Une magnifique journée au Point Reyes National Seashore

Point Reyes Station

Point Reyes Station est une petite ville située dans le compté du Marin, en Californie, à environ 50 km (un peu plus de 30 miles) au nord de San Francisco. Cette ville d’environ 350 personnes est surtout une étape avant d’arriver au Point Reyes National Seashore, un parc national très populaire.

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Point Reyes National Seashore

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Quarante kilomètres au nord du Golden Gate, la côte s'incurve, pointe vers l'ouest, forme une longue baie et se retourne comme pour planter un ardillon dans l'océan. Cette avancée des terres, c'est Point Reyes, le Cap des Rois, ainsi nommé par Sebastian Vizcaino le jour de l'Epiphanie de 1603.

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Le littoral s'allonge vers le nord-est en une immense plage rectiligne et se termine en queue de rat, séparée du continent par une échancrure longue de 22 kilomètres, la baie de Tomales. L'ensemble fait penser à un harpon, soudé à la terre ferme sur une partie de son arête lisse, la pointe tournée vers le nord, son crochet ancré dans le Pacifique.

La baie de Tomales rappelle suffisamment le Loch Ness pour qu'un village riverain porte le nom d'Inverness : seuls manquent au bord de l'eau un vieux manoir et ses fantômes ! Au sud, la mer s'enfonce entre deux falaises dans une anse vaseuse, presque fermée par un cordon littoral : Bolinas Lagoon. Entre les deux, le terrain s'élève jusqu'à une dizaine de mètres d'altitude, flanqué de collines hautes de 300 à 400 mètres.

Cette topographie manifeste la présence de la faille de San Andreas : la péninsule de Point Reyes est une presqu'île au sens propre, un morceau du continent soudé à la plaque océanique, entraîné vers le nord depuis 28 millions d'années par le mouvement de la plaque du Pacifique. Dans Tomales Bay, une longue série de poteaux marque la ligne de fracture du tremblement de terre de 1906. Au sud-ouest, le village de Bolinas, retiré à l'extrémité d'une route bordée d'énormes eucalyptus, est perché sur des schistes et des grès. Les premiers remontent à l'époque où la péninsule, alors immergée, passait au droit de Monterey ; les seconds s'accumulèrent au sud de San Francisco.

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Un chemin de terre, praticable, au moins par temps sec, avec une voiture ordinaire, descend vers l'océan. La brume, l'humidité permanente favorisent la croissance d'une forêt dense, où les fougères poussent au milieu des mousses dans un sous-bois obscur. Un ruisseau, coupé de petites cascades, coule dans un vallon pentu où descend un chemin : c'est le territoire du Point Reyes Bird Observatory. Fondé en 1965, l'Observatoire emploie aujourd'hui plus de 100 personnes. En même temps centre de recherche et refuge, il s'intéresse en particulier aux petits oiseaux, ceux qui semblent faire partie du décor, trop insignifiants pour attirer l'attention lorsqu'ils ne sont pas en grandes troupes.

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Le "Visitor Center" du "National Seashore" se trouve à Olema, au beau milieu de la zone de faille, quelques centaines de mètres à l'ouest de la fameuse Highway 1. Il présente faune et flore de la presqu'île, vend livres et cartes, et possède un sismographe dont le papier millimétré révèle que, si la plupart des mouvements de la faille de San Andreas sont infimes, mais très rapprochés, une secousse plus nette a lieu à intervalles. La fréquence de ces trépidations imperceptibles est réellement impressionnante : à tout instant, sans qu'il en ait conscience le moins du monde, l'écorce terrestre est en mouvement, là, sous les pieds du visiteur !

