Histoire de 1988 à 1999

1988 : gigantesque incendie au parc de Yellowstone. Un cinquième du parc est détruit. Durant l'été 1988, une combinaison de sécheresse, de vents de haute altitude et de plusieurs frappes d'éclairs en forêt a créé un incendie mémorable ayant affecté 36 % de l'énorme parc américain.

3 000 hectares sont alors ravagés par les flammes, provoquant une vive polémique. En effet, les autorités ont laissé la nature faire son travail comme le prévoit le statut de parc naturel.

 

Mais certains redoutent alors la destruction totale du parc malgré l’avis des spécialistes : selon eux, un tel événement est nécessaire environ deux fois dans le siècle pour assurer une meilleure régénération de la forêt. Les autorités finissent par intervenir timidement, sans jamais éteindre totalement les foyers.

 

On a ainsi dénombré neuf départs de feux d'origine humaine mais 42 dus à des éclairs. L'incendie, gigantesque, a entraîné l'évacuation d'un grand nombre de personnes. Dix ans plus tard, l’évolution du parc tranchera : ces incendies furent effectivement positifs pour la biodiversité.

1989 : séisme de magnitude 7,1 à San Francisco (55 morts). La faille de San Andreas fait planer une menace constante sur la Californie. Cette faille correspond au frottement latéral des plaques du Pacifique et d’Amérique du Nord.

Les sismologues avaient évalué qu’un tremblement de terre majeur se produisait à peu près tous les 80 ans. Avec une étonnante régularité, San Francisco a connu un autre séisme en 1986 (force 7). Mais, contre toutes prévisions, elle en a connu un autre en 1989 (force 6).

 

On ne peut donc vraiment prévoir quand se déroulera le Big One, le séisme le plus violent qui fera peut-être un jour disparaître la Californie.

En 1994, c’est un séisme de 6,6 sur l’échelle de Richter qui a frappé Los Angeles et fait 42 morts et 2 600 blessés. Il a été suivi de plus de 200 répliques.

 

Mais, cette fois la coupable n’est pas la faille de San Andreas mais une plus petite, toute proche qui avait déjà provoqué un séisme important en 1971.

Los Angeles est situé sur la plaque Pacifique alors que San Francisco est sur la plaque nord américaine.

La plaque Pacifique se déplace vers le Nord/Ouest par rapport à l’Amérique du Nord à la vitesse de 5 cm par an.

 

Dans 50 millions d’années environ, les habitants de Los Angles feront route, malgré eux, vers l’Alaska.

1991 : du 17 janvier au 27 février, guerre du Golfe. Le 16 janvier 1991, le président américain George Bush déclare la guerre à l'Irak, prenant comme motif l'invasion du Koweït par les troupes du régime de Saddam Hussein. Le Canada est l'un des premiers pays à s'engager dans le clan allié. Le 17 janvier, l'offensive est lancée. En un peu plus d'un mois, après une campagne militaire baptisée « Tempête du désert », l'Irak succombe. Bilan : 200 morts du côté américain; 100 000 soldats irakiens périssent, 300 000 sont blessés et des dizaines de milliers de civils meurent.

 

Si le déclencheur du conflit est l'invasion du Koweït par l'Irak, les origines de la guerre du Golfe remontent au début du XXe siècle. La chute de l'Empire ottoman et la découverte d'importants gisements de pétrole au Moyen-Orient changent la donne pour toute la région.

La naissance de l'État d'Israël, en 1948, envenime la situation. Déjà en 1961, l'Irak veut annexer le Koweït, qui vient tout juste de se libérer du protectorat britannique.

La guerre du Golfe a beau être terminée, l'embargo imposé par les Nations Unies reste maintenu, plus de dix ans après, principalement motivé par la question du désarmement irakien. Des raids et bombardements épisodiques se poursuivent.

 

C'est la population irakienne qui est la principale victime de ce conflit. Et ce, malgré le programme « pétrole contre nourriture », instauré par l'ONU en octobre 1997, qui vise à fournir une ration alimentaire d'environ 2 000 calories par personne et par jour en échange de pétrole irakien.

La guerre du Golfe éclate :

  • Saddam Hussein (né le 28 avril 1937 à Tikrit) est devenu chef de l'État irakien en 1979, suite à la démission du général Ahmed Hassan El-Bakr. Créant un réel culte de la personnalité autour de sa personne, Hussein détient tous les postes clés du gouvernement irakien.
  • Le 15 octobre 1995, il est élu par référendum président de la République avec 99,96 % des voix.
  • Pendant huit longues années, de 1980 à 1988, l'Irak et l'Iran s'opposent dans une guerre coûteuse et meurtrière. On estime que plus d'un million d'Iraniens et d'Irakiens en furent victimes, militaires autant que civils. Les pertes économiques atteignent en tout 500 milliards $US.
  • C'est Saddam Hussein qui déclenche les hostilités en septembre 1980 afin de récupérer deux territoires : le Chatt al Arab et le Khouzistan iranien. Hussein veut également éliminer la révolution islamiste.


