Le feu (1)

Il n'y a que très au nord dans la toundra, sur certains terrains privés ou lors de sécheresses, qu'il est impossible de faire du feu. Le brûleur et les bonbonnes de combustible sont alors essentiels, bien qu'elles ajoutent du poids aux bagages.

Durant l'été et les mi-saisons, on peut choisir de cuisinier exclusivement sur le feu de bois. Scie, briquets et allumettes sont indispensables. De même, on doit prévoir une grille ou un trépied... à moins d'aimer travailler à la dure en équilibre sur des roches. L'allume-feu peut être d'un grand secours lors de voyages pluvieux ou dans des contrées où le bois tombé est pourri. Quoique lourde et encombrante, une hache est souvent très utile.

L'hiver, en refuge ou en tente prospecteur, le poêle à bois donne la possiblité de cuisiner sur le feu de bois. Toutefois, l'espace est restreint sur cette petite truie, surtout si on y fait fondre en permanance de la neige dans un chaudron pour les besoins en eau. Chaleur pour la cuisson et température agréable dans le refuge ne sont pas toujours compatible... Il faut compter du temps pour chauffer le poêle avant de pouvoir cuisiner.

Astuce : un bon assistant, qui nourrit ou tempère le feu, est un atout pour le cuisinier dont la tâche est lourde. Certains creusent un trou pour y fire le feu de façon à ce qu'il soit à l'abri du vent. On conseille vivement de cuisiner sur un feu de petit bois qui permet de mieux régler le degré de cuisson.

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Où trouver :

 

Sur le feu qui flambait gaiement le long d'un arbre renversé il tenait une poêle dan slaquelle grillaient en pétillant de larges tranches de lard. Plus loin, une chaudière fixée au bout d'une gaule bouillait à gros bouillons : c'était le thé.

Joseph Royal, La Vallée de la Mantawa : récit de voyage, 1869.

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Joseph Royal : (7 mai 1837 - 23 août 1902) est un journaliste, un écrivain, un militaire, un historien et un homme politique canadien.

Né à Repentigny, il fit ses études au collège Sainte-Marie de Montréal et travailla dans le journalisme en 1847 lorsqu'il collabora à La Minerve. Co-fondateur de La Revue canadienne et Le Nouveau Monde, il demeura éditeur pendant plusieurs années.

Époux d'Agnes Bruyere et père de sept enfants, il devient membre du barreau du Canada-Est après avoir écrit des articles pour George-Étienne Cartier. En 1868, il contribua à organiser le régiment canadien des zouaves pontificaux. Venu s'établir à Winnipeg en 1871, il fut appelé au barreau du Manitoba et il pratiqua son droit en compagnie de Joseph-Adolphe Chapleau. Toujours en 1871, il commanda une cavalerie autochtone pour repousser l'invasion fénienne.

Fondateur du journal Le Métis, il fut élu à l'Assemblée législative du Manitoba en 1870 dans François-Xavier-Ouest. Surintendant à l'éducation, président de la chambre, secrétaire provincial, procureur général et ministre des travaux publics, il conserva son siège pendant neuf ans avant d'être élu dans Provencher de 1879 à 1888.

Avec Chapleau, Royal fut impliqué dans plusieurs causes célèbres, dont celles d'Ambroise Lépine et de Thomas Scott, qui fut l'objet d'une crise politique en 1874. Il quitta sa pratique légale en 1880. Sur recommandation de John A. Macdonald, le baron Stanley de Preston le nomma lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest après que Laurent-Olivier David ait refusé la nomination.

Malgré son caractère diplomatique, Royal eut des conflits avec l'assemblée législative à propos du financement des Territoires. Frederick W.A.G. Haultain dut négocier en privé avec le gouvernement fédéral pour résoudre la crise. Quand cela fut résolu, il ordonna la construction de la chambre du gouvernement de Régina.

De retour à Montréal en 1893, il poursuivit sa carrière journalistique avec La Minerve et composa ses mémoires historiques. Il écrivit la Vie Politique de Sir Louis H. Lafontaine et L'Histoire du Canada et fut vice-chancelier de l'Université de Montréal. Titulaire de la médaille de la confédération, membre de la Société royale du Canada et du club du Manitoba, il meurt le 23 août 1902 et il est enterré dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Astuce : une bandelette de coton imbibée de gelée de pétrole (ou vaseline) et roulée jusqu'à une épaisseur de 3 ou 4 cm de diamètre constitue un excellent allume-feu. De même, du carton ondulé trempé dans la paraffine fondue au bain-marie rendra de fiers services pour démarrer un feu de bois humide.

