Histoire de 1963 à 1973

1963 : Ich bin ein Berliner, discours historique de Kennedy le 26 juin. Ce discours est prononcé le 26 juin 1963, au plus fort de la Guerre froide, devant le mur édifié en une nuit le 15 août 1961 par les Soviétiques pour empêcher les Allemands de l'Est de passer à l'Ouest.

 

« You live in a defended island of freedom, but your life is part of the main. So let me ask you, as I close, to lift your eyes beyond the dangers of today to the hopes of tomorrow, beyond the freedom merely of this city of Berlin, or your country of Germany, to the advance of freedom everywhere, beyond the Wall to the day of peace with justice, beyond yourselves and ourselves to all mankind. Freedom is indivisible, and when one man is enslaved, all are not free. When all are free, then we can look forward to that day when this city will be joined as one and this country and this great continent of Europe in a peaceful and hopeful glow. When that day finally comes, as it will, the people of West Berlin can take sober satisfaction in the fact that they were in the frontlines for almost two decades. All free men, wherever they may live, are citizens of Berlin, and, therefore, as a free man, I take pride in the words Ich bin ein Berliner. »

 

Traduction : « Vous vivez assiégés dans un ilot de liberté, mais votre vie fait partie d'un tout. Aussi, laissez moi vous dire, en conclusion, de tourner vos regards au-delà des dangers d'aujourd'hui, vers l'espoir de demain, au-delà de la liberté de cette seule ville de Berlin, ou de votre pays, l'Allemagne, vers l'avancée de la liberté dans le monde entier, au delà du Mur vers le jour de la paix et de la justice, au-delà de vous-mêmes, de nous-mêmes, vers toute l'humanité. La liberté est indivisible, et quand un seul homme est réduit en esclavage, aucun autre n'est libre. Quand tous seront libres, alors nous pourrons attendre le jour où cette ville ne sera plus divisée, le jour où ce pays divisé ne fera plus qu'un, et où ce grand continent qu'est l'Europe vivra dans l'espoir et la paix. Quand ce jour viendra enfin, et il viendra, le peuple de Berlin pourra se féliciter d'avoir tenu bon sur la ligne de front pendant 2 décades. Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont des citoyens de Berlin, et c'est pourquoi, en homme libre, je suis fier de prononce ces mots : "ich bin ein Berliner"; je suis un Berlinois. »

Assassinat de John F.Kennedy à Dallas le 22 novembre. Le président américain John Fitzgerald Kennedy est assassiné au cours d'un voyage officiel à Dallas (Texas), le 22 novembre 1963.

À 12h30, tandis que sa limousine roule sur Dealey Plaza, il est atteint de deux balles tirées par derrière, du 5e étage d'un immeuble abritant un dépôt de livres.

Le président avait seulement 46 ans. Il était beau (et coureur de jupons). Il avait de jeunes enfants (Caroline et John-John) et une femme séduisante, Jacky, née Bouvier (d'origine française). Il souffrait aussi de maux divers : une malaria attrapée pendant la guerre du Pacifique, une malformation de la colonne vertébrale qui l'obligeait à se reposer souvent dans un rocking chair et une tuberculose des reins.


L'assassin est un désaxé de 24 ans, sympathisant communiste, Lee Harvey Oswald. Il est lui-même tué deux jours plus tard par un certain Jack Ruby avant d'avoir pu communiquer ses mobiles à la police. Cette circonstance laissera planer un doute sur l'existence d'éventuels commanditaires (Mafia, CIA...?) et donnera matière à plusieurs films et livres à sensation.

Le successeur de Kennedy à la Maison Blanche, son vice-président et ancien rival Lyndon Baines Johnson (55 ans), sera même suspecté d'avoir organisé le complot pour cacher son alliance douteuse avec les pétroliers du Texas et faire avorter un projet de taxation des revenus pétroliers... Il est vrai que le rapport de la commission Warren chargée de faire la lumière sur l'assassinat conclut au crime d'un tireur isolé sans pouvoir éclaircir beaucoup de zones d'ombres.


De son côté, Jack Ruby, peut-être détenteur de la vérité, meurt d'un cancer en prison sans avoir fourni d'autre explication à son meurtre que le désir de punir l'assassin pour la peine qu'il avait fait subir à... Jacky Kennedy !

Depuis l'attentat de Dallas, les Américains cultivent la nostalgie du président défunt. Ils l'associent au souvenir d'une incontestable prospérité et d'une société relativement égalitaire et homogène.

1964 : début de la guerre du Vietnam. En 1961, les Vietcongs (communistes vietnamiens) contrôlent le tiers du pays et menace les principales villes. Malgré son encadrement américain, l'armée diémiste dut peu à peu abandonner le contrôle effectif de la moitié des campagnes. Son but était désormais de « renverser le régime américano-diémiste », de « libérer le pays du joug des impérialistes et de leurs laquais », et d'instaurer un gouvernement démocratique de coalition nationale pratiquant une politique extérieure de neutralité. Il chercherait ensuite, disait-il, à faire progresser pacifiquement « la réunification de la patrie ».

