Histoire de 2004 à 2008

WAR

Prenant la température d’une Amérique malade de ses démons et de ses excès, Michael Moore fustige, dénonce et tape du poing sur la table. Fahrenheit 9/11 est un pamphlet, une déclaration de guerre idéologique à l’encontre des puissants tapis dans l’ombre, des lobbies industriels qui décident des intérêts des Etats-Unis. Ce n’est pas qu’une simple (et simpliste diront certains) charge contre Bush Junior, ce n’est pas une œuvre de propagande – ceux qui affirment de telles choses ne connaissent manifestement pas le sens de ce mot – ce n’est pas non plus un documentaire qui tendrait à montrer les choses objectivement. Fahrenheit 9/11 est un cri d’alarme, un coup en pleine face, le reflet d’une réalité vu par un pessimiste qui aimerait croire que les choses peuvent changer. Malgré son indéniable filiation avec les précédents films militants de Moore, Fahrenheit n’est pas Bowling for Columbine ni Roger & Moi ou The Big One. Moore agit sans recul et à chaud, mais toujours avec sa traditionnelle pertinence dans un domaine qui réclame un tel traitement. Ce n’est plus un sujet qui prend racine dans les fondements d’une société (comme le problème des armes à feu ou la libéralisation des échanges), mais plutôt une critique de l’hégémonie d’une société, d'une déshumanisation et du mépris de la différence, de l’autre non-conforme. Un pays qui s’est construit sur la conquête – souvent sanglante – de nouvelles terres prouve que cet esprit demeure, mais passe à présent par la recherche de nouveaux marchés, malgré les êtres humains. "Nous pensons que la situation va être bonne… Bonne pour les affaires, mauvaises pour les gens", dit l’un de ces businessmen.

SUPER SIZE MIKE

Emporté par la complexité de son sujet, par ses tenants et aboutissants, Fahrenheit devient parfois confus dans son exposé des relations entre Amérique et proche-Orient. Qu’importe, Moore compte sur l’intelligence de son spectateur pour remplir lui-même les blancs. De même qu’il ne prend pas le temps de présenter Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou Condoleeza Rice, visages connus aux Etats-Unis mais relativement anonymes chez nous. Moore ne désire pas que le spectateur soit passif, il se doit de réfléchir, d'interroger ce qu’il voit, au même titre que lui-même interpelle sa société. Ce n’est qu’avec cette disposition que l’on pardonnera les rares raccourcis et imprécisions qui bordent son film, tant la démonstration et les idéaux sont eux-mêmes implacables. Moore n’épargne rien ni personne. Ni les démocrates – qui se rangent inconditionnellement derrière leur adversaire politique – ni les médias vendus à la cause de Bush. Le président américain passe au mieux pour un idiot irresponsable au lexique réduit et au pire pour un pantin médiocre et manipulé par des puissances industrielles qui le dépassent. Michael Moore livre alors une œuvre-somme, complexe, dont les implications dépassent le simple cadre du documentaire filmé. Un fleuve avec sa source-superstar à qui il arrive de noyer la subtilité au profit d’une émotion parfois un peu facile, mais dont l’utilité ne devrait pas être à prouver. C’est à cela aussi que peut servir le cinéma: ouvrir les yeux sur le monde dans lequel nous vivons.

Elu de manière contestable en l'an 2000, plus largement réélu en novembre 2004 face au démocrate John Kerry, le très conservateur George W. Bush, plébiscité par l'Amérique puritaine, a profondément transformé - ou faudrait-il dire divisé ? - la société américaine. Sa promesse de remettre en selle les valeurs morales a rencontré un large écho auprès des électeurs de la "Bible Belt", le centre et le sud du pays où prospère le fondamentalisme chrétien. En croisade politico-religieuse, il est ouvertement opposé aux homosexuels, à l'avortement et au contrôle des ventes d'armes. Avec la baisse des impôts et la suppression de certaines aides sociales, le pays compte de plus en plus de gens très riches, mais aussi beaucoup plus de démunis.


Les Etats-Unis sont toujours en guerre : en Irak, bien sûr, mais aussi contre le terrorisme, y compris sur leur propre sol. Pendant la campagne électorale, George Bush s'était engagé à revoir le "Patriot Act", la législation qui renforce la sécurité et la surveillance du territoire, et rend plus difficiles les conditions d'accès à la nationalité américaine. Les Etats-Unis d'aujourd'hui, repliés sur eux-mêmes, ont réussi à se mettre à dos les opinions publiques du monde entier, non seulement à cause de la guerre en Irak, mais aussi en refusant, par exemple, de signer le protocole de Kyoto sur la protection de l'environnement.

2005 : fin août, le cyclone Katrina, un des plus dévastateurs de l'histoire américaine provoque une catastrophe humanitaire, écologique et économique sans précédent dans trois Etats : Louisiane, Mississippi et Alabama.