Surnommée "la reine de la glisse", la Vaseline® est une gelée de pétrole, un distillat de la paraffine qui devient fluide à température ambiante. Créée aux Etats Unis par Robert Chesebrough en 1872, le mot vaseline vient de l'allemand Wasser "eau" et du grec Elaion "graisse".

"Quoiqu'allumer un feu paraisse être chose très simple, il se présente plusieurs occasions où il faut une grande habileté et expérience pour réussir vite et bien. Par un temps de forte pluie ou une tempête de neige, il est nécessaire d'avoir sous la main des matériaux en quantité suffisante pour allumer de suite un bon feu. L'écorce de bouleau dans ce pays du nord, est le stimulant par excellence d'un feu, et se rencontre presque partout. Là où l'on ne peut pas s'en procurer, le bois pourri est, après l'écorce ce qui s'enflamme le plus vite; certaines variétés prennent feu comme la poudre. Il faut se le procurer d'arbres debout. Le bois qu'on ramasse sur le sol est toujours ± humide.

 Tout étant prêt, on pose un morceau de bois à terre, ensuite des morceaux d'écorce de bouleau ou autre chose que l'on peut avoir, pour allumer le feu; puis, des fagots, et par-dessus, du gros bois, suivant le feu que l'on veut avoir, en ayant le soin de laisser des jours pour faire cirucler l'air au travers de la pile. Ceci est essentiel, car autrement, le feu ne sera pas ardent.

 La pose du premier morceau de bois pour hausser le petit bois d'allumage a pour but d'assurer le tirage, autrement, le poids de tout le combustible étoufferait le feu. Une fois le feu bien parti, on peut y faire brûler à peu près n'importe quelle chose, même si elle est très mouillée. Bien se garder de faire un feu le long d'une falaise ou d'un gros arbre; dans le premier cas, il y a danger que, sous l'influence de la chaleur, des fragments se détachent de la falaise; dans le second, le tronc de l'arbre peut brûler suffisamment pour qu'il tombe durant la nuit.".

 Conseil de Napoléon-A.Comeau (1848-1923) tiré de La vie et le sport sur la Côte Nord, 1945.

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Le Guillaume Tell du Nord : Napoléon-Alexandre Comeau

Cet autodidacte naturaliste, géologue, ornithologue, pêcheur, tireur d’élite, guérisseur et même accoucheur, a été inspecteur de la chasse et de la pêche, guide, trappeur, voyageur et gardien de la rivière Godbout, une des 116 rivières à saumon du Québec qui, à l’époque, était classée territoire de pêche privé.

L’enfant des bois

Napoléon-Alexandre Comeau est né en 1848 aux Îlets-à-Jérémie, non loin de Betsiamites. Son père, employé de la compagnie de la Baie d'Hudson, est muté au Labrador, puis à Mingan. Napoléon-Alexandre passe son enfance avec les Montagnais et les Inuits, s’initiant à leur culture et à leur langue. À 11 ans, son père l'envoie, à Trois-Rivières, fréquenter une école anglaise. Après un an, il sait lire, écrire et parler assez convenablement l'anglais.

Un très jeune garde-pêche

Napoléon-Alexandre Comeau a 12 ans quand son père consent à ce qu'il occupe le poste de « gardien de la rivière Godbout ». Il complète sa formation grâce à la collection de son père, riche en récits de voyage, traités d'histoire naturelle et ouvrages de médecine et à celle qu’il constitue. Avec le chasseur montagnais Ashini, il apprend la trappe et approfondit ses connaissances sur la faune et la flore.

L’homme de tous les talents

Avec le temps, il devient maître de poste, télégraphiste, coroner suppléant, surintendant du gouvernement de Dominion et représentant de la compagnie de la Baie d’Hudson. Il est également trappeur professionnel durant 15 ans. On ne sait pas trop au juste quand Napoléon-Alexandre Comeau commence à soigner les siens, mais chose certaine, ses connaissances en anatomie sont étonnantes.  Il met au monde près de 250 enfants.

Une légende

Les habitants de la Côte-Nord du Québec admirent ses talents de tireur d'élite. À forte distance, il pouvait abattre tel ou tel oiseau parmi quantité d'autres. En 1886, il devient un héros lorsqu’il procède au sauvetage de ses compagnons en traversant les glaces du fleuve Saint-Laurent par un froid sibérien. C’est un homme simple, mais aussi une grande force de la nature. Napoléon-Alexandre Comeau meurt à Godbout, en 1923.