 

Au cours de l'été de 1964, Washington en arrive à la conclusion que seule une intervention directe et massive des États-Unis peut sauver la situation. Des incidents navals survenus au début d'août 1964 dans le golfe du Tonkin permettent au président Johnson d'obtenir du Congrès les pleins pouvoirs pour répondre à toute nouvelle attaque de la République Démocratique du Vietnam-Nord (R.D.V.N.). Des succès locaux de l'offensive du F.N.L. sur les Plateaux du Sud lui donnent l'occasion de les utiliser. C'est soudain une brutale escalade du conflit.

Le 7 février 1965, l'aviation américaine commence contre le nord du Vietnam une offensive continue de bombardements. Le 8 mars, les premiers éléments d'un corps expéditionnaire américain débarquent au sud de Danang. Il s'agit de « persuader » la R.D.V.N. de mettre fin à son agression contre la république du Vietnam, de cesser de ravitailler le F.N.L. et de venir à la table de conférence. Washington croyait « mettre Hanoi à genoux en six semaines ». Au Nord, les bombardements aériens provoquèrent la destruction presque complète des villes, localités et complexes industriels entre le 17e et le 20e parallèle, et une détérioration profonde des réseaux de transports. Mais la dispersion de la population, sa discipline et sa détermination déjouèrent le plan américain qui visait à provoquer, par la terreur, l'effondrement du front intérieur.

 

La formidable pression américaine n'obtint pas de résultat décisif. L'U.S. Air Force ne parvint pas à couper la piste Hô Chi Minh, constamment réparée. Le F.N.L. put poursuivre et même intensifier la lutte, et la R.D.V.N. se s'effondra pas. Elle reçut de l'U.R.S.S. et de la Chine les armements, équipements et vivres lui permettant de mener la guerre. Elle put même accroître sa production agricole. Elle jouissait en outre dans l'opinion mondiale d'un prestige et d'un soutien croissants. Le conflit isolait au contraire les États-Unis, où l'opposition à la guerre se développait. Finalement, en septembre 1967, Johnson, ayant pris conscience de l'échec, commença à rechercher sérieusement une issue diplomatique.

Par son offensive du Têt (fin janv. 1968), qui pénétra jusqu'au centre de Saigon, le F.N.L. lui démontra qu'il n'avait aucune chance de l'emporter. Le 31 mars 1968, Johnson arrêtait les

Les accords de Genèvequi mettent fin à la guerre d’Indochine en 1954 prévoient la division de l’ancienne Indochine française en 4 pays : le Laos, le Cambodge, et les deux Vietnam (Nord et Sud). Le Nord-Vietnam est dirigé parle communiste Hô Chi Minh et le Sudpar l’empereur Bao Daï renversé dès 1955 par son premier ministre Ngo Dinh Diem.

 

A partir de 1956, on voit arriver de nombreux « conseillers militaires » américains au Sud-Vietnam mais dans le même temps, la résistance au régime de Diem s’organise. En 1960, le FLN(Front national de Libération) est créé et regroupe tous les opposant à Diem. Lorsque Kennedy arrive au pouvoir en 1961, il ne peut que constater l’extension de la rébellion.

Hô Chi Minh acceptait immédiatement d'entamer les négociations. Le 13 mai s'ouvrait à Paris la conférence vietnamo-américaine. Élu président en novembre 1968, Richard Nixon entendait contraindre Hanoi à renoncer à toute influence au Sud, où il envisageait tout au plus de laisser le F.N.L. participer légalement à la vie politique. Le gouvernement de Saigon, soutenu par Washington, persistait à se considérer comme le seul légitime. Pour le ramener au réalisme, les communistes, en juin 1969, transformèrent le F.N.L. en « gouvernement révolutionnaire provisoire » (G.R.P.), lequel fut sans délai reconnu par la Chine, l'U.R.S.S. et une vingtaine de pays. Une solution politique ne pouvait plus, dès lors, que prendre en compte l'existence, au Sud, de deux administrations et de deux armées.

À Hanoi, Tôn Duc Thang avait succédé, à la tête de la République, à Hô Chi Minh, mort le 2 septembre 1969, mais c'était Lê Duan qui dirigeait toujours le parti. La R.D.V.N. ne cédait pas, même lorsque la Chine, en juillet 1971, cessa d'être un « arrière sûr » et entra en pourparlers avec Nixon. Le Cambodge devenait un grand « sanctuaire » communiste où les Vietnamiens et les « Khmers rouges », leurs alliés, allaient faire la loi, isolant dans les villes la droite khmère proaméricaine de Lon Nol. En avril 1972, les blindés de Giap, traversant les plateaux, débouchaient soudain à 100 kilomètres au nord de Saigon. Nixon, tout en reprenant en force le bombardement du Nord et en minant le port de Haiphong, proposait alors un cessez-le-feu sur place et acceptait une « solution politique ». Il lui faudra néanmoins encore six mois pour surmonter l'opposition à tout règlement du général Thiêu et des diverses factions qui l'entouraient. C'est seulement après que l'U.S. Air Force eut lourdement bombardé Hanoi et Haiphong, sans résultat politique d'ailleurs (Noël de 1972), que Washington et Saigon se résignèrent à conclure.