 

C'est un des plus puissants ouragans ayant touché les USA. Les vents ont atteint les 280 km/h. La largeur du cyclone était de plus de 1300 km avec un œil d'une quarantaine de kilomètres. Divers états américains ont été touchés mais surtout la Louisiane (plus de 1500 morts et 6m d'eau dans certains quartiers de La Nouvelle Orléans) et Mississippi (plus de 250 morts). Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées et ont perdu leur maison. Katrina a traversé tous les Etats Unis du Sud et Nord et a même déversé des pluies torrentielles (110 mm en 12h !) sur le Québec le 31 août.

L'immense catastrophe a été évitée mais les dégâts sont considérables. Le cyclone Katrina a laissé après son passage lundi sur la côte de Louisiane un spectacle de désolation. Et de poursuivre sa route, direction l'Alabama. A 17h00 GMT, il était situé à moins de 65 km au sud-sud-ouest de Hattiesburg, au Mississippi. Déjà des inondations étaient signalées à Mobile, en Alabama, à son approche.

 

A La Nouvelle-Orléans, frôlée par l'ouragan, les violentes bourrasques ont fait voler des débris à travers les rues, brisé les fenêtres d'hôtels de luxe et arraché le toit du Superdome, le grand stade de la ville où 10.000 personnes avaient trouvé refuge. Tous les habitants de cette ville de Louisiane avaient reçu dimanche l'ordre d'évacuer. Au total, près de 1,8 millions de personnes. Seuls les personnels des services d'urgence avaient été autorisés à rester. Katrina a fait dans cet état trois victimes indirectes : des personnes âgées mortes au cours de l'évacuation. Une femme a été tuée dans le Mississippi lorsqu'un arbre s'est abattu sur sa voiture. Lors de son passage sur le sud de la Floride jeudi, le cyclone avait tué sept personnes.

"Je me dis que j'ai peut être tout perdu"

Des chaînes de télé ont indiqué que des maisons avaient été détruites le long de la côte sud de la Louisiane. Au moins un immeuble s'est effondré dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans. "Je me dis que j'ai peut être tout perdu, racontait lundi soir à TF1.fr Laurence Menet, une prof de français habitant à La Nouvelle-Orléans. On ne sait pas quand on pourra rentrer chez nous. Les rues sont inondées, il fait une chaleur étouffante et l'atmosphère est très humide."

 

Les météorologues avaient annoncé que des milliers de maisons seraient endommagées et qu'un million de personnes pourraient se trouver sans abri. L'inquiétude était particulièrement vive pour La Nouvelle-Orléans, agglomération située dans une cuvette et dont une partie est en dessous du niveau de la mer. 600.000 personnes ont été privées d'électricité en Louisiane et au Mississippi.

Le président américain George W.Bush a officiellement déclaré ces deux états zones sinistrées. "Nous voulons que les habitants sachent que le gouvernement fédéral est prêt à les aider quand l'ouragan sera passé", a-t-il déclaré.

Toujours "puissant"

Les cours du pétrole, fouettés par le passage du cyclone, ont franchi la barre symbolique des 70 dollars le baril lundi. L'arrivée de Katrina a contraint les compagnies pétrolières à fermer un grand nombre des installations du Golfe du Mexique, une région qui en temps normal assure environ un quart de la production de fuel et d'essence des Etats-Unis. Les assureurs estiment déjà le coût des dégâts causés par le cyclone entre 12 et 26 milliards de dollars.

Rétrogradé en catégorie 2 après avoir atteint les niveaux 5 et 4 dimanche et lundi, Katrina faisait route vers l'Alabama. Il demeure "puissant", selon le Centre national des ouragans (NHC). Et d'ajouter qu'il "s'affaiblissait progressivement" en entrant dans les terres. Le cyclone se déplace vers le nord à la vitesse de 27 km/h et devrait maintenir cette trajectoire au cours des prochaines vingt quatre heures.

 

Neuf aéroports fermés

Le passage de Katrina sur les côtes de la Louisiane et de l'Alabama a entraîné la fermeture d'au moins neuf aéroports dans la région, des annulations de vols et des retards pour plusieurs compagnies aériennes. Parmi les aéroports fermés depuis dimanche figurent l'aéroport international de La Nouvelle-Orléans en Louisiane, celui de Mobile en Alabama et de Pensacola en Floride. Cinq autres aéroports régionaux dans ces Etats du sud des Etats-Unis ont été fermés lundi en raison des vents violents et des pluies diluviennes. Les compagnies US Airways et AirTran ainsi que la compagnie à bas prix Jet Blue ont annoncé l'annulation de plusieurs vols de et vers La Nouvelle-Orléans, vers le Mississippi et l'Alabama notamment en raison de ce cyclone. Delta Air Lines (partenaire d'Air France dans l'alliance Sky Team) a accusé des retards pour ses vols dans la région. Toutes ces compagnies ont précisé qu'elles ne feraient pas payer de pénalités aux passagers désireux de changer leurs vols réservés sur ces destinations pour ces jours-ci.

