Nutrition et conditions liées au séjour en plein air

Hydratation

Hiver comme été, bien s'hydrater est essentiel, notamment le matin. Evidemment, on pense plus facilement à boire au cours d'une journée de soleil ardent que sous une pluie froide ou en hiver. Pourtant, le corps consomme beaucoup d'eau pour combattre le froid. La fatigue et les maux de tête sont souvent dus à la déshydratation.

D'autres signes devraient alerter les sujets qui ne boivent pas assez : lèvres sèches, mains moites, petites nausées, frissons et après quelques jours, urine rare et de couleur foncée. Si quelqu'un souffre de troubles de vision, de coordination, de diarrhée et de vomissement, il faut sûrement l'évacuer…

Comment agit l'eau dans notre corps?

Elle baigne les cellules, assure la bonne fluidité du sang  qui leur apporte les éléments nutritifs et évacue leurs déchets. Elle règle la température du corps qui doit rester constante autour des 37°. La transpiration est un des seuls moyens d’évacuer un excès de chaleur (due la température ambiante ou produite par l’effort de l‘organisme).

Pour bien comprendre les règles qui régissent une bonne hydratation, il faut bien évaluer les besoins en eau de l’organisme et adapter les apports pour équilibrer les pertes. Il faut savoir que l'on ne boit jamais trop d'eau car l’excédent est éliminé sans inconvénient.

Quels sont les besoins en eau de l'organisme ?

Les besoins de base quotidiens
En dehors de toute activité, l’organisme a besoin de compenser ses pertes habituelles :

  • dans les selles, soit  0,1 à 0,2 l. d’eau,
  • dans la vapeur d’eau perdue en expirant, la sudation « normale », soit env. 0,8 l.
  • dans les urines  qui évacuent les déchets, soit 0,5 l. au minimum

Le besoin minimum de l’organisme en dehors de tout effort est donc d'1,5 litre d'eau par jour

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Les besoins dus à l’effort

L’organisme est une machine à très mauvais rendement : 75% de l’énergie produite pour fournir l’effort sont transformés en chaleur et ces calories doivent être évacuées sous peine d’accroître la température centrale. Si l’on prend un exemple simple : en 3 heures de randonnée en plaine, on va consommer environ 1000Kcal.  750 sont transformées en chaleur à évacuer : pour cela,  il faudra donc 750/0,6 ml c’est à dire 1,250 l. d’eau (0,6Kcal pour 1g d’eau évaporée).

Si l’on additionne seulement  besoins quotidiens et  besoins de l’effort de la randonnée, on évalue déjà nos besoins à 3 litres en moyenne !

Les facteurs à prendre en compte dans notre consommation d'eau

Les besoins liés aux conditions climatiques
Température  et humidité /sécheresse de l’air modifient les besoins :

  • Dans le désert, il fait chaud et sec, on n’a pas l’impression de transpirer et pourtant l’évaporation est énorme, une déshydratation sévère peut survenir en quelques heures. Une étude a montré que les besoins lors d’une randonnée dans un désert où il fait chaud, sont de l’ordre de  9 à 14 litres d’eau.
     
  • En milieu tropical, la chaleur et l’humidité importantes rendent la progression plus difficile, les besoins de l’organisme deviennent importants. La sécheresse de l’air , même sans chaleur ni effort, peut être une source de déshydratation. Les moines tibétains absorbent, sur leurs hauts plateaux, en dehors de tout exercice, en moyenne 35 tasses de thé par jour, soit près de 8 litres.

Comment compenser les pertes en eau ?
Pour simplifier notre exposé, on va considérer que les sels minéraux perdus en même temps que l’eau seront apportés par l’alimentation normale. Il nous suffit donc de remplacer l’eau perdue par de l’eau, sous toutes ses formes.

Où trouver cette eau ?

  • dans l’alimentation quotidienne : certains aliments comme les agrumes ou les tomates contiennent plus de 70% d’eau)
  • dans tous les liquides : les boissons dites énergétiques, le café, le thé, le bouillon et même dans l’eau … de la fontaine !

Consommons à peu près ce que nous perdons et nous éviterons les ennuis évoqués par la suite. Pas  toujours facile d’emporter la quantité nécessaire pour une journée d’été : porter 5 litres d’eau, c’est lourd, on y regarde à deux fois. Il est le plus souvent possible de se réapprovisionner en chemin, soit à une fontaine, soit dans un ruisseau. Dans ce dernier cas, ne pas oublier d’ajouter une petite tablette désinfectante et laisser agir une heure pour rendre l’eau potable.