 

Signés le 27 janvier 1973, aux accords de Paris, les États-Unis reconnaissaient formellement (ce qu'ils n'avaient pas fait en 1954 à Genève) l'indépendance, la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Vietnam et déclaraient « cesser leur engagement militaire ou leur ingérence dans les affaires intérieures du Sud-Vietnam ». Ils devaient enfin en retirer toutes leurs troupes. Ce qu'ils firent dès le 29 mars, non sans laisser à leur allié un abondant matériel, évalué à 5 milliards de dollars. La guerre paraissait terminée. Un cessez-le-feu entrait officiellement en vigueur le 28 janvier, les forces armées des deux camps devant rester sur les positions qu'elles occupaient ce jour-là. Il était admis que chaque partie administrerait sa zone jusqu'à ce que se soit concrétisée la solution politique dessinée par l'accord. Américains et Vietnamiens étaient en effet convenus que ce serait « au moyen d'élections vraiment libres et démocratiques sous surveillance internationale » que la population sud-vietnamienne exercerait son droit à l'autodétermination. Ces élections visaient à doter le Sud d'un gouvernement unique, et cette fois représentatif, et devaient être préparées par un Conseil national de concorde et de réconciliation (C.N.C.R.) que constitueraient les deux parties et où coopéreraient, sur un pied d'égalité, des représentants de Saigon, du G.R.P. et d'une « troisième composante », plus ou moins neutraliste.

1966 : fondation des Black Panthers à Oakland par des amis de Malcom X. Black Power,expression lancée par Stockeley Carmichael, prônant le retour des Noirs en Afrique.

 

La montée des contestations face à la stratégie non violente des mouvements des droits civiques au sein de la communautés afro-américaine entraîne la création d’organisations radicales qui justifient l’autodéfense face une police raciste et violente. En octobre 1966, Huey P. Newton et Bobby Seale fondent le Black Panther Party (BPP) à Oakland (Californie).

La mission initiale du parti est de protéger les communautés noires des vexations, violences et discriminations auxquelles se livrent la police sur les communautés noires. Les militants sillonnent le ghetto d'Oakland, le quartier noir de San Francisco, arme au poing et code civil en évidence (le port d'arme est un droit constitutionnel). Ils suivent à la trace la police pour prévenir légalement le harcèlement policier.

 

Ils adoptent la panthère noire pour emblème, car ce fauve n'attaque pas, recule face à l'ennemi, mais, acculée dans ses derniers retranchements, sa riposte et terrible. Fièrement, ils arborent des vestes de cuir, bérets noirs enfoncés sur le crâne.

Le slogan « Black Power » a été inventé en 1966 aux Etats Unis. Ses partisans provoquent le trouble dans le mouvement noir en affirmant que leur lutte est la même que celle des mouvements de décolonisation du Tiers-monde. Ils s’affirment révolutionnaires et en appellent à la lutte armée. Ils réclament la ségrégation raciale en tant que libération : elle n’avait jusque là été que combattue par le mouvement des droits civiques, pour lequel elle était l’oppression.

Le Black Panther Party est fondé en octobre 1966. Il s’affirme « socialiste-révolutionnaire » et est la structure militante du Black Power. Il évolue en 1970 en proclamant « l’intercommunalisme révolutionnaire » : une alliance de toutes les communautés opprimées du monde qui, sous la direction de l’avant-garde révolutionnaire qu’est le parti, détruirait le joug du gouvernement américain. Cette ligne et diverses tensions finiront par anéantir l’appareil, au profit premier de la Nation of Islam.

Cette dernière a été fondée à Chicago en 1930 avec pour credo que les noirs sont la race élue par Dieu, également créateur des Indiens et des Asiatiques, tandis que Satan serait responsable de la race blanche. S’y ajoute un antisémitisme assez virulent pour voir en 1984 son leader Louis Farrakan saluer en Hitler « un grand homme ». Néanmoins ici l’argumentaire met en avant moins la race que l’affirmation fallacieuse selon laquelle les juifs auraient joué un rôle d’ampleur dans l’esclavage des noirs

 

Pour l’organisation, le moteur de l’histoire est donc à la fois racial et théologique : le triomphe apparent du peuple de Satan opprimant celui de Dieu va aboutir à une Apocalypse qui verra la race blanche être détruite. Le premier pas dans ce plan de l’Histoire serait la sécession des noirs des Etats Unis : les noirs devraient obtenir leur propre Etat séparé et religieux, et l’instauration de l’interdiction du métissage.