Deux pistes montrent quelques effets de la faille. La première est consacrée au séisme de 1906, dont l'épicentre était en mer, entre Point Reyes et San Francisco. C'est ici, juste à côté du "Visitor Center", qu'eut lieu le déplacement le plus important : 6,30 mètres ! Le séisme déchira le sol sur 430 kilomètres de long et plusieurs centaines de mètres de profondeur ! Comme dans la baie, la ligne de rupture est marquée par une rangée de poteaux, et l'on voit encore les effets de ce décalage sur une clôture que traverse la faille. Le coin d'une grange avait été sectionné mais, bien sur, on l'a réparée !

L'autre piste suit la zone de faille sur six kilomètres et dévoile les accidents de terrain, mares, dépressions, talus créés par la pression des plaques. Bien plus évident, le cours d'un ruisseau a été dévié en baïonnette par le mouvement vers le nord.

Le socle de la presqu'île est constitué de granite. Celui-ci n'apparaît qu'aux falaises du cap des Rois, mais Inverness Ridge, la crête qui sépare la zone de faille de l'océan, en est constituée. Sur le continent vis-à-vis, aucune roche ne correspond à cette masse granitique dont, longtemps, la présence ici demeura un mystère. Il fallut, dans les années 1960, la théorie de la dérive des continents pour comprendre.

Vêtue d'un doux bocage, la zone de faille, que rien ne décèle aux yeux profanes, s'élève vers Point Reyes Station, puis descend vers Tomales Bay. La Highway 1 longe la baie par l'est, tandis qu'à l'ouest, Sir Francis Drake Boulevard, après Inverness, quitte le rivage et tourne brutalement vers la crête. Près du sommet, une route de terre conduit à Mount Vision, d'où l'on a une vue d'ensemble sur la presqu'île.

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Le "Boulevard" redescend vers l'océan : face au vent du nord-ouest, la plage, droite et longue de plus de 16 kilomètres, est réputée celle de Californie où les vagues sont les plus hautes. Dans une mousson d'écume, les rouleaux s'abattent sur le sable en rangs serrés. Aucun baigneur, pas de promeneurs, pas même un surfeur... L'eau est-elle donc si froide, en juin ?

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Point Reyes Beach

Elle est surtout très dangereuse : le ressac, une vague inopinée, plus forte que les autres, de traîtres courants littoraux imposent la prudence et mieux vaut, si l'on veut pique-niquer ou se baigner, aller jusqu'aux plages de Drake's Beach, dans l'anse protégée par la pointe des Rois Mages.

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Les fortes vagues d'été viennent en succession rapide. Les mouvements qu'elles impriment au sable consomment une grande partie de leur énergie. En hiver, les tempêtes transportent le sable de la plage au large : il y forme des bancs où se brisent les lames. Le littoral est ainsi protégé d'une érosion trop forte. Les vagues estivales, moins puissantes, ramènent peu à peu le sable vers la plage.

Le "Boulevard" longe la pointe de Drake Estero, un marécage aux eaux saumâtres, remonte vers le cap, en forme de T renversé, laisse Drake's Bay à sa gauche et longe une falaise d'où l'on voit, quelques centaines de mètres plus bas, phoques et lions de mer vautrés sur les rochers comme de grosses limaces sombres. Cette roche jaune des falaises, c'est le granite enlevé à la Sierra Nevada, cinq cents kilomètres au sud.

A quelques dizaines de mètres de l'aire de stationnement, après une légère montée, voici de nouveau le Pacifique, immense et désolé, dominé par le bâtiment blanc d'un phare désaffecté. Il faut descendre, en pente douce, trois cents huit marches pour y accéder. Sur la crête, la maisonnette du gardien, transformée en mini "Visitor Center" vend quelques livres. Un maxillaire inférieur de baleine grise est exposé près de la porte : de janvier à mars, Point Reyes est l'un des meilleurs points à terre pour observer la migration des cétacés.

Ici, un conglomérat recouvre le granite des Tehachapi et le protège des intempéries. Entre phare et eau, des milliers de guillemots nichent dans les cavités de la roche.