  • Quelques mois après le retrait des troupes alliées, des soldats américains, puis anglais et français ont commencé à souffrir de ce qu'on appelle dorénavant le syndrome de la guerre du Golfe, dont les symptômes sont, entre autres, perturbation des mécanismes psychologiques, confusion, manque de coordination, dépression, maux de tête, troubles de la mémoire et du sommeil.
  •  Les causes envisagées sont multiples, dont l'exposition à des gaz toxiques et le stress psychologique.

 

1992 : émeutes à Los Angeles (59 morts et 2.300 blessés). Election de Bill Clinton.

« Le 29 avril 1992, Los Angeles explosait dans ce qui devait constituer l’un des plus importants soulèvements urbains du siècle aux États-Unis. L’armée fédérale, la garde nationale et les forces de police venues de tout le pays mirent 3 jours pour rétablir l’ordre. Entre-temps les habitants de L.A. s’étaient réappropriés des millions de dollars de marchandises et avaient détruit pour plus d’un milliard de dollars de capital immobilier. »

 

À Los Angeles, la composition sociologique de l’émeute reflète celle des quartiers concernés : des Noirs, des Latino-Américains pauvres et quelques Blancs unis contre la police. Parmi les personnes arrêtées, les Latinos sont majoritaires, plus nombreux que les Noirs, et les "Blancs" eux-mêmes en constituent un dixième.

 

Confrontés à de tels faits, les médias eurent bien des difficultés à coller l’étiquette "émeute raciale" au soulèvement de L.A.. Ils eurent plus de succès en présentant ce qui venait de se passer comme une violence aveugle et une attaque insensée des gens contre leur propre communauté. Ce n’est pas l’absence de logique dans cette violence que les médias n’aimaient pas, c’est bien la logique même qui l’a inspirée. Les cibles les plus communes étaient les journalistes et les photographes, mêmes noirs et hispaniques. Pourquoi les pillards s’en prirent-ils aux médias ? Ces charognards faisaient courir un réel danger d’identification aux émeutiers par leurs photos et leurs reportages. Et l’incroyable déloge de "couvertures" de la rébellion faisait suite à des années de totale indifférence à l’égard des gens de South Central, sauf pour les présenter comme des criminels ou des drogués.

Le démocrate William Jefferson « Bill » Clinton devient le 42e président des États-Unis en défaisant le président sortant, le républicain George Bush. Clinton, qui obtient 44 909 806 votes (43,0%) contre 39 104 550 (37,4%) pour Bush, devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 370 contre 168.

 

Après avoir été gouverneur de l'Arkansas de 1979 à 1981 et de 1983 à 1992, Clinton met fin à 12 ans de règne républicain à la Maison-Blanche. Né en 1946, il est le premier président qui a vu le jour après la Deuxième Guerre mondiale. La défaite du président George Bush marque un revirement spectaculaire. Lors de la guerre du Golfe, à l'hiver 1991, celui-ci atteignait des sommets de popularité qui laissaient présager une réélection facile. La détérioration de l'économie joue cependant contre les républicains qui sont également incapables de réduire la majorité des démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants. Une autre figure importante de cette élection est le milliardaire texan H. (Henry) Ross Perot, un homme d'affaires controversé qui obtient 19 743 821 votes (18,9%). Il s'agit du plus haut total recueilli par un troisième candidat à la présidence depuis Theodore Roosevelt, en 1912. Le nouveau vice-président est un sénateur du Tennessee, Albert « Al » Gore jr..

1993 : le 19 avril, 80 membres (dont 25 enfants) d'une secte millénariste, les davidiens, périssent à Waco dans l'incendie de leur ferme assiégée depuis 51 jours par le FBI. La même année, Toni Morrisson reçoit le prix Nobel de littérature.

Le siège de Waco est une tragédie qui s'est déroulée du 28 février au 19 avril 1993 dans la résidence du groupe religieux des « Davidiens » près de la ville de Waco au Texas, États-Unis. 82 personnes dont 21 enfants et le leader du groupe, David Koresh, périrent, principalement dans l'incendie qui mit un terme aux 51 jours de siège par les forces de police. L'affaire est considérée comme un des événements les plus catastrophiques de l'histoire américaine moderne2, l'action la plus meurtrière du gouvernement américain contre ses propres citoyens depuis la guerre de Sécession3. Les controverses soulevées par la gestion du conflit se poursuivent à ce jour.


L''origine de l'assaut et du siège de 51 jours de la résidence du Mont Carmel près de Waco dans le Texas est une accusation de possession illégale d’armes par certains membres de la communauté. Ce prétexte a été reconnu comme fallacieux. Les armes étaient détenues légalement (Il faut replacer cette réalité dans le contexte des Etats-Unis où des millions de citoyens possèdent légalement des armes). Le shérif n’avait d’ailleurs relevé aucune illégalité après ses investigations et David Koresh avait lui-même officiellement proposé une nouvelle inspection des armes six mois avant le raid. Personne n'avait alors répondu à sa proposition.