En hommage

La ville de Baie-Comeau a été nommée à la mémoire de Napoléon-Alexandre Comeau, bien qu’elle ait été érigée dans l’Anse-à-Comeau, lieu du camp de pêche de son père. En 1927, la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada lui dédie un monument. On peut lire sur la plaque commémorative: « Humble enfant du Nord, il sut avec autorité lire dans le grand livre de la nature tout en servant les siens et son pays. » En 1998, la Société canadienne des postes émet un timbre qui souligne le 150e anniversaire de sa naissance.

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Astuce : Si le feu est bien maîtrisé et qu'il ne dégage pas trop de fumée, il est possible de cuisiner dans le poêle à bois même, pratiquement comme dans un four. On peut donner une forme oblongue au feu, qu'on alimente d'un côté et dont on répartit la braise puis les cendres chaudes plus loin, de façon à avoir plusieurs intensités de chaleur. Cette forme permet également à deux groupes de cuisiner sur un même feu.

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Comment faire un feu ?

Il faut un feu pour se réchauffer, se tenir au sec, signaler sa présence, faire la cuisson et purifier l'eau en la faisant bouillir. Le temps de survie sera ± long selon votre habileté à bâtir un feu au bon moment et au bon endroit.

Avec des allumettes, il est possible de faire un feu sous n'importe quelles conditions atmosphérique. En régions inhabitées, ayez toujours sur vous une bonne provision d'allumettes que vous garderez dans une boîte métallique. On imperméabilise les allumettes en les recouvrant d'une couche de vernis à ongles ou de paraffine (il suffit de la faire fondre et d'y plonger les allumettes une à une).

Les allumettes déjà étanches (habituellement avec le bout vert) sont vraiment étanches mais pour s’allumer, elles doivent être frottées sur le carton de leur boîte. Dans des mauvaises conditions, c’est souvent le carton qui se détériore et les allumettes ne peuvent plus être allumées.

Il est préférable de faire soi-même ses allumettes étanches avec des allumettes qui s’allument partout (leur bout est habituellement de deux couleurs) en trempant le bout qui s’allume dans de la cire fondue.

Vous trouverez facilement des allumettes pour les randos sur le site suivant : http://www.mec.ca/fr/shop/randonnee-allume-feux-allumettes-et-briquets/50131+50494/?h=10+50035+50491+50131

Le carburant, l'amadou et l'emplacement

Les petits feux se font et se contrôlent plus aisément que les gros. Plusieurs petits feux placés en rond autour de vous vont mieux vous réchauffer qu'un seul grand feu.

Choisissez-en prudemment l'emplacement afin de ne pas incendier la forêt (rappelez-vous que si un feu de forêt signale votre présence, il risque de vous brûler vous-mêmes !).

Voici quelques conseils à ce sujet :

  • Choisissez un site à l'abri du vent et à proximité d'une source d'eau.
  • Faites votre feu sur une surface rocheuse ou un sol dénudé.
  • Laissez une zone libre d'au moins 3 mètres des bûches, des souches, des arbres et des branches suspendues.
  • Laissez une zone libre d'au moins 15 mètres des bâtiments ou des tentes.
  • Dégagez un espace (environ 2 mètres de largeur) autour de l'emplacement du feu.
  • Assurez-vous d'enlever les aiguilles de pin, l'herbe, les feuilles et les brindilles.
  • Raclez la zone jusqu'au sol.
  • Assurez-vous d'avoir un seau d'eau et une pelle pour maîtriser le feu.
  • Gardez votre feu petit, il ne devrait pas dépasser 1 mètre de hauteur et 1 mètre de largeur.
  • Les petits feux sont plus sécuritaires, plus faciles à maîtriser et plus faciles à éteindre.
  • Un petit feu empêchera également vos récipients de cuisson de noircir et vous permettra d'être plus près lors de la cuisson des aliments.
  • Ne laissez jamais votre feu sans surveillance.
  • Si vous commencez un feu de camp, il vous incombe de le surveiller, de le maîtriser et de l'éteindre. 

Quand vous devez allumer un feu sur le sol mouillé ou sur la neige, construisez d'abord une plate-forme à l'aide de rondins ou de pierres.

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Avant d'allumer le feu, il vaut mieux avoir récolté l'ensemble du bois que l'on compte utiliser.

Par temps humide, il faut profiter des premières flammes pour faire sécher, à proximité, le moyen et le gros bois. Les allumettes usagées sont à conserver; elles pourront servir, plus tard, comme allume-feu.

Il est possible de faire un feu sous une pluie légère sans protection. Si la pluie est très forte, il peut être nécessaire de protéger le feu en faisant un abri.

