Les recettes : Plats principaux (5)

Nomades passant les mois d'été le long des côtes, les Micmacs sont des pêcheurs experts. Outre des poissons comme le saumon, le capelan ou l'esturgeon, qui constituent une large part de leur alimentation, ils se nourrissent aussi de crustacés et d'anguilles. Certains chassent même le phoque, le morse ou la baleine. Leur droit de pêche est mis en doute en 1993, lorsqu'on arrête un Micmac du nom de Donald Marshall pour avoir pêché sans permis. Il conteste son arrestaton, se basant sur le traité de 1752, qui lui donne le droit de pêcher et même de vendre ses prises. Il a gain de cause devant la plus haute cour du pays, mais le gouvernement doit quand même légiférer pour limiter le droit de pêche des Autochtones de façon à préserver la ressource.

Les Micmacs font aussi la cueillette et se régalent de petits fruits comme la framboise, le bleuet, la fraise et la canneberge. L'hiver, ils consomment surtout du gibier, comme le castor, l'ours, le chevreuil ou le porc-épic. L'orignal est aussi l'un de leurs mets favoris. Ils apprendront aux Français que l'animal se nomme orignac, mot qui signifie "cheval des bois" en langue basque, autre signe qu'ils auraient eu des contacts avec l'homme blanc bien avant l'arrivée de Jacques Cartier en Nouvelle-France.

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Saumon, moules et pommes de terre

Le saumon rôti fait partie de la cuisine autochtone depuis des centaines d'années. J'ai tout simplement remplacé le feu de bois par une poêle, ce qui sera beaucoup plus pratique pour la grande majorité d'entre vous ! Pour ce qui est des moules, dites-vous que les Micmacs en mangent depuis au moins aussi longtemps que les Belges. Il n'était pas rare pour eux de mélanger les poissons avec des fruits de mer, dans des paniers de frêne qu'on chauffait avec des pierres brûlantes. Les Autochtones ne consommaient pas de pommes de terre, mais plutôt des racines de topinambours, riches en insuline.

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 4 pavés de saumon de 300 g
  • 1 kg de moules
  • 6 pommes de terre rattes
  • 300 g (2 tasses) de pois verts congelés
  • 1 botte d'oseille en chiffonnade
  • 250 ml (1 tasse) de vin blanc
  • 125 ml (1/2 tasse) de crème 35 %
  • 120 g (1/2 tasse) de beurre
  • 1 oignon émincé
  • Huile de canola

Préparation :

  1. Pommes de terre : cuire les pommes de terre à l'eau salée. Retirer et réserver. Décongeler les pois verts. Dans une poêle, faire caraméliser les oignons dans un peu de beurre. Ecraser les pommes de terre avec les mains et les ajouter aux oignons. Laisser colorer. Ajouter les pois verts, puis l'oseille en chiffonnade (taillée finement).
  2. Sauce aux moules : faire chauffer un chaudron à vide, ajouter les moules et le vin, couvrir. Laisser cuire à feu vif jusqu'à ce que toutes les moules soient ouvertes (environ 2 minutes). Retirer les moules, puis enlever la chair des coquilles. Dans le chaudron contenant encore le vin blanc, ajouter la crème et réduire de moitié. Couper le beurre en 6 morceaux. Fouetter le mélange en ajoutant un carré de beurre à la fois jusqu'à ce qu'il soit complètement fondu. Incorporer la chair des moules.
  3. Saumon : saler la peau du saumon. Dans une poêle, cuire du côté peau une dizaine de minutes dans l'huile de canola.
  4. Présentation : dans une assiette, mettre une portion de pommes de terre. Déposer le saumon à cheval sur les pommes de terre. Napper de sauce aux moules.

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Pâtes aux pacanes

4 portions

Simple comme bonjour, léger et économe en combustible, ce mets se prépare en un tournemain pour les repas du midi comme du soir.

  • 500 g de pâtes (fusili, penne ou autres)
  • 125 ml (1/2 tasse) de pacanes grillées
  • 125 ml (1/2 tasse) de parmesan
  • 125 ml (1/2 tasse) de crème 35 % (ou tétra de crème à cuisiner)
  • 30 ml (2 cuillères à soupe) de persil

Au camp : cuire les pâtes al dente dans l'eau bouillante salée. Bien les égoutter. Mélanger tous les ingrédients et servir chaud.

