Pour manger frais et "vivant" (3)

4. LES TECHNIQUES ET LE MATÉRIEL DE PÊCHE

LE CHOIX DU MATÉRIEL DE PÊCHE

Il existe une grande variété dans le choix du matériel disponible pour la pêche sportive en eau douce et chaque pêcheur pourra trouver l’ensemble qui convient à ses goûts et ses besoins.

Vous pouvez y engloutir une fortune si cela vous tente mais ce n’est vraiment pas nécessaire.

Par où commencer ? Ne vous laissez pas étourdir. D’abord, optez simplement pour un équipement de base adapté à l’espèce recherchée. Une canne à pêche avec moulinet, des hameçons, quelques cuillers classiques, des pesées et des appâts naturels suffisent à obtenir du succès. Le choix se précisera en fonction de l’espèce de poisson recherchée, de sa taille et de sa combativité ainsi que du milieu pêché. Vous pourrez aussi demander conseil dans plusieurs magasins spécialisés.

Le matériel de base comprend :

  • Un moulinet sur lequel est enroulé le fil de pêche;
  • La canne à pêche (choisie en fonction du type de moulinet);
  • Le fil peut être un monofilament (un seul brin), un multifilament (plusieurs brins, tressés ou fusionnés), une ligne plombée ou une soie (pour la pêche à la mouche) ; le fil sera d’une résistance mesurée en poids, selon la taille du poisson recherché ;
  • Enfin, le montage du bas de ligne est pourvu d’un émerillon, d’un leurre, d’un hameçon et d’un appât ainsi que d’un flotteur et d’une pesée (poids) au besoin, selon la technique de pêche pratiquée qui sera traitée plus loin.

L’équipement sera complété avec un coffre (boîte à compartiments) pour ranger les hameçons, leurres, émerillons (viroles), flotteurs, pesées, moulinet et les outils complémentaires comme des pinces à long nez (très utiles pour décrocher l’hameçon du poisson), un couteau à fileter (Rapala) et un coupe ongle. Il faut aussi prévoir une glacière pour conserver ses prises au frais et :

  • Des appâts vivants (vers ou sangsues);
  • Une puise (en caoutchouc) est très pratique pour transborder les poissons dans l’embarcation sans les échapper. On peut aussi ajouter ce qu’il faut pour conserver les captures au frais ou vivantes;
  • Pour le bien-être du pêcheur : des verres polarisés, du chasse-moustique, de la crème solaire, une lampe de poche et une trousse pour les premiers soins. Un chapeau à rebord ou une casquette, un imperméable, des bottes de caoutchouc, des vestes de flottaison (pour vous et vos enfants s’il y a lieu) et une corde flottante de 15 m sont à ajouter.

Le pêcheur débutant devrait opter pour un matériel polyvalent permettant de pratiquer plus d’une technique de pêche et de capturer des poissons de taille modérée (moins de 3 kilogrammes ou environ 6 livres).

Saviez-vous que ?

Des espèces de poissons (ménés, perchaudes, meuniers, etc.) utilisées vivants pour appâter la ligne ont été introduits dans les lacs à omble de fontaine, se sont multipliées dans ces lacs et lui causent beaucoup de tort en devenant de féroces compétiteurs pour la nourriture. Leur utilisation peut aussi introduire des maladies ou des parasites absents d’un lac. Beaucoup de bons lacs à truite ont ainsi perdu leur qualité et leur intérêt à jamais.

MOULINET

Quatre types de moulinet de pêche en eau douce sont présentés ci-dessous mais les deux premiers sont les plus utilisés par les nouveaux pêcheurs et même par les pêcheurs expérimentés.

Le moulinet à lancer combiné (1) est recouvert d’un capuchon et il est actionné par un bouton-pressoir. C’est un matériel adapté pour les débutants car il est facile à manipuler tout en fournissant une précision dans les lancers.