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Le choix du bois

  • Rechercher l’écorce de bouleau blanc qui brûle même si elle est mouillée, les branches basses de sapin/épinette qui sont souvent sèches.
  • Choisir des branches mortes mais non pourries qui ne traînent pas sur le sol car elles sont très humides (on peut trouver des brindilles moins humides et non pourries dans les haies).
  • Des grosses bûches de bois sont habituellement mouillées en périphérie seulement. La partie du milieu reste sec. Il suffit de les fendre (avec un coin, qui est un instrument en acier, de forme prismatique, destiné à fendre le bois et sur lequel on cogne à l'aide d'une massette ou, souvent, d'un dos de hachette ou de merlin, mais ce n'est pas recommandé pour d'évidentes raisons de sécurité) pour utiliser l’intérieur.
  • Partir le feu avec l’écorce et les petites branches en se cachant le plus possible de la pluie. Utiliser si nécessaire une chandelle ou un allume-feu.
  • Il est possible de retirer avec son couteau la partie humide du bois et pouvoir ainsi allumer le feu.

Il est difficile de différencier les branches sèches des branches vivantes sans feuilles.

Voici comment reconnaître le bois sec :

  • L’arbre perd graduellement son écorce.
  • Les branches ont perdu les petites brindilles du bout.
  • Elles sont parfois cassées ou fendues.
  • Elles cassent facilement en faisant un bruit très sec
  • La sciure est plutôt grisâtre lorsqu’il est coupé avec une scie.
  • Éviter les branches ou le couteau s’enfonce facilement car le bois doit être pourri.

L’hiver, par temps de neige, le feu est indispensable pour se chauffer et se sécher. Il permet aussi de dégeler la nourriture et de faire fondre la neige.

Il y a deux méthodes:

  • Faire un plancher de bois vert : ceci est idéal pour un petit feu de courte durée et lorsqu’il y a beaucoup de neige.
  • Creuser et atteindre le sol gelé : ceci est idéal pour un feu de longue durée et une installation plus permanente. Il faut faire un trou assez large pour approcher du feu sans faire débouler la neige

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Entourez le feu d'un écran protecteur qui dirigera la chaleur dans la direction désirée.

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Les branches et les arbres morts et desséchés vous serviront de combustible. A l'intérieur des troncs d'arbres déjà abattus, on trouve du bois sec, même par temps humide et pluvieux.

En région déboisée, vous utiliserez des herbes, de la fiente séchée, du gras d'animal et, quelquefois, même du charbon, de l'huile de schiste et de la tourbe. Lorsque vous vous trouvez à proximité d'un avion écrasé, n'oubliez pas qu'un mélange fait d'essence et d'huile constitue un excellent combustible mais que son usage requiert de la prudence. Si presque toutes les plantes alimentent bien un feu de bois, n'utilisez tout de même pas les plantes toxiques au toucher, telles l'herbe à puces ou le chêne vénéneux. Quand ces plantes brûlent, leur poison se dégage avec la fumée (la résine toxique est libérée sous forme de fines gouttelettes transportées par les cendres et les poussières présentes dans la fumée. Une personne sensible qui inhale cette fumée ou qui y est exposée pourrait avoir une forte réaction).

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L'herbe à puce est une plante ligneuse rampante ou grimpante bien connue pour causer des démangeaisons.

Elle croît sur les berges sablonneuses, pierreuses ou rocailleuses et pousse en touffes dans les clairières, à la lisière des bois et le long des routes. Cette plante vivace au feuillage lustré se multiplie par ses graines ou par son important réseau de tiges souterraines appelées rhizomes.

Quels dommages peut-elle causer ?

Toutes les parties du plant d'herbe à puce, y compris les racines, contiennent de l'urushiol, une résine toxique. Tout contact avec une partie cassée de la plante risque de provoquer une réaction. Les symptômes apparaissent habituellement 24 à 48 heures après contact. La gravité de la réaction dépend du degré de sensibilité de chaque personne et de la quantité de sève qui est entrée en contact avec la peau. Souvent, des cloques se forment sur les zones atteintes, entraînant des démangeaisons intenses.

L'éruption cutanée survient à la suite d'un contact avec la sève, et non à cause des plaies. Pour qu'une réaction allergique se déclenche, il faut qu'il y ait contact direct avec la sève, mais pas nécessairement avec la plante. Le fait de toucher une surface imprégnée de sève, comme le pelage d'un animal, peut également provoquer une réaction.

L'inhalation de la fumée provenant de plants d'herbe à puce brûlés provoque une éruption extrêmement douloureuse de la muqueuse des poumons et entraîne des problèmes respiratoires qui peuvent causer la mort. En cas d'ingestion, le tube digestif, les voies respiratoires, les reins et d'autres organes peuvent être atteints.

Saviez-vous que...

