Les animaux… Qui n'a pas peur des ours ? Et des autres bestioles ?

En ce qui concerne les ours, voilà un sujet qui suscite souvent des réactions très opposées ! Les uns ne prennent pas la chose au sérieux et sont prêts à laisser traîner la vaisselle sale jusqu'au lendemain. Les autres ne tarissent pas d'histoires d'horreur !

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Il y a une attitude de laquelle on ne doit jamais déroger : on ne garde aucune espèce de nourriture et de pâte dentifrice dans les tentes, quelle que soit la latitude où l'on campe.

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Dans les endroits les plus sauvages, il est prudent de dormir à 50 ou 10 mètres du lieu où l'on a cuisiné et mangé… et surtout où l'on a pêché, vidé le poisson et déposé les agrès de pêche. Dans les parcs ou réserves où les ours et les martres connaissent bien les humains et leurs goûts culinaires, il est bon de bien empaqueter la nourriture et d'attacher les sacs en hauteur, pendus à une grosse branche ou entre deux arbres. Si l'ours se montre, un vacarme de percussions de chaudrons ou d'autres objets de métal devrait le faire fuir. N'importe où, écureuils et mulots feront leur bonheur de nourriture mal emballée.

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LA RÈGLE D’OURS

Avant tout, il vaut mieux savoir que les ours sont des animaux sauvages qui exigent le respect. Il est très difficile de prédire la meilleure stratégie à adopter en cas d’affrontement avec l’un d’eux, ou plusieurs. Les ours sont des animaux très sauvages, tout conflit peut être potentiellement dangereux. La meilleure stratégie est donc d’éviter toute rencontre rapprochée.

La plupart des ours évitent les humains, ou s’en éloignent, lorsqu’ils sont conscients de leur présence. S’assurer ainsi que ces mammifères peuvent vous entendre, vous sentir, ou vous voir, est donc primordial. Mais encore une fois, il est plus primordial encore de bien réfléchir et de prendre les précautions voulues pour éviter une rencontre. Donc, si vous en rencontrez un, et qu’il dort, laissez le dormir, sinon restez calme, ne paniquez surtout pas !

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ÉVITER L’OURS… COMMENT?

  • Évitez les déplacements tôt le matin ou en soirée, moment privilégié de sortie pour les ours
  • Évitez les zones qui présentent des signes de la présence d’ours, notamment des empruntes fraiches, des excréments, des traces de griffes ou des poils sur les arbres, des zones creusées, des morceaux de bois et des souches déchiquetés, des zones de repos (trous ou renfoncements peu profonds, dans un endroit frais, avec des tas de feuilles ou de branches), ou encore des carcasses d’animal
  • Faites beaucoup de bruit afin d’alerter les ours de votre présence. Ceci peut être effectué à l’aide d’une clochette à ours, en parlant, en chantant, etc…
  • Soyez aux aguets à proximité des cours d’eau et de leur rives (surtout pendant la remontée des saumons)
  • Utilisez uniquement des produits de beauté et déodorants sans odeur
  • Maintenez une hygiène excellente afin d’éviter toute mauvaise odeur
  • Pendant les règles, des tampons doivent être utilisés plutôt que des serviettes hygiéniques
  • Ne dormez pas dans les vêtements portés pendant la préparation des repas
  • Ne gardez aucune nourriture, détritus ou produits odorants (tel que le dentifrice ou médicaments) avec vous dans votre tente
  • Évitez les nourritures à forte odeur. Les produits lyophilisés sont préférables.
  • Préparez toujours les repas autres que portions lyophilisées à au moins 100 mètres de votre tente
  • Utilisez des contenants hermétiquement fermé ou des boîtes à ordures inaccessibles aux ours pour entreposer la nourriture;
  • Brulez les déchets de papier dans votre feu de camp
  • Ne brulez pas et n’enfouissez pas les déchets de nourriture
  • Retirez les déchets et les restes de poisson du campement tous les soirs
  • Ne vous approchez jamais d’un ours
  • Ne donnez jamais de nourriture à un ours (la nourriture gratuite, il n’aime pas !)
  • Si vous êtes en groupe, ne vous séparez jamais

DANS LE CAS D’UNE RENCONTRE RAPPROCHÉE

La marche à suivre varie en fonction des circonstances de la rencontre, du comportement de l’ours, et aussi de son espèce (ours brun ou noir).

En règle générale, vous devez dans un premier temps vous éloigner lentement de l’animal, vous identifier en tant qu’être humain, et calmer l’ours. Si l’ours reste agressif, vous devez alors montrer plus de fermeté. Si l’ours attaque tout de même (une femelle grizzly qui, protège son petit) vous devez faire le mort. Si l’ours continue à attaquer, ou s’il s’agit d’un ours à comportement prédateur, vous devez, en dernier recours, vous battre avec la plus grande violence en visant le nez et les yeux avec tout ce que vous avez sous la main, et que le meilleur gagne. 

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Voici des instructions plus précises selon plusieurs situations. Veuillez cependant garder à l’esprit que chaque situation et chaque ours est unique, et qu’il n’y a aucune garantie qu’une stratégie particulière fonctionne dans tous les cas.

L’OURS QUI  NE VOUS A PAS REMARQUE

L’ours a la tête baissée, est en train de se nourrir, et ne semble pas vous avoir remarqué.

  • Eloignez-vous de l’ours lentement et sans faire de bruit, tout en gardant l’animal en vue afin de pouvoir détecter tout changement de comportement, ou tout signe que l’ours vous a remarqué
  • Essayer de repartir dans la direction d’où vous venez, ou si ce n’est pas possible, faites un grand détour afin de rester aussi loin que possible de l’ours
  • Ne faites aucun mouvement brusque
  • Ne coincez pas l’animal
  • Ne courez pas
  • Ne tournez pas le dos à l’ours

Si vous ne pouvez pas éviter l’ours, avisez-le calmement de votre présence en lui parlant lentement et doucement, en agitant lentement vos bras, et en vous plaçant préférablement contre le vent.

L’OURS QUI VOUS A REMARQUE

L’ours semble vous avoir remarqué, mais ne présente aucun signe agressif, ne semble pas stressé, et ne se déplace pas directement vers vous.

  • Eloignez-vous de l’ours lentement et sans faire de bruit, tout en gardant l’animal en vue afin de pouvoir détecter tout changement de comportement
  • Parlez à l’ours lentement et calmement
  • Essayer de repartir dans la direction d’où vous venez, ou si ce n’est pas possible, faites un grand détour afin de rester aussi loin que possible de l’ours
  • Ne faites aucun mouvement brusque
  • Ne coincez pas l’animal
  • Ne courez pas
  • Ne tournez pas le dos à l’ours

L’OURS DÉFENSIF

L’ours halète, grogne, crache, râle, secoue la tête rapidement, claque les mâchoires, montre les dents ou les griffes, vous regarde droit dans les yeux, a les oreilles en arrière, charge ou fait semblant de charger, tape les pattes sur le sol, écrase des plantes, ou se met de profile afin de montrer sa taille.

L’ours vous perçoit comme une menace. Ceci arrive le plus fréquemment avec les femelles qui ont des petits, avec les ours qui protègent de la nourriture, ou avec les ours coincés ou surpris. Vous devez convaincre l’ours que vous n’êtes pas une menace et que vous n’avez aucune intention d’empiéter sur son territoire ou son espace personnel.

  • Ne prenez pas l’air menaçant et parlez à l’animal calmement mais fermement
  • Éloignez-vous lentement tout en gardant un œil sur l’ours
  • Assurez-vous que l’ours a un moyen de s’échapper et donner lui l’opportunité de le faire
  • Ne faites aucun mouvement brusque
  • Ne criez pas
  • Ne jetez rien vers l’ours
  • N’imitez pas le comportement défensif de l’animal vu qu’il pourrait mal le prendre et penser que vous contestez sa supériorité
  • Ne courez pas
  • Ne tournez pas le dos à l’ours

Dans le cas ou l’ours s’approche de vous, vous devez immédiatement vous arrêter de marcher et commencer à lui parler à nouveau, lentement, d’une voie calme et assuré. Une fois que l’ours s’arrête, vous pouvez à nouveau continuer à vous éloigner. S’il s’agit d’un ours brun (ours grizzly) adulte, vous pouvez peut-être grimper à un arbre. Les griffes des grizzlys adultes ne sont en effet pas faites pour grimper aux arbres, et en conséquent, il est rare que ces animaux le fasse. Ils peuvent néanmoins allonger les pattes très loin, ou simplement renverser l’arbre. (Choisissez le plus gros arbre de la forêt de préférence). Par contre, les ours noirs et les jeunes grizzlys sont très efficaces pour grimper aux arbres, ce qui rend cette option inadéquate en présence de ce type d’ours. Vous pouvez aussi essayer de laisser tomber tout article qui ne soit pas de la nourriture afin de distraire temporairement l’animal.