Le lancer léger (2) comporte un cerceau de métal (anse) qu’il faut relever avant de lancer. La précision du lancer s’apprend avec la pratique. Sa portée de tir est plus grande que le combiné. En plus des composantes identifiées sur la photo, les fabricants accompagnent leur produit d’un plan et d’instructions dans l’emballage permettant d’en connaître les particularités.

Le lancer lourd (3) est un équipement plus précis et robuste. Il est plus adapté à la capture de poissons de grande taille (brochet, touladi par exemple) et à la pêche à la traîne.

Le moulinet de pêche à la mouche (4) est pour l’usage exclusif de cette technique. On y enroule une soie plutôt qu’un fil.

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Conseil : Lisez les instructions pour l’entretien de votre moulinet et aussi de toute autre pièce de votre équipement de pêche (canne, fil, leurres, etc). Une goutte de lubrifiant bien placée ne coûte pas cher. Vous prolongerez la vie de votre matériel et vous n’aurez pas de mauvaise surprise lors de votre excursion de pêche subséquente.

CANNE À PÊCHE

La canne peut être construite de fibre de verre, de carbone (graphite) ou d’un mélange des deux. La longueur et la rigidité à choisir changent en fonction du type de pêche et du montage de leurres adoptés. L’attache du moulinet se fait sur le dessus ou le dessous, selon le type de moulinet. Les caractéristiques de la canne sont imprimées sur la tige, à l’avant de la poignée. Le poids de l’équipement qu’on peut lancer est indiqué en fractions d’onces (par ex. ¼ à ¾ oz.). Des leurres lourds demandent une canne puissante et des leurres légers, une canne de faible puissance.

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La canne à pêche peut être à action rapide si elle se courbe près du scion (extrémité) ou lente si elle ploie plus près de la poignée.

Plus l’action est rapide, plus elle permet de sentir les touches des poissons moins affamés. Le graphite offre aussi cet avantage par rapport au fibre de verre.

La gamme de résistance du fil acceptée est aussi indiquée sur la canne et le moulinet. Il faut un équilibre entre la canne et le moulinet (poids comparable des leurres portés et résistance du fil utilisé) pour bien fonctionner ensemble.

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Quelques conseils pour conclure sur les cannes :

  • Choisissez une canne qui dépasse votre taille d’environ 30 cm (12 pouces);
  • Plus le nombre d’anneaux est élevé (5 à 7), plus la tension sur le fil sera répartie et diminuée parmi eux;
  • L’intérieur des anneaux en céramique est plus résistant que le métal ; le plastique s’use plus rapidement au passage répété de la ligne ;
  • Une canne longue offre plus de flexibilité quand un poisson part avec un appât sans l’avoir avalé, il ne le lâchera pas à cause d’une résistance hâtive ;
  • Une poignée en liège est plus durable qu’en mousse mais les deux sont confortables à tenir ;
  • Pour débuter à la pêche, on peut opter pour une canne à action et à résistance moyennes de manière à sentir les touches mais à pouvoir résister à un poids imprévu.

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LE FIL DE PÊCHE ET LES NOEUDS

Le fil peut être un monofilament (un seul brin), un multifilament (plusieurs brins), une ligne plombée ou une soie (pour la pêche à la mouche). Le monofilament ou monobrin (nylon) convient pour commencer. Il est construit d’une fibre unique dont la résistance est mesurée en poids (exprimé en lb ou en kg) qu’il peut retenir sans casser quand vous ramenez votre capture ou que vous tentez de décrocher votre hameçon d’un obstacle dans l’eau.

Le fil doit être invisible au poisson. Son diamètre augmente avec sa résistance alors il faut choisir le fil de résistance minimale mais suffisante. De plus, un fil fin permet aux leurres de mieux bouger et conserve moins les plis arrondis de la bobine (sur le moulinet).