Le Black Panther Party mettait donc en avant une lutte des classes quand la Nation of Islam assimilait les noirs à une religion et à une qualité raciale supérieures. Malcom X rompit d’ailleurs avec l’organisation en signifiant que l’universalisme de l’islam interdisait cette perspective raciale. Cette rénovation idéologique a néanmoins permis de réels succès. La Nation of Islam a réalisé la plus grande manifestation noire : 900 000 hommes noirs (femmes et blancs étant proscrits) ont manifesté à son appel à Washington en 1995. Elle a également amené le mouvement au bout de sa logique en développant des liens avec des organisations racistes blanches, puisque toutes prônent des nations raciales séparées. C’est également le cas du Pan-African International Movement, groupe partisan de l’émigration de tous les noirs en Afrique.

La situation que représente Barack Obama est elle sans ambiguïté : certes il refuse d’être un « candidat noir » mais il est attaqué sur le thème religieux et racial, montrant ainsi le succès de l’assimilation noir-islam radical (voir la malheureuse couverture du New Yorker le représentant en Taliban et son épouse en égérie des Black panthers).


1968 : assassinat de Martin Luther King le 4 avril. Le 5 juin, Bob Kennedy, frère de John, meurt lui aussi assassiné.

Martin Luther King (39 ans) est assassiné dans un motel de Memphis le 4 avril 1968 par un repris de justice.La mort du pasteur noir soulève une immense émotion dans le monde entier... cependant que des émeutes secouent les ghettos des grandes villes américaines.

Pendant une douzaine d'années, Martin Luther King avait lutté contre la ségrégation raciale. Il s'était fait connaître à Montgomery (Alabama) en organisant un boycott de la compagnie d'autobus de la ville, coupable de tolérer la ségrégation dans ses véhicules.


Son Mouvement des droits civiques avait fini par triompher en appliquant les principes de non-violence prônés par Gandhi.

Le 28 août 1963, à l'occasion d'une Marche sur Washington, Martin Luther King prononce son plus célèbre discours devant 250.000 sympathisants : «I have a dream...» («J'ai fait un rêve...»). L'année suivante, le président Johnson signe la loi sur les droits civiques mettant fin à toute forme de discrimination, en présence de Martin Luther King.


Le 14 octobre 1964, le jeune pasteur reçoit le Prix Nobel de la paix. Mais son Mouvement est de plus en plus contesté et concurrencé par des groupes violents comme les Black Muslims (Musulmans noirs). Aux Jeux Olympiques de Mexico, qui suivent de quelques semaines la mort de Martin Luther King, des champions noirs américains lèvent le poing sur le podium et tournent le dos à la bannière étoilée.

La même année, des professeurs admettent de développer la place des noirs et des minorités dans l'enseignement de l'Histoire. C'est le début du mouvement PC («politically correct»).


Les tensions raciales s'apaisent peu à peu. Aujourd'hui, l'intégration des noirs, qui représentent un dixième de la population étatsunienne, ne soulève plus guère d'opposition même si ce groupe souffre toujours d'un certain handicap économique et social.

Quatre ans et demi après l’assassinat de John Kennedy, l’histoire répète sa tragédie avec le meurtre de son frère, Robert Kennedy. Ce 5 juin 1968, ce n’est pas seulement le candidat démocrate à la Présidence des Etats-Unis qui est frappé mortellement par les balles de Sirhan Bechara Sirhan, son meurtrier présumé. Robert Kennedy, comme son frère, représentait un symbole : celui de l’Amérique éprise de justice et de liberté.

 

Officiellement, l’instruction contre le meurtrier présumé est close. Cependant, après plus de 40 ans après les faits, de nombreux doutes subsistent quant à la culpabilité de Sirhan et les mobiles réels de l’assassinat de Robert Kennedy.

Lorsque Robert Kennedy est mortellement touché, le 5 juin, il vient de célébrer avec des supporters sa victoire aux primaires du Parti démocrate en Californie.

Des témoins ont aperçu Sirhan près de lui, tirant un coup de feu. D'après les indices recueillis, l'affaire semble parfaitement simple, même à ceux qui ont eu des doutes sur l'hypothèse officielle d'un tueur isolé dans l'assassinat de John Kennedy, En outre, lors de son procès, Sirhan avouera son crime bien qu'il affirme aussi avoir bu ce soir-là et ne plus se souvenir de rien.

Cet assassinat semble donc n’être que l’acte d’un fanatique un peu déséquilibré. Pourtant, 30 ans après l’affaire va rebondir. Dans ses dernières déclarations, en 1997, Sirhan a en effet clamé pour la première fois son innocence.

De plus, des personnalités comme l'historiographe du président Kennedy, Arthur M. Schlesinger Jr, ou l'écrivain Norman Mailer ont signé une pétition demandant qu'un grand jury de Los Angeles révise le procès.

 

Enfin, des témoins présents dans l'office de l'hôtel ce soir-là pensent avoir vu d'autres tireurs. La publication, en 1987, des conclusions du FBI et de la police de Los Angeles va dans le même sens. Ces dépositions ont conduit plusieurs enquêteurs indépendants à réexaminer d'un peu plus près les événements. Il y a, par exemple, la question du nombre de balles tirées : le revolver de calibre 22 de Sirhan n'en contenait que huit; or certains enquêteurs soulignent que des photos prises sur le lieu du crime montrent que plus de huit balles ont été tirées; certaines se sont logées dans l'encadrement d'une porte ou dans le plafond (plusieurs pièces à conviction photographiques et l'encadrement de cette porte ont curieusement été détruits plus tard par la police de Los Angeles).

