and Back (L'enfer des hommes en français).
Il meurt dans un accident d'avion en 1971. D'après les statistiques du cimetière militaire d'Arlington, où il est inhumé, la seule tombe qui est plus visitée que la sienne est celle de John F. Kennedy.

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Cesar Romero, acteur cubano-américain spécialisé dans les rôles de "latin-lover", est simple matelot dans la Navy (ici, sur le transport de débarquement USS Cavalier). Il embarque comme simple marin sur un transporteur d'assaut, et participe à l'invasion des îles Mariannes et à la bataille du golfe de Leyte, dans les Philippines. Dans les années 1960, il interprétera notamment le rôle du Joker dans la série télévisée Batman.

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Star planétaire, allemande naturalisée américaine, Marlène Dietrich se dépense sans compter pour soutenir les boys.

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Nous sommes en 1941, au beau milieu de cette abominable boucherie qui n’en finit plus d’avaler des vies humaines. Le Japon vient tout juste de détruire Pearl-Harbor (le 7 décembre 1941).  Berlin vient de signer avec l’Italie et le Japon un pacte tripartite par lequel le Japon reconnaît la prédominance de l’Allemagne et de l’Italie en Europe et ces deux derniers États, la suprématie du Japon en Asie. Bref un moment particulièrement sombre où bien peu d’espoir semblait permis.  Et puis soudain, une voix dans la nuit…

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Pour l’écrivain américain John Steinbeck, Lili Marleen était « la plus belle chanson d’amour de tous les temps ». Des millions de soldats et de civils la fredonneront durant la Seconde guerre mondiale. Lili Marleen délivre un message universel, bien loin des chansons de marins ou de soldats écrites à l’époque,  un message d’amour triste et nostalgique qui rappelle la tragique réalité de la grande solitude de l’être humain. Un poème qui parle aux adultes sevrés de leur enfance, aux fils séparés de leurs mères, aux maris frustrés de leurs épouses, aux pères privés de leurs filles, aux amants qui se languissent de leurs maîtresses.

L’histoire mouvementée d’une chanson ?

Si la chanson est célèbre, son histoire est souvent mal connue. Lili Marleen est une chanson allemande dont les paroles sont inspirées du poème écrit en 1915 par le romancier Hans Leip, alors mobilisé.

La chanson dans sa version actuelle a été créée par la chanteuse réaliste allemande Lale Andersen en 1938.  Sa première interprète n’eut aucun succès juste avant la guerre. Joseph Goebbels n’aimait pas la chanson qui n’était pas assez martiale à son goût et elle fut donc interdite.

De chanson d’amour à chant de guerre.

Ce fut le 18 août 1941, que la radio de la Wehrmacht, émettant de Belgrade, l’a diffusée pour la première fois. A cette époque  l’Allemagne nazie est en pleine guerre sur plusieurs fronts et changeant brusquement de statut, cette chanson d’amour va devenir un chant de guerre. Le lieutenant Heinz-Karl Reitgen, directeur de la radio militaire allemande de Belgrade, programme, faute de mieux, ce disque au rebut car les bombardiers anglais ont détruit son entrepôt de disques. Les soldats de la Wehrmacht éloignés de leurs foyers et de leurs amies vont immédiatement l’adopter.

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La version anglaise apparue en 1943-44, à la demande des soldats anglais qui chantonnaient malgré eux le refrain en allemand… Cette chanson — ou du moins son air — franchit la Méditerranée et fut entendue et adoptée par les soldats alliés combattants en Tripolitaine. Ainsi, en 1941 l’émission dédiée aux dédicaces entraîne quotidiennement le cessez-le-feu entre les troupes anglaises et allemandes à Tobrouk lorsque la chanson est diffusée dans les haut-parleurs. Pour les belligérants et les civils des deux camps, elle devient l’hymne de la Seconde Guerre mondiale, adopté et chanté en allemand jusqu’au printemps 1944.