Quand boire ?
Mieux vaut  de boire quelques gorgées toutes les demi-heures (ou plus souvent si nécessaire), plutôt qu’une grande quantité lors de pauses moins fréquentes. Il ne faut surtout pas attendre d’avoir soif pour boire ! A la pause, bien s’hydrater avec les  aliments et boissons sortis du sac. Absorber 1,5 l. de liquides au cours d’une randonnée «  normale «  de plusieurs heures semble  un minimum raisonnable. Et le soir en arrivant, boire abondamment pour compenser  le déficit quasi obligatoire de la journée, c’est essentiel.

Comment se manifeste la déshydratation ?

  • Tout d’abord une fatigue intense, inexpliquée (un déficit en eau de 2% du poids du corps entraîne une diminution d’énergie de 20%.
  • La soif, parfois mais pas toujours.
  • Peu ou pas d’urines émises, de coloration foncée.

Quelles précautions à prendre, à part boire ?

Ce sont les règles de bon sens :

  • Pas de randonnée aux heures les plus chaudes en été ;
  • Le  vêtement adapté à chaque moment, pour  ne pas prendre froid mais aussi de ne pas avoir trop chaud ; c’est vrai,  en fonction du moment, on passe son temps à mettre des couches et à les retirer !
  • Effort modéré lorsqu’il fait chaud, pour limiter la production de chaleur.

Quels sont les accidents liés à la déshydratation ?

La chaleur (subie ou produite par l’effort) doit être impérativement évacuée pour que notre organisme reste à  37°. Comment est-elle évacuée ? Le sang la transporte du centre vers la périphérie de notre corps où il est rafraîchi par la transpiration de la peau. Si le sang est trop épais par manque d’eau, le système de refroidissement va s’enrayer et on va au devant des ennuis, du  plus bénin au plus grave.

  • Les crampes de chaleur : Elles surviennent pendant un effort intense qui fait beaucoup transpirer, même s’il ne fait pas chaud. Lorsqu'elles surviennent il faut :
    • Etirer progressivement le membre atteint jusqu’à l’allonger, la douleur va s’apaiser;
    • Se reposer et se réhydrater abondamment, en quelques heures, la crise est finie.
       
  • L’insolation : Au repos, on ressent une fatigue intense avec souvent de violents maux de tête, nausées, sueurs froides. La peau est humide et froide, la température est normale. C'est la conjugaison de deux facteurs chaleur importante, le plus souvent avec un fort ensoleillement et déshydratation intense. Il faut alors :
    • Se reposer pendant au moins douze heures dans un endroit frais et obscur
    • Compenser progressivement du déficit tant en eau qu’en sels minéraux en buvant eau gazeuse, coca, bouillon, avant de reprendre une activité très progressivement.
       
  • Le coup de chaleur hyperthermique : C’est l’accident le plus grave qui puisse survenir. Il n’y a pas forcément du soleil, mais la température ambiante est souvent élevée avec parfois une grande humidité. La déshydratation devient si intense que la régulation thermique tombe en  panne, il n’y a plus de transpiration, plus de refroidissement du sang. Mêmes symptômes que pour l’insolation mais avec deux différences majeures, la peau est sèche, la température est élevée. Dans ce cas là, sans traitement, on peut  mourir. Il convient de :
    • Mettre le patient en position de sécurité
    • Le refroidir par tous les moyens possibles (linges froids, bains froids) et immédiatement appeler les secours.

Ainsi par une hydratation régulière, abondante tout au long de la randonnée et encore plus, le soir, pour compenser un éventuel déficit vous, vous éviterez ainsi les accidents liés à la déshydratation.

"Pour travailler dehors l'automne dans une pluie ou ben les premières neiges, ben y sont obligés de tougher tant qu'y a moyen. Mais y arrivent, y sont trempes. Ca moi j'attendais pas, j'allais à cookerie, j'prenais une chaudière, du gingembre, du sucre, pis j'allais leux porter.".

Témoignage de Lionel Charron, cuisinier dans les camps, tiré de Récits de forestiers, une publication dirigée par Robert-Lionel Séguin.