 

2006 : le Dakota du Sud adopte la première loi du pays qui interdit l'avortement, même en cas de viol ou d'inceste. La population américaine atteint la barre des 300 millions d'habitants. En novembre, condamnation à mort de Saddam Hussein. Victoire des démocrates aux mid-elections.

La loi criminalisant l'avortement dans l'Etat du Dakota du Sud, adoptée à l'avant-veille de la journée internationale des femmes, menace comme jamais le droit à l'interruption volontaire de grossesse aux Etats-Unis. Elle porte un nouveau coup de boutoir à l'arrêt "Roe contre Wade" rendu par la Cour Suprême, qui a légalisé l'avortement en 1973 aux Etats-Unis, et qui est malmené par plusieurs initiatives à la faveur de la récente nomination de juges conservateurs.

"Le renversement de l'opinion de la Cour Suprême est possible", a assuré le gouverneur du Dakota du Sud (nord) Mike Rounds, en préambule à la bataille juridique à couteaux tirés qu'il a déclenchée et qui fait saliver la droite conservatrice chrétienne américaine. La loi du Dakota du sud qui interdit l'IVG même en cas de viol ou d'inceste et rend aussi illégale la vente de produits de contraception d'urgence est contestée par des associations en faveur de l'avortement.

La plus importante, PPFA (Planned Parenthood Federation of America, le planning familial) a annoncé son intention d'"utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour l'empêcher d'entrer jamais en vigueur". La présidente de PPFA, Cecile Richards a indiqué que la décision du Dakota du Sud a suscité "le choc, la peur et l'indignation".

"Les mesures contre l'avortement et les hommes politiques qui les soutiennent ne sont pas représentatifs de l'opinion publique américaine" dit-elle, et le planning familial "se défendra de ces attaques, devant les tribunaux, dans les assemblées législatives locales ou aux urnes, pour s'assurer que les médecins et les familles continuent de pouvoir prendre les décisions concernant leur santé sans interférence du gouvernement". La loi du Dakota du Sud a déjà fait des émules qui font eux aussi valoir qu'ils visent bien plus haut. Pas loin de 10 Etats, Mississipi en tête, envisagent d'approuver le même projet de loi rendant illégale l'interruption volontaire de grossesse y compris en cas de viol ou d'inceste.

Les adversaires de l'avortement considèrent le moment particulièrement favorable pour porter le coup de grâce à l'IVG. Ils comptent sur la nomination récente par le président Bush de deux nouveaux juges conservateurs et le possible départ à la retraite d'un troisième pour faire changer l'équilibre de votes à la Cour Suprême, qui a le dernier mot sur le sujet. La Cour a déja accepté d'examiner une affaire portant sur une méthode chirurgicale d'avortement tardif. Récemment, elle vient de lever une mesure qui permettait de limiter les manifestations devant les cliniques d'avortement.

Mais le zèle du gouverneur du Dakota du Sud pourrait se révéler contre-productif. Certains experts vont valoir que la Cour Suprême revient très rarement sur un précédent important pour la société américaine. En outre, les adversaires de l'avortement pourraient certes gagner des voix, mais sans obtenir nécessairement une majorité. La Cour Suprême compte neuf juges. Malgré leurs antécédents conservateurs, les deux nouveaux juges John Roberts et Sam Alito ont fait savoir qu'ils n'envisageraient pas à la légère de renverser des décisions historiques.

Le président Bush, très religieux lui-même et opposé à l'avortement, a fait savoir la semaine dernière qu'il trouvait le projet du Dakota du sud trop extrême, soulignant qu'il réservait la possibilité d'avorter dans trois cas: viol, inceste et danger pour la vie de la mère. Le débat qui se profile pourrait cependant aider à réaménager les termes du texte de 1973 que certains jugent dépassée, notamment au point de vue médical, "Roe versus wade" fixant la limite pour avorter à 6 mois de grossesse.

La population des Etats-Unis a franchi, mardi 17 octobre, le cap historique des 300 millions d'habitants, selon le Bureau du recensement américain (Census Bureau).

Le passage au 300 millionième américain a été accueilli avec des cris et des applaudissements par les employés du bureau du recensement à Washington qui étaient quelque 200 à fêter cet événement, suivi par les caméras du monde entier.

"C'est un garçon ou une fille" s'interrogeait l'assistance en plaisantant dans une ambiance qui faisait penser au décompte lors du passage à l'an 2000.

La barre des 300 millions a été atteinte à 7h45 (13h45 à Paris), selon un calcul basé sur une horloge statistique qui fait la différence entre les naissances (une toutes les sept secondes), les décès (un toutes les 13 secondes) et le flot d'immigrants (un nouveau venu toutes les 31 secondes). Il en résulte qu'un nouvel habitant s'ajoute à la population américaine toutes les 11 secondes.

 

Le 300 millionième résidant américain peut être aussi bien un nouveau-né qu'un immigré latino, même illégal, ont expliqué les experts du Census Bureau qui ont souligné qu'il n'était guère possible de désigner précisément un heureux élu.