Certains jugent qu’il vaut mieux éviter le fil fluorescent pour l’omble de fontaine. Une résistance de 6 à 8 livres (2,7 à 3,6 kg) suffira la plupart du temps pour cette espèce. De nouveaux matériaux (tresse fusionnée) permettent cependant d’acheter aujourd’hui un fil plus résistant avec un faible diamètre qui procure aussi une meilleure sensibilité aux touches du poisson. Comme le fil est votre lien entre le poisson et la canne à pêche, nous vous recommandons d’en acheter un d’assez bonne qualité.

En le glissant entre ses doigts, on peut vérifier périodiquement l’état de son fil pour enlever une section qui aurait été affaiblie ou abimée par le frottement et qui pourrait céder à la prise suivante de poisson (surtout à l’extrémité). Les nœuds accidentels affaiblissent le fil. Enlevez‑les. Jetez le fil abimé dans un endroit sécuritaire (poubelle). Ne le laissez pas en nature.

Il faut connaître quelques nœuds pour faire des boucles sur la ligne et y attacher les leurres, hameçons, mouches artificielles et pesées. La boucle simple et le nœud Palomar sont faciles à exécuter et populaires. On apprend ensuite à enfiler boucle sur boucle ou pièce sur boucle pour attacher deux bouts de filament ou un gréement par son ouverture sur une ligne.

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On trouve des vidéos explicites sur la fabrication des nœuds sur le site d’un fournisseur de fil.

http://www.animatedknots.com/trilene/index.php.

LES LEURRES ET LES APPÂTS

On appelle appât ce qui est vivant alors que les leurres sont artificiels. Il en existe une quantité impressionnante de forme, de taille, de poids, de couleur, de fonctionnement. Les cuillers attirent l’attention du poisson par les vibrations, le bruit et les reflets produits, ce qui pourrait imiter une proie ou simplement provoquer une réaction. Choisissez une taille d’hameçon en fonction de celle des poissons recherchés et des proies qu’ils consomment. Les pesées, quant à elles, aident à lancer votre ligne plus loin et à faire descendre vos agrès de pêche vers le fond.

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Le fournisseur de cuillers Ma-jik propose sur son site WEB une gamme de produits pour chaque espèce de poisson avec les tailles recommandées. Vous pouvez choisir l’espèce par exemple, omble de fontaine, et le site vous affiche ses choix. http://www.majikcanada.com/produits.

Le fournisseur de la Williams Wabler fournit de son côté des conseils sur la pêche avec des cuillers.

http://www.williams.ca/fr/conseils_techniques_2.htm.

Par rapport au choix des couleurs de cuillers, il faut aussi savoir qu’en traversant l’eau vers la profondeur, la lumière se décompose en perdant progressivement des couleurs dans l’ordre du spectre en commençant par le rouge. Le bleu et le mauve sont les dernières couleurs visibles au poisson plus en profondeur.

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L’émerillon attaché à l’avant et à l’arrière des cuillers par une agrafe à barrure empêche le fil de vriller et de produire un emmêlement à la sortie du moulinet.

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LES HAMEÇONS

Les hameçons sont offerts dans une variété de forme et de dimension avec 1 à 3 pointes. Il faut les manipuler avec prudence car leur pointe est acérée. Choisissez des tailles d’hameçons simples entre 4 et 8 pour les ombles de fontaine de moins de 500 grammes.

Vérifiez la pointe des hameçons après un usage où elle aurait pu s’émousser. On peut les affuter avec une pierre lorsque requis.

Plusieurs fabricants d’hameçons munissent ces derniers d’un avançon (fil attaché à l’œillet de l’hameçon) de longueur variable indiquée sur l’emballage. Pour la pêche à l’omble de fontaine, un avançon d’une longueur variant entre 30 et 60 cm (12 à 24 pouces) est généralement utilisé. Si on prévoit remettre le poisson vivant à l’eau, il est préférable de couper ou d’écraser l’ardillon.