FROID

En plein air, été comme hiver, on ne doit pas tolérer le froid. Il faut réagir, soit en bougeant, soit en mangeant. Un liquide chaud et sucré permettra de combattre les frissons qui persistent, en ravitaillant le corps en glucides. Attention ! On ne doit jamais boire d'alcool pour se réchauffer, car en fait, il accélère la perte de chaleur par vasodilatation. Il faut également savoir que l'hypothermie présente des dangers qui, poussés à l'extrême, sont irréversibles.

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Consommer les bons aliments en quantité suffisante, à un rythme approprié et s'hydrater adéquatement sont des clés pour apprécier l'hiver. On conseille des déjeuners copieux et chauds, des aliments à grignoter et de l'eau ou d'autres boissons à consommer aux heures. Les dîners doivent être très simples et rapides… si le soleil de mars nous réserve de bons moments, des vents de janvier ou de février ne nous permettent même pas d'enlever nos mitaines pour manger. Noix, saucissons et fromage à pâte ferme déjà coupés, biscottes, jerky, barres tendres qui dégèlent rapidement sur le corps fourniront un apport énergétique adéquat en 5 à 15 minutes de pause-repas.

Le Jerky c'est quoi ?

C'est devenu un terme presque générique et cela désigne de la viande séchée en Amérique du Nord. Au départ, c'est un terme Inca fait à partir de viande de lama. En fait, on retrouve cette technique de conservation partout dans le monde mais elle n'est plus aussi populaire chez nous ou l'on s'est tourné vers les salaisons et le fumage. En Belgique, la situation est sans doute très comparable à la France, on trouve ce type de viande dans les bonnes boucheries sous le nom de viande des Grisons (fabrication suisse) ou dans les épiceries asiatiques voire africaines.

La viande des Grisons est généralement haut de gamme et assez chère (comme tout ce qui vient de Suisse). Elle a la particularité d'être séchée au soleil, tout simplement. Ce sont de bons morceaux de bœuf. Bref, c'est vraiment de la bonne nourriture mais ça se paye. Un très bon début pour gouter.

La version asiatique, qu'on trouve facilement dans les magasins spécialisées, est d'origine plus mystérieuse. Elle est aromatisée différemment, plus aigre-doux. Ça sent l'Est, quoi. Le prix peut être très très intéressant.

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On sous-estime beaucoup la capacité d’un corps en mouvement à générer sa propre chaleur.

Le plus souvent, le randonneur débutant commence sa journée trop habillé, avec la polaire par exemple, et finit par la rangée dans son sac. Jusqu‘à 15°C, une micro-polaire suffit largement pour la journée. Prévoyez aussi de garder votre imperméable à porter de main en cas d’averse. Un poncho ou une cape de pluie convient aussi pleinement.

Pour les jambes, un pantacourt ou un pantalon léger suffit largement et ce jusqu‘à des températures fraiches. Vous envisagerez un pantalon de trekking plus chaud et plus résistant en dessous de 10°C. Un bas de pantalon léger et imperméable sera aussi le bienvenu avec d‘éventuelles guêtre si vous marchez sur un terrain aux herbes hautes et humides.

Prévoyez aussi une paire de gants qui peut s’avérer très utile en fin de journée ou le soir.

Le soir venu, on va se refroidir pour deux raisons simples: on s’arrête de marcher, on a peut-être un peu transpiré et la sensation de froid connaître. Ensuite, le soleil commence à tomber et parfois le camp se trouve dans l’ombre de la montagne. Il est important à ce moment de ne pas se refroidir car on se prépare déjà à la nuit. Ne pas hésiter à sortir la grosse polaire et le coupe vent. La paire de gant est bienvenue.

Pour dormir, votre sac de couchage est normalement là pour vous protéger et vous n‘êtes pas censé porter de vêtements particulier. Cependant, vous pouvez vous vêtir pour ajouter un peu de chaleur si vous êtes frileux, mais aussi pour éviter les sensations d’humidité provoquées par la transpiration de la journée et la texture synthétique de l’intérieur du sac. Pour dormir, enfilez un caleçon long synthétique et une première couche autant pour le confort que le complément de protection thermique. Vous pouvez aussi prévoir un bonnet pour protéger la tête qui est une source de déperdition de chaleur importante, d’autant plus qu’elle reste en dehors du sac la plupart du temps.