Les pacanes grillées sont plus croquantes et plus savoureuses. Pour faire griller les pacanes au four, étendez-les en une seule couche dans un moule peu profond. Cuire à 350 °F de 8 à 10 min ou jusqu'à ce qu'elles soient dorées, en remuant de temps en temps. Pour faire griller les pacanes sur la cuisinière, placez-les dans une poêle non graissée. Cuire à feu moyen jusqu'à ce qu'elles soient dorées, en remuant souvent. Pour faire griller les pacanes au micro-ondes, placez jusqu'à 1 tasse de pacanes dans un plat peu profond allant au micro-ondes. Chauffer à intensité ÉLEVÉE jusqu'à ce que les pacanes soient parfumées et croquantes, en remuant toutes les 30 secondes.

Le terme « pacane » est apparu dans la langue française en 1824, d'abord en Louisiane, région d'origine de l'arbre. Il dérive de pakan, mot appartenant à un dialecte algonquien qui signifie « noix à coque dure ». Il tend aujourd'hui à être remplacé par l'anglicisme « pécan » ou « noix de pécan », particulièrement en Europe.

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Tartare de saumon

Depuis mes débuts en cuisine, j'ai toujours voulu faire connaître des plantes que l'on trouve ici, mais qui sont trop peu consommées. La salicorne est un bon exemple. On la retrouve dans l'estuaire du Saint-Laurent. Les Micmacs la récoltaient et s'en servaient pour le salage. Lors d'une pêche, il n'était pas rare chez les Autochtones que le premier poisson soit consommé cru, en souvenir de leurs origines, de manière à ne pas oublier le goût de la chair;

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 450 g de filet de saumon frais, sans peau
  • 1 concombre en petits dés
  • 2 échalotes françaises ciselées
  • 1 botte de ciboulette émincée
  • 20 g (1/2 tasse) de salicorne
  • 125 ml (1/2 tasse) de mayonnaise maison
  • Le jus d'un citron
  • 1 cuillère à café de Sriracha
  • Pourpier
  • Huile d'olive

Préparation :

  1. Saumon : couper le saumon frais en fines tranches. Hacher la moitié de ces tranches en tartare et réserver le reste au réfrigérateur. Ajouter le concombre, les échalotes, la ciboulette, la mayonnaise, la Sriracha et le jus de citron. Mélanger et assaisonner au goût.
  2. Salade : mélanger le pourpier, la salicorne et un peu d'huile d'olive.
  3. Présentation : dans une grande assiette pour 4, mettre des tranches de saumon de façon éparse et intercaler de cuillérées de tartare et de salade.

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La Salicorne a été découverte par Linné, botaniste suédois. Aucune date n’a été enregistrée pour cette découverte, mais de nombreuses anecdotes la concernent. En effet, au XIVème siècle, les verriers suivaient les «mouvements » des lieux de production en Salicorne car ils recouraient à la soude qu’elle produisait. Au XIXème siècle, lors de leurs voyages, les marins conservaient la Salicorne dans le sel. En effet, en raison de sa richesse en vitamine C, ils la consommaient afin de lutter contre le scorbut. La Salicorne est donc utilisée en alimentation humaine depuis des siècles. Pour autant, la Salicorne n’a pas toujours été réservée uniquement à l’usage  alimentaire. Grâce à ses composants, elle a servi à une production de savons, aujourd’hui tombée en désuétude en Picardie. Dans l’antiquité, on brulait les Salicornes pour obtenir des cendres entrant dans la composition de la soude végétale (carbonate de sodium), utilisée lors du séchage des savons. Le plus célèbre des savons contenant de la Salicorne est le savon d’Alep. Celui-ci a été élaboré vers le VIIIème siècle dans la ville d’Alep, située au nord-ouest de la Syrie.

La salicorne, également connue sous les noms de criste-marine et perce-pierre a pour étymologie l’arabe "salcoran", et doit son nom à sa forme: les renflements successifs qui la constituent se terminant par un mamelon saillant dit "corne de sel". Les experts s'y sont beaucoup intéressés depuis et discutent encore quant aux distinction et dénomination exactes des différentes variétés du genre: herbacea, ramosissima, dolichostachya?...