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LES MOUCHES ARTIFICIELLES

Construites sur des hameçons de taille variable (tailles 4 à 8 également pour l’omble de fontaine), les mouches artificielles sont fabriquées à partir de poil, de plume et de fil pour prendre la forme voulue. Elles imitent les larves ou les adultes d’insectes. Elles sont « sèches » quand on désire qu’elles demeurent en surface ou « noyées » quand elles sont utilisées sous la surface de l’eau. Elles peuvent aussi imiter de petits poissons (les « streamers »). Elles ne sont pas à l’usage exclusif des pêcheurs munis d’une canne et d’un moulinet de pêche à la mouche car elles peuvent aussi être installées sur une ligne de traîne ou de lancer léger. Le nœud d’anguille est idéal pour attacher la mouche à un avançon ou en bout de ligne.

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LES APPÂTS VIVANTS

Le ver de terre est l’appât vivant le plus facile à obtenir à la maison ou dans le commerce et le plus utilisé. Par contre, on peut aussi récolter et acheter des sangsues qui sauront tenter le poisson par leur apparence et l’odeur qu’elles laissent dans l’eau. Il faut conserver ses appâts vivants au frais et éviter un soleil direct. On doit leur conserver une fraîcheur et une humidité sans détremper le contenu, sauf pour les sangsues évidemment.

Le ver est piqué en boucles sur l’hameçon et doit couvrir ce dernier en entier. Pour la pêche à l’omble de fontaine, une portion de ver peut suffire pour bien cacher l’hameçon (le tiers ou la moitié par exemple). Les bouts de ver trop longs qui dépassent un hameçon seront mordillés par le poisson sans qu’il ne s’accroche. Pour éviter de laisser la trace de produits anti-mouches sur ses appâts, il faut se rincer les mains avant de manipuler les appâts et les leurres.

LES PESÉES

Les pesées qu’on appelle aussi plombs sont disponibles en plusieurs formes et taille. Depuis longtemps fabriqués en plomb, il est préférable d’éviter ce métal toxique qui cause le saturnisme. Ingurgité par des oiseaux comme les huards, les bec-scie ou l’aigle-pêcheur, un seul plomb peut causer leur mort quand il parvient au système digestif.

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La pesée sert à alourdir le bas de ligne pour lancer plus loin et pour faciliter l’atteinte du fond. Elle sert aussi à maintenir une plus grande profondeur quand le leurre est récupéré en moulinant. Certaines pesées laissent la ligne coulisser par une ouverture pour permettre au poisson d’avaler l’appât avant d’être ferré. D’autres sont installées sur une tige en Y pour gratter le fond sans s’accrocher (« marcheur de fond »).

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Note : Si la canne n’est pas assez puissante pour le poids du bas de ligne, elle courbera et sera plus difficile à manipuler avec précision lors du lancer.

MONTER LE BAS D’UNE LIGNE DE PÊCHE

Comment assembler ces composantes? Voici une proposition de montage pour un bas de ligne classique utilisant une cuiller suivie d’un avançon et d’un ver ou d’une mouche artificielle au choix. La cuiller attire l’attention du poisson qui aperçoit ensuite l’appât qui pourra le tenter. Attention : si vous utilisez des produits anti-mouches, évitez d’en laisser la trace sur vos leurres, appâts et bas de ligne, le poisson les détecterait. Rincez vos mains avant d’assembler votre bas de ligne.

On attache un émerillon à agrafe avec un nœud d’anguille ou Palomar (surtout avec du fil tressé ou fusionné). L’émerillon recevra l’avant de la cuiller plus tard.

Dans le cas d’un hameçon non muni d’un avançon, il faut couper un bout de fil d’environ 40 à 70 cm (16 à 28 po. incluant le fil pour les nœuds) pour en fabriquer un ; on y installe l’hameçon (taille 4 à 8 environ) avec un nœud Palomar. NB Plus l’eau est claire ou plus on pêche en surface, plus l’avançon est long. Une boucle simple est nouée à l’autre extrémité de l’avançon afin d’enfiler ce dernier à l’anneau de la cuiller ou à un autre émerillon.

