Les recettes : Plats principaux (10)

Comme tous les peuples nomades, les Innus migrent au fil des saisons. Ils passent la belle saison sur les berges du fleuve Saint-Laurent, où ils se livrent à la pêche, principalement la pêche au saumon. Une fois l'automne arrivé, ils remontent en canot les rivières Saint-Jean, Romaine, Georges, Sainte-Marguerite ou Mista shipu pour aller chasser le caribou à l'intérieur des terres. Le saumon et le caribou ont donc toujours constitué une part importante de leur alimentation.

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A cause du vaste territoire qu'occupe la nation Innue, leur diète varie énormément d'une région à l'autre, surtout à l'époque où elle est uniquement constituée d'aliments trouvés dans l'environnement immédiat. On peut cependant parler de traits communs entre les différents groupes. Outre le saumon et le caribou, qu'ils mangenet en grande quantité, les viandes de castor, de phoque, de porc-épic, d'ours, d'orignal, de lièvre et de perdrix sont largement consommées. Les oiseaux et les poissons occupent aussi une place de choix dans leur alimentation. Sans oubler la large variété de fruits, d'herbes et de légumes sauvages que leur procure la cueillette.

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Le caribou est un animal unique dans la culture Innue. Historiquement, c'est par la capacité à rapporter de la viande au groupe qu'un individu établir son statut social. De la bête, pas un morceau n'est perdu. Tout est utilisé : antant la viande, bien sûr, que la peau, pour fabriquer les vêtements et les tentes, et les os et les ligaments, qui servent à fabriquer divers outils et objets. On se sert même de l'omoplate de l'animal, brûlée au cours d'une cérémonie spéciale, pour localiser le gibier.

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Filet de doré, calmar et crevettes

Les différentes nations autochtones s'échangeaient régulièrment diverses marchandises, mais aussi le fruit de leur chasse et de leur pêche. A certains endroits, il y avait de véritables poissonneries à ciel ouvert. Le mélange de poissons de lac et de crevettes de mer s'est donc sûrement effectué à un moment ou l'autre de l'histoire. Surtout chez une nation comme les Innus, passant de la côte à l'intérieur des terres selon la saison. On pouvait aussi utiliser des crevettes de lac blanches.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 2 filets de doré
  • 100 g de calmar
  • 100 g de crevettes crues
  • 5 tomates italiennes
  • 500 ml (2 tasses) de tomates concassées en conserve
  • 1 oignon haché
  • 2 pincées de safran
  • Cerfeuil
  • 1 cuillère à soupe de graines de moutarde
  • 125 ml (1/2 tasse) de vinaigre
  • 1 ½ cuillère à café de sucre
  • 125 ml (1/2 tasse) d'huile d'olive
  • Beurre

Préparation :

  1. Moutarde marinée : mélanger 125 ml (1/2 tasse) d'eau, le vinaigre, le safran et le sucre. Porter à ébullition, puis verser sur les graines de moutarde.
  2. Sauce tomate : dans un chaudron, faire suer l'oignon haché à feu doux dans l'huile d'olive. Ajouter les tomates en conserve. Laisser mijoter jusqu'à ce que l'eau des tomates se soit presque complètement évaporée. Assaisonner au goût. Réserver.
  3. Tomates séchées : faire bouillir une marmite pleine d'eau salée. Préparer un grand bol d'eau et de glace. Entailler légèrement la peau au bas des tomates italiennes en forme de croix. Les plonger dans l'eau bouillante pour 10 secondes, les retirer et les plonger immédiatement dans l'eau glacée. Peler, puis couper en deux dans le sens de la longueur. Epépiner et déposer à plat sur une plaque à biscuits recouverte de papier siliconé. Saler et poivrer, puis mettre au four à 120° C (250° F) pour 1 heure et demie.
  4. Doré, calmar et crevettes : saler la peau des filets de doré et poêler à feu moyen du côté de la peau dans un mélange d'huile et de beurre, jusqu'à cuisson complète (environ 8 minutes). Mélanger les crevettes et le calmar à la sauce tomate. Réchauffer jusqu'à cuisson complète.
  5. Présentation : dans une assiette, mettre la saue tomate aux crevettes et calmar. Déposer le poisson sur le dessus, la peau vers le haut. Ajouter 3 demi-tomates séchées au four. Verser la moutarde marinée et couvrir de cerfeuil.