Ensuite, il a été établi par le rapport d'autopsie du coroner Thomas Noguchi que la balle qui a tué Robert Kennedy a été tirée à moins de 8 cm de sa nuque, alors que la plupart des témoins soutiennent que Sirhan se trouvait à une distance comprise entre 30 cm et 2 mètres.

1969 : Easy Rider de Dennis Hopper. Premier pas d'Armstrong sur la Lune. Mythique concert de Woodstock, dans l'Etat de New York.

Wyatt (Peter Fonda) et Billy (Dennis Hopper) sont deux amis qui décident de quitter Los Angeles pour se rendre, à moto, au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ce voyage va être l'occasion de faire de nombreuses rencontres, parfois bonnes, parfois mauvaises, à travers de superbes paysages sauvages et des petites villes aux préjugés parfois bien ancrés.

 

Le film montre du doigt l'Amérique conservatrice qui refuse l'évolution des mœurs et les idées nouvelles. Un homme se fait passer à tabac par d'"honnêtes citoyens" pour la seule raison qu'il a les cheveux longs. Cela peut paraître inconcevable mais la société a-t-elle réellement évoluée depuis ? Aujourd'hui, ce n'est plus une histoire de cheveux longs, mais des gens tout aussi limités intellectuellement adoptent le même genre de comportement violent à propos de l'homosexualité ou de la religion.

 

Lorsque nos deux motards rencontrent un jeune avocat (incarné avec brio par Jack Nicholson) qui rejette la société conformiste, il résume tout le film en une phrase : "Ces gens font de grands discours dans lesquels ils parlent de la liberté individuelle, mais s'ils rencontrent un type qui est vraiment libre, ça leur fout la trouille... et ils deviennent dangereux.".

  

Mais Wyatt et Billy continuent leur voyage à moto, hébergés par une communauté hippie, partageant un repas avec un fermier et sa famille, philosophant sur la vie autour d'un feu de camp en fumant un joint, faisant parfois un bout de route avec une personne rencontrée en chemin, ce qui est à chaque fois l'occasion d'écouter la très bonne bande son rock du film avec, entre autres, Steppenwolf, Jimi Hendrix et Bob Dylan.

"Easy rider" m'a ému parce c'est vraiment un beau film, avec une symbolique forte et des acteurs excellents. La fin est tout aussi abrupte que le film est génial.

Le 20 juillet 1969, à 21h17 (heure française), le module lunaire Eagle de la mission Apollo XI se pose sur la Lune. L'astronaute Neil Armstrong annonce : «Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri»

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La fusée Saturn V transportant le module lunaire et son équipage de trois hommes a été lancée le 16 juillet de la base de Cap Kennedy (aujourd'hui Cap Canaveral), en Floride. Après sa mise en orbite terrestre à 190 km de la Terre, le module lunaire se dirige vers la Lune à la vitesse de 39.030 km/h. Il se pose en douceur quatre jours plus tard sur la «mer de la Tranquillité».

À 3h56, dans la nuit du 20 au 21 juillet, Neil Armstrong met le pied (gauche) sur la Lune . Un milliard d'être humains suivent l'exploit en temps réel ou presque sur leurs écrans de télévision. À leur attention, Neil Armstrong (38 ans) lâche une phrase vouée à l'Histoire : «Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité». Précisons qu'il avait préparé cette phrase avant son départ et l'avait soumise à ses supérieurs de la NASA.

L'astronaute est rejoint un quart d'heure plus tard par Edwin «Buzz» Aldrin et avec lui plante la bannière étoilée sur la Lune. Dans le ciel, la capsule Apollo poursuit le tour de la Lune avec à son bord le troisième homme de l'équipage, Michaël Collins. Neil Armstrong avait été désigné pour être le premier à marcher sur la Lune car il était un civil et non un militaire comme ses deux compagnons. De retour sur la Terre après un peu plus de 8 jours d'absence, les astronautes ramènent 20 kg d'échantillons de minéraux lunaires.

Cette onzième mission du programme Apollo rehausse le prestige des États-Unis qu'avaient terni la guerre froide, l'engagement au Viêt-nam et la lutte des Noirs contre la ségrégation raciale. Elle puise son origine dans la rivalité entre Américains et Soviétiques.

Les Soviétiques ont inauguré la course à l'espace à la fin des années 1950, au plus fort de la guerre froide. En octobre 1957, ils surprennent le monde entier en mettant en orbite le premier satellite artificiel, Spoutnik 1. En avril 1961, ils consolident leur avance en envoyant le premier homme dans l'espace, Iouri Gagarine.


Le président américain John Fitzgerald Kennedy décide alors de mettre un terme aux déboires des États-Unis. Le 25 mai 1961, il prend l'engagement devant le Congrès que les États-Unis enverront un homme sur la Lune avant la fin des années soixante. Le pari sera tenu, au prix de... 25 milliards de dollars.