  • L'herbe à puce appartient à la même famille que les arbres qui produisent des mangues et des noix de cajou.
  • L'urushiol est tellement puissant qu'il suffit d'un seul nanogramme (un milliardième de gramme) pour causer une éruption.
  • Les animaux n'ont pas d'éruption cutanée au contact de l'herbe à puce, mais la sève contenant l'urushiol peut demeurer sur leur pelage.
  • Les chèvres et autres animaux brouteurs se nourrissent d'herbe à puce, et les oiseaux en consomment les graines.

À quoi ressemble l'herbe à puce ?

Les feuilles de l'herbe à puce comportent trois folioles pointues. La foliole centrale possède une petite tige, le pétiolule, qui est beaucoup plus long que ceux des folioles latérales. Le bord des folioles peut être lisse ou denté, rarement lobé. Les feuilles varient considérablement de taille, allant de 8 à 55 mm de longueur (de 0,3 à 2 pouces). Elles sont rougeâtres lorsqu'elles apparaissent au printemps, elles deviennent vertes en été, puis elles prennent différentes teintes de jaune, d'orange ou de rouge à l'automne.

L'herbe à puce est pourvue de tiges ligneuses et se présente sous deux formes. La forme rampante est la plus commune, et ses tiges, qui sont dressées et feuillues, mesurent entre 10 et 80 cm de hauteur (4 et 31,5 pouces). La forme grimpante, que l'on trouve sur les arbres, les poteaux ou les surfaces rugueuses, déploie des tiges de 6 à 10 m de hauteur (20 à 32 pieds).

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Aux mois de juin et de juillet, l'herbe à puce produit des bouquets de fleurs de couleur crème à jaune-vert. Les fruits ronds et cireux, qui apparaissent en septembre, sont réunis en grappes et se déclinent dans des teintes de vert et de jaune. Ils mesurent de 3 à 7 mm de diamètre (0,12 à 0,28 pouce) et demeurent souvent tout l'hiver sur les tiges inférieures et dénudées de la plante.

L'herbe à puce est souvent confondue avec d'autres plantes semblables comme le sumac de l'Ouest et le sumac à vernis. Le sumac de l'Ouest est l'espèce dont la forme des feuilles ressemble le plus à celle du chêne. Ses feuilles comportent généralement plusieurs lobes, ses tiges sont dénuées de racines aériennes; ses feuilles et ses fruits sont pubescents. Au Canada, le sumac de l'Ouest pousse uniquement dans le sud de la Colombie-Britannique.

Le sumac à vernis, généralement associé aux sols humides, produit de minuscules fleurs qui dégagent un parfum agréable au printemps. À l'automne, il est couvert de jolies feuilles rouges et jaunes composées de 7 à 15 folioles. Les feuilles du sumac à vernis comptent toujours plus de trois folioles. Il est le seul parmi les trois espèces à donner des fruits de couleur crème.

L'herbe à puce, le sumac de l'Ouest et le sumac à vernis sont toutes des plantes qui causent des éruptions cutanées (dermatites), car leur sève contient de l'urushiol. En cas de doute, évitez de toucher à une plante inconnue avant de l'avoir bien identifiée.

Que faire lorsqu'il y a contact avec de l'herbe à puce ?

Lavez votre peau aux endroits qui auraient été en contact avec de l'herbe à puce avec du savon et de l'eau froide. Il est préférable d'utiliser de l'eau froide, car l'eau chaude dilate les pores, favorisant ainsi l'absorption en profondeur de la résine dans votre peau. On peut remplacer le savon en ajoutant 2 cuillères à soupe (30 ml) de vinaigre à 1 tasse (250 ml) d'eau ou ½ tasse (125 ml) d'alcool à ½ tasse (125 ml) d'eau).

Une réaction allergique est possible même si vous avez lavé votre peau d'une façon ou d'une autre; cependant, l'infection sera moins grave. Si les symptômes d'une réaction allergique se manifestent, consultez votre médecin pour obtenir les soins appropriés. L'éruption cutanée causée par le contact de l'herbe à puce et ses symptômes (démangeaisons, site d'inflammation rouge, cloques et, dans les cas graves, plaies suintantes) disparaissent normalement au bout de 7 et 15 jours.