S’éloigner d’un ours seul est généralement suffisant pour calmer l’animal. Une femelle grizzly avec des petits est cependant plus à même d’attaquer. Une femelle ours noir avec petits ne devrait par contre pas attaquer tant que ses oursons peuvent grimper à un arbre pour se protéger, et tant qu’elle n’en n’est pas séparée.

L’OURS CURIEUX

L’ours essaie de vous identifier. Il est immobile, debout sur ses pattes arrières, ou secoue lentement la tête de droite à gauche.

  • Permettez à l’ours de vous identifier en tant qu’être humain
  • Éloignez-vous de l’ours lentement, tout en gardant l’animal en vue afin de pouvoir détecter tout changement de comportement
  • Parlez à l’ours lentement et calmement
  • Essayer de repartir dans la direction d’où vous venez, ou si ce n’est pas possible, faites un grand détour afin de rester aussi loin que possible de l’ours
  • Ne faites aucun mouvement brusque
  • Ne coincez pas l’animal
  • Ne courez pas
  • Ne tournez pas le dos à l’ours

Dans le cas ou l’ours s’approche de vous, vous devez immédiatement arrêter de bouger et commencer à parler à l’animal d’une voix calme et assurée. Ne criez pas et ne jetez rien vers l’animal car cela pourrait déclencher une attaque. Une fois que l’ours s’arrête, vous pouvez recommencer à vous éloigner.

S’éloigner d’un ours qui ne présente pas de comportement défensif ou des signes de stress évitera généralement d’autres problèmes.

L’OURS VOUS TRAQUE OU VIENT DIRECTEMENT VERS VOUS

L’ours est parfaitement conscient de votre présence, il se dirige directement vers vous. Il vous a déjà identifié comme être humain, ne montre aucun signe défensif et ne parait absolument pas stressé. Plutôt, l’ours semble être très intéressé et vous tourne autour, vous suit, ou s’approche de vous en faisant attention. Un ours qui vous traque est un ours à comportement prédateur, ce qui signifie que l’ours vous considère comme une proie. Ce type de cas est très rare. L’ours se trouve maintenant à moins de 50 mètres.

L’ours est probablement agressif, dominant, a associé les êtres humains avec de la nourriture, ou a perdu sa peur naturelle des gens. Votre comportement se doit donc de changer de façon radicale.

  • Utilisez votre méthode de dissuasion contre les ours (spray anti-ours)
  • Comportez-vous de façon agressive
  • Si vous êtes en groupe, regroupez-vous tous ensemble
  • Levez les bras et grimpez sur un tronc d’arbre ou un rocher pour avoir l’air aussi grand que possible
  • Criez
  • regardez l’ours dans les yeux
  • Montrez les dents
  • Parlez fort et de manière agressive
  • Tapez des pieds sur le sol, en faisant quelques pas vers l’ours
  • Réagissez de façon agressive, et menacez l’ours avec tout ce que vous avez à porté de la main (cailloux, bâtons, etc)

L’OURS QUI CHARGE ET ATTAQUE

L’ours se place en position d’attaque en vous regardant directement, avec la tête baissée et les oreilles en arrièreL’ours s’approche de vous à grande vitesse, à quatre pattes, le corps près du sol.

Les ours font souvent semblant de charger, mais s’arrêtent ou changent de direction au dernier moment. Comme il est impossible de savoir si l’ours est en train de bluffer, il convient donc de considérer toute charge comme une attaque. Il s’agit donc dans un premier temps d’utiliser immédiatement votre méthode de dissuasion, comme votre spray à ours ou votre corne de brume à air comprimé. Si vous n’en n’avez pas, ou si l’ours continue à charger:

  • Jetez-vous sur le sol et allongez-vous sur le ventre, en essayant de protéger vos organes vitaux et votre visage, avec les mains derrière la nuque. Si vous avez un sac à dos, celui-ci pourra vous apporter une protection supplémentaire
  • Ne criez pas et ne vous débattez pas vu que vous êtes en train d’essayer de faire croire à l’ours que vous êtes mort
  • Restez immobile et attendez que l’attaque soit terminée et que l’ours soit parti avant de bouger
  • Par contre, si l’ours continue à vous mordre, ou s’il vous traite comme une proie, vous devez commencer à vous battre de toute votre force, en visant le museau et les yeux de l’animal, avec comme but précis de lui faire mal et de le blesser, voire le tuer.

Dans le cas ou un ours qui vous a traqué charge, vous ne devez surtout pas faire le mort, mais au contraire vous battre de toute votre force contre l’ours, en visant le museau et les yeux, avec pour objectif de faire mal à l’animal, de le blesser, voire le tuer.

L’OURS À PROBLÈMES (Ah si…)

La plupart des attaques d’ours impliquent une femelle avec oursons, des jeunes ours (entre 2 et 3 ans), des ours âgés ou blessés, ou encore des ours qui sont habitués à la nourriture humaine.

Les jeunes ours peuvent en effet être curieux en ce qui concerne les humains, ne pas en être effrayés, être opportunistes, incapable de trouver suffisamment de nourriture, ou simplement en train d’essayer d’établir leur dominance sur un nouveau territoire. Ils peuvent aussi avoir été chassé d’une zone riche en nourriture par un ours plus agé, et en conséquent, peuvent devenir agressif dans leur recherche de nourriture. Les ours âgés ou blessés sont par ailleurs souvent affamés, et peuvent donc être agressifs en présence d’humains. Enfin, les ours qui ont déjà goûté à la nourriture humaine n’ont plus aucune crainte des humains, et en conséquent, ont une tendance marquée à devenir agressif afin d’obtenir de la nourriture.

MÉTHODES DE DISSUASION : FOCUS SUR LE "SPRAY A OURS"

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Dans un article j’ai pu lire : "Pensez à apporter un sifflet, un avertisseur à air comprimé (genre "airzound" disponible chez Vélonaute à Lyon ou chez Cyclable.com), une hache à manche long (merci pour la précision du manche !) ou un vaporisateur de poivre pour les ours. Si vous apportez un vaporisateur de poivre, sachez comment l’utiliser. Bien que les rencontres physiques avec un ours soient extrêmement rares, certaines personnes peuvent se sentir plus en sécurité en sachant qu’elles ont une sorte d’arme défensive. Par contre, faites preuve de prudence (et ne pas utilisez sur l’homme !) lorsque vous utilisez ces produits et soyez sûrs de suivre les instructions sur l’étiquette".

Les spray anti-ours ont cependant certaines limites : le vent, la distance de vaporisation, la pluie, le gel et la durée de vie utile du produit peuvent avoir un effet sur l’efficacité d’un "bear spray" (http://www.udap.com/). Les sprays sont absolument inutiles en cas de vent fort, de pluie, ou dans des buissons épais. Il semble par ailleurs être beaucoup plus efficaces sur les ours bruns (grizzlys), lorsque déchargés directement dans leurs yeux ou sur leur museau, que sur les ours noirs, surtout ceux ayant été habitués à la nourriture humaine ou aux poubelles.

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Voici le topo d’un fabricant: "Il a été prouvé que le répulsif à ours est efficace pour repousser les attaques des ours noir ainsi que les ours grizzlis. Il pourrait être un dissuasif utile pour les mauvaises rencontres avec d’autres espèces, tels que le couguar et le coyote. Il n’arrêtera pas les rencontres mais il peut bien empêcher une attaque, des blessures graves ou même de la mort."

Voici le fameux avertisseur à air comprimé qui se recharge avec une pompe à vélo! 115 DB pour un klaxon-taf qui peut servir d’arme anti-ours. Qu’attendez-vous pour l’essayer ?