Le 28 février 1993, premier jour du raid des ATF (Alcool, Tobacco and Firearms). David Koresh apparut à la porte d’entrée de la résidence, sans arme, afin de répondre à la demande de perquisition et au mandat d'arrêt à son nom. Et, devant les armes des agents pointées sur lui, il demanda : « Discutons ! Il y a des femmes et des enfants ici ! » (ces propos ont été rapportés par les deux bords par la suite).


Les agents des ATF, qui avaient été copieusement prévenus des "dangers de la secte", ont alors paniqué (certains pensent qu'ils ont reçu l'ordre d'agir ainsi). Ils tirèrent aussitôt, blessant David Koresh et blessant mortellement son beau-père, également sans arme, qui se tenait derrière lui et qui mourut un peu plus tard dans la journée. (Plusieurs chiens appartenant à la communauté avaient été abattus quelques instants plus tôt parce qu'ils gênaient la visibilité des tireurs !).

C'est ainsi que débute l’histoire de personnes sans histoire qui, jusqu'à cet assaut, n'avaient pas enfreint la loi, même si elles voyaient le monde un peu différemment du commun des mortels, et qui ont finalement, du point de vue de beaucoup aujourd'hui, été assassinées et brûlées vives par des agents sous autorité du gouvernement des États-Unis. Il est important de comprendre que ce point de vue n'est pas celui du CICNS mais de la majorité des américains aujourd'hui. Le siège de Waco a été de notoriété publique américaine un tragique et scandaleux fiasco.


Toni Morrison fut la première romancière noire et la huitième femme à recevoir un prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre.

 

Dans ses descriptions de l'univers réel ou imaginaire du peuple noir, Toni Morrison a rendu au peuple afro-américain son histoire morceau par morceau.

 

1994 : séisme à Los Angeles (51 morts). Signature de l'ALENA, accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada. Affaire Whitewater, enquête liée aux investissements immobiliers des Clinton.

 

Quand la télé tombe, c'est très mauvais signe. A 4 h 31 du matin, Felicity Nove s'est réveillée juste à temps pour voir son Trinitron gambader dans la chambre, la bibliothèque se démonter toute seule et traverser la fenêtre. Et puis, tout de suite, jetée à quatre pattes par un vibrato géant, elle s'est retrouvée coincée sous le montant de la porte d'entrée avec ses deux cothurnes effarés. Lorsqu'elle a relevé la tête d'entre ses genoux, Los Angeles, au bas de la colline de North Hollywood, «ressemblait à la scène d'ouverture de ?? Blade Runner''», raconte-t-elle. Des bouffées de flammes, des explosions de gaz, à perte de vue, la course des pompiers sur les avenues. Une sorte de rumeur insensée - des milliers d'alarmes antivol détraquées - montait de toute la ville...

 

Lorsque l'aube a enfin éclairé le désastre, les montagnes voisines avaient grandi de 30 centimètres, et les prix de l'épicerie du coin, de quelque 150%; dans les rues trouées de geysers, des joggeurs fanatiques calmaient à grandes foulées le surcroît de stress nocturne, vaguement intrigués par les premières files d'attente d'infortunés en pyjama. Les standards téléphoniques étaient saturés par 200 millions de coups de fil, et Los Angeles commençait à dénombrer ses 51 morts, 30 milliards de dollars de dégâts et 13 000 sans-abri. Mais la ville s'estimait heureuse. Ce n'était toujours pas le «big one», le cataclysme tellurique attendu dans moins de vingt ans.

 

A 4 h 30 du matin, ce lundi partiellement férié, 15 millions d'Angelenos roupillaient ferme, pas si mal protégés que cela, en général, par le béton antisismique de leurs immeubles neufs ou, mieux, par les parois de souple contreplaqué, recouvert d'épais crépi, des pavillons réglementaires. Une veine. Car en pleine journée, lorsque 3 millions de voitures engorgent 1 000 kilomètres d'autoroutes urbaines, la secousse de 6,6 sur la fameuse échelle de Richter eût provoqué un carnage dans les entrelacs d'échangeurs gigognes. Le Santa Monica Freeway, qui relie le centre-ville au bord de mer, s'est effondré sur près d'une dizaine de kilomètres. Au nord, dans la vallée de Northridge, épicentre du tremblement de terre, les routes surélevées se sont empilées comme des crêpes. Aux heures de pointe, on aurait compté les morts par centaines sur un parcours dessiné autant par les failles tectoniques que par les errances comptables du budget californien.