La plus forte croissance parmi les pays industrialisés

Il y a à peine 40 ans, en 1967, la population américaine comptait 200 millions d'habitants, et 100 millions en 1915.

Au rythme de croissance de sa population (+0,9% par an), la plus forte parmi tous les pays industrialisés grâce à la relative jeunesse de sa population et à la fertilité de la population immigrée, il ne faudra que 37 années supplémentaires pour que le pays atteigne 400 millions d'habitants.

Pour Stephen Buckner du Census Bureau, le cap des 300 millions est "l'occasion pour les Américains de se pencher sur le type de changements qu'une telle croissance implique".

Parmi ces évolutions, certains tirent la sonnette d'alarme quant à l'impact sur l'environnement d'une telle croissance. "Plus que toute autre nation, nous contribuons au changement du climat", note ainsi Vicky Markham, directrice du Centre pour l'environnement et la population (CEP). "En tant qu'unique nation industrialisée à avoir un fort taux de croissance de sa population, nous avons le plus important impact écologique au monde", souligne-t-elle.

Même si sa population ne représente que 5% des habitants de la planète, l'Amérique consomme à elle seule plus d'un quart des ressources naturelles du monde et rejette aussi un quart des émissions globales de dioxyde de carbone.

Le troisième pays le plus peuplé, loin derrière la Chine et l'Inde

D'autres pensent qu'avec une densité de seulement 31 habitants au km2 (contre 48 en moyenne dans le monde), la population américaine peut encore doubler. Malgré un débat sur les immigrés qui fait rage, les Etats-Unis n'auraient "aucun problème à absorber de nouveaux immigrants", affirme l'économiste Nariman Behravesh du cabinet Global Insight. "Notre population pourrait doubler que nous aurions encore la plus faible densité par rapport au Japon et à l'Europe", affirme cet expert.

Aujourd'hui, un Américain sur trois est issu d'une minorité - il est Hispanique, Noir ou Asiatique -, soit 98 millions d'habitants. Les Hispaniques sont les plus nombreux, représentant 14% de la population, soit 42,7 millions d'individus.

Les Noirs forment la deuxième minorité la plus importante avec 39,7 millions d'individus, suivis par les Asiatiques, 14,4 millions.

Les Etats-Unis sont le troisième pays le plus peuplé, loin derrière la Chine et l'Inde, et devant l'Indonésie.

Saddam Hussein a été "condamné à mort par pendaison" par le Haut tribunal pénal irakien, le 5 novembre 2006, à Bagdad, pour sa responsabilité dans l'exécution de 148 habitants chiites du village de Doujaïl en 1982, en représailles à un attentat contre son convoi. Il a aussi été condamné à dix ans de prison pour "crime contre l'humanité [torture]" et à dix autres années pour "déplacement de population".

L'ancien président irakien a constamment tenté d'interrompre le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane lors de l'énoncé du verdict, en criant "longue vie à l'Irak", rapporte l'Agence télégraphique suisse (ATS). "Il est apparu visiblement secoué par la condamnation. "Dieu est plus grand que l'occupant", a-t-il clamé, alors que quatre gardes l'ont emmené à l'extérieur de la salle d'audience, les mains liées dans le dos".

Cette condamnation clôt un procès débuté en octobre 2005, après 40 audiences et l'audition de 130 témoins. Saddam Hussein, premier chef d'Etat arabe à être jugé dans son pays pour des crimes commis contre son peuple, avait rejeté dès le départ la légitimité du tribunal et refusé de plaider coupable ou non coupable à l'issue du procès. Les autres accusés s'étaient proclamés innocents.

Deux de ses sept co-accusés ont également été condamnés à mort : son demi-frère Barzan Ibrahim Al-Tikriti, patron des services de renseignements au moment des faits, et l'ex-président du tribunal révolutionnaire dans cette affaire, Awad Ahmed Al-Bandar.

L'ancien vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a lui été condamné à la prison à vie. Le procureur général Jaafar Al-Moussaoui avait requis, le 19 juin, la peine de mort pour cet ancien proche de Saddam Hussein, ainsi que pour l'ex-dictateur et son demi-frère, mais pas contre l'ancien magistrat.

Trois anciens dirigeants du Baas dans la région de Doujaïl ont été condamnés à 15 ans de prison pour "homicide volontaire" : Abdallah Kadhem Roueid, son fils Mezhar Abdallah Roueid et Ali Daeh Ali. Un quatrième, Mohammed Azzam Al-Ali, a été acquitté : c'est le seul des accusés pour lequel l'avocat général avait demandé l'abandon des poursuites.

Une procédure automatique d'appel

Les statuts du tribunal prévoient une procédure automatique d'appel en cas de condamnation à mort ou à la perpétuité, qui pourrait repousser de plusieurs semaines ou de plusieurs mois l'exécution du verdict.