Il existe certes deux autres variétés de salicorne qui ne sont pas comestibles, mais la confusion n’est pas possible. L’une, ligneuse, se multiplie par stolons en formant des tapis denses et homogènes, et l’autre, d’une couleur gris-bleu, se dresse en touffes pouvant atteindre 60 à 80 cm de diamètre; toutes deux sont vivaces, et terriblement amères. Leurs cendres servaient à la fabrication de la soude.                                                                               

La salicorne comestible, quelqu'en soit la variété, est une plante annuelle, une herbacée spécifique des terrains salés, qui, sous nos latitudes, naît dès la fin de l’automne et végète tout l’hiver jusqu’aux premières chaleurs. Les premiers entrenoeuds, les premières ramifications se forment et au milieu du printemps, la plante mesure de 6 à 8 centimètres.

La sauce sriracha (thaï : ศรีราชา) est un type de sauce piquante thaïlandaise (Nam phrik) nommée d'après la ville côtière de Si Racha, dans la province de Chonburi, d'où elle est originaire.

C'est une pâte de piments, vinaigre distillé, ail, sucre et sel.

La sauce sriracha de Huy Fong Foods est largement distribuée aux États-Unis, tandis qu'en Europe, c'est la marque thaïlandaise Flying Goose.

Le Pourpier, Pourpier maraîcher ou Porcelane (Portulaca oleracea) est une espèce de plantes aux tiges rampantes, souvent considérée comme une adventice, bien qu'elle soit cultivée pour l'alimentation et utilisée en phytothérapie. C'est une annuelle très commune dans les jardins et qui pousse de préférence dans les zones chaudes et en particulier dans le sud de la France.

Gnocchis sauce tomate

8 portions

Gnocchis :

  • 1,25 litre (5 tasses) de pommes de terre déshydratées en flocons du commerce (de variété "Idaho" de préférence)
  • 1,5 litre (6 tasses) de farine (idéalement de blé dur de type 00)
  • 125 ml (1/2 tasse) d'œufs en poudre
  • 1 noix de muscade rapée

Sauce tomate :

  • 80 ml (1/3 tasse) d'huile d'olive (à ajouter au camp)
  • 1 oignon
  • 2 gousses d'ail
  • 1 carotte
  • 1 branche de céleri
  • 1 boîte de tomates (de 28 oz ou 796 g)
  • 60 ml (1/4 tasse) de vin blanc
  • 1 feuille de laurier
  • 5 ml (1 cuillère à thé) de thym
  • 5 ml (1 cuillère à thé) d'origan
  • Sel et poivre

 

  • 2 tomates séchées
  • 125 g de champignons sauvages ou l'équivalent de cèpes secs (20 g dans 80 ml (1/3 tasse) d'eau bouillante)
  • 250 ml (1 tasse) de crème (en tétra)
  • 125 g de prosciutto
  • 80 ml (1/3 tasse) de fromage parmesan

A la maison :

  1. Gnocchi : ensacher tous les ingrédients ensemble sauf 250 ml (1 tasse) de farine ensachée à part.
  2. Sauce tomate : résister à l'envie de mettre de l'huile d'olive durant la confection de cette sauce, surtout si elle doit voyager l'été. Faire suer l'oignon, l'ail, la carotte et le céleri émincés. Mouiller avec les tomates, le vin. Ajouter le laurier, le thym, l'origan, le sel et le poivre. Laisser réduire. Retirer la feuille de laurier et réduire en purée. Laisser refroidir et déshydrater jusqu'à l'obtention d'un cuir.

Au camp :

  1. Sauce tomate : réhydrater la sauce en ajoutant de l'eau chaude une petite quantité à la fois;
  2. A la cuisson, ajouter généreusement l'huile d'olive afin d'obtenir un goût et une texture sans pareil. A la fin de la cuissn, ajouter les tomates séchées, les cèpes réhydratés qu'on aura au préalable fait revenir dans un peu de beurre (ou encore mieux, des champignons frais cueillis sur place). Incorporer la crème et ajouter le prosciutto tranché sur place à la dernière minute. Faire réchauffer quelques minutes.
  3. Confection des gnocchis : mélanger les ingrédients secs, ajouter de l'eau progressivement jusqu'à l'obtention d'une purée plus ou moins sèche. Façonner la pâte en boulettes de la grosseur d'une petite pomme. Rouler à la maion en rouleaux de 2 cm (1/2 po) de diamètre sur un plan de travail bien fariné, par exemple un canot renversé et lavé. Couper en longueur d'environ 3 cm (3/4 po) et sculpter au goût la forme des gnocchis.
  4. Cuire dans beaucoup d'eau très salée, par petites quantités. Lorsque l'eau bout, les gnocchis remonteront rapidemnet à la surface (2 à 3 minutes). Cueillir alors aussitôt les gnocchis un à un et les laisser égoutter. Répéter l'exercice jusqu'à ce que tous les gnocchis soient cuits.
  5. Servir dans un bol. Napper de sauce et saupoudrer de parmesan fraîchement râpé.