 

Une affaire de gros sous. Déjà écrasé par la facture des émeutes de Los Angeles, le gouvernement de l'Etat avait dû différer la mise aux normes de la principale artère de Los Angeles. Elle s'est écroulée. Mais le béton high-tech injecté dans 300 ponts neufs depuis 1989 - coût: 1 milliard de dollars - a, lui, parfaitement tenu le choc. Dont acte : contre les assauts monstrueux de la nature, on n'a encore rien trouvé de mieux que l'héroïsme du contribuable ou la solidité du PIB national. La catastrophe de San Francisco, en 1989, aurait été moins grave si la ville n'avait pas voté, en toute candeur, plusieurs réductions d'impôt consécutives. Pourtant, les 120 milliards du budget ne pèsent pas lourd, face au seul chiffre 8 de l'échelle de Richter. Lorsqu'on leur parle du big one, un séisme d'une puissance 85 fois supérieure au frisson de 1994, les Californiens tempèrent leur babil new age. Le paradis des stars et du tofu mariné surfe, en effet, sur l'enfer. Le long de la faille de San Andreas, enfouie à quelques kilomètres sous Hollywood et la San Fernando Valley, la plaque Pacifique bute contre sa rivale continentale, qui pousse dans l'autre sens. Chaque fois qu'elles se frôlent, se chevauchent, sous l'effet de pressions titanesques, la terre tremble. Et elle tremble souvent. La population, habituée à ces étranges vertiges, à ces banales dérobades de plancher ou au rituel tintement des flacons de vitamines dans les placards, attend avec fatalisme le grand coup d'épaule d'Atlas. A l'école, les mômes apprennent à transformer leurs pupitres en abris; à la maison, l'adresse de l'hôpital le plus proche est collée sur le frigo du citoyen responsable et, depuis janvier, les kits de survie se vendent en série. Devant ces panoplies du parfait naufragé terrestre - radio à piles, trousse de secours, tente, eau et frichti en boîte - on se perd en conjectures devant la fragilité humaine.

 

De leur côté, les assureurs antisismiques, affairés à ouvrir leurs marchés (25% seulement des Californiens ont couvert leur logement par un contrat exorbitant pour risque du «fait de Dieu»), jouent les Cassandre du porte-à-porte, rapport officiel en main. D'après la Fema, l'Agence fédérale anticatastrophe, le big one constituerait le plus grand désastre américain depuis la guerre de Sécession. Bilan prévisionnel : de 3 000 à 15 000 morts, selon l'heure du séisme; 55 000 blessés, que ne pourraient tous accueillir les hôpitaux, en grande partie détruits ou privés d'électricité; la police débordée par la ruée des pillards, malgré un ingénieux système d'îlotage des zones à risque de la ville. Sans oublier la chaîne dantesque des calamités. Même verrouillé en quelques secondes, le réseau de gaz serait assez vulnérable pour embraser des kilomètres carrés de lotissements et calciner la zone industrielle de Long Beach. La rupture des principaux ponts, les fissures sur les pistes d'aéroport isoleraient la région. L'explosion des égouts polluerait le réseau d'eau potable. Le «fait de Dieu»...

 

On soupçonne tout de même la Fema d'en avoir rajouté, afin d'étoffer son budget. L'effet réel du big one reste, malgré tout, un mystère. Et puis, avant de ravager la Californie, Atlas pourrait bien se faire la main sur le Middle West. Quant à Los Angeles, la ville devrait, avant la grande secousse, faire les frais d'autres caprices de son sous-sol, fendillé comme une faïence antique. La faille de Santa Monica, enfoncée sous l'océan, est capable d'expédier une déferlante monstrueuse sur LA Land. La crevasse de Newport se chargerait de toute la face ouest de la mégalopole. Et la vilaine farceuse de Northridge pourrait encore, bientôt, troubler les nuits de Felicity Nove.

En 1994, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), une entente des plus modernes en matière d'ouverture des marchés, est entré en vigueur. Depuis, l'ALENA a entraîné l'élimination systématique de la plupart des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce et à l'investissement entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. En établissant un cadre solide et fiable pour l'investissement, l'ALENA a aussi aidé à créer le climat de confiance et de stabilité nécessaire pour l'investissement à long terme. Avant l'ALENA, il y avait l'Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

 

La négociation d'un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Canada a commencé en 1985. Seize mois plus tard, les deux pays se sont entendus sur l'Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALE). Cet accord historique plaçait le Canada et les États-Unis à l'avant-garde de la libéralisation du commerce.

Entre autres principaux éléments de l'Accord figuraient l'élimination des droits et la réduction de nombreux obstacles non tarifaires. Il s'agissait aussi de l'un des premiers accords commerciaux à porter également sur le commerce des services. De plus, il comprenait un mécanisme de règlement des différends pour régler de façon juste et rapide les désaccords commerciaux. En outre, l'Accord mettait en place un système novateur d'examen binational des décisions en matière de recours commercial, offrant ainsi une autre solution que la révision judiciaire nationale.

Concrètement, le Canada et les États-Unis convenaient de lever les mesures frontalières bilatérales visant les biens échangés, ce qui comprenait la suppression des droits sur des produits tels que les produits de la viande, les fruits et les légumes, les boissons, les aliments transformés, les animaux vivants, le vin, les vêtements et le textile, les combustibles, les produits électriques et les machines.