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Saumon de bois, lentilles et pain

Dans cette recette, j'ai voulu évoquer la cuisine des Premières Nations, mais en utilisant d'autres techniques de cuisson. Le saumon ainsi préparé sur une planche de cèdre, de par son léger goût boisé, nous rapproche du saumon fumé si populaire chez les Autochtones. Dans le même ordre d'idées, le pain levé servi à ses côtés remplace la banique. Par leur forme arrondie, les lentilles rappellent le caviar habituellement servi avec le poisson fumé.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • ½ filet de saumon
  • 1 cuillère à café de poivre blanc
  • 1 cuillère à café de sucre
  • 2 cuillères à café de gros sel
  • 315 ml (1 ¼ tasse) d'eau tiède
  • 1 enveloppe de levure
  • 1 pincée de sucre
  • 400 g (3 ½ tasses) de farine
  • 1 cuillère à soupe de sel
  • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 4 cuillères à soupe de crème fraîche
  • 4 oignons verts
  • 1 échalote française
  • Jus d'un citron
  • 1 botte de ciboulette
  • 6 tranches de bacon
  • 50 g (1/2 tasse) de lentilles noires cuites
  • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • Poivre du moulin

N.B. : vous emploierez idéalement une planche de cèdre et une plaque en grés.

Conseil : faites tremper votre planche de cèdre toute une nuit avant de l'utiliser, de façon que le bois soit bien imbibé. Vous en trouverez dans les grandes quincailleries, généralement dans la section des barbecues, plutôt que dans les petits magasins d'articles de cuisine.

Préparation :

  1. Saumure : dans un contenant non réactif, mélanger le gros sel, le poivre blanc, 1 cuillère à café de sucre et un litre d'eau. Ajouter le saumon et laisser mariner une heure au froid.
  2. Pâte : ajouter la levure à l'eau tiède, laisser reposer 2 minutes. Ajouter la pincée de sucre et recouvrir d'une pellicule plastique. Laisser reposer 5 minutes dans un endroit moyennement chaud, le temps que la levure réagisse. Dans un grand bol, mélanger la farine et le sel. Creuser un trou au milieu et y verser la levure avec l'eau et les 4 cuillères à soupe d'huile d'olive. Mélanger à la main. Faire une boule avec la pâte obtenue et pétrir jusqu'à ce qu'elle soit élastique. Déposer dans un bol préalablement huilé, couvrir d'une pellicule plastique et laisser reposer jusqu'à ce que la pâte lève.
  3. Saumon : faire frire le bacon, laisser refroidir et hacher. Séparer le gras fondu et réserver. Ciseler finement l'échalote et la ciboulette. Mélanger les lentilles, la ciboulette, le gras du bacon, 2 cuillères à soupe d'huile d'olive et le jus d'un citron. Préchauffer le four à 135° C (275° F). Retirer le poisson de la saumure et le rincer. Imbiber d'eau la planche de cèdre et y déposer le poisson. Mettre au four pour 10 minutes, ou moins pour une cuisson moyenne.
  4. Pain levé : chauffre un poêlon en fonte à feu vif et y déposer 2 cuillères à soupe de gras de bacon. Aplatir grossièrement un pâton avec les doigts et le déposer dans le poêlon. Enfourner immédiatement.
  5. Présentation : déposer la pâte cuite au fond de l'assiette. Parsemer le centre d'oignons verts. Saupoudrer de sel et d'un tour de moulin à poivre. Déposer le poisson fumant. Garnir d'une cuillerée de crème fraîche. Ajouter la vinaigrette de lentilles et bacon. Servir.