Une fois le bas de ligne complété, l’avant de la cuiller est attaché par l’agrafe de l’émerillon.

L’hameçon est appâté avec un ver, une sangsue ou remplacé par une mouche.

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Une variante du montage de ligne ci-bas, et on peut certainement en essayer bien d’autres, consiste à nouer une boucle sur la ligne principale à environ 45 cm (18 po) devant l’émerillon et d’y ajouter un autre hameçon appâté, ou une mouche artificielle, fixé à un avançon de 20 cm de long (8 po). On fait une attache boucle sur boucle pour lier l’avançon à la ligne principale. Cet ajout est surtout utilisé quand on pêche à la traîne car il augmente les chances de capture. Il convient moins au lancer répété car la ligne peut s’emmêler plus facilement à chaque lancer.

En terminant, afin de simplifier le choix de la technique et du matériel de pêche pour le nouveau pêcheur, il faut préciser qu’en général, les pêcheurs capturent la plupart du temps des poissons de moins de 3 kg. On peut donc exclure les équipements lourds pour la plupart d’entre nous, à moins de pêcher le maskinongé, le grand brochet, le touladi, la ouananiche ou l’esturgeon jaune, ou à moins de pêcher dans des herbiers et des endroits encombrés et accrochants.

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• PÊCHE À LA TRAÎNE

• PÊCHE AU LANCER

• PÊCHE À LA LIGNE MORTE

• PÊCHE À LA MOUCHE

Parmi ces techniques, il est suggéré de commencer à explorer le lac en installant un montage pour la pêche à la traîne. Parcourrez le lac en embarcation en repérant les endroits  prometteurs. Quand vous obtenez des touches ou des captures, concentrez vos efforts autour de cet endroit en utilisant la technique du lancer ou de la ligne morte. Avec des enfants en bas âge qui ne peuvent pas lancer leur ligne à répétition, il sera plus agréable de se positionner à un endroit prometteur et de les installer en pêche à la ligne morte pendant que les parents peuvent y aller avec la pêche au lancer en balayant les environs et en variant la présentation (attente avant de récupérer, vitesse de récupération, leurre installé,…).

LA PÊCHE À LA TRAÎNE

C’est quoi ?

La pêche à la traîne consiste à laisser une ligne à l’eau pour pêcher derrière l’embarcation pendant qu’on se déplace sur un lac à la rame (ce qui donne de petits coups agaçants pour le poisson), à moteur (plus discret si électrique) ou au gré du vent.

C’est pour qui ?

Elle convient pour le pêcheur, seul ou en groupe, qui peut parcourir le lac en embarcation à la rame ou à moteur, selon le cas.

Sa durée doit être plus courte avec de jeunes enfants. La pêche à la traîne permet d’explorer un nouveau lac, de couvrir plus de territoire et de repérer là où les poissons sont plus actifs (localisation, profondeur, avec quel leurre, quelle couleur). Elle peut se pratiquer à plusieurs pêcheurs, chacun utilisant un leurre et/ou une profondeur différente pour tester ce qui fonctionne le mieux et repérer les secteurs du lac où le poisson se regroupe en plus grande quantité. Quand on a déterminé le type de leurre et la profondeur qui suscitent le plus de réponse du poisson, on peut s’arrêter à une station et pêcher avec la technique du lancer ou de la ligne morte selon le choix. On peut aussi poursuivre à la traîne si la pêche est bonne.

Quand est-il préférable de pêcher à la traîne ?

Cette technique peut se pratiquer en arrivant sur le lac ou quand le poisson mord moins à une station et qu’on recherche une autre station ou manière de le leurrer.

Comment monter sa ligne ?