Astuces pour la nuit: si vos chaussettes ont pris l’eau dans la journée, portez les dans le sac, ou glissez les au fond. La chaleur dégagée pendant la nuit s’occupera de les sécher pour le lendemain matin.

Dans la journée, le fait de marcher, de grimper, de porter son sac, génèrent toute la chaleur nécessaire à nous garder chaud. Mais lorsque le soir arrive, lorsqu’on s’arrête et en attendant d‘être dans son sac de couchage, le froid nous rattrape souvent. Voici quelques conseils pour commencer la nuit au mieux, en espérant la passer sans encombre…

Comme nous l'avons vu ci-dessus, vous devrez être bien équipés. Suivant la saison, vous devez emporter les vêtements de randonnée suffisants, mais surtout un bon sac de couchage. Suivant l’humidité attendue, vous opterez pour un sac en duvet ou en synthétique. Ne négligez par votre sac de couchage, à poids équivalent, vous devez largement le privilégier devant vos vêtements, car on a rarement froid dans la journée.

On a souvent tendance à ne pas apporter toute son attention lorsqu'il faut choisir son sac de couchage. Dommage. Le randonneur passe autant de temps dans son sac que sur les chemins, et ce temps doit servir à dormir et se remettre des efforts de la journée. Il est donc impératif que le sac de couchage joue pleinement son rôle, surtout si la température est basse ou que le climat est humide.

Comment choisir son sac de couchage ?

Cet article aurait pu s’appeler « comment choisir son sac de couchage », mais le sujet mérite d’être traité plus largement. En effet, lors de vos treks ou voyages, vous allez passer autant de temps à vous reposer qu’à découvrir les paysages et rencontres qui vous seront offerts. Ainsi, si vous êtes reposée vous serez plus facilement de bonne humeur au cours de la journée, bien reposé, vous êtes en harmonie avec votre destination. De plus, un corps reposé évitera plus facilement les blessures et infections souvent rencontrés lors des longs trekking.

connaître du sac de couchage il est primordial d’utiliser un matelas auto gonflant. Sa vocation est de protéger votre corps des aspérités et dureté des sols et surtout de vous procurer une première isolation du froid provenant du sol. Il est a proscrire d’utiliser une couverture de survie sous votre sac de couchage ou sous votre tente, la circulation de l’air, de l’énergie en serait stoppée. A noter la marque Therm-a-Rest qui propose une large gamme de matelas dont le non moins célèbre NeoAir qui offre un confort des plus surprenant tout en étant le plus léger du marché. Nous reviendrons sur les matelas dans un article ultérieurement.

Avant de commencer, vous devez vous poser 3 questions pour votre choix de sac de couchage :

  • Quelle température de confort
  • Quel poids
  • Quel garnissage

Tentons de répondre à celles-ci.

Qu’appelle t-on température de confort ?

C’est la température ou vous devez être bien dans votre sac. Vous devez prendre en compte différents points : A température égale un homme sera moins sensible au froid qu’une femme. Votre fatigue quotidienne modifiera aussi votre sensibilité au froid.

Il est important de connaître les températures que vous allez vivre au cours du voyage qui vous mène à l’achat, au-delà de celui-ci quelle utilisation ferez vous de votre sac de couchage ?

Nous ne dormons jamais directement dans un sac de couchage ! ( j’y reviendrais un peu plus loin dans cet article) Nous utiliserons alors un sac à viande. Nous aurons donc un système de couche, intéressant si vous avez à traverser des températures très différentes. Cette température doit attirer votre vigilance et valider votre état de forme, si vous êtes d’un naturel frileux. Si vous avez une tendance à avoir chaud, tous les sacs de couchage utilisent un système de double zip pour pouvoir être aéré.

Le poids, élément primordial si vous avez du portage en perspective. Celui-ci pourra être mis en parallèle avec la compressibilité, c’est-à-dire le volume utile pris dans votre sac à dos. Le meilleur rapport poids/température sera amené par des sacs en duvet. Il est important de noter qu’il n’existe pas de sac de couchage ultra litght pour des températures basses. Nous ne pouvons que constater la manière dont certains fournisseurs induisent l’utilisation des températures de confort à leur avantage. Un sac en synthétique sera souvent plus lourd mais aussi meilleur marché.

Le garnissage

Très ou trop souvent nous restons bloqués sur les questions de poids et de confort sans trop ce soucier de la qualité qui est apporté au produit auquel nous nous intéressons. La plume est légère, compressible, isolante et respirant. Par contre elle sera sensible à l’humidité, notez qu’il existe aussi actuellement de sacs de couchage en duvet étanche qui répondent à ce souci.