Whitewater (Ozark) projet immobilier de 115 ha. 1978 Clinton, alors attorney général de l'Arkansas, et sa femme, avocate à Little Rock, créent la Sté d'aménagement immobilier Whitewater Development, en copropriété avec James et Susan McDougal, propriétaires en 1982 d'une caisse d'épargne (Madison Guaranty Savings and Loans) dont la faillite en 1989 coûtera 60 millions de $ aux contribuables. 1990 James McDougal est soupçonné d'avoir transféré illégalement des fonds de Madison vers Whitewater et d'en avoir utilisé d'autres pour financer la campagne de Clinton en 1984. Whitewater, mal gérée, coûtera 68 900 $ aux Clinton qui revendront leur participation en 1992 pour 1 000 $, mais ne l'indiqueront pas dans leurs déclarations fiscales. 1992 -mars le New York Times révèle l'affaire. 1993 -20-7 suicide de Vincent Foster, conseiller juridique à la Maison-Blanche (ancien collaborateur de Hillary). -18-2 Robert Fiske, juge d'instruction spécial, s'installe à Little Rock (nomme un grand jury de 23 m.). -18-3 Clinton reconnaît avoir fait des erreurs dans ses déclarations de revenus. -25-3/4 rend publiques celles de 1977 à 1979 (révélant des investissements de 46 635 $ dans Whitewater). -28-6 fondation créée pour aider les Clinton à payer leurs frais de justice (1 à 2 millions de $ par an) [la fortune des Clinton était de 1,6 million de $ en 1993].

 

1995 : le Sénat du Mississippi ratifie enfin le 13ème amendement de la constitution des Etats-Unis, mettant un terme à l'esclavage ! Attentat d'Oklahoma City par des extrémistes de droite (170 morts).

Le treizième amendement à la Constitution des États-Unis prend effet le 18 décembre 1865. «Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction», énonce-t-il.

La Guerre de Sécession (ou Civil War) est à peine terminée que le Congrès tranche sur ce qui en fut la cause directe : l'esclavage dans les plantations de coton du Sud, la mésentente entre les planteurs distingués du Sud et les industriels frustes du Nord ayant fait le reste.

Le 1er janvier 1863, en pleine guerre, le président Abraham Lincoln avait déjà proclamé l'émancipation des esclaves dans les États insurgés. Mais il n'avait pu introduire l'abolition de l'esclavage dans la Constitution faute d'une majorité suffisante au Congrès.

Le président est assassiné en avril 1865, quelques jours après la fin de la guerre. Peu après sa mort, sous le feu de l'émotion, son parti, le parti républicain, arrive enfin à réunir les deux tiers des représentants autour du 13e amendement. Quelques mois plus tard, un 14e amendement assure aux Noirs le droit de vote et l'égalité avec les Blancs devant la loi.

Mais ces principes vont longtemps rester lettre morte. Le Sud est mis à sac par des profiteurs venus du Nord avec une valise pour tout bagage, les «carpet-baggers». Ils exploitent la naïveté des anciens esclaves et font élire des hommes de paille noirs à leur dévotion.


En réaction, les Blancs du Sud forment des mouvements terroristes dont le plus célèbre est le sinistre Ku Klux Klan. Ils brutalisent les anciens esclaves et vont jusqu'à les tuer pour les empêcher de faire usage de leurs droits civiques. Ils utilisent aussi toutes les ressources de la loi pour établir un régime de ségrégation raciale.

Il faudra près d'un siècle et d'autres amendements à la Constitution avant que les droits civiques des descendants d'esclaves soient partout reconnus.

19 avril Un attentat au camion piégé a détruit un immeuble fédéral à Oklahoma City et coûté la vie à 168 personnes. Jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001, cet attentat constituera l'acte de terrorisme le plus meurtrier dans l'histoire américaine. Son auteur, Timothy McVeigh, 32 ans, vétéran de la guerre du Golfe, sera condamné à mort en 1997 et exécuté en 2001.


D'après les estimations, 646 personnes se trouvaient à l'intérieur du bâtiment lorsque la bombe a explosé. À la fin de la journée de l'attentat, vingt ont été confirmées mortes, dont six enfants, avec plus d'une centaine de blessés. Le bilan atteint finalement 168 morts confirmés, sans compter une jambe qui pourraient avoir appartenu à une possible 169e victime non identifiée. La plupart des décès résultèrent de l'effondrement de l'immeuble, plus que de l'explosion de la bombe. Parmi les morts, 163 étaient dans le bâtiment fédéral, une personne dans l’Athenian Building, une femme sur un parking dans la rue, un homme et une femme dans le bâtiment de l’Oklahoma Water Resources et un sauveteur mortellement blessé par des débris. En effet, la bombe détruisit ou endommagea gravement plus de 300 bâtiments dans la zone alentour, laissant plusieurs milliers de personnes sans maison et provoquant la fermeture de bureaux dans le centre-ville d'Oklahoma City.