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Pièce de cerf, jerky et vin rouge

Le pashteuiatsh, la viande séchée appelée "jerky" dans la recette, est un mets bien connu de la cuisine autochtone. Sous cette forme, la viande pouvait être conservée pendant plusieurs semaines. Cette poudre pouvait servir d'assaisonnement, comme c'est le cas ici, tout en assurant un bon apport de protéines. On la mélangeait aussi à du gras et des petits fruits pour faire le pemmican. Avec la viande du chasseur, j'ai ajouté les petits fruits du cueilleur et les haricots du cultivateur, touchant ainsi à trois aspects importants de l'alimentation des Premières Nations.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 200 g (1 tasse) de haricots blancs
  • 2 pilons de poulet
  • 5 gousses d'ail pelées
  • 2 gousses d'ail en chemise
  • 1 feuille de laurier
  • 500 ml (2 tasses) de bouillon de volaille
  • 50 g (1/2 tasse) de canneberges séchées
  • Le gras d'un magret de canard
  • 300 g de gigue de cerf
  • 190 ml (3/4 tasses) de vin rouge
  • 1 branche de thym frais
  • Jerky finement râpé
  • Huile
  • Beurre

Préparation :

  1. Haricots : laisser tremper les haricots dans l'eau une nuit, puis les égoutter. Dans une cocotte en fonte, déposer les haricots, les gousses d'ail pelées, la feuille de laurier, les pilons de poulet et le gras de canard. Recouvrir de bouillon de volaille. Porter à ébullition et laisser mijoter jusqu'à ce que les haricots soient tendres. Vérifier l'assaisonnement et rectifier au goût.
  2. Cerf : Faire chauffer un filet d'huile dans un poêlon. Ajouter une noix de beurre. Lorsque le beurre mousse, ajouter le cerf assaisonné à votre goût ainsi que 2 gousses d'ail en chemise et la branche de thym frais. Saisir le cerf sur toutes les faces. Mettre au four à 200° C (400° F) pour 6 minutes, un peu plus si désiré. Sortir le cerf du four et laisser reposer. Débarasser le poêlon du gras et déglacer au vin rouge. Laisser réduire presque à sec. Ajouter une noix de beurre. Tourner le poêlon d'une main dans un mouvement continu et ajouter le kerjy râpé pour lier la sauce.
  3. Présentation : déposer les haricots au fond de l'assiette. Ajouter le cerf préalablement tranché. Ajouter une poignée de canneberges. Napper de sauce et servir.

N.B. : nous avons choisi de substituer le cerf au caribou, ce dernier étant beaucoup plus difficile à dénicher dans les marchés d'alimentation.

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Ail en chemise : se dit des gousses, ou des têtes d'ail, qu'on utilise sans les éplucher.

Pour trouver du jerky, c'est par ici : http://www.jerky-house.com/France/jack-links-beef-jerky-original.htm OU http://www.bkhjerky.com/

Les Pekuakamiulnuatsh étant nomades, ils vont à la rencontre de la nourriture. Chaque clan, composé d'une à cinq familles, pour un maximum de soixante-quinze (septant cinq) individus, s'assure du bon équilibre des différentes espèces occupant son territoire de chasse. Leur alimentation et leur gestion des ressources naturelles se rapprochent beaucoup de celles des Attikameks.

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On pratique la chasse selon des us et coutumes bien établis. On ne tue pas sauvagement et l'on remercie toujours Tshishe Manitu d'avoir mis l'animal sur notre route. C'est lui, le Créateur, qui a bien voulu que le chasseur tue pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Lorsque l'on abat un ours, on met toujours du tabac sur son museau en guise de remerciement avant de le dépecer et l'on ne gaspille jamais rien, utilisant la viande, la graisse, la peau et les os.

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La viande de castor est très populaire auprès des Pekuakamiulnuatsh. Mais le caribou, le porc-épic, l'orignal, le lièvre et la perdrix se retrouvent aussi au menu. Les fruits sauvages, dont bien sûr le bleuet, occupent également une grande place dans leur alimentation, tout comme les oiseaux et – rien de plus normal pour une nation vivant dans un coin de pays au réseau hydrogaphique si important – les poissons.

On prépare aussi le pemmican, mélange de viande de gibier séchée, de gras animal et de petits fruits. Ces "barres tendres" à l'ancienne, nourriture consistante et riche, permettent à de nombreux Pekuakamiulnuatsh de survivre en forêt pendant de longues expéditions. Facile à transporter, la viande ainsi préparée ne se gâte pas et peut être conservée très longtemps.