Site de l'importateur français: Airodin.com

[mail=[url=mailto:info@airodin.com[/mail]]Mail Airodin

Sur le site allemand: GlobbeTrotter,

Site montrant une variante de montage : dicobent

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À bonne distance des autres animaux sauvages  

Lorsque vous pratiquez vos activités dans un Parc national (ou ailleurs), vous êtes dans un milieu naturel sauvage et protégé qui abrite de nombreuses espèces animales, dont le coyote, le loup et en de rares occasions le couguar. Ces espèces fuient normalement les humains. Les attaques sont donc très rares, mais la prudence est de mise. Voici quelques consignes générales de sécurité à suivre :

En forêt

  • Faites du bruit afin de ne pas surprendre les animaux.
  • Ne laissez pas les enfants s’éloigner de vous.
  • Évitez les promenades solitaires, particulièrement au crépuscule et à l’aube.
  • Évitez d’attirer les animaux sauvages par des odeurs de nourriture.
  • Ne les nourrissez surtout pas et ne laissez pas de déchets ou d'aliments à leur portée.
  • Gardez votre chien en laisse.
  • Gardez vos distances : évitez d’approcher la grande faune à moins de 100 mètres.

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Que faire en présence d’un coyote, d’un loup ou d’un couguar ?

Il n’existe pas de méthode garantie idéale sur la façon de réagir face à un animal sauvage. Chaque rencontre est unique, mais les consignes suivantes peuvent vous aider :

  • Signalez votre présence en faisant du bruit ou en parlant d’une voix posée.
  • Reculez lentement sans tourner le dos à l’animal.
  • Ne faites pas le mort ou la morte, et ne vous enfuyez pas en courant.
  • Si vous êtes avec de jeunes enfants, prenez-les dans vos bras.
  • Essayez d’avoir l’air plus grand ou plus grande que vous ne l’êtes en réalité, par exemple en levant les bras et en vous regroupant si vous êtes plusieurs.
  • En cas d’attaque, il faut faire preuve d’agressivité et contre-attaquer.

En randonnée

  • Rangez les glacières et toute nourriture dans la voiture, ou suspendez la nourriture à un arbre, à au moins trois mètres du sol et à un mètre du tronc de l’arbre.
  • Ne laissez pas de déchets ou de restes de nourriture près de votre emplacement de camping.
  • Déposez-les plutôt dans les poubelles prévues à cette fin.
  • Ne mangez pas à l’intérieur d’une tente et n’y conservez pas d’aliments ou de produits cosmétiques.
  • Nettoyez rapidement votre vaisselle et disposez convenablement de l’eau usée.

5-145.jpgLes félins

Que faire si l’on tombe sur un lion !

Ne pas courir !!!
On commence par le plus simple, ce qu’il ne faut surtout pas faire !!! Surtout ne pas courir !! Déjà parce que le lion court plus vite que vous et qu’une fuite ne fera que déclencher l’instinct de l’animal, chasser sa proie !

Demi-tour ou marche arrière ??
Si le lion est loin, endormi ou vous ignore, alors le plus simple est de faire calmement demi-tour et de continuer votre marche en regardant de temps en temps derrière vous pour voir s’il ne vous suit pas. Par contre, si le lion vous a aperçu, la marche arrière est préférable, vous reculez doucement en ne quittant pas le lion des yeux. N’oubliez pas aussi de regarder autour de vous pour trouver où se situe le groupe !!

Et s’il vous suit, alors marchez plus vite tout en gardant votre calme et en vous assurant que la distance entre vous et lui ne diminue pas.

Grimper à l’arbre !
Les lions n’aiment pas grimper aux arbres et préfèrent les plaines, donc si vous êtes vraiment coincés, genre entouré par des lions… alors le mieux est de grimper à un grand arbre (en vérifiant qu’il n’y ait pas de léopard ou de serpent). Grimper à l’arbre est également une solution si le lion vous attaque et qu’il n’y a pas assez de distance entre vous et lui pour que vous puissiez vous enfuir !


Affronter le lion !
On y arrive, si le lion vous attaque et que ne pouvez pas fuir alors il faut affronter le lion. Gonfler votre torse, bougez vos bras dans tous les sens, faites Kung-Fu Panda… criez, hurlez et rugissez… bref, tout pour déboussoler le lion et pour qu’il ait une deuxième pensée

Et, neuf fois sur dix, le lion va se rétracter 
Croyez-moi, il y a plus de chances de se faire attaquer par un babouin qui veut voler votre pique-nique qu’un lion enragé !!

Et la nuit !!
Ah, la nuit, c’est une autre histoire !! Il faut dormir dans un abri, comme le font les masaïs qui font de long séjour dans la savane… Récoltez des branches d’acacia ou de buisson, placez les en forme de cercle, assez étroit, pour former un mur de protection. Puis, allez chercher du bois sec car le feu est essentiel pour faire fuir les animaux et avoir chaud – les nuits sont fraîches au Kenya. Et si vous n’avez pas de feu sur vous, alors on essaye de faire flamber de l’herbe séchée avec l’aide de deux bouts de bois, comme quand vous étiez petit.

Un lion qui a gouté à la chair humaine ne peut plus s'en passer ?

Baliverne et vanité ! Pourquoi la viande humaine serait-elle meilleure que celle du buffle ou du phacochère ? Les lions ont naturellement peur des hommes et de leurs armes. Quand les circonstances lui ont donné le courage d'affronter victorieusement leur ennemi à deux pattes, un lion peut se convaincre qu'il n'est pas invincible et le considérer comme proie potentielle, parmi toutes les autres.

Le lion n'attaque pas spontanément l'homme et il préfère fuir. En cas de contact, il faut lui faire face et ne jamais fuir en se retournant car cela risque de provoquer son agressivité. Les femelles sont en général plus agressives que les mâles surtout si elles sont suitées (accompagnées de leurs petits). Un lion blessé, affamé ou en chasse peut être dangereux.

Ce sont des animaux discrets et intelligents. Le risque qu'ils représentent est infinitésimal et largement fondé sur des on-dit.

Le jaguar (pantera onca) est devenu rare dans la plupart des endroits. C'est un magnifique animal qui rappelle par sa livrée le léopard africain, en beaucoup plus robuste. Un gros mâle peut peser 130 kg. Les femelles sont plus petites. Les cas de mélanisme (pelage noir) ne sont pas rares, les taches subsistant cependant, si on regarde l'animal de près….

C'est un redoutable chasseur qui s'alimente particulièrement de pécaris qu'il suit patiemment dans leur progression, de cervidés, de jeunes tapirs, mais aussi éventuellement de caïmans (c'est un excellent nageur), d'oiseaux et jusqu'à de petits reptiles et insectes quand la nourriture se fait rare.

Il tue sa proie en la mordant à travers le crâne. Le jaguar est rusé et prudent, mais il est sûr de sa force et ne fuit pas devant l'homme. L'animal reste calme, observant à distance, puis s'enfonce tranquillement dans la forêt. On entend souvent les vocalisations du jaguar, surtout de nuit : c'est un genre de halètement rauque, puissant.

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Le puma (felis concolor) est le plus répandu des félins d'Amérique (du Canada au sud de l'Argentine), mais on le voit plus rarement que le jaguar, car il est extrêmement prudent. Il fuit devant les chiens. Contrairement au jaguar, il n'est pas vraiment redouté dans la région amazonienne.

Il est certes prouvé qu'il y a eu des attaques de félins sur des êtres humains. On a parlé récemment d'une attaque de puma au Canada. Il y a des anecdotes sur cet animal également mais ce sont toujours des histoires par personnes interposées (voire générations interposées !)..On retrouve d'ailleurs les mêmes petites anecdotes avec les mêmes détails un peu partout dans ces régions.

Ce qui est certain, c'est que des jeunes enfants sont certainement plus exposés que des adultes. Un ami indien, digne de foi a perdu son neveu de 3 ans, enlevé en plein jour par un jaguar à quelques mètres du village...

Les ''cochons bois" est le nom donné en Guyane française aux deux espèces de pécaris.

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La variété la plus grande, ''tajassu pécari'' est redoutée à juste titre en grande forêt !

Il s'agit d'animaux vivant en hardes parfois considérables. Ils se déplacent en fouillant le sol, émettant une variété de grognements sourds qui, lorsqu'ils sont nombreux s'entendent de loin et rappellent le grondement lointain du tonnerre, en plus étouffé.

Ils ont une glande à musc sur le dos et dégagent une odeur pestilentielle, réellement écœurante quand ils sont proches.
Leur vue est très mauvaise et, si on se place contre le vent en se mouvant silencieusement, on peut les approcher à quelques mètres sans être repéré. Ce n'est pas une très bonne idée toutefois. Devant le danger, ils claquent leurs impressionnantes mâchoires et profèrent un genre d'aboiement puissant.

La plupart du temps, ils s'enfuient sans demander leur reste mais ils peuvent également faire face et attaquer, particulièrement en situation de chasse ou s'ils sont exaspérés par les chiens.