La Chambre d'appel, composée de neuf juges, peut estimer que l'appel est fondé si elle découvre une erreur de procédure ou un non-respect du droit. Dans ce cas, un nouveau procès doit avoir lieu. Si la décision prise en première instance est ratifiée, la sentence doit être appliquée dans les 30 jours. Aucune autorité, pas même le président de la République, ne peut user du droit de grâce ni commuer les peines prononcées par le tribunal.

La presse française s'en fait fort peu l'écho, et pourtant la nouvelle est d'importance. Un mois à peine après leur victoire au mid-term elections, le parti démocrate risque fort de perdre sa majorité au Sénat. Il est vrai que l'explication est un peu compliquée, et que les médias détestent embêter leurs lecteurs avec des choses compliquées.

Alors, y a-t-il eu un coup d'Etat ? Une trahison ? Non point.

Rappelons tout d'abord qu'au lendemain des élections du 7 novembre dernier, les démocrates avaient obtenus une courte majorité de 51 sièges contre 49 aux Républicains (le Sénat américain à cent sièges, deux par Etat).

Le sénateur Démoctate Tim Johnson, sénateur du Dakota du Sud (capitale Pierre, 14.000 habitants, comme tout le monde le sait) vient d'être frappé par un accident vasculaire cérébral et a été opéré à l'hôpital George Washington, à Washington D.C. Son état est critique mais stable.

Vu la gravité de cette attaque, il ne devrait pas être en état de tenir son mandat de sénateur américain (Notons ici la supériorité de la France qui a depuis longtemps permis l'accession aux plus hautes responsabilités aux grands malades).

Que prévoit la loi en l'occurrence ?

La Constitution américaine, pas grand chose. Elle précise (Article Premier Section 3) que

Le Sénat des États-Unis sera composé de deux sénateurs pour chaque État, choisis pour six ans par la législature de chacun, et chaque sénateur disposera d'une voix.

En cas de vacance dans la représentation d'un Etat au Sénat, l'exécutif de cet Etat devra convoquer des élections pour y suppléer ; toutefois, le législatif de cet Etat pourra donner pouvoir à l'exécutif pour désigner provisoirement un remplaçant jusqu'à ce que le peuple comble la vacance par voie d'élection conformément à ce que le législatif décidera.

Or le gouverneur du Dakota du Sud, Mike Rounds, est Républicain. Les deux chambres du parlement du Dakota méridional sont également républicaines. Il ne fait donc aucun doute que le remplaçant de Tim Johnson sera républicain. La Constitution laissant une large maîtrise du processus électoral aux Etats, et le mandat de Johnson expirant en 2008, le Dakota du Sud pourra aisément désigner un remplaçant et renvoyer la désignation de son successeur aux élections de 2008.

Mais, me direz-vous, on retombe dans une hypothèse de parité : 50-50. Les républicains n'ont pas la majorité.

 Certes. Mais c'est là que j'invoque l'article Premier, Section 3, alinéa 4 de la Constitution américaine :

• Le Vice Président des Etats-Unis sera Président du Sénat, mais sans droit de vote, sauf en cas de partage des voix.

• Le Vice Président est le Républicain Richard Bruce "Dick" Cheney. Voilà la cinquante et unième voix donnant la majorité sénatoriale aux républicains.

 Les démocrates américains n'ont donc jamais été aussi soucieux de l'état de santé d'un de leurs sénateurs. La presse française ayant visiblement décidé que ce qui nous intéressait, c'est le voyage en Suisse de Johnny Halliday.

2007 : en octobre, le prix Nobel de la Paix est décerné à Al Gore et au Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, pour leur rôle dans la lutte contre les changements climatiques; de très violents incendies ravagent le sud de la Californie, où l'état d'urgence est déclaré.

Le comité Nobel a récompensé l'ancien vice-président américain Al Gore et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat pour leurs engagements dans la lutte contre les changements climatiques.

Le 12 octobre 2007, l'ancien vice-président américain Al Gore et le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ont obtenu le prix Nobel de la paix 2007. Le prix leur est conjointement décerné pour "leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements". "Al Gore est probablement l'individu qui a fait le plus pour que l'on comprenne mieux à travers le monde les mesures qui doivent être adoptées", a ajouté l'institution.

Ancien vice-président de Bill Clinton et candidat démocrate malheureux à la Maison Blanche en 2000, Al Gore a attiré l’attention de l’opinion publique en 2006 avec son livre et documentaire Une vérité qui dérange, qui tire la sonnette d'alarme face au réchauffement de la planète.

Primé aux Oscars, le film de 96 minutes a contribué à vulgariser un sujet complexe et à sensibiliser l'opinion publique à la menace climatique.

Réalisant un véritable travail de fourmi, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) expertise et compile les recherches effectuées par des milliers de scientifiques à travers le monde.


Pour le Comité Nobel, ces rapports "ont crée un consensus plus largement informé sur le lien entre l'activité humaine et le réchauffement climatique. Plusieurs milliers de scientifiques et de responsables de plus d'une centaine de pays ont collaboré pour parvenir à une plus grande certitude sur l'échelle du réchauffement".