Pour allumer un feu, rien de mieux que des petits fagots qui s'enflamment vite, ainsi que des brindilles de bois sec, des nœuds de pin, des écorces, des baguettes, des feuilles de palmier, des aiguilles de pin, des herbes desséchées et rigides, du lichen, des fougères et des filets secs et poreux de vesses-de-loup (ces dernières sont comestibles), ce dernier est un champignon très répandu dans les prés et les bois, facilement reconnaissable à leur absence de pied (ou du moins d'un pied et d'un chapeau séparés), à leur couleur blanche ou grisâtre, et au fait que lorsqu'ils sont vieux ils se transforment en sacs remplis d'une poussière brune, véritables petits volcans quand on appuie dessus. Le bois complètement pourri des arbres morts constitue un excellent allume-feu. On peut même l'utiliser par temps pluvieux, en le débarrassant de ses parties pâteuses et détrempées. Même mouillé, le brai résineux des nœuds du pin ou des souches desséchées s'enflamme aisément. L'écorce se détachant des bouleaux contient également une huile résineuse très inflammable. Disposez ces allume-feu en forme de wigwam (tipis) ou de pyramide, afin d'alimenter le feu plus généreusement en oxygène. Pour les protéger du vent, recouvrez de cendre et de terre les tisons et la braise. Il est moins fastidieux de nourrir le même feu que d'en bâtir un nouveau.

Sur les glaces polaires et dans les autres régions où le combustible est rare, on peut faire un feu avec du blanc de baleine ou du gras d'animal.

Comment faire un feu sans allumettes ?

Avant d'entreprendre d'allumer un feu sans allumettes, préparez d'abord de l'amadou très sec que vous placerez à l'abri du vent et de l'humidité. Bois pourri, charpie de vêtements, cordes et ficelles, feuilles de palmier mort, écorce sèche et brisée, poudre de bois que font les insectes sous l'écorce des arbres morts, et revêtements intérieurs des nids d'oiseaux sont autant de bons amadous que vous conserverez dans une boîte étanche.

A l'époque préhistorique, les hommes allumaient le feu grâce à des étincelles produites par la percussion d'un morceau de bisulfure de fer marcassite ou pyrite contre une roche dure (du silex, par exemple). Pour récupérer l'étincelle, il était nécessaire d'utiliser une substance capable de s'embraser facilement. L'amadou, chair de l'amadouvier, compte parmi les matières les plus efficaces dans ce domaine. On a d'ailleurs découvert un morceau d'amadou dans le matériel d'Ötzi, cet homme de l'âge du cuivre, retrouvé parfaitement conservé, car congelé, dans un glacier à la frontière austro-italienne en 1991.

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Coupe transversale d'un amadouvier – 1 : croûte dure, 2 : chair ou trame (amadou), 3 : tubes

A partir de l'âge du fer, les fragments de bisulfure de fer sont remplacés par des briquets, petits objets en acier qui, percutés sur le tranchant d'un silex, produisent des étincelles.

L'amadou reste la matière préférentiellement utilisée pour s'embraser au contact des étincelles. Une fois celui-ci allumé, la flamme est produite grâce à un petit bâtonnet soufré, nommé allumette, qui est mis au contact de l'amadou incandescent. Les briquets à silex ne disparaîtront totalement en France qu'au début du XXème siècle.

Les étincelles produites par le briquet ne peuvent que difficilement mettre le feu à un morceau d'amadou. Pour être efficace, il doit être traité et conservé à l'abri de l'humidité.

Différentes méthodes furent utilisées pour améliorer l'amadou. Le traitement au salpêtre était au XVIIIème siècle le plus communément employé en Europe.

Ainsi, le mycologue Persoon (1761-1836) nous donne une description précise de ce procédé :

"Voici la manière de préparer l'amadou . Après avoir exposé l'amadouvier dans un milieu frais ou dans une cave, pour le faire ramollir un peu, on le coupe ensuite par tranches minces ; on rejette la partie par laquelle le champignon adhérait à l'arbre ; on retranche aussi les tuyaux : on bat ces lames sur une pierre unie ou sur un billot de bois avec un marteau de bois ; on les dispose ensuite par lits dans une grande marmite de fer ou un chaudron ; on y verse de l'eau en suffisante quantité pour que le tout surnage, et on ajoute du salpêtre selon la quantité d'amadou : on fait bouillir le tout une demi-heure ou une heure. Après ce temps, on retire ces tranches et on les fait sécher lentement à l'ombre ou dans un lieu médiocrement chaud ; ensuite on recommence à battre .".

Des bains dans une solution de poudre à canon, de suint extrait de la laine de mouton ou de cendres ont parfois été utilisés.