Dans ce cas, le mieux est de se percher sur un arbre. J'ai vu un chien se faire déchiqueter. Un indien que je connais a eu le tendon d'Achille arraché (dernier détail : ils ne cherchent pas à donner des coups de boutoir comme nos sangliers, mais mordent comme des chiens).

Bref, il vaut mieux éviter ces charmants animaux. Si vous les avez repérés, rebroussez chemin, surtout si vous n'êtes pas du genre sportif et n'avez pas confiance en vos talents de grimpeur.
Si vous tombez dessus par surprise et qu'ils ne vous ont pas vus, éloignez-vous un peu et faites du bruit pour ne pas les surprendre, afin de ne pas provoquer une réaction dangereuse.

Les Serpents

Dans le seul Brésil il y a plus de 200 espèces de serpents. Seule une toute petite minorité représente un danger réel. L'espèce la plus dangereuse d'Amérique du sud est probablement le crotalus durissus, le crotale sud américain, mais c'est une espèce de la savane. En forêt, les espèces les plus à redouter sont également de la famille des crotales, sans ''bruiteur'' toutefois.

8-108.jpgIl s'agit du genre bothrops ou ''fer de lance''. Il existe des espèces arboricoles de bothrops, mais la majorité des accidents sont causes par les espèces terrestres.

Ce ne sont pas des serpents agressifs. Mais leur mimétisme est si parfait sur le sol de la forêt qu'ils passent facilement inaperçus. C'est ce qui les rend dangereux. Leur venin agit à la fois localement, par nécrose des tissus autour de la morsure et généralement en empêchant la coagulation du sang.

La plupart du temps, la morsure n'est pas mortelle. La seule conduite efficace à tenir est de se rendre à un dispensaire où on vous injectera un sérum antivenimeux. Oubliez les remèdes de bonne femme, style application de la tête du serpent écrasée, n'aspirez pas et ne ''charcutez'' pas la morsure, cela ne sert à rien.

Les paysans locaux qui travaillent dans leur ''abattis'' provenant du déboisement d'une petite étendue de forêt sont particulièrement exposés aux morsures.70 % de celles-ci étant localisées au-dessous du genou, ils portent souvent des bottes montantes en cuir épais qui constituent une bonne protection. Un tel équipement est toutefois très inconfortable en cas de marche longue.

La gravité de la morsure dépend de nombreux facteurs :

  • la taille du serpent : plus un serpent est gros, plus la quantité de venin inoculé est importante
  • si le serpent s'est alimenté récemment ses glandes à venin peuvent être vides
  • il peut mordre ''à sec'', c'est à dire sans déployer ses crochets à venin ''pliables''

Nettement moins fréquent : le maître de la brousse (lachesis muta).

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Egalement un crotaline, c'est le plus grand serpent venimeux d'Amérique. Le record est de 4 m, mais les spécimens de plus de 2 m sont courants.

Il est nocturne et plutôt peu agressif, son venin est moins actif que celui des bothrops, mais vu sa grande taille il peut en injecter de grandes quantités.

Une histoire vraie survenue à Saul en Guyane française illustre à la fois l'imprudence de certaines personnes et le caractère relativement paisible de ce serpent : Un jeune soldat ayant trouvé un grand serpent lové sur un sentier rapporta l'événement à son sergent qui lui demanda de décrire l'animal, ce qu'il fit. Le sergent, sans prendre la peine de venir lui-même vérifier, déclara que l'animal était un boa constricteur inoffensif et autorisa la recrue à aller chercher le serpent. Confiant, le jeune écervelé ramena l'animal en le mettant autour de son cou ; puis ses camarades en firent autant. Malheureusement le prétendu boa finit par se lasser de toutes ces manipulations, sortit un de ses crochets de 4 cm et mordit le soldat au doigt. Celui-ci en fut quitte pour une évacuation en hélicoptère vers Cayenne. Le serpent était un lachesis muta.

Les crotalines représentent le stade ultime de l'évolution des serpents : ils possèdent des fossettes nasales qui fonctionnent comme des capteurs thermiques, leur permettant de détecter une variation de un degré dans un rayon de 10 m. C'est une arme redoutable pour la localisation des proies.

Les serpents corails (micrurus sp) sont plutôt petits, timides et magnifiquement colorés.

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Très peu agressifs si on n'essaye pas de les capturer, ils représentent peu de danger réel malgré leur venin, un neurotoxique redoutable, potentiellement mortel.

Ils ont une toute petite bouche, avec de petits crochets fixes.

Même si vous avez l'habitude des serpents, ne manipulez pas les espèces venimeuses !

En fait, il ne faut pas confondre deux notions :

  • le danger potentiel que représente un serpent du fait de la virulence de son venin
  • l'agressivité spécifique de l'animal

Dans la zone amazonienne, les serpents les plus agressifs ne sont pas venimeux, comme les boas arboricoles de l'espèce corallus hortulanus ou ''boa de cook''. Ils frappent très rapidement, de plus une fois saisis, ils vident le contenu de leur cloaque et l'odeur met du temps à disparaître !

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Certaines grandes couleuvres sont particulièrement susceptibles !

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Attention certaines couleuvres arboricoles sont dites ''opistoglyphes'' c'est à dire qu'elles possèdent des crochets à venin à l'arrière de la bouche et peuvent causer des envenimements légers à sérieux. C'est le cas des spectaculaires ''serpents lianes'' (oxybelis sp). Méfiance donc.

Toutes les histoires de ''serpent minute'' mortel, et de ''serpent de bananier'' se laissant tomber sur les gens, obligeant à porter un chapeau à large bord, relèvent de l'invention pure et simple.

En général, tous les serpents vraiment dangereux de la zone amazonienne se déplacent lentement. Ils peuvent certes se détendre en une fraction de seconde, mais leur reptation est lente. Le serpent qui s'enfuira à toute vitesse devant vous a toutes les chances d'être une inoffensive couleuvre...

Il faut savoir qu’en France, seules les vipères et les couleuvres vivent dans la nature. Autant dire que vous ne risquez pas grand-chose, car en plus d’être certainement plus apeurées que vous, la couleuvre est inoffensive pour l’homme et la vipère produit un venin qui n’est généralement pas assez puissant pour tuer un homme (on recense environ 1 mort par an).

Face à un serpent, garder son sang froid... Mais pour éviter tout risque de morsure, même face au plus venimeux des serpents (le taïpan du désert, retrouvé en Australie), le mieux est de ne pas paniquer lorsqu'on le rencontre et d'attendre qu'il s'en aille. Des gestes brusques pourraient l'effrayer et le mener à se défendre en attaquant.

Morsure de serpent : les gestes conseillés

Si malgré tout vous êtes mordu, il est impératif de rester immobile. Le fait de bouger provoque une accélération du rythme cardiaque et de la circulation sanguine, en dispersant plus rapidement le venin dans l’organisme. Ensuite, il faut appeler les secours. Le venin de serpent servant à immobiliser rapidement la proie et à commencer sa digestion, il vaut mieux lutter contre son mode d’action rapidement. Il existe notamment des sérums antivenimeux adaptés à chaque type de venin, qui sont efficaces mais très spécifiques.

Premiers secours

Il convient d’abord de rassurer la victime et d’éviter la panique. Si l’on dispose du matériel nécessaire, on peut nettoyer la morsure. Il faut s’efforcer d’immobiliser le membre avec un bandage peu serré (bande Velpeau, gaze foulard…). Il est essentiel d’éviter les gestes dangereux : brûlure de la plaie avec une flamme ou un objet incandescent, application directe de glace ou de produits chimiques agressifs, incisions ou garrot. Ces gestes, le plus souvent inutiles sont toujours dangereux. Enfin, on procédera le plus rapidement possible à l’évacuation du patient vers le centre de santé le plus proche.

Traitement d’urgence

Dès l’arrivée au centre de santé, on désinfectera la plaie soigneusement. Après confirmation de l’envenimation par l’interrogatoire et l’examen clinique, il sera possible, d’une part, d’effectuer un bilan de gravité et, d’autre part, d’entreprendre la sérothérapie. Celle-ci ne se justifie qu’en présence d’une envenimation clinique patente.

Un traitement symptomatique (antalgique, anti-inflammatoires en évitant ceux de la famille de l’aspirine qui peuvent aggraver un syndrome hémorragique, éventuellement un sédatif léger et/ou un antihistaminique). On augmentera les apports hydriques (boisson ou perfusion) pour relancer la diurèse si celle-ci est insuffisante.