Castor, yogourt et paprika

Il peut être assez compliqué de se procurer de la viande de castor. Pour vous simplifier la vie, vous pouvez remplacer celle-ci par du porc, mais vous perdez l'occasion de goûter à cette viande savoureuse. La cuisson en papillote existait bel et bien à l'époque chez les Premières Nations, mais elle se faisait de façon différente. C'est avec de l'écorce de bouleau qu'on enveloppait les aliments pour en conserver la saveur durant la cuisson.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 1 kg de castor en dés
  • 3 poivrons rouges en dés
  • 4 tomates italiennes
  • 1 cuillère à café de carvi moulu
  • 2 oignons en dés
  • 500 g de yogourt au citron
  • 2 cuillères à soupe de paprika
  • 1 pincée de sel

Préparation :

  1. Castor : mélanger le castor, les poivrons rouges, les tomates, le carvi et les oignons. Assaisonner généreusement. Déposer dans un grand morceau de papier d'aluminium. Refermer en papillote. Mettre au four à 150° C (300° F) pendant 45 minutes.
  2. Sauce : mélanger le yogourt au citron, le paprika et la pincée de sel.
  3. Présentation : ouvrir le papier d'aluminium et servir tel quel, avec la sauce.
  4. Conseil : lorsque vous utilisez du paprika, mélangez toujours avec un peu de sel afin de lui donner plus de gout.

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Dans les années 1940, une entente entre le Ministère de la Chasse et de la Pêche et les Autochtones avait interdit la capture du castor sur les terrains de chasse ne comportant pas un minimum de 10 familles de castor. Un jour, un des plus vieux trappeurs de Mistissini, J. Matawashish vint demander à l’inspecteur du Service des Fourrures la permission spéciale de capturer un castor pour le manger. Son territoire ne comptait que 10 « cabanes » de castors, mais il allait mourir et réclamait le droit de manger un jeune castor avant de terminer sa vie.

L’inspecteur répondit négativement, en s’appuyant sur les règlements. « Mais, raconte cet inspecteur, une fois à Québec, mon attitude fut différente. Un castor de plus ou de moins… et quel remords si j’apprenais sa mort ?

Je retournai sur le champ au lac Mistassini. Sitôt hors de l’hydravion, j’eus la satisfaction de reconnaître mon trappeur au premier rang (…). Sans mot dire, nos yeux se sont croisés. Je fis signe à Jos de me suivre à ma tente, car cette fois c’est moi qui désirais lui parler. »

L’inspecteur lui donne le permis demandé.

« Cette dernière visite de l’année avait eu lieu en septembre, continue l’inspecteur Tremblay, et je ne devais pas retourner à la réserve avant le mois de juin suivant, après le départ des glaces. Et c’est à ce moment que j’appris que Jos Matawashish était mort dans le cours de l’hiver, après avoir capturé et mangé la chair de son petit castor de Noël. Ma surprise fut aussi grande que mon émotion lorsqu’on me remit un petit paquet de sa part, enroulé dans de l’écorce de bouleau, et contenant la preuve de l’événement : la peau du jeune castor… ».

Cette histoire m’ayant donné envie de goûter au castor, j’en ai mangé hier à Chibougamau. Il avait été rôti par Paul, un cuisinier hors pair et spécialiste de la « viande de bois » ; sa chair dégageait en cuisant une odeur de sapin et d’épinette, son environnement se reconstituant ainsi par son parfum, comme s’il rendait l’âme.

Je pensais stupidement que son goût devait ressembler à celui du canard, mais ça n’a aucun sens, car le castor est un rongeur et ne ronge pas les poissons. On dirait plutôt du foie. La queue, en revanche, plus petite qu’on ne l’imagine, et qui est l’une des parties favorites des amateurs, ressemble étrangement à du ris de veau, aussi bien pour la texture que pour le goût.

Il suffit de l’inciser en son milieu pour prendre la chair laiteuse qui en sort.

Le duvet du castor servait, on le sait, à fabriquer du feutre pour les chapeaux européens et des habits pour les autochtones. Ses glandes étaient utilisées comme appâts par les trappeurs, et comme parfum par les parfumeurs. On utilisait aussi ses dents. Certains anthropologues pensent que les incisives du castor ont servi de modèle au « couteau-croche » dont se servaient les coureurs des bois. Il suffit d’ailleurs de comparer l’original et le modèle pour s’assurer que notre mammifère amphibie a prêté son dentier à ceux qui le dévoraient.