Ses rapports, résultats de délicates tractations entre délégations des différents Etats, fournissent un solide socle de connaissances aux décideurs politiques. Parmi ses principales conclusions, le Giec prédit une hausse de 1,8 à 4°C de la température moyenne planétaire d'ici 2100, un réchauffement dont l'origine "très probable" est liée à l'activité humaine.

Limiter cette hausse à 2°C aurait un coût "relativement modéré", selon les chercheurs, soit une baisse de 0,12% du taux de croissance du PIB à partir de 2030.

L'état d'urgence a été décrété, dimanche, en Californie par le gouverneur Arnold Schwarzenegger. De graves incendies ravagent en effet le sud de l'Etat qui ont fait un mort et provoqué l'évacuation de milliers d'habitants, notamment dans la ville de Malibu qui abrite milliardaires et stars. Onze foyers de grande ampleur se sont déclenchés qui ont brûlé plus de 12 000 hectares.

 

Depuis dimanche soir, toute la Californie du sud est en état d'alerte rouge. Les feux, attisés par des vents de plus de 100 kilomètres à l'heure, s'étendent de Los Angeles à San Diego. On déplore déjà un mort, plusieurs blessés, et au moins quarante maisons calcinées.

Les vents devraient encore forcir dans les prochaines heures et les soldats du feu seront certainement mobilisés pendant plusieurs jours. C'est le constat que dresse le chef des pompiers du comté de Malibu où le premier incendie s'est déclaré très tôt, dimanche matin.

La ville des millionnaires et des vedettes de cinéma a subi de plein fouet le passage des flammes. Mille cinq cents personnes ont dû quitter leur domicile pour rejoindre les centres d'accueil mis en place par la Croix-Rouge. Le maire de Malibu a prévenu que cette situation pourrait encore durer quelque temps car, de son propre aveu, l'incendie est totalement hors de contrôle.

 

L'ensemble des services de pompier et de police que compte la Californie du sud est actuellement mobilisé autour de ces incendies. Mais la situation est encore loin d'être maîtrisée. Les autorités préviennent que des milliers d'habitants seront certainement évacués d'ici mardi ou mercredi.

2008 : la Californie vis sa deuxième année de sécheresse consécutive (nombreux incendies au cours de l'été). Début octobre, l'épave de l'avion du millionnaire Steve Fossett (disparu en septembre 2007) est retrouvé près de Mammoth Lakes. La saison des ouragans se termine avec Gustav, qui a provoqué l'évacuation de la Nouvelle-Orléans en faisant plus de peur que de mal, mais surtout par Ike, qui a durement touché la côte texane du côté de Galveston, provoquant la mort de 50 personnes et plus de 10 milliards de dollars. La crise financière sans précédent qui frappe le système bancaire américain oblige une administration républicaine traditionnellement peu interventionniste à injecter 1.000 milliards de dollars dans l'économie, pour endiguer les faillites en cascade. On ne mesure pas encore toutes les conséquences au niveau mondial. Le démocrate Barack Obama succède à W.Bush et devient ainsi le premier président noir à entrer à la Maison-Blanche.

Les pompiers en Californie combattaient lundi des centaines de foyers ayant ravagé plus de 450 km2 de forêt et de broussailles, principalement dans le nord de l'Etat, ont annoncé les autorités.

 

Pas moins de 700 foyers disséminés dans 33 zones différentes, de la frontière avec l'Oregon (nord) à la région de Monterey (sud de San Francisco), étaient actifs lundi matin, selon le bureau des situations d'urgence (OES) de l'Etat, qui vit sa deuxième année de sécheresse consécutive. Ces sinistres, favorisés par la canicule qui a régné pendant le week-end, n'ont pas fait de victime jusqu'ici, mais ont détruit huit maisons et en menaçaient lundi plus de 5.500 autres, selon l'OES.

Le 12 juin, le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait proclamé l'état d'urgence dans la vallée centrale, première région agricole des Etats-Unis, huit jours après une proclamation d'un état de sécheresse dans l'ensemble de la Californie (37 millions d'habitants). Début mai, des mesures avaient montré que la couverture neigeuse sur la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada, véritable château d'eau de l'Etat, n'atteignait que 67% de l'épaisseur normale pour cette époque de l'année.

 

Déjà en 2007, Los Angeles avait connu sa saison des pluies théorique (1er janvier-30 juin) la plus sèche depuis au moins 130 ans, avec à peine un cinquième des précipitations normales. Fin octobre, les incendies dans la région de Los Angeles et San Diego, à la frontière mexicaine, ont fait huit morts, ravagé plus de 2.100 km2 et forcé 640.000 personnes à fuir leurs habitations, dont 2.000 ont été réduites en cendres. Les dégâts ont été chiffrés à plus d'un milliard de dollars rien qu'autour de San Diego.