Soins intensifs

Ils relèvent du spécialiste qui pourra éventuellement poursuivre la sérothérapie. Le traitement du syndrome hémorragique et/ou de l’anémie sévère par transfusion sanguine ou administration de produits sanguins ne se justifient qu’une fois le venin totalement éliminé grâce au sérum antivenimeux.
L’asphyxie due à la paralysie des muscles respiratoires nécessite la respiration artificielle qui peut être prolongée plusieurs jours dans certaines envenimations cobraïques. Les complications (hémorragies internes, accidents vasculaires cérébraux, infarctus du myocarde, insuffisance rénale, nécrose extensive d’un membre) sont traitées indépendamment de l’étiologie.

Sérum antivenimeux

Le sérum antivenimeux est constitué des anticorps d’un animal, le cheval le plus souvent, fabriqués à la suite d’injections répétées de quantités croissantes de venin. Le sérum antivenimeux n’est donc efficace que contre les venins qui ont servi à le fabriquer. Les sérums de nouvelle génération, hautement purifiés, sont parfaitement efficaces et bien tolérés. Les effets indésirables sont le plus souvent bénins et leur fréquence est de l’ordre de 5 %.

Progressivement, les fabricants abandonnent la fabrication de sérums monovalents, préparés contre le venin d’une seule espèce venimeuse, sauf pour quelques espèces responsables d’un grand nombre d’envenimations (le Viperidae Echis ocellatus des savanes d’Afrique subsaharienne), insulaires (Bothrops lanceolatus de Martinique), ou de large dispersion géographique (Crotalus durissus en Amérique latine ou Vipera berus en Europe du nord). La tendance est plutôt à la commercialisation de sérums polyvalents, rassemblant les espèces les plus fréquentes et dangereuses d’une région géographique plus ou moins étendue (Afrique subsaharienne, Maghreb, Moyen-Orient, Asie du Sud-est, etc..) ou d’une famille à l’échelle d’un continent (Anti-Vipérin américain, anti-Vipérin européen, anti-Elapidae australien).

Le sérum antivenimeux doit être administré par voie veineuse le plus rapidement possible après la morsure. Sa durée d’action est de plusieurs heures. La posologie est fonction de la quantité de venin inoculée, ce qui n’est évidemment jamais connu mais peut être évalué par les symptômes cliniques tant au niveau de la rapidité d’apparition des signes que de leur sévérité.

Un sérum antivenimeux doit être efficace, c’est-à-dire capable d’une bonne neutralisation des venins contre lesquels il est préparé, bien toléré pour éviter de rajouter aux symptômes de l’envenimation ceux d’une allergie, stable pour pouvoir être conservé sans perte d’efficacité ou de tolérance en attendant d’être administré, et accessible. La stabilité et la conservation sont obtenues par lyophilisation. Le problème de l’accessibilité est particulièrement sensible dans les pays en développement, les plus concernés par l’envenimation. Le coût est évidemment un aspect essentiel, dans la mesure où le prix d’une ampoule de sérum antivenimeux dépasse le revenu mensuel moyen des victimes et qu’aucune disposition n’est prévue pour son remboursement. La disponibilité du produit est également un problème majeur. Il est usuel que les sérums antivenimeux soient conservés dans les centrales d’achat de la capitale en attendant d’être commandés par des pharmacies peu désireuses de perdre leur stock. Parfois disponibles dans les grands hôpitaux, les sérums antivenimeux sont absents des centres de santé périphériques qui, pourtant, reçoivent la majorité des accidents d’envenimation, faute de chaîne de froid ou de personnel jugé capable de les employer.

Prise en charge des morsures de serpent

L’accès aux soins est un problème récurrent dans la majorité des pays en développement. Les centres de santé sont dispersés et sous-équipés. Le personnel soignant est débordé et bénéficie rarement d’une mise à jour de l’information médicale pertinente. A tout ceci, s’ajoutent la crise économique et l’insécurité civile ou militaire ; la prise en charge adéquate des patients est donc particulièrement difficile. En conséquence, la confiance du public envers le système de santé s’érode constamment, ce qui explique en partie que moins de 30 % des patients en moyenne sont traités dans les centres de santé selon les standards de la médecine moderne.

Les araignées

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16-59.jpgL'Amérique du sud est la terre d'élection des grandes mygales. Certaines espèces comme Theraphosa Leblondi des Guyanes et Theraphosa apophysis du Venezuela atteignent des tailles impressionnantes, près de 30 cm d'envergure !

Les plus grandes espèces sont souterraines, vivant dans des terriers creusés dans le sol, parfois sous des pierres ou des troncs d'arbres morts. Elles sont sédentaires et nocturnes, vous avez donc peu de chance de les retrouver dans votre hamac, sauf si vos copains vous fait une blague douteuse.

Un tapis de toile plus ou moins important au bord de leur trou trahit leur présence. Vous pouvez essayer de la faire sortir en glissant une brindille d'environ 30 cm dans le trou.

L'animal va l'attaquer, s'y agripper avec ses crochets et, en tirant doucement, vous parviendrez peut être à le faire sortir de son trou. C'est ainsi que les attrapent les Indiens yanomami du sud du Venezuela et du Nord du Brésil. Ils les font ensuite griller entre deux baguettes et consomment l'intérieur des pattes et du thorax...

Dérangées, les mygales ont typiquement deux types de défense :

  • Elles peuvent se ''cambrer'', redresser leurs premières paires de pattes en ouvrant largement leurs crochets à venin (plus d'un cm de long pour les plus grosses espèces). C'est un avertissement sans frais !
  • Elles peuvent aussi gratter rapidement leur abdomen avec une de leurs pattes arrière, vous ''bombardant ''de poils urticants. L'effet est celui du ''poil a gratter ''.

Je n'ai jamais personnellement entendu parler de cas de morsure. Les effets des venins sur l'homme sont mal connus.

Il y a également des espèces arboricoles, qui font des toiles en forme de tube.

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Elles sont également nocturnes et chassent les insectes et autres petits animaux aux abords de leur toile. A certaines époques de l'année les mâles se déplacent à la recherche des femelles et on les rencontre fréquemment à l'intérieur des campements, causant des paniques sans commune mesure avec le danger représenté par l'araignée.

Les mygales arboricoles sont généralement couvertes de longs poils qui leur donnent l'aspect de petites peluches, souvent délicatement colorées...

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Certaines espèces de la zone amazonienne comme avicularia metallica sont très dociles.

En règle générale un animal n'attaque jamais sans avoir préalablement effectué une mimique destinée à avertir et donc décourager un éventuel agresseur. C'est une règle qui vaut pour la plupart des mammifères, reptiles comme pour les araignées. Si l'une d'entre elles lève ses pattes avant et sort ses crochets, n'essayez pas de la manipuler, dans votre intérêt !

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Il existe toutefois une araignée dont il convient de se méfier dans la zone amazonienne, et elle n'appartient pas à l'ordre des mygales. C'est une espèce qui ressemble aux araignées que nous connaissons en Europe, mais de plus grande taille. Nocturne, ''phoneutria fera'' fait partie des ctènes, ou araignées dites ''errantes'', c'est à dire qu'elle s'abrite où elle peut le matin après ses courses nocturnes, sous un morceau de bois, dans un trou d'arbre ou... éventuellement dans vos chaussures.

Elle est agressive, n'hésite pas à se servir de ses crochets et peut même faire des petits bonds. Elle abonde dans certains endroits...

Comme de nombreux autres animaux, elle aime bien se réfugier au sec après de fortes pluies. J'en ai un jour trouvé une dans un repli de mon sac à dos…

Son venin, un neurotoxique puissant, est très semblable à celui des fameuses ''veuves noires'' (latrodectus mactans), mais elle est beaucoup plus grosse !

Il est important d'apprendre à la reconnaître. 

Les scorpions

Certaines espèces ont un venin très actif. Ils sont timides et nocturnes, mais le danger provient, comme pour la phoneutria, de leur propension à choisir éventuellement vos chaussures, sacs ou vêtements pour s'abriter.

Il faut donc faire attention pendant les bivouacs.

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J'ai un ami qui a été une fois piqué par une des espèces les plus redoutées, Tityus cambridgei : c'est une espèce qui vit sur l'écorce des arbres et il a déposé la main dessus, de nuit. Il a ressenti immédiatement une forte douleur qui ne s'est calmée qu'au bout de plusieurs heures, irradiant dans tout le bras. Le lendemain, il a eu des maux de tête et des nausées. C'est tout. Toutefois il pèse 85 kg, les conséquences pour un jeune enfant peuvent être plus sérieuses.