Le gonflant se calcule en CUIN ( cube Inchs) plus le chiffre est élevé plus le duvet possède un très bon pouvoir gonflant, le meilleur est au alentours de plus de 800. La provenance du duvet revêt aussi un caractère d’importance, une plume d’une oie ou canard élevé en extérieur en Europe possèdera un bien meilleur gonflant et résistance au froid que le même animal élevé en batterie en Chine ! Les étiquettes vous donneront des réponses.

Le sac de couchage d’isolant synthétique est résistant et constitue parfois un meilleur choix que celui en duvet. Offert à un coût initial moindre, le sac synthétique est non allergène et, contrairement au sac en duvet, il conserve une certaine chaleur lorsqu’il est mouillé. En règle générale, plus l’isolant synthétique est résistant, plus le sac de couchage est volumineux et lourd.

L’entretien

Il vaut mieux entretenir son sac de couchage. Les marques spécialistes utilisent en extérieur des matériaux lavables facilement avec une éponge. Pour ne pas salir l’intérieur il faut avoir un sac à viande, il en existe de toutes formes et de toutes consistances :

  • Coton et Soie pour le confort,
  • Soie pour le poids,
  • Thermolite pour gagner en température de 9 à 15°.

A chaque fois que vous laverez votre sac de couchage il perdra au moins 1° en température de confort. Si vous devez le laver bien suivre les conseils de lavage et utiliser les produits adéquats pour garantir le gonflant des fibres utilisées en garnissage. Vous pouvez aussi consulter laver un duvet ou encore comment laver un sac de couchage synthétique.

En conclusion, voici les points importants auquel il faut répondre :

  • Un voyageur qui ne portera pas son matériel lors de mon trek, je fais attention à la température de confort et peut acquérir un sac en synthétique.
  • Un voyageur qui porte son matériel et désire une résultante sur le poids. J’opte pour un sac en plume léger. Je pourrais agrémenter celui-ci d’accessoires pour augmenter son pouvoir calorifique.
  • Un trekkeur occasionnel et réside en refuge ou en tente par temps clair, mon choix est un duvet léger 2 ou 3 saisons.
  • Un trekkeur assidu que le temps ou les espaces traversées ne font pas rompre. Le choix d’un sac en plume 3 saisons s’impose, le poids reste un ingrédient très important. Au-delà de mon sac, mon matériel devra être en adéquation avec ma pratique !
  • Un alpiniste souvent au prise avec le froid et la haute altitude, un sac de couchage 4 saisons en plume !
  • Un voyageur du grand nord. au froid, humidité.. j’opte pour un sac de couchage 4 saisons en synthétiques.

Vous devrez choisir votre sac de couchage suivant différents critères, comme par exemple savoir si vous dormirez en tente ou en refuge, connaître les capacités thermiques du sac de couchage dont vous avez besoin, faire le choix du sac de couchage duvet ou bien envisager un sac de couchage synthétique, et finalement, partir avec les meilleures solutions en terme de rapport efficacité/légèreté car on finit toujours par devoir porter les choses.

Prenez un matelas de randonnée avec vous. Ce n’est pas une question de confort, mais réellement d’isolation. Vous allez passer une nuit entière allongée sur le sol, qui peut très vite descendre en température dans le courant de la nuit, même en été. Les matelas de randonnée sont plus efficaces qu’on ne le pense.

Pour les même raisons, choisissez si-possible un terrain isolant qui complétera le travail du matelas. Idéalement, de l’herbe épaisse, de la paille coupée, des feuilles…
Evitez de camper dans une cuvette. Pas à cause de la pluie, même si on peut avoir de sérieux problèmes en cas d’orage, mais réellement à cause du froid potentiel. Comme vous le savez, l’air froid est plus dense et a tendance à descendre, ce qui dans certaines conditions de nuits rend par exemple les combes de montagne moins confortables.

Vous devez aussi garder votre sac de couchage et vos sous-vêtements secs. A tout prix. Si le temps est pluvieux, la chose à protéger avant tout est le sac de couchage. En effet, en ce qui concerne vos gants et chaussettes, vous pourrez le cas échéant les mettre au fond du sac qui remplira alors aussi la fonction de sèche-linge. Votre chaleur corporelle les aura séchées au matin.