Les victimes étaient âgées de trois mois à soixante-treize ans, en plus des fœtus de trois femmes enceintes. Parmi les morts, 99 travaillaient pour le gouvernement fédéral. Dix-neuf des victimes étaient des enfants, dont quinze ont été dans la garderie de l'immeuble. Les corps des 168 victimes ont été identifiés dans une morgue temporaire mis en place près du lieu de l'attentat. Une équipe de 24 personnes ont identifié les victimes en utilisant des rayons X, des examens dentaires, des empreintes digitales, des tests sanguins et des tests d'ADN. Plus de 680 personnes ont été blessées. La majorité des blessures étaient des coupures, des brûlures graves et des fractures.

 

1996 : J.O à Atlanta. Réélection de Bill Clinton.

Les Jeux du centenaire, endeuillés par un attentat, consacrent l'union du sport-spectacle et de l'argent : l'amateurisme, principe de base de l'olympisme, est définitivement mis aux oubliettes et la sponsorisation est maintenant la règle souveraine… Des dépenses somptuaires en droits de retransmission offrent à ceux qui les engagent un spectacle, il est vrai, somptueux. En athlétisme, la « machine à courir extra-terrestre » Michael Johnson réalise un fabuleux doublé au 400 m et, surtout, au 200 m, où le sprinter américain pulvérise le record du monde.


Il est imité par la perle des Antilles, la Française Marie-José Pérec, qui réalise le même doublé. La France réalise d'ailleurs une très grande campagne olympique. L'or du perchiste Jean Galfione porte à trois le nombre des médailles d'or françaises acquises en athlétisme : du jamais vu dans ce sport.

L'escrime, le judo (avec David Douillet) et le cyclisme (avec Florian Rousseau, Jeannie Longo et Felicia Ballanger) apportent leurs moissons habituelles (Jeannie Longo trouve enfin une juste consécration dans l'épreuve de cyclisme sur route et manque de peu le doublé en terminant deuxième de l'épreuve contre la montre). D'autres sports, d'habitude moins pourvoyeurs de médailles (tir, lutte, aviron) contribuent à donner à la France, avec un total de 37 médailles, dont 15 en or, l'un de ses meilleurs bilans olympiques.


Le nageur russe Popov réédite ses exploits de Barcelone. L'Américain Agassi en tennis et l'Espagnol Induráin en cyclisme enrichissent leur somptueux palmarès professionnel d'une mention olympique. Les Nigérians, qui avaient déjà montré une grande partie de leur talent lors de la Coupe du monde de football américaine de 1994, offrent à l'Afrique un premier titre olympique dans un sport collectif. Pour la première fois, la compétition de ballon rond s'est ouverte aux femmes : c'est l'équipe des États-Unis qui inaugure le palmarès de cette nouvelle compétition. Une autre équipe féminine de ce même pays remporte l'épreuve d'un autre sport de balle ronde, le softball, qui fait son entrée aux Jeux.

En 1996, Clinton réussit à se faire réélire, bien que la majorité républicaine du Congrès soit renforcée. Ce dernier l’obligera à adopter un budget en équilibre pour la première fois depuis 1969, du temps du président Nixon. De plus, il fait voter une loi interdisant la vente d'armes d'assaut. Il augmente le nombre de policiers afin d'assurer la sécurité et crée un service civil volontaire. De plus, il fait voter la loi sur les congés parentaux permettant aux salariés de prendre des congés pour la naissance d'un enfant ou la mort d'un proche .Il engage une lutte contre la drogue et la criminalité, et prend de plus de nombreuses mesures en faveur de l'environnement et crée de nombreuses réserves naturelles

 

 

1998 : début du Monicagate le 21 janvier. Jamais un président américain n'a été ainsi publiquement réduit à sa simple condition humaine. Au-delà de l'humiliation des aveux, c'est la fonction qui est désacralisée.

 

