Economie

L'économie américaine s'appuie sur la dalle de granit du libéralisme absolu, un credo souvent discuté, voire exagéré mais jamais renié. Celui-ci tient en quelques principes simples : voir les choses en grand, laisser faire les lois du marché, ne jamais contrarier la liberté des financiers, des industriels et des commerçants, travailler sans relâche (la répugnance au travail est un signe de disgrâce divine, selon l'éthique protestante puritaine), être à la pointe de l'innovation technologique, ne pas trop dépenser, payer le moins possible d'impôts, et laisser le secteur public s'occuper du reste. Un minimum d'intervention, tel est le credo du chantre du libéralisme. Sauf quand ca va mal, bien entendu. Et là, ca va très mal... En témoignent les faillites de Lehman Brothers et de la WaMu, véritables institutions du système financier américain. La crise des subprimes, survenue en juillet 2007, s'est muée en crise financière mondiale un an après, à la fin de l'été 2008, provoquant des licenciements par wagons entiers et la prolifération de publicités incitant les Américains à acheter de l'or, pour mettre leurs avoirs à l'abri.

La dette nationale, déjà colossale, grossit de plus en plus vite et sur les billets verts, George Washington fait la "crise mine", à mesure que le pays essuie les affres de sa campagne en Irak, qui coûte des milliards de dollars, et les catastrophes dont mère nature l'accable. Les dommages générés par les ouragans Katrina en 2005 et Ike en septembre 2008, s'élèvent en effet à plus de 130 milliards de dollars ! Face à ce qui s'apparente de plus en plus à un marasme économique, c'est forcé et contraint que le Congrès a adopté le plan Paulson : 700 milliards de dollars destinés, entre autres, à racheter les bonds, junk bonds (obligations pourries) d'institutions de crédit en perdition. N'oublions pas également la catastrophe écologique de la marée noire.

"Bienvenue dans la République Socialiste Soviétique d'Amérique !", ont alors attiré certains éditorialistes. Difficile dans ces conditions de prévoir la suite, avec un gouvernement aussi endetté et des consommateurs dans le même cas, les signes de reprise sont attendus avec anxiété.

Si la Californie, fer de lance de l'économie Yankee, demeure l'Etat le plus riche des Etats-Unis, c'est aussi le plus endetté (au moins 8,6 milliards de déficit). Le "Golden State", comme on l'appelle là-bas, dont le budget arbore la sixième place au niveau mondial, ne s'est toujours pas remis de la crise énergétique de 2001. Cependant, son économie est plutôt diversifiée : de l'agriculture aux nouvelles technologies de l'information, en passant par le tourisme et le cinéma.

Au cœur de la Californie, la fameuse Silicon Valley détient le record mondial du plus grand nombre d'informaticiens et de techniciens au kilomètre carré. La grande aventure des nouvelles technologies y a débuté dans le milieu des années 1970, et la région compte aujourd'hui quelques milliers de jeunes entreprises de pointe sur le créneau de la Net-économie. Rapidement prospère, cette dernière traverse depuis quelques années une crise sans précédent. Les investissements sont au plus bas, et plusieurs centaines de sociétés ont déjà fait faillite, bien avant les attentats... Toutefois, il semblerait que les spécialistes constatent les premiers frissons d'une reprise. Mais les deux plus grosses faillites de l'histoire américaine, celles d'Enron, le courtier en énergie, fin 2001, et surtout de WorlCom, le géant des télécoms, en 2002, ont bel et bien changé la donne. La Silicon Valley compte enfin quelques entreprises des secteurs aéronautiques et armement, favorisées depuis l'augmentation des crédits militaires par l'administration Bush.

De son côté, l'agriculture demeure l'un des points forts de l'économie californienne et fait du "Golden State" le véritable grenier de l'Amérique. Grâce aux nombreux travaux d'irrigation, la Californie s'est hissée dans le peloton de tête des producteurs mondiaux de vin (les cépages des Napa Valley et Sonoma Valley connaissent un essor considérable) et de coton. De même, l'élevage extensif, ainsi que la culture du riz et des agrumes, dans la grande plaine de Sacramento notamment, couvrent près de la moitié de la production agroalimentaire nationale. Ainsi, l'agrobusiness, fondé sur de gigantesques exploitations agricoles (et surtout sur la main d'œuvre mexicaine bon marché !), permet une grande variété de cultures. Forte d'un potentiel de 360 millions de consommateurs grâce aux accords de libre-échange avec le Canada et le Mexique (dans la cadre de l'ALENA), l'agriculture californienne a, espérons-le, encore de beaux jours devant elle.

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