A l'époque moderne et jusqu'au début du XXème siècle, la fabrication de l'amadou était réalisée par des artisans spécialisés, nommés les "amadoueurs". Les principaux centres de fabrication se trouvaient en Allemagne, en particulier dans la Forêt-Noire et autour des villes d'Ulm et de Neustadt. Au début des années 1870, il y avait dans le Baden trois grosses firmes qui fabriquaient et commercialisaient l'amadou, une à Fribourg et deux à Todtnau. Au total, ces entreprises employaient près de 70 personnes. En 1914, la manufacture d'Ulm produisait encore 50 tonnes d'amadou par an. D'autres centres de production existaient en Suède et dans les Carpates. En France, l'amadou était fabriqué en Gironde ainsi qu'à Niaux dans l'Ariège. A côté de ces centres de production quasiment industriels, les gens de la campagne fabriquaient eux-mêmes leur amadou pour leurs besoins quotidiens.

Pour être utilisable, l'amadou doit toujours être conservé au sec. Des boîtes ou des cornes spécialement conçues permettaient donc de le protéger de l'humidité.

Dans certains cas, les briquets étaient eux-mêmes munis d'un petit compartiment permettant de stocker un morceau d'amadou et un éclat de silex.

Le briquet "à amadou" sans amadou !

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A partir des années 1840, l'amadou est parfois remplacé par des mèches de coton trempées dans une solution chimique. C'est ainsi qu'apparaissent les célèbres briquets "à amadou" qui ne contiennent pourtant plus d'amadou.

Le soleil et la lentille

Pour concentrer les rayons du soleil sur l'amadou, on peut utiliser la lentille d'un appareil photographique, celles d'une paire de jumelles (les grosses lentilles convexes), celle d'un télescope ou d'une lampe de poche.

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Les rayons du soleil arrivent tous parallèlement sur la loupe, qui est une lentille convergente.

Lorsque les rayons du soleil traversent cette lentille, ils se rassemblent tous en un point (c'est d'ailleurs pour cette raison qu'une loupe sert à observer précisément un certain point).

Le point est alors surchauffé avec la concentration des rayons lumineux et s'il est combustible (une feuille par exemple), il se consume, voire s'enflamme.

C'est aussi pour cela qu'à cause de morceaux de verre jetés n'importe où, comme des bouteilles abandonnées en forêt, on peut déclencher des incendies dramatiques !

L'utilisation d'une loupe, d'un miroir concave ou d'un ensemble de miroirs permet de concentrer la lumière solaire en un point situé sur un combustible et d'y allumer un feu. Pour faire un feu avec une loupe, il faut faire varier la hauteur de la loupe afin de concentrer les rayons du Soleil en un seul point (le point focal image).

Archimède aurait ainsi utilisé des miroirs ardents pour brûler les vaisseaux attaquant Syracuse.

Les fours solaires modernes, tels que par exemple celui de Font-Romeu, fonctionnent sur le même principe.

Il est également possible de se servir d'une canette en aluminium. N'importe laquelle peut faire l'affaire, à condition de polir son culot. Pour ce faire, il convient de le frotter avec un chiffon, en utilisant une pâte abrasive quelconque, comme par exemple un morceau de chocolat ou un peu de dentifrice.

Il faut tout d'abord étaler une fine couche de ce qui fait office de pâte abrasive sur le culot, puis le frotter avec un morceau de tissu, et répéter l'opération autant de fois que nécessaire jusqu'à le rendre brillant comme un miroir, ce qui peut prendre plus d'une demi-heure de polissage. Attention, le chocolat n'est plus comestible après cette opération, car il s'est chargé d'aluminium.

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Une fois que l'on dispose d'un bon miroir, il faut encore en déterminer le point de convergence. Un papier foncé permet de facilement le trouver, en le plaçant au dessus du culot de la canette orienté face au soleil, et en le déplaçant de manière à obtenir le disque lumineux le plus petit possible.

Une fois trouvé, il suffit alors d'y placer un matériau inflammable, comme par exemple une brindille, ou même le carton de l'emballage du chocolat, qui devrait alors s'enflammer très rapidement. Il ne reste plus qu'à transmettre sa flamme au foyer, en l'y plaçant et en soufflant doucement pour activer la combustion.

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La pierre et l'acier

Voilà la meilleure méthode d'enflammer l'amadou très sec quand on ne dispose pas d'allumettes. A défaut de pierre à briquet, utilisez une pierre très dure. Tenez celle-ci le plus près possible de l'amadou et frappez-la avec la lame d'un couteau ou tout autre objet en acier. Frapper en mouvements descendants pour que les étincelles jaillissent au centre de l'amadou. Quand le feu commence à couver, attisez-le de votre souffle puis, peu à peu, ajoutez le combustible. Lorsqu'une première pierre ne produit pas d'étincelle, essayez avec une autre.