Sur une boucle au bout de la ligne, on enfile un émerillon à agrafe sur lequel on attache une cuiller ; derrière la cuiller, on aura attaché un avançon de 30 à 60 cm (12 à 24 po) qui se termine avec 1 à 3 hameçons appâtés d’un ver par exemple. On peut utiliser une mouche artificielle à la place d’un hameçon. Plus la saison avance, plus on choisit un gros format de cuiller (plus lourde également). Si on n’a pas de grosse cuiller, une pesée peut être fixée sur la ligne à environ 90 cm (36 po) devant la cuiller pour la maintenir en profondeur, en particulier pendant la période chaude de l’été quand le poisson se réfugie en profondeur. Un autre truc, il vaut mieux choisir un fil qui a un petit diamètre (résistance de 6 à 8 livres ou 2,7 à 3,6 kg) et qui ne s’étire pas car il descend plus facilement puisqu’il offre moins de surface de friction avec l’eau.

Comment pêcher à la traîne ?

Après avoir examiné la carte bathymétrique ou géographique du lac, on localise les particularités : arrivée d’eau, décharge, îles, pointes, baies, étranglements, hauts fonds, hutte de castor… Le pêcheur établit un trajet et part à la découverte du lac. Dans le cas de l’omble de fontaine, l’été, en période chaude, il faut généralement essayer de passer dans des eaux de 4 à 10 mètres de profondeur (12 à 33 pi) en suivant la rive à la distance appropriée. D’une part, on ne veut pas accrocher le fond et d’autre part, on veut rejoindre la zone de température adéquate sous la surface. En l’absence de carte du lac, observez le terrain tout autour. Forte ou faible, la pente que l’on observe en rive se prolonge habituellement sous l’eau. On peut ainsi repérer les zones profondes comme celles moins profondes que le poisson délaisse en période chaude. On peut estimer la profondeur sous l’embarcation en laissant descendre sa ligne au fond et en mesurant la longueur de fil pendant qu’on le récupère à la main, un mètre (3 pieds) à la fois.

À la traîne, on laisse la ligne défiler jusqu’à ce que les leurres soient à environ 50 mètres derrière (150 pi), selon la profondeur à atteindre. Certains utilisent un fil « plombé » pour faire couler plus facilement la ligne en profondeur et pêcher dans des eaux plus froides, surtout l’été. La profondeur atteinte par une cuiller à la traîne est toujours difficile à établir. Elle dépend de plusieurs facteurs dont la longueur laissée à la traîne, la résistance et le poids du fil et du leurre, la vitesse de l’embarcation, entre autres.

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Dans l’exemple ci-haut, si le fil sous l’eau est 2 fois plus long que le fil au-dessus de l’eau, on pourrait s’attendre en théorie à ce que la profondeur atteinte soit aussi 2 fois plus creuse que la hauteur de ligne au-dessus de l’eau. Mais en réalité, le fil se courbe à cause de la friction et de la résistance de ce qui est traîné. Un fil plus fin (ligne pointillée au milieu) offrira moins de résistance et se courbera moins qu’un fil plus gros (ligne pâle au-dessus). Par ailleurs, une vitesse plus lente permettra à la cuiller de descendre plus profondément qu’à une vitesse plus rapide car l’effet de résistance est diminué.

On peut effectuer des zigzags en douceur avec l’embarcation pour varier la présentation des leurres. Quand on est 3 pêcheurs, il est possible de traîner jusqu’à 3 lignes différentes à l’arrière de l’embarcation, une ligne au centre et une de chaque côté (les plus longues cannes), en variant la longueur de traîne. Il faut faire attention de ne pas mêler les lignes pendant les virages.

Il est suggéré de vérifier l’état des appâts en ramenant la ligne occasionnellement, surtout si le trajet traverse des zones d’herbier dans lesquels se prennent les leurres.

LA PÊCHE AU LANCER (CASTING)

C’est quoi ?

Une fois qu’on a choisi une station ou une zone pour y concentrer l’effort de pêche, la pêche au lancer consiste à lancer et récupérer à répétition un leurre comme une cuiller. Son avantage (par rapport à la ligne morte) est d’utiliser le mouvement pour provoquer le poisson.