Bouillon de poissons de lac

Les bouillons, soupes et potages sont présents depuis longtemps dans la tradition culinaire des Premières Nations, qui mélangeaient souvent plusieurs ingrédients dans le même plat. J'ai voulu ici servir une version autochtone, avec les poissons et les écrevisses de nos lacs, de la célèbre bouillabaisse de Marseille (Massalia), un plat d'origine grecque datant de 7 siècles avant notre ère, et apporté sur le continent par les Français. J'y ai mis du fenouil, dont le goût légèrement anisé se mélange parfaitement à celui des poissons de lac.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 1 petit doré
  • 1 brochet
  • 4 perchaudes
  • 2 truites
  • Une vingtaine d'écrevisses
  • 1 kg d'os de poisson blanc
  • 1 poireau haché
  • 3 oignons hachés
  • 1 tête d'ail hachée
  • 1 bulbe de fenouil haché
  • 4 tomates hachées
  • 2 pincées de safran
  • 1 pointe de piment de Cayenne
  • 4 pommes de terre épluchées
  • 1 baguette
  • 125 ml (1/2 tasse) d'huile d'olive
  • Aïoli

Préparatoire :

  1. Bouillon : mettre les os de poisson à dégorger dans le lavabo sous l'eau froide. Faire revenir le fenouil, les oignons, le poireau, les tomates et l'ail dans un chaudron avec l'huile d'olive. Ajouter les écrevisses et les carcasses de poisson et laisser cuire 15 minutes de plus. Ajouter 3 litres (12 tasses) d'eau, le safran et le piment de Cayenne, et laisser frémir pendant 20 minutes. Passer le tout au moulin à légumes, à la grosse grille et au gros chinois ensuite. Rectifier l'assaisonnement au besoin.
  2. Pommes de terre : cuire les pomes de terre coupées en rondelles dans une caserole, recouvertes d'un mélange composé à moitié de fond de poisson et à moitié d'eau. Réserver.
  3. Poissons : dans la soupe, pocher les filets ou darnes de poissons doucement, avec la peau.
  4. Présentation : servir les poissons dans un bol avec les pommes de terre. Verser la soupe et manger avec du pain et de l'aïoli.

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La perchaude (Perca flavescens) est une espèce de poisson dulcicole appartenant à la famille des percidés. Ubiquitaire en Amérique du Nord, elle s'adapte bien à toutes sortes d'habitats : grands lacs, petits étangs ou rivières tranquilles.

Similicastor

Puisque le castor est si difficile à trouver, j'ai décidé de vous en inventier un ! Le pied de veau, par son côté gélatineux, remplace la queue de l'animal et sa texture si particulière. Il s'apparente aussi au castor confit. La viande de porc remplace de façon adéquate celle du rongeur, alors que le boudin sert à donner le petit goût sanguin propre aux viandes de gibier. On faisait d'ailleurs une sorte de boudin à l'époque, en remplissant de viande et de sang une tripe d'orignal, qu'on faisait sécher par la suite.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 1 filet de porc
  • 2 pieds de veau
  • 1 gros boudin
  • 2 pommes de terre Russet
  • 1 botte d'estragon
  • 1 branche de céleri
  • 1 carotte
  • 1 oignon
  • 1 feuille de laurier
  • 1 cuillère à soupe de moutarde de Dijon
  • 1 cuillère à soupe de pâte de tomates
  • Huile de canola
  • Beurre

Préparation :

  1. Pieds de veau : dans un chaudron, mettre les pieds de veau avec la carotte, le céleri, l'oignon et la feuille de laurier. Couvrir d'eau, porter à ébulliton et laisser frémir pendant 2 heures, jusqu'à ce que la viande se détache de l'os. Retirer la viande et ôter délicatement chacun des os qu'elle contient, puis la déposer sur un papier cellophane et rouler serré. Réfrigérer.
  2. Pommes de terre : passer les pommes de terre à la mandoline pour faire des juliennes. Rincer à grande eau pour une dizaine de minutes. Frire dans l'huile de canola à 160° C (320° F).
  3. Filets de poc et boudin : assaisonner le filet de porc. Couper le boudin et le pied de veau en rondelles de deux doigts d'épaisseur. Faire rôtir tranquillement le filet de porc dans le beurre pendant 12 minutes. Sur une plaque, mettre au four à 175° C (350°F). Dans la poêle ayant servir pour le filet de porc, faire rôtir les rondelles de boudin et de pied de veau. Couper le porc en rondelles de 1 pouce d'épaisseur.
  4. Sauce : mélanger la pâte de tomates et la moutarde de Dijon. Faire rôtir dans le beurre. Ajouter le liquide restant de la préparation des pieds de veau.
  5. Présentation : faire un petit tas de pommes de terre en juliennes. Déposer aléatoirement des rondelles de boudin, de pied de veau et de porc. Ajouter un peu de sauce et quelques feuilles d'estragon.