L’épave retrouvée mercredi en Californie est bien celle de l’avion de l’aventurier Steve Fossett, disparu il y a plus d’un an. Il y a peu, un randonneur avait également retrouvé non loin de là des objets ayant appartenu à Fossett.

L’épave retrouvée ce jour là en Californie (ouest des Etats-Unis) est bien celle de l’avion de l’aventurier Steve Fossett, disparu il y a plus d’un an, a annoncé jeudi la police.

« L’équipe de recherche a localisé l’épave de l’avion qui est bien celui que pilotait Steve Fossett quand il a disparu », a indiqué un porte-parole de la police locale.

 

« Nous avons une confirmation et une localisation de l’appareil qui a été retrouvé », a-t-il ajouté.

 Il y a peu, un randonneur avait retrouvé non loin de là des objets ayant appartenu à M. Fossett.

Le chef de la police de Mammoth Lakes, Randy Schienle, avait indiqué que de l’argent liquide et des objets, dont diverses pièces d’identité portant le nom de Steve Fossett, avaient été rapportés aux autorités mardi.

Steve Fossett avait décollé le 3 septembre 2007, seul aux commandes de son monomoteur, d’un ranch de l’ouest du Nevada (ouest), pour un vol qui devait durer trois heures. Depuis, il n’a plus donné signe de vie.

 

Après un mois de recherches intensives, les autorités du Nevada avaient suspendu les secours. En février, un juge de Chicago (Illinois, nord) a reconnu officiellement la mort du millionnaire de 63 ans.

Le gigantesque ouragan Ike, qui a frappé samedi matin les côtes du Texas (sud), a été rétrogradé en catégorie 1 sur l'échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5, a annoncé le Centre national des ouragans (NHC) basé à Miami (Floride, sud-est). Vers 13 heures GMT, l'ouragan se trouvait au-dessus des terres, à environ 30 km au sud de Huntsville (Texas) avec des vents de 145 kmh. Ike "devrait encore s'affaiblir au fur et à mesure que son centre avance à l'intérieur des terres", a expliqué le NHC, qui a précisé cependant qu'il devrait rester un ouragan jusque dans l'après-midi.

 

L'ouragan Ike a néanmoins provoqué des dégâts sur d'importants bâtiments du centre-ville de Houston (Texas, sud), la quatrième ville des Etats-Unis, a rapporté samedi matin la chaîne de télévision CNN. La chaîne diffusait des images du centre de Houston battu par le vent et la pluie, avec des morceaux de tôle, des arbres, des feux rouges et des panneaux indicateurs arrachés. L'éclairage public continuait apparemment à fonctionner, alors que 4 millions de personnes étaient privées d'électricité dans la région. Le jour ne s'était pas encore levé, mais CNN a dit avoir constaté beaucoup de vitres brisées sur les façades de la JP Morgan Chase Tower, le plus haut gratte-ciel du Texas (305 m de haut). Selon le Centre national des ouragans (NHC), l'œil de l'ouragan a traversé la ville et se situait à 6H00 locales (11H00 GMT) au nord est de Houston, avec des vents soufflant à 160 kmh et des rafales de 205 kmh.

La tempête se dirigeait vers le nord à la vitesse d'environ 20 kmh et devait s'affaiblir à mesure qu'elle survolait les terres, selon le NHC. Ike devait s'orienter vers le nord-est mais rester actif jusque dans l'après-midi (heure locale).

Vents de 175km/h

L'œil de l'ouragan a atteint la côte à Galveston (Texas) à 02H10 locales (07H10 GMT), à environ 70 km au sud de Houston. Le niveau de la mer a monté d'environ six mètres, selon le NHC, la montée pouvant éventuellement atteindre huit mètres dans les baies et rivières. L'ouragan devait amener jusqu'à 25 cm de pluie sur l'est du Texas et le sud-ouest de Louisiane, a averti le NHC Ike était accompagné samedi matin de vents de 175 km/h et se dirigeait droit sur Houston, quatrième ville des Etats-Unis avec 2,2 millions d'habitants et centre pétrolier majeur, située à quelque 70 kilomètres de la station balnéaire de Galveston.

Cette ville côtière la plus proche de Houston était déjà depuis vendredi soir plongée dans le noir, sans électricité, et l'eau de mer mélangée à de la boue envahissait ses rues, devenues couleur chocolat. Le vent soufflait furieusement et des vagues gigantesques de 5 mètres de haut franchissaient la digue protégeant l'île de Galveston, balayant rivage et infrastructures touristiques de cette ville de 58.000 habitants entre lagune et golfe du Mexique. Aucun bilan d'éventuelles victimes n'était disponible peu avant 05H00 (10H00 GMT) et il faudrait sans doute attendre la levée du jour pour évaluer l'étendue des dégâts.