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Les gnocchis (de l'italien gnocco, gnocchi) sont une famille de pâtes préparées soit avec un mélange de farine de blé dur ou de blé tendre et de pomme de terre tout simplement pochées à l'eau, soit une préparation à base de semoule de blé dur, généralement gratinée au four avec du fromage.

Au XVe siècle dans ses poèmes, destinés à être chantés pendant le carnaval, Laurent de Médicis fait déjà l'éloge, entre autres, des gnocchis. Aux cours des siècles suivants, les gnocchis sont souvent référencés dans la littérature italienne. Parfois consommés en bouillon, ils donnent naissance à une expression dialectale dans le milanais broeud di gnocch1 (bouillon de gnocchis) qui, au sens figuré, signifie très épais, très dense ; cette forme régionale se retrouve entre autres, aussi mentionnée, dans une traduction très libre de la Divine Comédie en dialecte milanais par Carlo Porta en 1804-1805.

Plusieurs recettes de gnocchis sont données par Pellegrino Artusi en 1891 dans son important ouvrage La Scienza in cucina e l'Arte di mangiar bene.

Selon le Robert historique, le mot « gnocchi » a été emprunté à l'italien en 1864, d'abord sous la forme « niocki ». Le terme est attesté en italien depuis le XVe siècle, initialement pour désigner un petit pain rond à l'anis. Il viendrait du vénitien gnoco désignant un nœud dans un tissu attesté en 1339, lui-même peut-être dérivé par métathèse de nocchio, nœud du bois. Bloch et Wartburg (Dictionnaire étymologique de la langue française) donnent comme origine l'italien gnocchi, d'origine incertaine, désignant autrefois un pain granulé. Lo Zingarelli (vocabolario della lingua italiana) donne pour l'origine de gnocco : forme vénitienne de nocca, d'origine longobarde. Une autre hypothèse fait dériver le terme gnocco du latin nucleus (Dizionario etimologico online). Selon une dernière hypothèse le mot gnocchi serait d'origine niçoise : il proviendrait du dialecte de Nice inhocs (prononcer ignoc)3.

On note toutefois l'orthographe nioky à la fin du XIXe siècle grâce au roman Nana d'Émile Zola au chapitre IV : « Les garçons enlevaient les assiettes à potage, des crépinettes de lapereaux aux truffes et des niokys au parmesan circulaient4. »

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Ventre de saumon et ventre de porc

J'aime beaucoup la cuisine japonaise traditionnelle. Grands amateurs de poisson, les Japonais ont su raffiner l'art de l'apprêter et dele présenter. Je me suis donc inspiré ici de la tempura pour préparer le saumon de façon différente et originale. Les Autochtones utilisaient une farine de maïs pour enrober leur viande. L'alimentation des Micmacs n'était pas constituée uniquement de poisson. Ils étaient aussi de très bons chasseurs, vivant dans une région où le gibier abondait. J'ai donc mêlé la viande au poisson en ajoutant du porc, plus facile à dénicher que le gibier.

Ingrédients (pour 4 personnes)

  • 2 ventres de saumons
  • 300 g de ventre de porc
  • 1 morceau de gingembre frais de 5 cm, pelé
  • 6 gousses d'ail
  • 250 ml (1 litre) de sauce soya
  • 250 ml (1 litre) de miel
  • 1 cuillère à soupe de Sriracha (voir ci-dessus)
  • 1 bouteille de saké
  • 225 g (1 tasse) de miso jaune
  • 125 ml (1/2 tasse) de moutarde de Dijon
  • 1 œuf
  • 115 g (1 tasse) de farine

Préparation :