La piqûre de scorpion ne peut pas passer inaperçue car elle est généralement très douloureuse, et l'animal aussitôt repéré.  Elle peut dans certains cas être mortelle.

Il existe de très nombreuses espèces de scorpions. Quelques uns seulement sont dangereux et provoquent 40.000 décès par an dans le monde.

On les rencontre uniquement dans les pays chauds compris entre les 45ème parallèles. En France ils vivent sur une ligne au Sud de Bordeaux. Le scorpion est actif en été et durant la nuit. Le reste du temps il reste caché sous les pierres ou dans les anfractuosités. Il ne pique que s'il est menacé.

Paradoxalement, les espèces les plus dangereuses ne donnent pas les piqures les plus douloureuses. Autre point important, il module la quantité de venin qu'il injecte. Chaque piqûre est donc différente d'une autre, et ce n'est qu'avec l'évolution sur 24 heures que l'on peut estimer la gravité de la piqûre.

Les espèces mortelles se trouvent en Afrique du Nord, Sahara, Soudan, Egypte, Arabie et Israël. D'autres sont dangereux mais non mortels : Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Soudan et Maroc.

Le venin de scorpion est thermolabile: il est détruit à la chaleur. Il faut donc approcher une source de chaleur à proximité du point de piqure, sans pour autant se bruler. On peut utiliser un allume cigare, une allumette, une cigarette...

Refroidir la zone atteinte (Glace, sprays réfrigérants) si on n'a pas la possibilité d'éliminer le venin à la chaleur. En effet, à défaut d'être détruit, le venin sera neutralisé par fermeture des vaisseaux sanguins en réaction au froid.

Le fameux aspi-venin est à proscrire. Au lieu d'aspirer le venin comme la notice d'utilisation l'indique, il va faire éclater les petits vaisseaux par un effet de succion et permettre au venin de mieux diffuser.

Les sérums antiscorpioniques sont d'une efficacité discutée et doivent être injectés en intraveineuse dès le début de la crise après avis médical.

Soulager la douleur et la fièvre avec des médicaments à base de paracétamol.

Essayer de rejoindre au plus vite un dispensaire ou un hôpita

Pour éviter d'être piqué dans les pays infestés par les scorpions :

  • il ne faut pas marcher pieds nus la nuit.
  • Toujours secouer ses vêtements avant de les enfiler,
  • retourner ses chaussures avant de les mettre,
  • vérifier sa literie avant de s'y glisser.

Derniers conseils :

  • Les scorpions n'aiment pas l'odeur de l'essence, pétrole. Donc si vous êtes dans le désert vous pouvez faire un cercle large autour de votre tente et mettre du goudron liquide dans une rigole de 10 cm qui fait en largeur une longueur et demi d'un scorpion. Il se prend les pattes dedans puis dans le sable, cela devrait le ralentit suffisamment avant d'arriver à ta tente si il ne s'est pas noyé dans le goudron.
  • La chaleur les attire la nuit. Donc le feu sera en dehors de la tente.
  • Un ami utilisait des boites de conserves ou des assiettes dans lesquelles il avait mis les pieds de son lit et mis quelque centilitres d'essences. Cela les empêche de monter le long des couvertures.
  • Il faut faire un lit méthode militaire au carré.
  • Faire le lit avec la moustiquaire qui se referme sous le lit.
  • Bouger le moins possible durant la nuit et bien protéger la tête (ils peuvent piquer à travers la moustiquaire ...).
  • Mettez vos chaussettes dans vos chaussures, vous verrez dès le matin si il y a un scorpion ou pas.
  • Enfin les classiques : vérifier tout ce qui peut contenir un scorpion avec une baguette en plastique, bois...

Warning : les petits sont aussi dangereux que les adultes.

Les scolopendres

Ce sont des myriapodes (mille-pattes) carnivores qui possèdent deux forts crochets à venin sous la tête. Certains atteignent 30 cm de long. La piqûre est parait il très douloureuse, bien que là encore, je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier.

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Les scolopendres et les mille-pattes se ressemblent, leurs corps sont constitués de nombreux segments et ils ont tous les deux plusieurs pattes. En fait, avant de parvenir à maturité, les scolopendres et les mille-pattes muent de nombreuses fois et à chaque mutation, il y a de nouveaux segments et de nouvelles pattes. Ces mutations s'opèrent en au moins un an. Les mille-pattes, tout comme les scolopendres peuvent vivre jusqu'à sept ans.

Ce qui nous permet de savoir rapidement à quoi on a affaire c'est quand ils sentent une menace : si les scolopendres s'enfuient et se cachent dans un lieu sombre, les mille-pattes se replient sur eux-mêmes et attendent que le danger passe pour se déplier. Le corps d'un mille-pattes est arrondi, la scolopendre est plus aplatie. Pour le premier, chaque segment comporte deux paires de pattes. Pour le second, un segment a une paire de pattes mais celles-ci sont plus longues et permettent à la scolopendre de se déplacer plus rapidement.

La scolopendre est de l'embranchement des arthropodes, du sous-embranchement des mandibulaires, de l'ordre des scolopendromorpha et de la famille des scolopendridae.

Il existe plusieurs espèces de scolopendre à Madagascar, mais c'est Scolopendra subspinipes ou trambo chez les Malgaches qui est la plus connue et que l'on trouve plus fréquemment. Elles provoquent des morsures très douloureuses. On peut les voir partout dans l'île, mais c'est dans le nord et dans l'ouest qu'ils sont « les plus nombreux ou les plus répandus ». Mais contrairement aux scorpions, jusqu'à l'heure actuelle aucune recherche n'a été faite sur la biogéographie de ces animaux.

La scolopendre et le scorpion sont les seules espèces dangereuses à cause de leur venin à Madagascar. La morsure d'une scolopendre est certes très douloureuse mais il est tout aussi rare d'avoir une nécrose cutanée après morsure que d'en mourir. Habituellement, les symptômes disparaissent en quelques heures. Les cas les plus graves concernent les très jeunes enfants qui se font mordre dans des régions très précises du corps, la tête ou le cou par exemple.

En cas de morsure, faire une désinfection locale, là où la peau a été percée et prendre un antalgique. Dans des cas particuliers (bébé, existence d'autres maladies, allergie aux piqûres d'insectes ou à certains produits pharmaceutiques), il faut consulter un médecin.

Lleurs pattes ne sont pas dangereuses. Les crochets à venin (forcipules) se situent sous la tête. La scolopendre n'injecte ses venins que lorsqu'elle sent une menace grâce à ses antennes. Elle paralyse son agresseur par son puissant venin, c'est ce qui nous gêne au niveau de la peau. Ce qui veut dire que la scolopendre n'attaque pas sans raison, il arrive même qu'elle passe sur une personne (pendant son sommeil par exemple) sans qu'elle ne s'en aperçoive et sans que l'animal ne morde. La scolopendre est craintive et non agressive.

L'une ou l'autre partie d'une scolopendre coupée en deux ne survivra plus. Elle peut rester en vie quelques minutes et est capable de se déplacer ou même de se réfugier mais elle mourra dans les heures qui suivent.

La scolopendre vit dans un habitat végétal, pond ses œufs dans le sol en printemps et en automne. Et même si elle s'aventure quelques jours dans la maison pour chasser de petits insectes, elle ne peut pas y survivre, elle retourne toujours dans son habitat végétal.

La scolopendre se nourrit de petits insectes. C'est un carnassier et vorace. C'est pour cela qu'on la retrouve dans la douche, sur le sol et les recoins de la maison surtout s'ils sont humides et mal nettoyés. On la retrouve dans nos draps parce qu'elle chasse les punaises de lit. C'est la nuit qu'elle chasse les organismes qui envahissent les habitations : araignées, blattes, fourmis etc.

On peut la tuer avec de l'insecticide et protéger les alentours avec des produits chimiques adaptés, mais il faut savoir aussi que certains produits détruisent l'environnement car sont très toxiques. Certains pays utilisent des substances naturelles que l'on applique autour de la maison, c'est le cas de la Guadeloupe, les gens utilisent une glue à base végétale, la trace qu'ils font avec empêchent les scolopendres de s'introduire dans les maisons. Pour ce qui est de la réaction des gens à vouloir les tuer à tout prix, si elles s'introduisent dans les maisons, on peut les tuer. Par contre dans leurs milieux et dans la forêt, il faut les laisser vivre parce qu'elles font partie de la chaîne alimentaire.