C’est pour qui ?

La pêche au lancer peut être pratiquée du rivage, d’un quai, d’une embarcation.

Il faut maîtriser suffisamment la technique pour éviter d’accrocher les autres pêcheurs à proximité et avoir suffisamment de précision dans ses lancers pour atteindre les cibles visées par chaque lancer. Le mouvement répété est cependant plus difficile pour les jeunes enfants.

Quand est-il préférable de pêcher au lancer ?

Quand on a repéré une station où le poisson répond plus aux offrandes, la pêche au lancer peut être pratiquée soit en laissant dériver l’embarcation au gré du vent et en se repositionnant au besoin, soit en l’immobilisant avec une ancre.

Comment monter sa ligne ?

Le montage pour la pêche au lancer est similaire à celui pour la traîne sauf qu’il est difficile de lancer une ligne munie de plusieurs hameçons sans s’emmêler à quelques reprises. Il est préférable de n’installer qu’une cuiller avec un bas de ligne de 30 à 60 cm de long (12 à 24 po, selon la transparence de l’eau) muni d’un hameçon appâté ou d’une mouche artificielle. Plus la saison avance, plus on choisit un gros format de cuiller (plus lourde également). On peut aussi ajouter une pesée (60 à 90 cm devant la cuiller (24 à 36 po)) pour faire descendre l’offrande vers la bonne profondeur.

Comment pêcher au lancer ?

La technique consiste à balayer la région autour du point de pêche par les lancers et de rejoindre la profondeur appropriée en même temps. On peut compter le temps en secondes après le contact du leurre avec l’eau avant de commencer à ramener le leurre et augmenter le temps d’attente de 2 secondes de plus entre le premier, deuxième, troisième lancer, etc… On s’assure ainsi d’explorer différentes profondeurs.

LA PÊCHE À LA LIGNE MORTE

C’est quoi ?

La pêche à la ligne morte consiste à présenter un hameçon appâté à un poste fixe et à attendre que le poisson le repère et le morde.

C’est pour qui ?

La pêche à la ligne morte convient au pêcheur qui ne veut pas circuler longuement sur un lac ni s’éloigner, à celui qui préfère rester en place (et lire son livre, écouter les oiseaux ou tricoter) ou à celui qui a trouvé un site chanceux où le poisson mord régulièrement. Cette pêche suffit aussi très bien au pêcheur dont le choix d’équipement est limité ou à ceux qui sont accompagnés d’enfants en bas âge.

Quand est-il préférable de pêcher à la ligne morte ?

La pêche à la ligne morte se pratique à toute saison mais est bien adaptée à la période chaude quand le pêcheur doit présenter ses appâts plus en profondeur, là où la température convient mieux à l’omble de fontaine ou à l’espèce recherchée.

Comment monter sa ligne ?

On monte une ligne avec 1 à 3 hameçons (selon l’habileté du pêcheur) garnis d’une proie vivante comme un ver, une sangsue. La ligne se termine par une pesée pour l’amener au fond. Ainsi, une ligne avec 3 hameçons et une pesée comportera 4 attaches qui peuvent être faites sur des boucles (simples ou doubles) nouées dans la ligne principale. Chaque hameçon est monté (avec un nœud Palomar) sur un avançon d’environ 20 cm (8 po) terminé par une boucle. Les avançons sont liés à la ligne principale avec une attache boucle sur boucle et la pesée est enfilé dans la dernière boucle. On laisse environ 45 cm (18 po) entre chaque attache d’hameçon sur la ligne principale et une pareille distance avec l’extrémité où la pesée est fixée. Il ne faut pas que l’appât le plus bas traîne sur le fond pour la pêche à l’omble de fontaine. Cela résulte en une ligne assez longue à lancer. Les attaches boucle sur boucle pourraient être remplacées par des émerillons triples mais les lancers étant peu fréquents, la ligne aura peu tendance à vriller et donc à s’emmêler. C’est pourquoi l’attache boucle sur boucle suffit pour cette technique.