Marlène Dietrich n"enregistrera qu’après la guerre la version en allemand la plus connue aujourd’hui. Elle avait  en effet déclaré dès 1934 que Hitler était un fou d’une totale vulgarité… Elle devra quitter l’Allemagne peu après. Lili Marlène fut donc une chanson mythique,  un énorme succès planétaire,  dans sa version anglaise comme dans sa version allemande.

Les paroles françaises, dues à Henri Lemarchand, furent écrites à la fin de 1941 à la demande de Suzy Solidor, qui créa la version française dans son cabaret « La Vie parisienne » en janvier 1942.

Chanson subversive, car transcendant les clivages, elle sera interdite dans plusieurs pays totalitaires (RDA, Yougoslavie de Josip Broz Tito) et elle deviendra l’hymne anti-nucléaire pendant la Guerre froide.

Trois versions bien différentes

Ci-dessous vous pourrez entendre TROIS VERSIONS de cette célèbre chanson.

La première sous forme de vidéo, est la version initiale de la chanson crée par Lale Andersen et devenue "chant de guerre". C’est celle que les soldats allemands ont connue et entendue sur les divers fronts.

Ensuite vous pourrez entendre la version française créée par Suzie Solidor en 1942. Lili Marlène redevient une "chanson d’amour".

Enfin vous pourrez entendre la très belle voix de Marlene Dietrich interprétant, en allemand,  la même pièce dans une version devenue "chant de paix", version qui a été enregistrée à la fin des années 40. C’est sans conteste, la plus belle et la plus achevée, des trois versions. Si vous n’en écoutez qu’une, c’est cette version qu’il vous faut choisir.

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Devant la montée du nazisme dans son pays d'origine, elle obtient la nationalité américaine le 6 mars 1937.
Elle tourne beaucoup, mais pas toujours dans des films de grande qualité et se trouve trop souvent cantonnée dans des rôles de femme légère ou de prostituée.
A partir de début 1942, elle participe directement à l'effort de guerre des USA. Elle entreprend, dans le cadre de la guerre, des tournées à travers les États-Unis et, plus qu'aucune autre, récolte de l'argent pour l'État américain.

A partir de 1944, elle va en plus sur le théâtre des opérations : après avoir atterri, en avril 1944, en Afrique du Nord, Marlene suit la ligne de front en Europe. Elle donne environ soixante-huit représentations devant cent cinquante mille soldats. Elle réussit l'exploit de faire changer de camp à la chanson "Lili Marlen", populaire auprès des soldats allemands et qui devient la mascotte des soldats américains. En juin 1944, elle rentre aux États-Unis.

De septembre 1944 à juillet 1945, elle reprend ses tournées et se rend en Angleterre, en France et en Allemagne. Le 6 novembre 1945 sa mère meurt à Berlin.

En 1947, elle reçoit la " Medail of Freedom" pour son rôle au coté de l'armée américaine.
En 1951 Marlene reçoit, en France, la Légion d'Honneur.
Marlène recommence une carrière de chanteuse à l'hôtel Sahara à Las Vegas en 1953.
En 1960 elle fait sa tournée en Europe et en particulier à Berlin. Premières publications de son titre "ABC meines Lebens".

En 1972 Marlène participe à un show télévisé à Londres "I wish you love".
Rudolf Sieber, son mari, dont elle s'était éloignée sans jamais divorcer, meurt le 24 juin 1976.
Elle meurt à Paris, le 6 mai 1992. La cérémonie a lieu à l'église de La Madeleine. Elle est ensuite enterrée, selon ses vœux, non loin de sa mère dans le petit cimetière de Friedenau, Stubenrauchstraße à Berlin-Schöneberg.

Pin-up offrant du rêve ou chanteuses donnant de la voix, les artistes jouent de leur charme pour réconforter les soldats.

Betty Grable, star sexy des comédies légères et musicales, sert de modèle préféré pour les pin-up ornant le nez des avions américains.

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Ses célèbres jambes la rendent célèbre chez les soldats américains qui l'adoptent pour mascotte durant la guerre. On raconte que ses jambes étaient assurées pour un million de dollars.