Pour éviter que ce genre de bestiole rentre dans votre maison, il faut d'abord, garder un jardin propre. Bien nettoyer la maison et ne pas laisser trop de choses sur le sol, appliquer quelques doses d'insecticides (poudre ou liquide) sur le sol. Pour éviter une morsure en bivouac, bien secouer les draps ou son sac de couchage avant de dormir et les serviettes (et vêtements) avant de s'en servir. D'ailleurs, il est préférable d'utiliser des draps et des serviettes de couleurs claires.

Ce sont d'excellents agents de lutte contre les autres insectes qui ont élus domicile dans les maisons. Ce sont des prédateurs de tout ce qui pourrait être nuisible, mais trop petits et échappent à notre vigilance. Qui sait, peut-être contribue-elle à faire disparaître les puces. Les scolopendres sont bénéfiques à notre environnement, à l'intérieur et à l'extérieur de nos habitats.

Les Batraciens

Certains batraciens sécrètent des substances vénéneuses : L'énorme crapaud bufo marinus (jusqu'à 2 kg !) possède deux glandes à venin de chaque côté de la tête. On peut le saisir mais il faut absolument éviter de porter ensuite la main aux yeux et autres muqueuses.

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Les magnifiques grenouilles dendrobates et phyllobates sécrètent un très puissant venin dans le mucus qui recouvre leur peau. Certains indiens de la grande forêt colombienne utilisent la peau des phyllobates pour envenimer leurs flèches... Le saviez-vous ? C'est la grenouille qui décroche la palme de l'animal le plus venimeux ! L'un des poisons les plus violents est sécrété par le kokoï de Colombie (Phyllobate); son corps souvent coloré est enduit de batrachotoxine, dont 0,2 mg suffit à tuer un homme de 70 kg. Une seule grenouille adulte possède suffisamment de venin pour empoisonner mortellement 2 200 personnes. En fait, cette grenouille ne produit pas cette toxine naturellement ; une récente étude a démontré que ce poison provient de certains insectes que les batraciens ingèrent.

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Des grenouilles très venimeuses

Ces minuscules batraciens, de 2 à 7 cm, aux couleurs éclatantes sont si colorés qu’on les nomme également « grenouilles peintes ». Certaines tribus d’Amazonie les appellent « grenouilles à flèches ». Leur peau renferme un poison extrêmement violent que les chasseurs recueillent pour en enduire leurs flèches. Ce poison est 250 fois plus puissant que le curare.

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Dendrobates azureus.

Ils le collectent goutte à goutte en maintenant la grenouille au-dessus du feu puis le laissent mariner avant d’y tremper les pointes de leurs armes.

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Dendrobates du Costa Rica.

La substance toxique, la batrachotoxine, est sécrétée par des glandes de leur peau. Une espèce est particulièrement toxique: Phyllobates terribilis qui secrète assez de poison pour tuer 10 hommes.

La batrachotoxine et la recherche médicale

La grenouille ne produit pas cette toxine naturellement. Une récente étude a démontré que ce poison provient de certains insectes que les batraciens ingèrent. Si un dendrobate est placé dans un environnement artificiel, sa peau perd peu à peu cette arme défensive.

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Dendrobates azureus.

Les toxines secrétées par ces grenouilles font partie du groupe des alcaloïdes d’où leur grand intérêt pour les chercheurs.

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Phyllobate.

Par exemple, l’un de ces alcaloïdes est l’épibatidine qui est un analgésique 200 fois plus puissant que la morphine.

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Forme bleue. Dendrobates auratus.

C’est au début des années 90 que l’on a réussi à synthétiser la molécule. Ces batraciens font l’objet de nombreuses études dans le cadre de la recherche médicale. Il nous reste encore beaucoup à découvrir car la plupart de leurs toxines n’ont pas encore été reproduites en laboratoire.

Les fourmis et les guêpes

En fait, sans être réellement dangereux, les animaux qui vous poseront le plus de problèmes, particulièrement pendant les bivouacs, sont les fourmis et les guêpes.

La façon la plus pratique de bivouaquer dans la grande forêt est de tendre son hamac entre deux arbres et de tendre ensuite au-dessus un cordage supportant une bâche en plastique qui vous abritera de la pluie.

Une petite parenthèse à propos d'un autre danger qui fait nettement plus de victimes que les animaux en forêt : les chutes de branches et d'arbres. Les arbres sont souvent peu enracinés, à cause de la minceur de la couche fertile, ou enracinés horizontalement à l'aide de racines à contreforts. Ils sont souvent également infestés de termites qui parfois les minent complètement de l'intérieur, alors que le tronc parait sain.

Ils sont en outre considérablement alourdis par le poids des lianes et plantes épiphytes. Il faut donc soigneusement examiner les arbres aux alentours de votre bivouac, particulièrement en saison des pluies : le sol est meuble et les arbres alourdis par l'humidité. Le passage de gros nuages d'orage, générateurs de forts vents, abat jusqu'aux géants de la forêt...

Deux choses font la spécificité des bivouacs en grande forêt :

L'extrême humidité :

Surtout en saison des pluies, il est difficile de faire du feu. Il faut choisir du bois mort, même humide, le bois vert faisant surtout de la fumée.

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Les vêtements mouillés ne sèchent pas, sauf exposition prolongée au soleil.

La faune envahissante :

LES FOURMIS sud américaines sont la plaie du broussard.

Alors que chez nous ces insectes se limitent à envahir gentiment les pique-niques, les fourmis amazoniennes vous mordront ou vous piqueront des qu'elles en auront l'occasion !

Elles peuvent littéralement pulluler sur le sol dans certains endroits de la forêt. Il y en a de minuscules, les ''fire ants'' dont l'intensité de la piqûre est surprenante compte tenu de leur petite taille.

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Attention aux arbres où vous accrochez vos hamacs : Les cecropia ou ''bois canon'' que j'ai déjà mentionnés abritent les belliqueuses fourmis ''azteca''. L'arbre les récompense de leur protection en leur ''construisant '' des abris et en les nourrissant avec un nectar spécial

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Enfin, si au pied de l'arbre sur lequel vous avez accroché votre hamac, vous apercevez une ouverture horizontale dans le sol, tout contre la base du tronc, déménagez rapidement ! Cela a toutes les chances d'être une fourmilière de ''paraponera'', un des plus redoutables habitants de la grande forêt. Cet animal, qui dépasse 2 cm de long, inflige des piqûres (elle possède un aiguillon comme une guêpe) particulièrement douloureuses. On la nomme d'ailleurs ''fourmi 24 heures'' au Venezuela, en raison de la douleur persistante de la piqûre, et ''bullett ant ''dans la littérature anglo-saxonne. Je ne m'explique pas le terme de ''fourmi flamande'' utilisé en Guyane française ? Sans doute suite à la piqûre d'un explorateur wallon.


Les indigènes utilisent la piqûre de la paraponera pour tester leur résistance à la douleur et dans certaines cérémonies d'initiation des adolescents, comme le fameux ''marake'' des indiens wayana de Guyane française et du Surinam. Au Venezuela des indiens se font piquer volontairement pour distraire la tristesse ou la dépression…

Inspectez donc bien le pied des arbres des alentours de votre bivouac. Ces insectes étant nocturnes, inutile de préciser que leur irruption dans votre hamac au milieu de la nuit signifiera au mieux une nuit blanche. Faites bien attention à ce que la jonction du hamac et de la moustiquaire sur le cordage d'attache soit hermétique. Vous pouvez également pulvériser de l'insecticide sur le cordage.

Evitez également de marcher pieds nus la nuit. Certaines espèces de termites souterraines se déplacent souvent en surface, et, si elles ne sont pas venimeuses, les ''soldats'' ont des mandibules particulièrement acérées. A noter que ces insectes dégagent une forte odeur citronnée…

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Pour en finir avec les fourmis, vous aurez sans doute l'occasion d'être confronté aux fourmis guerrières ou '' fourmis légionnaires ''en Guyane (''army ants'' en anglais,'' fourmis chasseresses'' en espagnol). Ces fourmis ne font pas de fourmilières, mais se déplacent en armées, lançant de véritables raids. Presque aveugles (les magnans d'Afrique le sont, elles, totalement), elles communiquent par signaux chimiques. Lorsqu'une proie est découverte, elles convergent toutes rapidement vers elle.