  1. Porc (cette recette doit être préparée la veille) : couper le ventre de porc en 4 portions. Déposer dans une cocotte avec la moitié du gingembre, la moitié de l'aïl, la moitié de la sauce soya, la moitié du miel et la bouteille de saké. Porter à ébullition, puis mettre au four à 150° C (300° F) pendant 3 heures. Une fois le porc cuit, mettre la cocotte au réfrigérateur pour la nuit. Le lendemain, sortir la cocotte du réfrigérateur et retirer le gras de porc qui s'est figé sur le dessus. Réchauffer.
  2. Saumon : couper le saumon en 4 portions. Faire mariner une trentaine de minutes dans le reste de gingembre, d'ail, de sauce soya et la Sriracha. Faire une pâte contenant des grumeaux avec l'œuf, la farine et 125 ml (1/2 tasse) d'eau. Y tremper le saumon et faire frire à 175° C (350° F).
  3. Sauce : mélanger le miso, la moutarde et le miel avec 2 louches de jus de porc se trouvant au fond de la cocotte.
  4. Présentation : mettre un morceau de porc au fond de l'assiette. Déposer le ventre de saumon par-dessus. Ajouter la sauce autour.

Conseil : pour bien réussir la tempura, le choc thermique est essentiel. Il faut que la préparation soit vraiment froide et que l'huile où on la trempe soit vraiment chaude.

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Le miso (se prononce misso) est un aliment traditionnel en Chine et au Japon se présentant sous la forme d'une pâte au goût très prononcé et très salé; sa couleur varie du blanc crème au brun chocolat. Il est obtenu à partir de haricots de soja, de sel de mer et, selon la fabrication, d'orge et de riz.

Les graines sont d'abord cuites à la vapeur, puis mélangées à de l'eau salée et enfin ensemencées avec le " koji " ( "moût d'amorçage " contenant le champignon Aspergillus Oryzae qui stimule la fermentation). L'ensemble est traditionnellement mis à vieillir dans des tonnelets de cèdre durant une période allant de quelques semaines à trois ans. S'opère alors une fermentation lente qui produit de petites quantités d'alcool et d'acide lactique, lesquels jouent le rôle de conservateurs naturels. Donc le miso résulte d'une double fermentation : la première, courte, donne le koji ; la deuxième, longue, le miso.

Au fil du temps, les levures et les bactéries naturelles se mettent progressivement à dégrader les céréales et les haricots en acides aminés, en acides gras et en sucres simples facilement digestes. Cela fait du miso un excellent aliment pour une amélioration de la digestion.

Le miso est à la fois un condiment et une base pour les soupes ou les sauces. Il remplace aisément le sel dans la cuisine quotidienne. Il relève le goût des céréales, des haricots et des légumes . Il est aussi utilisé comme saumure, dans la préparation des sauces et des crèmes à tartiner, ainsi que pour la décoration et l'assaisonnement des plats.

Le miso, fermenté longuement et lentement, est habituellement plus sombre que celui produit en peu de temps. La fabrication traditionnelle lui confère un arôme et une saveur à la fois riches et profonds que n'arrivent pas à produire les procédés de vieillissement artificiels et modernes.

Le miso, dont la première saveur est le salé, a un parfum doux et généreux.
Nourrissant et stimulant, il bénéficie d’une place de choix dans la Macrobiotique, art de se nourrir développé par George Oshawa. Selon Michio Kushi, son successeur, il fortifie le sang, facilite la digestion, et procure une "chaude énergie ".

Dans son régime macrobiotique standard, il recommande de prendre 5% du volume total de nourriture sous forme de soupe miso ou de tamari (jus de soja extrait du miso fermenté); soit un ou deux petits bols chaque jour. Le miso a été recommandé pendant des siècles comme remède populaire contre le cancer, la digestion difficile, le tabagisme, la faible libido et les allergies alimentaires.

Environs 75 % des Japonais commencent leur journée par une soupe miso. Et vous ?

Le miso est connu en chine depuis environs 2500 ans sous le nom de Jiang. Il aurait été introduit par la suite au Japon au VIIe siècle. Au VIIIe siècle, ce dernier occupait déjà une place importante et faisait même partie du salaire des agents gouvernementaux, avec le riz, le sel, le soja et d'autres types de fèves et de grains. Mais c'est à partir de l'époque Muromachi après 1336 que le miso devint un aliment de base de la cuisine japonaise. Et, c'est dans le pays du soleil levant que ce produit prit ses lettres de noblesse ! Aujourd’hui, le soja utilisé pour sa fabrication provient essentiellement de chine où les superficies permettent une plus grande production.