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Il existe 3.000 variétés de pommes de terre, le Canada en produit plus de 150 et on trouve 35 variétés sur nos tables. Et chacune a ses particularités en cuisine.

Les grandes familles de patates
Les producteurs et les grandes bannières classent les pommes de terre en trois types: à chair ferme, farineuse et «tout usage». Certaines variétés se différencient par la forme, la couleur et la grosseur mais également par la saveur et le contenu en amidon.

Les pommes de terre à chair ferme
Elles ont une haute teneur en humidité qui fait en sorte qu'elles sont excellentes cuites à la vapeur ou bouillies. Elles sont idéales pour les salades. Elles ne se conservent qu'une semaine et préférablement au réfrigérateur. Dans cette catégorie, on trouve les pommes de terre nouvelles ou grelots, la Belle de Fontenay ainsi que la ratte. Cette dernière est de forme oblongue et noueuse (semblable à une souris) et sa chair ferme présente un délicieux goût de noisette.

Les pommes de terre farineuses
Elles présentent une chair plus sèche qui fait en sorte qu'elles sont délicieuses cuites au four ou en purée. Leur chair floconneuse et farineuse absorbe bien le beurre ou la crème sure, pour notre plus grand bonheur. Les Idaho et Russet font partie de cette catégorie. Il existe différentes variétés de Russet, notamment la Russet Burbank et la Hilite Russet qui sont des pommes de terre à pelure roussâtre et à chair blanchâtre. Elles sont excellentes en frites et cuites au four ainsi qu'en potage, tourtière et gratin.

Les pommes de terre tout usage
Le dernier type de pomme de terre regroupe des pommes de terre à teneur moyenne en amidon ce qui fait qu'elles peuvent être utilisées à plusieurs fins. On y retrouve les pommes de terre blanche, rouge et à chair jaune.

La kennebec, une pomme de terre blanche à chair blanche et la Superior une pomme de terre à pelure blanche et à chair crème, sont idéales en tourtière, en purée ou en potage. La Superior n'est toutefois que passable à bonne lorsqu'elle est cuite au four ou servie en frites.

La Norland et la Chieftain, toutes deux rondes à pelure rouge et à chair blanche sont bonnes en salade, en purée et en gratin. La Chieftain est également très bonne en frites.

La bintje, une belle pomme de terre à peau jaune et à chair jaune, est bonne bouillie, rôtie, frite, en salade, soupe, gratin et en purée. La très connue, Yukon Gold, à pelure et à chair jaune, est idéale pour la purée, les frites, la salade et est délicieuse cuite au four. Une fois cuite, sa chair conserve sa belle couleur.

Dans la catégorie tout usage, on trouve aussi les pommes de terre True Blue et All Blue, qui présentent une peau violet foncé et une chair bleu-violet. Leur chair possède une texture onctueuse à saveur de noisette; elles sont bonnes pour la cuisson à l'eau et au four.

Point à souligner, la valeur nutritive des pommes de terre, comme la vitamine C, se situe en grande partie tout près de la pelure; alors autant que possible, gardez la pelure avant de les cuire à la vapeur, au four ou au micro-ondes. Dans le même ordre d'idées, si vous les faites bouillir, plongez-les dans l'eau déjà bouillante.

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La nature est le supermarché traditionnel des Premières Nations. Elle est remplie de ressources qui nous permettent de cuisiner l'animal. Elle nous fournit des herbes et des épices pour parfumer viandes et potages sans ajouter de sel ou de sucre. Malheureusement, nous vivons de plus en plus coupés du territoire. Ces saveurs connues depuis des siècles tendent à tomber dans l'oubli.

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Merci à Manuel Kak'wa Kurtness

Pachamama

 

 

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