Dans la journée, pensez à sécher sac de couchage et vêtements dès que l’occasion se présente. Et lorsque vous vous arrêtez en fin de journée, pensez à changer de t-shirt pour en mettre un sec si vous en avez prévu un de rechange.

Maintenez vos mains chaudes, même si elles ne représentent qu’une surface faible de votre corps, le ressenti de froid y est important et provoque un fort inconfort. Prévoyez donc une paire de gant même s’il ne fait à priori pas très froid. Plutôt que de posez votre popote parterre en attendant que la soupe soit moins chaude, ne gaspillez pas cette énergie accumulée et réchauffez vous les mains (même si vous vous brulez).

Pour une raison plus physiologique, ayez un bonnet avec vous, la chaleur montant, la tête est une zone d‘échange thermique important. Vous pouvez aussi le garder la nuit.

Gardez votre chaleur de la journée autant que possible. Même si vous ne ressentez pas le froid en arrivant au campement, mettez tout de suite vos vêtements thermiques. Il est toujours plus difficile de se réchauffer que de rester chaud. Pour les mêmes raisons, il est préférable de manger chaud le soir.

Limitez si possible la durée entre l’arrêt de la marche et/ou le diner, et le moment où vous entrez dans votre sac de couchage. Certains vont même jusqu‘à reprendre la marche pendant une heure ou deux après le diner, en général parce que la lumière le permet, mais aussi pour ne pas se refroidir et entrer dans le sac sans avoir froid.

Si vous dormez dans un sac de couchage en duvet, ne mettez pas vos vêtements sur votre sac. La qualité thermique du sac est assurée par le gonflant du duvet, et c’est l’air emprisonné entre les fibres qui vous isole du froid. En étalant votre parka ou votre pantalon sur votre sac, leur poids va réduire le gonflant du duvet et vous aurez plus froid.

Mes conseils :

Eviter si possible de transpirer

Ouvrir la veste, retirer le bonnet un moment si vous en portez, choisissez des vêtements techniques dit « respirant » ou « ventilés »: pantalon, veste, 1ère et 2ème couche.

Ralentir un peu le rythme de son effort

Protéger les extrémités sans les serrer : pieds, mains, tête

Comme c’est par les extrémités que l’on sent le froid, ne pas comprimer ces parties par des gants, chaussures et élastiques trop serrés, le sang (chaud) ne circule plus de cette manière.

Protéger les yeux de la neige, du  grand vent ou de la pluie

Sans parler de la protection obligatoire des yeux contre le soleil ou la réverbération.

Préconiser les épaisseurs de vêtements, en général 3 couches

C’est l’air sec entre ses couches qui fournit la chaleur, à condition que ces couches évacuent la sueur vers l’extérieur

Se mettre à l’abri si possible en ne marchant pas face au vent, pluie ou neige

Ce qui n’est pas évident quand on se trouve sur un flanc de montagne à découvert

Si votre première couche est mouillée, intervertir avec la 2ème couche

Moins en contact avec la peau, elle sera plus sèche, on peut même envisager de la mettre à l’envers

Pas de pause trop longue, bouger réchauffe

Isoler vous du sol en cas de pause, desserrer un peu les chaussures

Hydratation et alimentation pour l’apport d’énergie

Quand on a un peu rechargé les « batteries » on est toujours plus en forme pour repartir.

Si vous avez d’autres techniques, n’hésitez pas à les poster en commentaires !

" (Irsutuguluk) s'exclame : Aaa ! Que j'ai froid ! Et il se met à pleurer. Qalingu le soulève et le fait entrer sous l'iglou; l'enfant frissonne de froid. Les femmes qui viennent d'arriver entrent l'une après l'autre chez Sanaaq.

Ai ! Fait Sannak. Vous arrivez ? Vous voyagez par un temps vraiment très froid ! Soyez nos hôtes ! Arnatuinnaq ! Le thé bout-il ?

Oui !

On réchauffe les arrivants avec une boisson chaude.".

Tiré du roman Sanaaq de Mitiarjuk Nappaaluk écrit dans les années 1950.