Cinq missions Apollo vont succéder à la mission d'Armstrong et Aldrin jusqu'au 14 décembre 1972. Depuis lors, personne n'est revenu sur la Lune marcher sur les traces laissées ce jour-là par le cosmonaute Eugen «Gene» Cernan !...

1969, Woodstock, concert mythique, symbole universel de la contre-culture des 70’s. 1969, Jack Kerouac, porte parole de la Beat Generation, décédait. Deux symboles ; l’un meurt, l’autre naît. Faut-il y voir un passage de relais ? Une continuité ou une fin ? On a déjà quitté les caves qui font l’underground pour les prés où poussent les hippies. Divulgation de l’esprit Beat à grande échelle ou dissolution dans la masse ? À vous de voir.

 

Du 17 au 19 août 1969 eut lieu le plus grand rassemblement musical de l'histoire. Ce qui devait être un festival payant de musique pop se transforma en trois jours de concerts gratuits, triomphe éphémère de la contre-culture.

Dans un champ du comté de Bethel, au nord de l'État de New York, une scène de concert se construit sous nos yeux, et la musique, au même moment, envahit nos tympans. Jusqu'à la clôture du festival, et après trois jours "de paix et d'amour", elle sera le fil conducteur d'un film. Demi-dieux ou inconnus, les musiciens présents à Woodstock deviendront les porte-drapeaux de la liberté d'expression. Le film marque d'emblée son origina-lité : l'écran est divisé en trois parties, permettant, par exemple, de suivre simultanément un groupe sur scène, un gros plan du chanteur, et les réactions du public.

 

Mais plus qu'un film musical, Woodstock est aussi une galerie de portraits, car la société américaine se réunit autour de cet événement. Le shérif ou les parents inquiets de ce déferlement de jeunes débraillés, les paysans et les commerçants du coin, tous sont étonnés, et parfois ravis. L'annonce faite par le gouverneur de l'État : "Je déclare ce périmètre zone sinistrée", montre bien à quel point chacun prend conscience de l'ampleur de la manifestation.

Chez les musiciens, la panique est identique. Arlo Guthrie arrive en hélicoptère et annonce, avec le sourire, que des embouteillages monstres autour de New York bloquent l'accès au festival. À quelques centaines de mètres, un grand barbu compare les arrivants aux longues processions bibliques. Les organisateurs répètent inlassablement que tous vivent ici un moment extraordinaire "de paix et d'amour". Les musiciens se succèdent et chacun réalise une prestation époustouflante. Country Joe arrive habillé en GI et demande à la foule de répéter après lui : un "F", un "U", un "C", et "K", le juron des hippies contre la guerre du Viêt-nam. Le jeune batteur du groupe Santana exécute un solo de batterie ahurissant. Pete Townshend et Roger Daltrey des Who explosent les amplis. Plus tard, Alvin Lee de Ten Years After revisite à 100 km/h les classiques du blues et du rock. Bien d'autres encore participent à cette anthologie musicale exceptionnelle : Joan Baez, Crosby, Stills, Nash and Young, Sly and The Family Stone, ou Jimi Hendrix.

 

Pour plusieurs d'entre eux, Woodstock sera à l'origine du succès et de la reconnaissance internationale. Ainsi Joe Cocker avec son interprétation bouleversante de la chanson "With a little help from my friends". Le guitariste Jimi Hendrix achève enfin ces trois jours de folie, en jouant une version "Viêt-nam" de l'hymne américain, "Star spangled banner". Sa guitare hurle le bruit des bombes, et ce solo immortel devient ainsi l'emblème de toute une génération.

1971 : ouverture du premier Starbucks Cafe à Seattle. Gerald Baldwin, Gordon Bowker et Zev Siegl fondent Starbucks Coffee Company et ouvrent à Seattle leur première usine de torréfaction ainsi que leur premier magasin de café moulu vendu à la minute même de la demande. 1981 : Howard Schultz rejoint la société avec un nouveau concept de commercialisation du café en le rajoutant au menu des restaurants gastronomiques. 1984 : Créations des Bars « expresso » { l’Italienne. 1986 : Starbucks s’étend sur le continent américain et met en valeur son engagement social grâce { une politique de couverture santé, { ses employés, ainsi qu’une mise en place d’opérations avec l’organisme humanitaire CARE (www.care.org), luttant contre la pauvreté dans le monde. 1996 : L’internationalisation de la société débute par l’Asie, Japon et Singapour, avec la filiale Starbucks Coffee International avant de s’attaquer au reste du monde. 1997 : Création de la fondation Starbucks afin d’aider les jeunes et les familles (employés) à améliorer leurs vies. 1998 : En Europe Starbucks s’implante tout d’abord au Royaume-Uni en 2001, en Suisse et en Autriche. 2002 : Starbucks arrive en Espagne...

1973 : inauguration du World Trade Centre (417 m) à New York. Elections des premiers maires noirs à Los Angeles, Atlanta et Détroit. Cessez-le-feu au Vietnam. Insurrection indienne à Wounded Knee (Dakota).