La fabrication du miso relève d'un art complexe dont l'importance en Asie se compare à celle du fromage ou du vin en Europe. Et traditionnellement, une femme japonaise doit savoir préparer la soupe au miso pour pouvoir se marier !

Moussaka

4 portions

Ce plat est certes plus complexe à préparer qu'un spaghetti sauce à la viande, mais tellement bon et réconfortant après plusieurs jours ou semaines d'expédition ! L'aubergine est étonnante tant elle reprend sa texture et son goût après réhydratation. Rien n'empêche de préparer en plein air une moussaka avec des aliments frais, mais nous avons choisi de n'en présenter qu'une version légère.

  • 1 aubergine de 600 g environ
  • 500 g (1 lb) d'agneau haché maigre
  • 60 ml (1/4 tasse) de tomates séchées
  • 125 ml (1/2 tasse) de farine
  • 125 ml (1/2 tasse) d'huile
  • 1 oignon
  • 2 gousses d'ail
  • 5 ml (1 cuillère à thé) de paprika
  • 60 ml (1/4 tasse) de pâte de tomates
  • Sel et poivre
  • 5 ml (1 cuillère à thé) ou plus de thym ou sarriette
  • 2 feuilles de laurier
  • 125 ml (1/2 tasse) de vin blanc
  • 2 œufs battus (si possible)
  • 125 ml (1/2 tasse) yogourt*

* Le yogourt peut être apporté frais ou préparé au camp

Variante : la garniture à base de yogourt peut être remplacée par 250 ml (1 tasse) de sauce béchamel :

  • 30 ml (2 cuillères à soupe) de farine
  • 30 ml (2 cuillères à soupe) de beurre
  • 250 ml (1 tasse) de lait (ou 4 cuillères à soupe de poudre de lait dans 1 tasse d'eau)

Camping léger

A la maison :

  1. Déshdrater l'aubergine crue, coupée en rondelles, jusqu'à ce qu'elle soit bien sèche, quoique souple. Au besoin, déshydrater l'oignon.
  2. Cuire la viande dans un petit peu d'huile, en salant légèrement, puis la déposer quelques minutes sur un papier absorbant. La déshydrater et l'ensacher dans du papier brun.
  3. Prévoir les autres ingrédients secs, l'huile et, si possible le vin blanc et les œufs.

Au camp :

  1. Au moions 2 ou 3 heures avant la préparation du repas, réhydrater l'aubergine, la viande, les tomaes séchées et l'oignon, s'il a été séché, en humectant de temps en temps.
  2. Egoutter les aubergines et les passer légèrement à la farine. Réserver un peu de farine pour la préparation du mélange de yogourt. Faire revenir les aubergines dans l'huile pour les colorer, puis réserver.
  3. Dans le même chaudron, faire chauffer un peu d'huile pour faire revenir l'oignon et l'ail hachés, puis ajouter la viande et le paprika. Après quelques minutes, ajouter les tomates séchées et la pâte de tomates. Saler, poivrer et remuer. Ajouter le thym ou la sarriette et le laurier. Verser le vin blanc et laisser mijoter doucement pendant quelques minutes.
  4. Dans un autre chaudron, déposer le tiers des tranches d'aubergine. Recouvrir de la moitié de la viande. Couvrir à nouveau d'un tiers d'aubergine, du reste de l'agneau et encore du reste d'aubergine.
  5. Si possible, battre deux œufs avec une cuillère de farine, ajouter le yogourt et un peu de sel. Verser ce mélange sur le dessus du plat et cuire environ 30 minutes à feu doux ou au four hollandais.
  6. Servir.

Variante avec sauce béchamel : dans une poêle, faire chauffer ensemble le beurre et la farine et remuer. Ajouter le lait et bien mélanger pour éviter les grumeaux. Garnir les aubergines de cet appareil et poursuivre la cuisson à feu doux durant 30 minutes.

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La forêt représente le garde-manger de toutes les nations qui y ont marché, les lacs et les rivières faisant office de vaste réseau routier. Pendant le périple, la rivière se veut le lieu d'un repas assuré à cause du poisson qu'elle fournit. On le mange apprêté avec les herbes et les épices données par la nature, fumé ou encore séché par le soleil. Rien n'est perdu, car, malgré l'abondance de la ressource, il faut la préserver par respect.

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