Elles se nourrissent de petits animaux, insectes, petits reptiles, etc. Elles seraient bien incapables de dépecer un homme vivant, encore un mythe largement véhiculé par la littérature à sensation (exemple ''Papillon'').

Les espèces amazoniennes appartiennent au genre ''eciton'' qui comprend plusieurs espèces de taille variable. Vous entendrez peut être dire que certaines tribus indiennes utilisent les longues mandibules des soldats comme agrafes pour fermer des blessures. Je dois dire que cette histoire a toujours suscité l'hilarité des indiens !

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En ''bivouac'', elles s'agglomèrent en boule dans un trou ou sous une souche.

Il peut arriver qu'elles envahissent votre bivouac. Dans ce cas, mettez vous à l'écart et laissez les tranquilles, elles ne font que passer. N'essayez pas de les détourner en les arrosant d'eau ou même d'essence comme je l'ai vu faire, vous n'aboutirez qu'à les exaspérer et retarder leur retraite !

Certains oiseaux suivent les colonnes de fourmis guerrières (formicariides, ordre des passiformes). Ils ne se nourrissent pas des fourmis elles-mêmes mais des petits animaux qui fuient devant elles. Certains papillons suivent à leur tour les oiseaux pour s'alimenter sur leurs fientes !

Les Guèpes

Il y en a de très nombreuses espèces. Les plus grandes ne sont pas les plus agressives : la géante, pepsis heros, est un magnifique animal solitaire bleu métallique, aux ailes saumon qui peut dépasser 10 cm d'envergure. C'est un prédateur des grandes mygales. Elle les recherche sur le sol, à l'odeur. Elle leur plonge son long aiguillon dans le thorax pour les endormir, puis pond un œuf sur leur corps.

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La larve se développe en dévorant petit à petit l'araignée...

Les plus redoutables font leur nid sous les grandes feuilles comme celles des heliconia, ou faux bananiers. C'est le cas des petites mais redoutables ''mouches à feu '' comme les appellent les Guyanais. Leur nom tient lieu de commentaire ! Si vous passez à côté sans toucher la feuille, pas de problème. Si vous donnez un coup de machette malencontreux dedans, fuyez en arrière en faisant appel à votre plus belle pointe de vitesse !

La douleur est vive mais elle passe rapidement dans la plupart des cas.

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Evitez donc de toucher les grandes feuilles, même dans les jardins. Certaines espèces font leur nid dans le sol et vous attaqueront sans pitié et sans prévenir si vous passez à côté.

Evitez également d'enfoncer un bâton dans les arbres creux, vous pouvez avoir d'intéressantes surprises.

Inutile de dire que si vous êtes allergique aux piqûres d'insectes, un antihistaminique est indispensable dans votre pharmacie …

L'agressivité des fourmis et des guêpes est unanimement redoutée en forêt.

Certaines espèces s'en servent d'ailleurs pour se protéger :

  • Les orioles et les oropendula, oiseaux qui font des nids en forme de bourse dans les arbres isolés, tendent à les construire près des guêpiers.
  • L'unique aliment des chenilles des papillons du genre heliconius est constitué par les lianes du type passiflora, ou fleur de la passion. Celles-ci ont développé une défense contre les chenilles : elles produisent des nectars qui attirent les fourmis et les guêpes.

Les crocodiles

Le plus prudent est d'éviter la confrontation. Le meilleur moyen de ne pas se faire attaquer par un crocodile est de ne pas s'en approcher. L'animal a peur de l'homme et n'attaque que lorsqu'il se sent menacé. Sinon, débattez-vous et visez ses points faibles.

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Le crocodile fait partie de l'espèce des crocodiliens, qui elle-même appartient aux reptiles. Il est souvent confondu avec l'alligator et, de fait, les deux cousins se ressemblent. Le moyen le plus simple de les différencier est d’observer la gueule close de l'animal: chez le crocodile, les quatrièmes dents de la mâchoire inférieure dépassent.

La plus grosse espèce de crocodiles est celle des crocodiles marins, dont les mâles mesurent entre six et sept mètres de long.

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Des attaques très rares

On compte relativement peu de décès causés par des crocodiliens : aux Etats-Unis, 14 personnes ont été tuées par un alligator depuis 1948. En comparaison, vous avez un million de fois plus de chances de gagner le jackpot au loto en Floride (l'Etat américain où ont lieu le plus d'attaques) que de vous y faire attaquer par un alligator. En Australie, une personne est tuée chaque année en moyenne par un crocodile marin.

Evitez les bords des fleuves, des étangs, des lacs et généralement des eaux troubles, lieux de chasse du crocodile, qui demeure parfois plusieurs heures sous la surface de l'eau à guetter sa proie. Le crocodile est capable de se projeter d'un coup de queue à plus d'un mètre cinquante hors de l'eau pour saisir sa proie avant de l’entraîner au fond pour la noyer.

Dans tous les cas, fuyez la confrontation, un crocodile est généralement plus grand et plus fort que vous. Les plus petites espèces possèdent des mâchoires capables de sectionner un doigt ou une main. Et vous ne retrouverez pas votre membre dans l'estomac du prédateur: l'acide digestif du crocodile est si puissant qu'il dissout os, peau, tissu et même caoutchouc.

Frappez ses points faibles

Si vous rencontrez un crocodile sur terre, courez, vous êtes plus rapide. Le crocodile se fatigue vite et ne dépasse pas 17 km/h alors qu'un homme court en moyenne à 22 km/h. N'avancez pas en zig-zag, comme le veut une légende urbaine: vous seriez ralenti et c'est inutile 

Rapidement, votre poursuivant devrait abandonner une course qui lui demande trop d'effort.

Si, par malheur, le reptile est particulièrement tenace, escaladez un arbre ou n'importe quoi qui pourrait vous mettre hors d'atteinte de l'animal : hors de l'eau, le crocodile n'est pas capable de sauter.

En revanche, n'espérez pas trop distancer un crocodile dans l'eau. L'animal nage en moyenne à la vitesse de 30 km/h, soit trois fois plus rapidement que l'homme. Essayez plutôt de sortir de l'eau et vous éloigner le plus loin possible du bord, votre prédateur ne vous suivra probablement pas.

Si le crocodile vous rattrape ou s'il vous a lui-même entraîné dans l'eau, il va tenter de vous noyer avant de vous briser les os puis de déchiqueter votre corps. Le meilleur moyen de s'en sortir est de se débattre et de le frapper sur le nez, ainsi qu'au cou et au ventre, deux parties de son corps qui ne sont pas protégées par des écailles. Les yeux constituent également un point faible. Avec un peu de chance, y enfoncer vos pouces devrait faire fuir l'animal.

Il est courant quand il est question de la dangerosité d'un animal sauvage à l'égard de l'homme de pratiquer l'angélisme. Cette attitude en ce qui concerne le crocodile et ses cousins ne résiste pas aux dizaines de morts constatées chaque année de par le monde du fait des attaques des crocodiles.

Statut et conservation

Suivant les différentes espèces, les crocodiles sont classés par l'U.I.C.N. (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dans l'annexe des espèces "en danger", c'est-à-dire, qui de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète ou bien en espèce "vulnérable", qui désigne une espèce dont le passage dans la catégorie des espèces "en danger" est jugé probable dans un avenir proche en cas de persistance des facteurs qui sont cause de la menace.

Crocodile du Nil

Dans de nombreuses parties du monde et notamment en Afrique, les populations sauvages de crocodiles ont été gravement décimées du fait de la surexploitation des produits et sous-produits (utilisation de la viande pour la consommation et pour la médecine traditionnelle et utilisation de la peau pour la maroquinerie). On note également une persistance du braconnage, la non-évolution du statut de l'espèce et très souvent, le manque d'instrument juridique spécifique à la gestion de l'espèce. Enfin, la dégradation des habitats (sécheresse, inondations, défrichement des berges, assèchement des mares, modification du cours des rivières, changements climatiques) constitue un obstacle majeur au développement de l'espèce.
En conclusion, seule la préservation des habitats naturels et une réflexion avec les populations locales seront susceptibles d'assurer à long terme la conservation de l'espèce.

Ce long chapitre sur les animaux dangereux répondait à la nécessité de remettre en cause certaines idées reçues et de vous donner certains conseils de prévention. La nature doit être abordée avec respect !

Je suis sûr que vous avez noté que dans la très grande majorité des cas la faune est davantage susceptible de vous causer des désagréments que de vous exposer à un réel danger, si vous-mêmes faites preuve d'un peu de prudence…

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