 

Une loi accordera à l'Autorité Portuaire de la ville de New York, au début des années 60, le droit de construire ce vaste ensemble commercial et de bureaux. Ce programme immobilier sera confié aux cabinets d'architectes Minoru Yamasaki & Associated ainsi que Emery Roth and Sons. L'artiste allemand Fritz Koenig obtiendra la commande la fontaine centrale en forme de globe terrestre. Ce complexe devait, à l'origine, regrouper tous les services relatifs au commerce extérieur, notamment les douanes, les agences de fret, les sociétés de transports, les négociants internationaux... Le programme devait rééquilibrer l'emploi à New York. Le Sud de l'île de Manhattan souffrait d'une pénurie de bureaux alors que le Midtown était saturé.

 

Les travaux de fondation seront pharaoniques. Les ingénieurs devront construire un mur d'enceinte dans le sous-sol, avant de commencer les travaux de déblaiement. La terre humide prélevée pour construire les fondations sera utilisée pour remblayer Battery Park City. Le projet architectural consistera à superposer 110 étages dépourvus du maximum d'obstacles à l'intérieur. L'essentiel du poids des tours et des contraintes physiques sera supporté par la structure extérieure, composée de piliers d'aciers très rapprochés et reliés entre eux par des poutrelles horizontales. L'habillage extérieur, composé d'aluminium et de panneaux de verre teinté, mettra en valeur ce maillage. Afin de réduire plus encore les espaces occupés par les cages d'ascenseurs, les tours seront desservies par trois batteries séparées. Les 44ème et 78ème niveaux serviront de zones de transit. Les tours, achevées en 1977 et pèseront chacune environ 300.000 tonnes.

 

La commercialisation connaîtra des débuts difficiles. L'État de New York louera la plupart des bâtiments, avant que la spectaculaire envolée des indices boursiers n'entraînent l'afflux des dizaines de milliers de golden boys travaillant pour le compte de sociétés de courtage. Merrill Lynch occupera les cinq derniers niveaux d'une des tours et y installera sa salle des marchés. La dimension des plateaux se prêtait parfaitement aux besoins de ces locataires. Il ne restait que 10 étages à louer au moment du drame. A l'heure de pointe au cours de laquelle est survenu l'attentat, pas moins de 45.000 personnes avaient pris place derrière leur bureau.

 

Les tours ne résisteront pas plus d'une heure avant de s'effondrer, entraînées par le poids des étages situés au-dessus du point d'impact qui se mettront en mouvement. Le kérosène des appareils constituera le carburant nécessaire à la fonte des structures métalliques des étages éventrés. L'acier perd, en effet, 50% de sa résistance à 500°C et devient mou à 700°C.

La deuxième tour offrait le plus beau panorama de New York et de sa baie. Les conditions draconiennes de sécurité imposaient la fouille des 200.000 visiteurs mensuels. Un ascenseur permettait d'accéder au sommet en 58 secondes, beaucoup moins que le temps qu'il fallait attendre pour embarquer. Le vaste centre commercial, qui occupait les deux premiers sous-sols, rassemblait environ 70 commerces. Il donnait également accès à de nombreuses lignes de métro.

Les élus noirs sont six fois plus nombreux aujourd’hui qu’en 1970 et dépassent les 7 200. Les maires noirs étaient alors 48 ; ils sont plus de 300. De grandes ville comme Atlanta, Birmingham, Chicago, Detroit, Los Angeles, La Nouvelle-Orléans, Philadelphie, Washington, New York, Seattle on eu ou ont encore un maire noir. La Virginie, elle-même a élu un gouverneur noir en 1989.

Jusqu’au milieu des années soixante, les Démocrates comme les Républicains n’avaient cessé de repousser l’adoption d’une législation globale reconnaissant formellement aux Noirs l’égalité des droits sur le plan politique ou économique. Mais le mouvement noir, né dans les années quarante, était monté en puissance et, parti du sud rural, avait gagné les métropoles économiques et politiques du pays. En 1963, après une campagne de près d’une année contre la ségrégation à Birmingham, en Alabama, c’est par des émeutes que le mouvement noir avait répliqué à un attentat à la bombe incendiaire contre le quartier général de Martin Luther King. Il y eut de nouvelles émeutes, moins importantes, à Harlem en 1964. Ces deux mouvements de révolte annonçaient les soulèvements des années à venir.

En 1964, le Congrès se décida finalement à cesser d’être un obstacle et à adopter une loi sur les droits civiques. L’article 7, pour la première fois dans l’histoire de la législation fédérale, déclarait illégale toute distinction de la part d’un employeur sur la base de la race, de la couleur de la peau, de la religion, du sexe ou de l’origine ethnique. Cette loi créait un organisme fédéral chargé de veiller à son application, la Commission pour l’égalité des chances face à l’emploi (EEOC), ayant pour tâche assignée d’enregistrer les plaintes pour discrimination devant l’emploi et de veiller à l’application de la loi.