Plus de 4 millions de personnes étaient privées d'électricité à Houston et dans sa région, selon les télévisions américaines, et les autorités craignaient que les vitres des gratte-ciel du centre-ville ne soient soufflées par l'ouragan. Quelque 1,2 million de personnes ont été évacuées au Texas, a déclaré le gouverneur de l'Etat Rick Perry. Mais selon les autorités, des dizaines de milliers de personnes habitant les zones côtières les plus exposées ont refusé de partir en dépit des appels répétés à l'évacuation. Le NHC a pourtant prévenu que la région de Galveston allait être complètement inondée et que "les personnes ne suivant pas les consignes d'évacuation et habitant des maisons à un ou deux étages s'exposeront à une mort certaine".

 

Barack Obama a fait un appel aux dons

La maire de Galveston, Lyda Ann Thomas, a ordonné "un couvre-feu de huit heures du soir à cinq heures du matin jusqu'à lundi". Un abri d'urgence a été ouvert dans une école. Quelque 8.000 personnes avaient péri dans cette ville en 1900, lors de l'ouragan le plus meurtrier de l'histoire des Etats-Unis. Le monstrueux Ike pourrait, lui, entraîner 100 milliards de dollars de dégâts, ce qui en ferait la catastrophe la plus coûteuse de l'histoire du pays, a relevé le gouverneur. Le passage d'Ike pourrait être "catastrophique", a aussi estimé le secrétaire américain à la Sécurité nationale Michael Chertoff. Treize raffineries représentant un cinquième des capacités de raffinage du pays ont été fermées.

 

Une bande côtière longue de 640 km dans les Etats du Texas et de la Louisiane a été placée en état d'alerte. La production de pétrole du golfe du Mexique était interrompue à 97% et les compagnies avaient évacué leurs plateformes. En mer, le sauvetage d'un cargo battant pavillon chypriote avec 22 personnes à bord a été suspendu en raison des vents trops forts, ont indiqué les garde-côtes américains. Le président George W. Bush, qui a décrété l'état d'urgence au Texas, Etat dont il fut gouverneur, s'est déclaré "très inquiet" vendredi.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a quant à lui fait un appel aux dons, comme il l'avait fait pour l'ouragan Gustav début septembre. Quelque 1.500 soldats se préparaient à répondre à l'urgence et l'USS Nassau, un bâtiment de débarquement avec 45 hélicoptères et quatre avions, devait appareiller. Par ailleurs, l'amarrage du cargo russe Progress à la Station spatiale internationale pourrait être retardé de plusieurs jours, le Centre de contrôle de la Nasa de Houston ayant fermé jeudi.

Selon le FMI, le montant total des pertes dues à la crise bancaire devrait dépasser les 2.200 milliards de dollars aux Etats-Unis. D’ores et déjà, les autorités fédérales ont dû injecter plus de 1.000milliards de dollars pour éviter d’autres faillites, du type de Lehman Brothers, l’ensemble des moyens mis en œuvre par les Etats-Unis pour surmonter la crise et la récession s’élevant à 3.000 milliards pour toute l’économie américaine !

Et les banques ne sont pas les seules victimes de la crise financière. On peut aussi mentionner AIG, qui à travers sa filiale para-bancaire, AIG Financial Products, a dégagé déjà 98 milliards de pertes en 2008, ce qui a nécessité une prise de contrôle de l’Etat (80% du capital), et le versement total de 180 milliards de dollars.

 

D’où viennent ces pertes ? Evidemment, des crédits « subprimes » qui sont à l’origine de cette crise. Mais ceux-ci ont été revendus par le canal de CDO (Collateral Debt Obligations), titres négociés sur un marché de gré-à-gré, donc totalement opaque et déréglementé.

Pour se protéger du risque de défaut, les investisseurs (souvent d’autres banques) ont contracté des CDS (Crédit Defaut Swaps) auprès d’autres institutions financières, ce qui a disséminé les actifs « toxiques » dans tout le système bancaire mondial.

Aujourd’hui, l’encours total des CDS dépasse les 60.000 milliards de dollars (contre seulement 6.400 milliards, fin 2004). Le montant astronomique de ces produits dérivés s’explique, selon Marc Chesney, Professeur à l’Université de Zurich, par la spéculation, l’encours de CDS en circulation devant être rapproché des 5.000 milliards de créances à risque sur lesquels ces CDS sont adossés.

Pour Warren Buffet, les pertes potentielles sur ces CDS dépasseraient 10.000 milliards ! Il faut savoir que déjà, la faillite de Lehman Brothers avait affecté de grandes banques internationales, contrepartie de la banque d’affaires, dans des transactions portant sur des CDS. Mais ce mécanisme a été généralisé. Ainsi AIG avait vendu plus de 450 milliards de dollars à d’autres banques (dont les deux tiers à des institutions étrangères). De ce fait, une part substantielle de l’aide fédérale à AIG est déjà partie dans le remboursement des engagements de la compagnie d’assurance vis à vis des banques étrangères (dont la société Générale, pour 12 milliards).Il faut également rappeler que le sauvetage d’AIG permet de rembourser les investisseurs qui avaient parié sur la faillite de Lehman Brothers en achetant des CDS à cette banque.


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