Savoir-vivre et coutumes

Difficile de décrire les règles de savoir-vivre à adopter dans un pays auquel on reproche souvent de ne pas en avoir. Pourtant, le pays de la peine de morts et de l'injustice sociale sait souvent faire preuve d'un savoir-vivre étonnant dans les situations de tous les jours.

Les Américains sont dans l'ensemble puritains. Ils adorent les fêtes patronales où l'émotion à trois cents déborde de partout, mais ils s'indignent peu de savoir que les enfants chinois fabriquent leurs Nike ou que l'embargo contre Cuba fait des ravages. La compassion est ici à géométrie très variable, comme partout certainement, mais peut-être un peu plus qu'ailleurs. Les Américains ne sont pas à une contradiction près. Ils sont en majorité contre les lois visant à restreindre la liberté de port d'arme, mais ils s'interrogent quand leurs enfants sont assassinés à la sortie du lycée. Ils se goinfrent de pop-corn et de crème glacée pour mieux s'inscrire à des programmes de régime ultracoûteux. Peuple difficile à saisir, dont les excès sont légion, mais dont le civisme reste le lot quotidien.

Quelques conseils et indications en vrac, pour vous montrer que cette civilisation de pionniers, où la force a de tout temps été la seule loi qui prévalait, sait faire preuve, dans la vie de tous les jours, d'une étrange gentillesse qui fait souvent passer les Français pour de curieux rustres.

 

A la ville comme dans les campagnes, on se dit facilement bonjour dans la rue, même si on ne se connaît pas. Vous ne couperez pas non plus au "How are you doing today ?" ("Comment ça va aujourd'hui ?"), l'entrée en matière des serveurs ou commerçants que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam mais auxquels vous répondrez avec un grand sourire : "Fine, thanks, and you ?" '"Bien, merci et vous ?").

Les files d'attente dans les lieux publics ne sont pas un vain mot. Pas question de gruger quelques places à la poste ou dans la queue de cinéma. Le petit rigolo qui triche est vite remis à sa place. C'est l'occasion d'apprendre la patience.

En voiture, le Code le Route est véritablement respecté. L'automobile est considérée comme un moyen de locomotion, pas comme un engin de course. Et puis, vous ne verrez jamais une voiture stationnée sur le trottoir. Non par peur des représailles policières, mais tout simplement parce que ça empêche les piétons de passer ! Ne vous avisez pas de transgresser ce genre de règles, ça vous coûterait cher. De même, si quelqu'un est devant un passage piétons, les voitures s'arrêtent automatiquement pour le laisser passer. En revanche, lorsque le feu est vert pour les piétons, il vaut mieux se presser pour traverser, car il passe rapidement au vert en faveur des autos cette fois-ci.

Vous verrez rarement un Américain jeter un papier par terre. Il attendra toujours de croiser une poubelle. Et si tel n'était pas le cas, il y aura toujours quelqu'un pour le rappeler à l'ordre ou lui dire avec un brin de cynisme : "You just lost something !" ("Vous avez perdu quelque chose !"). Sur les autoroutes, jeter un papier par la fenêtre de sa voiture peut coûter jusqu'à 1.000 $. A bon entendeur !

Les crottes de chien : voilà encore un point au sujet duquel on pourrait prendre de la graine. Ce qui apparaît comme un geste simple, civique et évident aux Etats-Unis a décidément du mal à se mettre en place en Europe. Tout naturellement, chaque maître a avec lui un petit sac plastique dans lequel il glisse la main, puis ramasse la déjection canine et retourne le sac proprement avant de le mettre dans la première poubelle rencontrée. A ne pas confondre avec le doggy bag !

Les Américains se font très rarement la bise. Quand on se connaît peu, on se dit "Hi !" (prononcer "haïe") qui veut dire "Salut, bonjour". Quand on est proches et qu'on ne s'est pas vus depuis un moment, c'est l'accolade (le hug) qui prévaut. On s'enlace en se tapant dans le dos, gentiment quand il s'agit de femmes, avec de grandes bourrades quand il s'agit d'hommes. Si vous approchez pour la première fois un Américain en lui faisant la bise, ça risque de surprendre (voire choquer) votre interlocuteur. Cela dit, la French attitude est plutôt bien vue... Le meilleur moyen de saluer quelqu'un est quand même de lui serrer la main, pratique très courante, même chez les ados.

En arrivant dans un restaurant, on ne s'installe pas à n'importe quelle table, sauf si l'écriteau "Please seat yourself" vous invite à le faire. On attend donc d'être placé.

Les petits restes : si, dans un restaurant, vous avez du mal à terminer ce que vous avez commandé (ça arrive souvent là-bas), n'ayez pas de scrupules à demander une barquette pour emporter les restes de vos plats, d'ailleurs tout le monde le fait. Jadis, on disait pudiquement "C'est pour mon chien", et il était alors question de doggy bag. Aujourd'hui, n'hésitez pas à demander : "Would you wrap this up for me ?" ou plus simplement "Would you give me a box, please ?" ("Pouvez-vous me donner une boîte, s'il vous plaît ?").