En 1965, le président Lyndon Johnson signait le Décret ne11246 faisant obligation aux entreprises clientes de l’État fédéral de « prendre des mesures de discrimination positive afin de s’assurer que leurs employés sont recrutés sans distinction de race, croyance, couleur ou origine ».C’est ce décret qui a jeté les bases de la politique de discrimination positive, car il signifiait que toute entreprise désireuse de travailler avec l’État fédéral devait non seulement adhérer au principe, mais soumettre un projet privilégiant l’embauche de demandeurs d’emploi appartenant aux « minorités ».

Cet arsenal législatif ne se traduisit pas par un grand nombre d’emplois nouveaux. Mais le mouvement noir, lui, ne pouvait plus attendre. Et là où il était le plus puissant, il commença à imposer ce que le gouvernement et les entreprises étaient si lents à faire passer dans les faits. Les soulèvements dans de nombreuses grandes villes obligèrent le gouvernement et les entreprises à commencer à embaucher du personnel de couleur. Un certain nombre d’usines, de bureaux, d’hôpitaux furent construits dans des quartiers qui étaient jusque-là soigneusement évités par les entreprises ou les officines gouvernementales. On ouvrit des bureaux d’embauche dans les quartiers défavorisés et on se mit même à proposer des emplois à ceux qui sortaient de prison. En quelques années, le nombre d’emplois occupés par des Noirs s’accrut considérablement, surtout dans l’automobile et la sidérurgie, ainsi que dans l’administration.

Ces changements eurent lieu bien avant que des programmes nationaux aient été mis en place. Mais ils restaient au plan local, et de nombreuses entreprises et administrations continuaient à traîner les pieds. Finalement, le gouvernement fédéral se résolut à intervenir, sous la pression de l’extension de la révolte des Noirs, dont personne ne savait jusqu’où elle était susceptible d’aller. Et puis, le gouvernement était aux prises avec une guerre de plus en plus impopulaire au Vietnam. Il se retrouvait à combattre sur deux fronts simultanément, l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur du pays. À l’intérieur justement, la situation se compliquait encore avec l’émergence de mouvements supplémentaires parmi les étudiants, les femmes, les Portoricains, les Chicanos, les Amérindiens, etc. L’ensemble posait de réels problèmes à la bourgeoisie.

Face à ces mouvements, Johnson prit la décision de ne pas réduire les dépenses. Le gouvernement s’engageait à financer à la fois « les canons et le beurre ». Les entreprises se mirent à embaucher, ce qui facilita la tâche du gouvernement qui les incitait, plus ou moins fermement, à recruter, parfois pour la première fois, un nombre significatif de Noirs.

L’un des buts du mouvement noir était d’obtenir des embauches sur les chantiers de construction, qui étaient restés jusque-là une chasse gardée des Blancs. Les travailleurs appartenant aux syndicats du bâtiment étaient parmi les plus privilégiés, et ne pouvaient se faire embaucher en temps normal que ceux qui étaient parrainés par un membre de leur famille. Ces syndicats s’opposèrent bec et ongles à l’embauche de travailleurs noirs. À l’entrée des chantiers, il y eut des heurts répétés entre manifestants noirs et ouvriers blancs du bâtiment. Dans les grandes villes, comme New York ou Chicago, les manifestants ne limitaient pas leur action à tel ou tel chantier : ils allaient à l’occasion dans d’autres quartiers de la ville, bloquant les ponts et les routes.

Sur ce sujet, le gouvernement décida d’intervenir, et de contraindre pour commencer un certain nombre de syndicats à respecter l’article 7. L’affrontement décisif eut lieu en 1970 sur les chantiers de cinq immeubles gouvernementaux en construction à Philadelphie. L’intervention du gouvernement, qui reçut le nom de projet Philadelphie, fut conduite, sous la présidence de Nixon, par le ministre du Travail George Schultz et son bras droit, Arthur Fletcher. Le projet, qui avait reçu l’approbation d’une cour fédérale, obligeait les syndicats à inviter les « minorités » à utiliser les services de leur centre d’embauche et, pendant un temps, à faire des offres d’emploi sur une base paritaire (un emploi pour un Blanc, un emploi pour un membre d’une « minorité »). Dans sa présentation du projet Philadelphie, Fletcher affirmait qu’il fallait « cesser de parler du mouvement des droits civiques sans parler du taux de chômage. Il s’agit d’un problème économique et nous pouvons compter sur le génie économique de ce pays pour le résoudre. » Dans les années qui suivirent, le ministère du Travail eut à examiner ou à approuver des projets similaires dans 126 autres villes. Ce sont ces projets qui finirent par obliger les syndicats à accepter l’embauche de travailleurs noirs ou appartenant à des « minorités ».

Simultanément ou presque, le gouvernement fédéral s’employa à contraindre les grandes entreprises à mettre fin à la ségrégation. Pour faire un exemple, il choisit AT&T, qui détient le monopole du téléphone aux États-unis et qui était, à l’époque, le plus gros employeur du pays. Le 8 janvier 1973, la courPhiladelphie entérinait un accord qui mettait fin à deux années d’enquêtes sur les pratiques discriminatoires de 23 filiales d&rsquo

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