Environnement

Les Californiens sont en train de se faire manger par leurs villes. Et elles ont de l'appétit ! Avec 32 millions de véhicules pour 35 millions d'habitants, l'Etat de la Californie est le 12ème plus ros pollueur du monde. A lui seul il émet autant de gaz à effet de serre que le Brésil. Le rêve américain risque-t-il de partir en fumée ?

Arrêt sur image, flash back. Dès 2002, l'Etat californien votre une loi visant à imposer aux grands constructeurs automobiles une diminution de 30 % des gaz polluants entre 2009 et 2016. Une première outre-Atlantique quand on connaît, économie oblige, le peu d'intérêt que témoignaient jusqu'ici les hommes de pouvoir américains pour les politiques environnementales. En agissant ainsi, la Californie abonde dans le sens des réflexions et lois sur le réchauffement climatique, et se met au diapason du fameux protocole de Kyoto, en application depuis mars 2005 et qui définit à l'échelle planétaire les contraintes relatives aux émissions de gaz polluants.

   

En juillet 2005 pourtant, Georges Bush reconnaît pour la première fois que l'émission des gaz à effet e serre pouvait être responsable du réchauffement climatique, mais il ne ratifie pas les accords pour autant. Du coup l'Amérique est pointée du doigt par une partie de la communauté internationale, notamment par les Européens. En jouant la politique du "toi d'abord", l'Amérique stigmatise les pays à forte croissance, comme l'Inde et surtout la Chine, lesquels ne sont soumis à aucun engagement vis-à-vis dudit protocole. L'enjeu économique est donc de première importance pour l'industrie américaine, qui n'entend pas se faire "fragiliser" de la sorte et préfère réétudier le problème sous un autre angle dès que ledit protocole expirera à l'horizon 2012. 

Mais Schwarzy ne l'entend pas de cette oreille. Fort de son investiture à l'époque, Musclor décide de conter la politique de Dobeuliou en annonçant, à l'été 2006, un plan drastique de réduction des vilains gaz (25 % d'ici 2020). Qui plus est, l'annonce est suivie d'une opération commando dans le domaine médiatique : La Californie prote plainte "au nom du peuple californien" contre une demi-douzaine des plus grands fabricants d'automobiles pour "atteinte à la santé publique". Plainte qui sera déboutée par le juge en charge du dossier qui estime les accusations non fondées. Du coup l'empereur contre-attaque. Le 8 novembre 2007, Schwarzy somme Washington de prendre position en décidant si oui ou non l'Etat de Californie est en droit d'imposer aux constructeurs une restriction stricte sur les émissions de gaz polluants. Le ton monte, car dans le sillage de la Californie, une douzaine d'Etats sont prêts à lui emboîter le pas, ce qui pour l'économie américaine aurait des conséquences désastreuses. Les constructeurs américains, déjà en grave difficulté, se verraient obligés de procéder à des investissements très lourds qui risqueraient de leur faire mordre la poussière, comme on dit chez les cow-boys. L'enjeu et donc de taille.

 

Mais ce regain soudain de conscience écolo ne satisfait pas pour autant les scientifiques, qui pensent que ce n'est pas tant les programmes actuels qu'il est urgent de réformer que l'American way of life proprement dit qu'il faudrait revoir. En Californie on consomme à tout va. Qui plus est, la population s'accroît annuellement de l'ordre de 14 % ! Les besoins en eau augmentent et les nappes phréatiques s'assèchent à vue d'œil. N'oublions pas que la cité des Anges est née du désert. Aujourd'hui la poussée démographique engendre des besoins de consommation que l'agriculture, pourtant intensive, a du mal à satisfaire. Il devient urgent de juguler la poussée de fièvre. On a beau voir fleurir des éoliennes un peu partout, le véritable problème consiste à mettre en œuvre les moyens nécessaires au transport de l'énergie qu'elles produisent. Et tout cela a un coût. C'est vrai que traquer le barbu à l'autre bout de la planète grève sérieusement le budget de l'Etat. L'administration Bush a fait des choix, et sous le soleil californien, on a beau savoir porter le chapeau, on trouve que la note est presque aussi amère qu'une tequila.

Du coup, puisque les crédits se font rares, tout le monde s'y met : associations de quartiers, Organisations Non Gouvernementale (ONG) écologistes, planteurs d'arbres et constructeurs de maisons "équitables" occupent le devant de la scène. Le mythe du dieu solaire en profite même pour pointer le bout de son nez. Edison, qui détient le monopole de la production d'électricité en Californie, bâtir une ferme solaire géante dans le Mojare Desert. C'est sans doute un mirage. Mais force est de constater qu'en dépit d'une série de réformettes visant à confronter le péquin sur le chemin de sa bonne conscience, l'acte est avant tout médiatique. De Daryl Hannah roulant à l'huile de friture récupérée dans les fast-foods à Leonrado Di Caprio vantant les mérites de la Toyota Prius, la mise est surtout théâtrale. Normal, on est à Hollywood ! Il n'y a qu'à passer quelques jours en Californie pour prendre la mesure de cette gentille mascarade.

Les Californiens ne sont pas près de remettre en cause leurs modes de consommation, voire leur mode de vie, tout simplement par peur d'écailler leur vernis culturel. En effet, seraient-ils prêts à se passer de silicone, de V8 et du packaging-tape-à-l'œil qui sert de faire-valoir à leur désir de conso ? Eteindraient-ils subitement les néons qui brillent jour et nuit dans leurs tours de verre, leurs parkings et parfois même dans leurs propres demeures ? Cesseraient-ils d'arroser les golfs en plein désert, de distribuer des flyers à tour de bras pour pousser les foules vers les outlets, de laver leur voitures ?

Alors en attendant que le tollé californien ne fasse tâche d'huile (recyclée) sur l'ensemble du continent, on peut toujours rêver... Ceci dit, connaissant le pouvoir de l'image sur l'Américain moyen, la parade médiatique demeure peut-être, tout compte fait, le meilleur atout; même si l'on n'y croit guère ! Laissons faire les Anges...

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×