Mitiarjuk Nappaaluk ne parle ni français ni anglais. Inuk, elle a grandi dans un igloo, a chassé et pêché toute sa jeunesse, n'a jamais fréquenté l'école. Écrivain, elle a passé toute sa vie dans le Grand Nord, enseigné l'inuktitut et la culture inuite à la commission scolaire Kativik. Elle a entamé son premier roman, Sanaaq, il y a 50 ans, alors qu'elle avait 22 ans, dans la langue syllabique apprise auprès des missionnaires et des anthropologues. Ce roman, traduit pour la première fois en français cette année par l'anthropologue Bernard Saladin d'Anglure, paraît chez Stanké.

Sanaaq est une histoire d'Inuits, de la vie à la fois douce et dure dans l'immensité blanche et froide de la toundra. Une histoire de chasse et de pêche, de phoques, d'ours blancs, d'igloos, de tempêtes et d'accalmies. C'est la saga de familles inuites semi-nomades, avec leurs naissances, leurs morts, leur violence, leurs drames, leurs longues journées passées dehors, à pêcher, à chasser, comme au milieu de nulle part. C'est surtout une histoire d'Inuits contée par une Inuk, toute empreinte des légendes, des valeurs, des croyances de cette culture.

«C'est le premier roman inuit», s'exclame l'anthropologue Bernard Saladin d'Anglure, qui vient d'en terminer la traduction.

L'auteur de Sanaaq, Mitiarjuk Nappaaluk, est en fait une femme exceptionnelle. Vive et intelligente, elle a appris le syllabique auprès des missionnaires, a par le passé travaillé à l'élaboration d'un dictionnaire inuit-français. Elle a aussi aidé les pères à traduire le missel catholique d'un dialecte inuit à l'autre. Mère et grand-mère, elle a aujourd'hui 72 ans.

Son roman, Sanaaq, a été entamé dans les années 50, alors que le père Robert Lechat, missionnaire oblat, avait demandé à Mitiarjuk d'écrire en syllabique des épisodes de la vie quotidienne. Vite lassée de cet exercice, la jeune femme, qui travaillait le soir, sous l'igloo ou sous la tente, alors que les enfants étaient couchés, a commencé à inventer des personnages et à les mettre en situation. Ce sont ces personnages que l'on retrouve dans Sanaaq, roman inspiré de la vie quotidienne de Mitiarjuk et de ses proches. À l'époque où il se déroule, les Blancs font leur apparition dans le Nord, se mêlent à la vie des Inuits. Très vite, ils sont dans les comptoirs, et leurs avions sillonnent parfois le ciel au-dessus de Sanaaq et de son entourage. Un épisode de Sanaaq montre la rivalité entre un missionnaire catholique et le ministre anglican, le second accusant le premier d'être un menteur.

«Ce serait mieux si je suivais l'iksigarjuaq [missionnaire catholique], pense de son côté Qumaq; même si je dois souffrir de l'opposition de mes parents, peu importe... On n'y peut rien... Quant à mon corps, il mourra, et alors où irai-je donc? Peu importe mon corps.»

Les Inuits, à cette époque, se sont aussi procuré auprès des Blancs des armes et des lunettes d'approche, par exemple, mais l'essentiel de leur vie nomade est encore intact.

Dans le texte, Mitiarjuk appelle les Blancs les «Grands Sourcils», ou Qallunaaq en inuktitut. Dans le chapitre intitulé «L'arrivée des Blancs», Mitiarjuk Nappaaluk décrit les premières rencontres, l'étonnement amusé des Inuits à leur endroit.

«On dit que les Grands Sourcils sont très sympathiques, ne soyez pas effrayés! On dit même qu'ils ont des médecins», dit un personnage de Sanaaq. «Qumaq n'est pas du tout intimidée par les Blancs, car ils font des cadeaux de tout genre.»

Les animaux, on s'en doute, occupent une place prépondérante dans cette histoire du Grand Nord, les animaux que l'on pêche, que l'on chasse, ceux que l'on croise au cours des longues marches dans la toundra, ceux dont on se nourrit. Les autochtones n'ont-ils pas été les premiers à nommer la faune et la flore d'Amérique? Ainsi, le phoque possède différents noms dans la langue inuktitut. Dans le lexique fourni par Bernard Saladin d'Anglure, on apprend par exemple qu'un phoque maigre se dit siiqrulik; ujjuk est un phoque barbu, et puiji est un phoque qui flotte.