La baie, au sud, porte le nom de Drake : en juin et juillet 1579, le pirate anglais séjourna quelques semaines sur cette côte pour caréner son bateau, le Golden Hind, mis à mal par les tempêtes du Pacifique, le passage du détroit de Magellan et, pour ce petit bâtiment, l'énorme masse d'une trentaine de tonnes d'or et d'argent volées aux galions espagnols. Nulle part aux environs aucun vestige n'atteste l'emplacement exact du fort temporaire qu'il bâtit, mais c'est à Point Reyes que correspondent le mieux les descriptions restées à la postérité. Drake prit officiellement possession de la côte californienne et baptisa le territoire Nouvelle Albion.

Son navire fut le premier à faire le tour du monde : à son retour à Londres, Elizabeth Ire en fit Sir Francis Drake. Aucun citoyen anglais ne vint s'établir ici, mais cette intrusion britannique, puis l'approche russe par le nord, déclenchèrent la colonisation espagnole, une centaine d'années plus tard.

Plusieurs routes de terre partent du Sir Francis Drake Boulevard : l'une conduit, au nord, vers un ancien ranch et une réserve de cerfs des ajoncs, le Tule Elk. De là, on peut pousser jusqu'à la pointe de Tomales : c'est une marche de plus de douze kilomètres aller-retour. Des chemins conduisent à Point Reyes Beach ; un autre, à l'opposé du phare, mène au bout de la seconde branche du T, au-dessus de Drake's Beach : entre les deux têtes du cap pointe un ancrage crevettier. Un sentier va jusqu'aux falaises de Drake's Bay. Estompés par le vent, les aboiements des phoques montent jusqu'aux promeneurs, qui ne tardent pas à repérer les gros paresseux, au repos sur les plages claires.

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Le port crevettier

Limantour Road, goudronnée, commence trois kilomètres au nord du "Visitor Center" et franchit Inverness Ridge dans un paysage assez desséché de pins qui rappellent un peu la Provence : quel contraste avec le bocage de la vallée et les fougères de Bolinas ! La route s'arrête au milieu de Drake's Bay, presque à l'aplomb des falaises : un chemin pédestre va jusqu'à la côte, sa plage et au bord de l'Estero de Limantour où l'on peut voir de nombreux les oiseaux.

Routes pavées ou non donnent naissance à une arborescence de pistes réservées aux piétons, dont quelques unes sont cependant accessibles aux VTT.

La diversité des paysages et des climats de Point Reyes National Seashore étonne : altitude, humidité, exposition au soleil, aux vagues, au vent, aux brumes, créent des décors très variés. Malgré une réputation tenace attachée à la Californie, la côte, ici, a un caractère résolument plus breton que méditerranéen.

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La péninsule, longue de 45 km et large de près de 20, est très grande, et les déplacements y sont lents. En voir tous les aspects prend une grande journée ; en profiter vraiment vaut deux jours. Si votre temps est limité, contentez-vous du "Visitor Center" et de la faille, puis de Drake's Boulevard jusqu'à la plage et au phare.

Site officiel du parc : http://www.nps.gov/pore/.
La carte du parc sur le site officiel.

Site officiel du " Point Reyes Bird Observatory " : http://www.prbo.org.

Point Reyes Lighthouse

Il y a une vue à couper le souffle sur la plage de Point Reyes, qui s’étend sur une vingtaine de kilomètres. Coincée entre le Pacifique et les falaises, cette plage est magnifique !

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Le phare de Point Reyes est situé tout au bout de la péninsule de Point Reyes et nous offre une vue magnifique sur l’Océan. Par jour dégagé, nous pouvons même voir Pacifica, qui se situe au sud de San Francisco. Point Reyes est un haut lieu pour observer la migration de nombreuses espèces d’animaux tels que les baleines, les éléphants de mer, les oiseaux, ….

Le film d’épouvante Fog de John Carpenter a été en partie tourné au phare de Point Reyes.

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