La veille du drame, le révérend Jesse Jackson, ami et conseiller spirituel des Clinton, s'était rendu à la Maison-Blanche pour une ultime séance de prières. A sa sortie, ce dimanche 16 août, sur CNN, le ténor des droits civiques avait des airs de curé de campagne dépité, contraint, pour raison d'ordre public, de trahir la confession de ses ouailles: «[Hillary] l'aime... Leur mariage survivra.» Soit. Mais la présidence? Le lendemain, 17 août 1998, Bill Clinton, succédant à Lincoln, Hoover et autres Eisenhower, entrait par une drôle de porte dans l'Histoire: il devenait le premier président des Etats-Unis réduit à sa plus simple condition humaine. Nixon lui-même, haï par les médias et par l'opinion publique, n'avait jamais fait l'objet d'une assignation judiciaire ni même subi le moindre interrogatoire. Bill, lui, rouge d'embarras et de colère, a dû refuser de répondre à la grêle de questions «techniques» sur la nature de ses rapports sexuels avec Monica Lewinsky, quitte à courir le risque d'une seconde audition publique humiliante devant le procureur Kenneth Starr. Ensuite sont venus les aveux télévisés. Malgré la contribution d'une escouade de scribes de la Maison-Blanche, son bref discours, dénué de contrition inutile, révélait aussi l'immense solitude de cet homme, casse-cou et stratège brillant, confondu pour une bourde de gamin. Un homme tout bête. La nudité du roi et la fonction présidentielle désacralisée annoncent-elles le retournement d'une opinion encore favorable? Les deux dernières années de Clinton au pouvoir seront-elles frappées d'inanité? Jusqu'à présent, cependant, il a échappé au pire. Son passage au gril des plus cruels procureurs n'a pu confirmer les graves accusations de tentative de subornation du témoin Monica Lewinsky. Le spectre de l'impeachment s'éloignerait donc. Reste le mensonge, proféré voilà sept mois dans le cadre de l'autre affaire, plus ancienne, du harcèlement sexuel de Paula Jones. Un péché véniel, au regard de plus de la moitié des Américains, mais un véritable désastre pour son entourage politique proche, voué à la débandade. «La Maison-Blanche? Imaginez un hôpital après une tornade», commente le correspondant d'ABC. Plutôt une chapelle de dévots grugés. Compromis aussi par leur candeur. On a peine à le concevoir, mais Hillary Clinton, stratège en chef de la défense de Bill, semble avoir cru aux dénégations de son mari. Ne s'est-elle pas engagée personnellement à la télévision en janvier dernier, prononçant alors cette phrase inoubliable: «Si c'était vrai, ce serait un délit grave. Mais c'est faux.» Madeleine Albright, aussi, est montée au créneau. Les autres, la nébuleuse de collaborateurs ruinés en frais d'avocats par les convocations de Kenneth Starr, ces fidèles supplantés par la légion de juristes présidentiels, ont brisé leur réputation en défendant leur chef sur toutes les ondes, puis en préparant la conférence de presse légendaire du 26 janvier, au cours de laquelle Clinton, doigt vengeur et regard de braise, nie mordicus les faits. Ce n'est que le week-end dernier que le président a informé ses collaborateurs de la réalité des faits. «Clinton aurait pu éviter au pays ces sept mois de cirque, grince, amère, une analyste présidentielle démocrate, contre promesse d'anonymat. En niant, en appelant à la contre-offensive, il ne cherchait qu'à sauver sa peau, son image, sans penser au pays.» «Qui traite de l'Irak? du Kosovo?» grogne Erwin Hargrove, politologue de la Vanderbilt University. Tout de même, le vendredi 14 août, alors que le porte-parole de la Maison-Blanche mentionnait une conversation de quarante minutes entre Clinton et Boris Eltsine - un préalable au flottement du rouble - la presse se contentait de s'informer sur le système de télévision par câble prévu pour le futur témoignage du président. Clinton trouve là ses circonstances atténuantes.

 

Si ce scandale mine l'exécutif, c'est parce que ce dernier est déjà affaibli par l'air du temps et la volonté des électeurs : «L'électorat lui a infligé un Congrès ultraconservateur dès 1994, explique Thomas Mann, directeur des études gouvernementales à la Brookings Institution. Et, de toute façon, seule la guerre froide pouvait cautionner une présidence impériale.» Clinton espérait-il entrer dans l'Histoire par un réformisme activiste? Raté. Après l'échec de son méga- plan de sécurité sociale, l'abandon de son projet de grands travaux futuristes, et l'affront républicain de 1994, sa présidence s'est muée en machine à consensus, ses choix politiques, en mouchetage impressionniste déterminés par la girouette des sondages. Son recentrage à droite lui a réussi au moment où l'économie repartait sans réelle intervention de l'Etat. Bordé à gauche par la baisse du chômage, à droite par ses prises de position contre la délinquance, Clinton a occupé tout le champ politique, mais il a, du coup, poussé ses détracteurs ultra-conservateurs à la guérilla. La tactique, peu reluisante, a payé. Le troisième pouvoir, judiciaire, semble avoir eu raison du premier, présidentiel, grâce à la persévérance haineuse d'un procureur «indépendant». La fonction est née du grand nettoyage de l'après-Watergate. Aujourd'hui, elle se retourne contre ses créateurs de gauche: les zélotes humiliés de Nixon se vengent des donneurs de leçon démocrates. Le résultat est là: «Après l'affaire Lewinsky, le défilé de toute la Maison-Blanche devant une chambre d'accusation, quel président pourra encore croire au secret de ses consultations? s'interroge Thomas Mann. Quelle marge de manoeuvre aura- t-il dans un tel climat de criminalisation de la politique?» Le mal est fait. La paranoïa va bon train et la pusillanimité l'escorte. En pleine bourrasque judiciaire, Clinton, profitant d'une escapade en Californie pour lever des fonds nécessaires aux élections parlementaires de novembre, n'a pu offrir autre chose qu'un programme: «Un projet de purification de l'eau de rivière, qui concerne tous les Américains.»