Aînée d'une famille qui n'avait enfanté que des filles, la jeune Mitiarjuk a vite été initiée à la chasse et à la pêche, en même temps qu'elle était formée aux tâches généralement attribuées aux femmes. Son père ayant une santé fragile, Mitiarjuk Nappaaluk a dû aussi, souvent, partir chasser seule.

En raison de ses compétences, Mitiarjuk maîtrise autant le monde féminin que le monde masculin. Pour Saladin d'Anglure, elle est ce qu'il appelle une personne du «troisième sexe». «C'est peut-être le secret de sa créativité», écrit-il. Dans le monde inuit, poursuit l'anthropologue retraité de l'Université Laval, il arrive que l'on unisse ces femmes un peu masculines à des hommes un peu efféminés.

La rédaction de Sanaaq a été très longue. Après avoir fait un long séjour dans un hôpital du Sud et après le départ du père Lechat, Mitiarjuk a poursuivi son projet de roman en écriture syllabique avec le père Joseph Méeus. Mais après le départ de celui-ci, il faut attendre encore quelques années avant qu'elle n'y retourne.

Lorsque Bernard Saladin d'Anglure arrive à Kangirsujuaq, le village de Mitiarjuk Nappaaluk, en 1961, il a déjà entendu parler d'elle et de son projet par le père Lechat. Il y retournera en 1965 pour un séjour de plus d'un an. En entrevue, l'anthropologue brandit encore le fameux manuscrit laissé par Mitiarjuk, avec ces symboles syllabiques qui, depuis, ont été raffinés pour être le plus précis possible.

Dans les notes qui accompagnent le manuscrit, Bernard Saladin d'Anglure relève que dans les deux parties supervisées par les missionnaires, la jeune Inuk s'est censurée. Les références aux organes sexuels, par exemple, comme cet osselet en forme de vulve qui fait partie du jeu d'osselets de Qumaq, avaient été supprimées. «Les Inuits, quand ils parlent entre eux, ont un humour rabelaisien», souligne Saladin d'Anglure. Mais le message de pudeur des missionnaires était bien passé... Dans la deuxième partie, que Mitiarjuk a complétée avec Saladin d'Anglure, l'Inuk se permet aussi de plus nombreuses références aux êtres invisibles. Elle nomme aussi la violence conjugale et les relations sexuelles avec les Blancs.

Bernard Saladin d'Anglure a mis beaucoup de temps à compléter cette traduction. Il a tenu à publier d'abord une édition en syllabique de Sanaaq. Puis, il a travaillé la forme de Sanaaq afin de rendre la narration plus fluide, plus facile à lire. Étonnamment, ce projet voit le jour la même année qu'Atanarjuat, le film de Zacharisa Kunuk, film réalisé par des Inuits sur une vieille légende dite de l'homme rapide. Aujourd'hui, Saladin d'Anglure espère que Sanaaq remplacera l'Agaguk d'Yves Thériault en matière de point de référence romanesque sur la culture inuite.

SANAAQ
Mitiarjuk Nappaaluk
Traduit de l'inuktitut par Bernard Saladin d'Anglure

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Conseil : Lors d'expéditions de plus d'une semaine, on remarque une augmentation évidente des besoins en énergie, donc en nourriture. Pourtant, certaines personnes fournissant des efforts de façon soutenue ont en apparence moins faim qu'à l'habitude.

ENERGIE

En général, on doit consommer au déjeuner environ le quart des calories de la journée. De même au dîner et aux collations dans la journée. Ainsi, la moitié des calories de la journée sont absorbées au souper. Attention ! Lors d'excursions où l'on doit fournir un effort soutenu ou lutter contre le froid, certains voyageurs ont besoin de se nourrir beaucoup plus le midi pour recouvrer leur énergie et poursuivre la journée.

Les besoins quotidiens en calories sont variables suivant l'effort à fournir et les conditions climatiques. Pour qui souhaiterait avoir à cet égard quelques points de repère, on suggère vivement la lecture de l'ouvrage d'Odile Dumais intitulé "La gastronomie en plein air" (suivez le lien suivant : http://www.quebec-amerique.com/livre-details.php?id=456).

Pour combler les besoins importants en calories, tout particulièrement chez les végétariens, il est suggéré de manger des aliments tels que les fèves, les pois chiches, les lentilles ou le tofu. L'ajout d'un gras comme l'huile d'olive, le beurre ou des noix permet de consommer des calories sans se surcharger en poids ou en volume de nourriture.

 

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