Le service n'est jamais compris dans les restos et les cafés. En revanche, il est dû par le client (sauf si vous estimez que le service a été exécrable, ce qui est rare aux Etats-Unis). Personne n'a idée de gruger le serveur ou la serveuse, car tout le monde sait que c'est précisément sur le tip qu'ils gagnent leur vie (le salaire de base étant très bas). Pour calculer un pourboire honnête, multipliez la taxe (inscrite avant le total sur l'addition) par deux, et, si vous êtes très content, arrondissez au-dessus ! Parfois, la gratuity est facturée d'office à 15 % sur la note.

Dans les restos et les cafés, ne vous attendez pas à un service à l'européenne, du genre nappe, petite cuillère pour le café, couvert à poisson, etc... Ici, c'est l'efficacité et le rendement qui priment. Ne pas s'étonner de se faire servir un expresso dans une grande tasse avec une paille ou d'avoir l'addition avant la fin du repas. Pour s'assurer que tout tourne à la bonne vitesse, certains serveurs n'hésiteront pas à vous rendre visite très (trop) souvent, toujours avec le sourire !

Au sujet des w.c. publics : ils sont presque toujours gratuits et souvent bien tenus. Vous en trouverez dans chaque Visitor Center, les bus stations, dans les stations-service, les grands centres commerciaux et grands magasins ou dans les halls des hôtels et les cafétérias. Demandez, on ne vous dira jamais non, à moins qu'une pancarte précise "Customers only".

Les sections non-fumeurs sont particulièrement respectées dans les restaurants et les hôtels qui proposent la grande majorité de leurs chambres en non-fumeurs. De plus en plus d'établissements sont d'ailleurs entièrement non-fumeurs. Et ne vous avisez pas de fumer, ça déclencherait le système d'arrosage situé dans les plafonds et l'alarme.

La clim' : les Américains ont la manie de pousser l'AC à fond dans la plupart des lieux publics (restos par exemple). Aux beaux jours, ayez donc toujours un petit pull sur vous pour éviter les chocs thermiques permanents.

Dans les petits campings de certains parcs nationaux, le paiement se fait par un système d'enveloppe. On met la somme demandée dans l'enveloppe que l'on glisse dans la boîte. Le ranger on duty viendra le lendemain ramasser les enveloppes. Question de confiance ! Mais ce système est de plus en plus rare. On trouve le même principe dans de nombreux parkings publics.

 

Dans le même ordre d'idées, pour acheter votre journal, il existe des distributeurs automatiques. Il suffit de glisser la somme et une petite porte s'ouvre pour vous laisser prendre votre quotidien. On pourrait parfaitement en prendre deux, trois ou dix à la fois en n'en payant qu'un seul, mais personne ne le fait. L'honnêteté prévaut. Et puis, quel intérêt ?

Le rapport à l'argent des Américains a souvent tendance à énerver les touristes, surtout lorsqu'ils font un voyage culturel. Leur guide insistera plus facilement sur les prix de tels tableaux, de telle fabuleuse construction plutôt que d'en évoquer les valeurs esthétiques. De même, ils seront rapidement énervés par l'insistance permanente des serveurs dans les restaurants ou des vendeurs à vouloir faire consommer ou dépenser plus. Il faut bien faire marcher la machine économique, et tout est super-organisé pour cela.

Les Américains sont des individus forcenés, mais ils sont prêteurs. Ils n'hésiteront pas, après avoir fait un peu votre connaissance, à vous prêter leur voiture et à vous laisser les clés de leur habitation. Ca étonne toujours un peu, mais on s'habitue rapidement à cet état d'esprit.

Le patriotisme : le drapeau et l'hymne national (avec la religion) ont été le lien fédérateur essentiel des différents peuples qui constituent le peuple américain. Afficher (souvent avec fierté) son appartenance à la nation est un geste évident pour grand nombre d'Américains. Cela peut étonner plus d'un Européen, et depuis les attentats du 11 septembre 2001, la bannière étoilée a tendance à se multiplier en tous lieux et les messages d'encouragement aux boys en Irak (qui sont revenus chez eux depuis) pullulent aussi. Plus surprenant encore : les églises qui carillonnent l'hymne national !

 

Il ne sert à rien de hurler (comme on le fait souvent chez nous...) dès que quelque chose ne se déroule pas come on le voudrait. Vous pouvez être accusé d'insolence, de manque de respect vis-à-vis de la personne derrière son comptoir, voire d'agression. Sachez que tout se plaide et se négocié aux Etats-Unis. En revanche, si vous êtes dans votre bon droit, vous serez immédiatement remboursé. Et puis, ne vous avisez pas non plus de hausser le ton avec un policier : vous finirez illico au poste.

Les malentendus culturels : les Américains, joyeux drilles, aiment les contacts et sont d'un abord facile. Cet élan immédiat peut laisser croire qu'ils se font de nouveaux amis dans la minute. Mais le premier contact passé, l'analyse de cette situation fait dire aux Français que les Américains sont superficiels légers, inconsistants. A l'inverse, les Américains nous trouveraient froids et distants. Mais ce qui ressort le plus souvent de l'aventure américaine, c'est toujours la gentillesse, les rencontres et la serviabilité des gens.

 

3 votes. Moyenne 3.67 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×