 

Il y a sept mois, au lendemain de l'entrée en scène de Monica Lewinsky, par peur des controverses, le président avait déjà rayé de son discours sur l'état de l'Union toute mention d'un rapprochement diplomatique avec l'Iran. Les élections de novembre au Congrès expliquent en partie ces prudences. Mais pèseront-elles vraiment sur le vote? La Maison-Blanche ne pouvait guère espérer jusque-là qu'une molle remontée des démocrates dans une Chambre des représentants élue essentiellement sur des critères locaux et toujours promise, par le simple jeu des abstentions, à la domination républicaine. L'aveu présidentiel risque de compromettre ce sursaut, mais l'affaire nuira surtout à la postérité clintonienne. Il le sait. Il pourrait bien être le président qui a abaissé sa fonction dans un pays qui, lui-même, évolue. Si Clinton survit à son parjure, la démocratie américaine n'aura plus tout à fait le même visage. Quelle sera encore la portée du serment sur la Bible que prononce le chef de l'Etat lorsqu'il entre en fonction? «Clinton entrevoit bien d'entrer glorieusement dans les livres d'histoire, mais avec son nom accolé à celui de son successeur Al Gore», confiait, au printemps, un ancien proche du président. Pour se remettre de cet épisode, l'Amérique choisira-t-elle ce pendant, raide et irréprochable, du charmeur Clinton? Nul ne peut le dire, car Al Gore, trop zélé lors des levées de fonds de la dernière campagne de 1996, fera bientôt l'objet, lui aussi, d'une enquête. La présidence américaine ne sera peut-être plus jamais ce qu'elle était. C'est un paradoxe de l'Histoire: jamais les Etats-Unis n'ont à ce point dominé le monde, jamais leur chef n'a été à ce point affaibli

 

1999 : tuerie de Littleton (Colorado); deux ados se suicident après avoir abattu douze de leurs camarades et un professeur du lycée de Columbine. Décès de Bill Bowerman, cofondateur de la firme Nike. La légende raconte qu'il avait créé la chaussure mythique dans sa cuisine avec... un moule à gaufres.

Eric et Dylan, les lycéens américains qui ont fait feu sur leurs camarades de classe, préparaient leur méfait depuis un an. Personne ne s'en doutait...

  

Monsieur Klebold, businessman accompli, se souvient bien d'avoir remarqué une «légère tension» chez son fiston Dylan dans les jours précédant le 20 avril. «J'en ai pris note en me disant que je m'en occuperais plus tard», a-t-il confié... plus tard, à un pasteur chargé des funérailles. Mme Klebold, thérapeute pour handicapés, avait bien, le matin même, trouvé un «côté bizarre, un rien fataliste» au bye-bye de son garçon de 17 ans. «Je me suis dit, explique-t-elle, qu'il était de mauvaise humeur, qu'il avait une interro écrite ou quelque chose du genre.» Du genre... Dylan, sur la route du lycée Columbine de Littleton, près de Denver (Colorado), allait chercher son copain Eric Harris, élève de 18 ans de la même classe de terminale, fils d'un pilote de fret aérien et d'une employée. Tous deux attendront 11 h 15, la pause-déjeuner, en ce jour anniversaire de la naissance de Hitler, pour entamer leur baroud de massacreurs, déchiqueter en ricanant, au fusil à canon scié, à la carabine, au pistolet-mitrailleur et à la bombe artisanale, 12 adolescents et un prof, en blesser grièvement 26 autres, avant de se donner la mort, trop tôt pour pouvoir amorcer leurs 31 engins explosifs disséminés dans l'école. Littleton, calme banlieue un rien bourgeoise, enterre trois de ses enfants chaque jour depuis dimanche, tandis que le pays entier, mains sur les tempes devant sa télé, semble autant pleurer sa jeunesse que se mortifier de son incurie. Leurs sites Web suintaient la haine Parler de signes avant-coureurs serait trop facile.

  

Mais les deux déments avaient de quoi susciter l'intérêt de leur entourage. L'Amérique entière s'offusque aujourd'hui de leur penchant «gothique» pour le chanteur androgyne Marilyn Manson et pour les groupes de rock germanique et sadomaso. Leurs manteaux noirs fétiches, signes d'appartenance à leur club romantico-vampirique, Trench Coat Mafia, ne pouvaient occulter des fêlures manifestes : les devoirs d'anglais des deux bons élèves regorgeaient de tant d'appels au meurtre que leur prof avait transmis les copies à la psychologue scolaire. Sans suite. Leurs sites Web suintaient la haine et affichaient au vu de tout le lycée des plans de fabrication de bombes enluminés de dessins d'ossements. Au bowling, on ne s'étonnait plus de l'habitude de Dylan, rejeton d'une famille juive, de crier «Heil Hitler!» à chaque strike. 

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