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Pour qu'il y ait étincelle, il faut entrechoquer une pierre dure comme le silex sur un sulfure de fer, comme la pyrite ou la marcassite. Le choc de deux silex ne permet pas d'allumer un feu car il ne produit pas de projections incandescentes suffisamment stables. Les étincelles obtenues de cette manière doivent être immédiatement en contact avec un combustible comme par exemple du linge carbonisé, des feuilles sèches et fines préalablement carbonisées, ou des champignons inflammables comme l'amadou.

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Le bois et le frottement

Cette méthode d'allumer un feu n'étant guère facile, ne l'employez qu'en dernier ressort.

Le principe général de toutes les techniques de production du feu par friction du bois n'est guère facile mais avec de l'entraînement c'est très simple. Le frottement de deux pièces de bois entraîne la formation de sciure et un dégagement de chaleur. Si la friction est suffisamment intense, l'augmentation de la température permet l'embrasement de la sciure et une petite braise apparaît. Celle-ci est alors placée dans des herbes bien sèches puis, grâce à l'air apporté en soufflant, une flamme surgit.

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A partir de ce principe très simple, l'homme a développé de nombreuses modalités de friction. Parmi celles-ci, la friction par rotation est certainement la technique traditionnelle de production du feu la plus présente dans notre imaginaire collectif. Elle consiste à faire tourner un foret (ou drille) sur une planchette de bois. Le mode d'entraînement et la forme du foret peuvent varier. Dans tous les cas, il est nécessaire d'aménager une gouttière permettant l'évacuation de la sciure produite par le frottement. Grâce à elle, la zone de contact est alimentée par l'oxygène. Sinon, sans air pas de feu ! C'est dans cette gouttière que la sciure rencontrera la chaleur produite par la friction et pourra ainsi se transformer en braise.

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L'arc à roulement

Avec une branche courbée, faites un arc à l'aide d'un lacet de chaussure, d'une corde ou d'une lanière. Enroulez la ligne autour d'une baguette de bois mou et sec que vous ferez pivoter entre une planche de bois dur très sec posée sur le sol et un bloc placé dans le creux de votre main. Vous obtiendrez, ainsi, une poudre noire qui s'enflammera peu à peu.

Une fois le feu bien amorcé, retirez votre arc et ajoutez du combustible.

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La lanière

Utilisez un bout de jonc (d'environ 60 cm de longueur) et un bâton sec ou une petite branche. Pratiquez une fente sur une des extrêmités du morceau de jonc que vous appuierez ensuite sur une pierre. Maintenez cette fente ouverte en y introduisant un petit coin (pierre ou pièce de bois). Placez un tampon d'amadou sous la planche. Entre celle-ci et l'amadou, passez une lanière que vous ferez vivement glisser contre le jonc en faisant des mouvements de scie (voir illustration ci-dessus). Ce faisant, retenez la planche avec votre pied.

Le mouvement de scie

Il s'agit de prendre deux morceaux de bois (bâtons) et de les frotter vigoureusement l'un contre l'autre avec un mouvement de scie. On emploie souvent cette méthode dans la jungle. En guise de scie, on utilise du bambou fendu ou toute espèce de bois mou. Le bois de suppot doit être très sec. Le frottement se fait au-dessus d'un bon allume-feu (voir image ci-dessus).

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Les munitions et la poudre

Placez la poudre de plusieurs cartouches sous un fagot. Prenez deux pierres, déposez un peu de poudre sur l'une d'elles et frottez les pierres ensemble, juste au-dessus de la poudre déjà déposée sous les fagots. Ainsi, la poudre broyée s'enflammera d'abord pour ensuite enflammer l'autre.

Les feux de cuisson

Petit feu et poêle de fortune conviennent parfaitement à la cuisson. Entrecroisez les bûches et laissez-les brûler jusqu'à ce qu'elles forment une couche uniforme de braise.

Allez-y simplement. Deux bûches, des pierres ou un fossé étroit suffiront à supporter un récipient au-dessus du feu.

Voici quelques types de "poêles de survie" (voir image ci-dessus) :

  • le "poêle de clochard", fait d'une boîte en fer blanc, convient particulièrement aux régions arctiques;
  • une simple perche appuyée sur un bâton fourchu soutiendra un récipient au-dessus du feu;
  • un feu destiné à la cuisson peut être bâti au fond d'un creux. On le laisse brûler jusqu'à ce qu'il forme une couche de braise;
  • un feu souterrain comprenant une ou deux ouvertures placées contre le vent. Ces ouvertures (tout comme la cheminée d'un poêle ordinaire) apportent une circulation d'air qui vient nourrir la flamme. Ce feu de cuisson convient tout à fait pour une situation de survie, puisqu'il réduit les dangers que comportent les grands vents.

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