Ayant souvent un frère, un mari ou un fiancé sous les drapeaux, celles-ci assument volontiers leur nouveau rôle de pin-up. Applaudissements. Sifflement admiratif. Il ronfle en sifflant. Clairon. –

Les pin-up sont source de tous les fantasmes. Aux yeux des soldats combattant sur le front, elles incarnent la femme américaine qui les attend au pays.

Mieux que toute autre, Betty Grable représente "the girl next door", la fille d'à côté, et chacune de ses apparitions sur les bases militaires constitue un événement. Acteurs, chanteurs et musiciens se portent volontaires pour divertir les troupes et leur apporter du réconfort, où qu'elles se trouvent, dans des avant-postes isolés ou dans les zones de combat. Ces tournées sont mises en place par l'USO, United Service Organizations, créé à la demande du Président Roosevelt. Près de 7 O00 artistes hollywoodiens y participent, qui offrent 55 000 représentations sur les 5 continents. Après avoir reçu les vaccinations nécessaires et prêté serment de ne divulguer aucun secret militaire, ils viennent jouer sur des scènes de fortune, dans des hangars, dans la jungle, le désert, GÎ ce, par ÎOUS les temps. Plusieurs d'entre eux marquent de manière spéciale l'histoire des tournées USO, comme Jack Benny, qui se produit de longues semaines en Afrique du Nord, dans le Pacifique, et en Europe.

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La chanteuse Martha Tilton offre en juillet 1944 un récital en pleine jungle à des artilleurs sur l'île de Nouvelle-Bretagne, lors de la campagne des Salomon dans le Pacifique. Elle tourne pour le United Service Organizations Inc., ou USO Show, créé en 1941 à la demande de Roosevelt afin d'organiser le divertissement des militaires et de leur apporter du réconfort à l'autre bout du monde. D'abord réparties sur le territoire américain, les antennes de l'USO fleurissent partout où opèrent les soldats de l'Oncle Sam : Caraïbes, Grande-Bretagne, Australie, îles du Pacifique, Inde, Afrique du Nord, Europe. Leur activité la plus célèbre reste l'organisation d'énormes shows de variétés où se produisent les vedettes du cinéma et de la musique. L'USO poursuit son action lors des conflits américains (Corée, Viêtnam, Golfe, …) jusqu'à aujourd'hui.

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Pendant la seconde guerre, l'USO est devenu pour le GI "la maison quand on est loin de la maison" et a commencé la tradition de distraire les troupes, chose qui perdure encore aujourd'hui.

Servir au sein de l'USO était une des façons de rassembler la nation pour aider l'effort de guerre et près de 1.5 millions de volontaires y ont contribues. Dissout en 1947 il à été recréé en 1950 pour la guerre de Corée et depuis même en temps de paix ils fournissent des services. Durant la guerre du Vietnam l'USO s'est parfois retrouvé dans des zones de combats.

Voici quelques photos des grandes actrices au service de l'USO pendant la seconde guerre.

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Carole Landis, Don Wilson, 1943
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Humphrey Bogart and Bette Davis
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Carole Landis, Kay Francis, and Mitzi Mayfair in North Africa, 1943
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Kay Francis, Martha Raye, Carole Landis, Mitzi Mayfair, 1944
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Marlene Dietrich, 1942
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Marlene Dietrich on a USO tour to Europe in late 1944 to early 1945
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Veronica Lake visits USAAC flying cadets, 1941
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Marlene Dietrich, Rita Hayworth
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Greer Garson at the «Hollywood Canteen», 1943
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Marlene Dietrich and Charles Boyer at the «Hollywood Canteen» with Free French Pilots, 1943
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Jane Russell, Toni Seven and Martha Tilton sign pin ups for servicemen at the «Hollywood Canteen», 1944
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Olivia de Havilland at the «Hollywood Canteen», 1943

http://www.uso.org/

La Hollywood Canteen, animée par les plus grandes stars, tient tout à la fois du foyer du soldat et de la boîte de nuit.

L'imperturbable Buster Keaton, la star du cinéma muet des années 1920, sert ici le punch aux GI's venus se distraire à la Hollywood Canteen.

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