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Utilisation d’un flotteur à la ligne morte

On peut pêcher moins en profondeur que le fond en suspendant la longueur voulue de fil à un flotteur « coulissant ». Une pesée plus légère est alors utilisée. Le flotteur permet aussi de détecter plus facilement les morsures du poisson.

Pour installer un flotteur coulissant, il faut déterminer la longueur de ligne qu’on souhaite laisser sous la surface de l’eau (cette longueur peut varier de 30 cm à plusieurs mètres, soit

1 à plusieurs pieds). À cette distance, on installe un nœud d’arrêt sur la ligne principale (nœud de Grinner comme celui illustré à droite) qui bloquera le flotteur. Une fois serré et les excédents de fil coupés (un coupe-ongle est très apprécié), ce nœud passera dans les anneaux guides de la canne et même sur la bobine du moulinet. Après avoir fait le nœud, on insère une petite bille coulissante en plastique et le flotteur coulissant. Ceux-ci resteront au bout de la canne pour les lancers. Plus bas que le nœud, la bille et le flotteur, on noue les boucles pour attacher les hameçons et la pesée tel que décrit plus haut.

Quand la ligne est lancée, la pesée et les hameçons défilent vers le fond pendant que le fil coulisse dans le flotteur et la bille qui resteront près de la surface. Le fil cesse de coulisser quand la bille butte sur le nœud d’arrêt. Si le flotteur disparait sous l’eau, il faut réduire le poids de la pesée jusqu’à ce qu’il reste en surface. On peut trouver des petites vidéos bien utiles pour la manière d’installer le flotteur ou d’autres trucs et astuces sur le site suivant :

www.aventure-chasse-peche-video.com/categories/54/Felix-Goulet

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Comment pêcher à la ligne morte ?

Il faut rester attentif aux fléchissements soudains du bout de la canne (ou à l’agitation du flotteur) qui indiquent une touche du poisson. Quand la pesée atteint le fond du lac, la ligne prend du mou et il faut alors rétablir la tension. On peut agacer le poisson en donnant occasionnellement un peu de mou et en suivant avec de très petits coups sur la ligne pour rétablir la tension et faire bouger l’appât. On relève périodiquement la ligne pour vérifier l’état de l’appât (il peut avoir été grignoté par le poisson), pour le regarnir et pour repositionner la ligne.

LA PÊCHE À LA MOUCHE

C’est quoi ?

La pêche à la mouche utilise des mouches artificielles (sèches ou noyées) comme leurre et une soie en lieu de fil de pêche.

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C’est pour qui ?

Cette technique demande de lancer et récupérer la ligne à répétition dans un mouvement souple de fouet qui exige de la pratique pour déposer la mouche délicatement sur l’eau avec un minimum d’éclaboussure et une précision adéquate. Il faut avoir pratiqué le mouvement et le maîtriser avant d’utiliser cette technique. Par contre, un pêcheur à la traîne ou au lancer peut aussi attacher une mouche artificielle au lieu d’un hameçon appâté.

Quand est-il préférable de pêcher à la mouche ?

Cette technique est avantagée quand il y a une émergence massive d’insectes et que le poisson ne se gave que de ceux-ci. Il faut alors trouver dans ses mouches artificielles, celle qui imite l’insecte en émergence. La technique est aussi utilisée en rivière car les mouches artificielles travaillent bien dans le courant.

Comment monter sa ligne ?

La pêche à la mouche exige un équipement spécifique (canne, moulinet, fil). On utilise une « soie » en guise de fil et celle-ci se termine par un attachement de longueurs de monofilaments de résistance décroissante. On attache une mouche avec un nœud d’Anguille (Clinch), ou plusieurs en ajoutant des avançons garnis de mouches puis liés boucle sur boucle à la ligne principale. Les mouches les plus utilisées pour l’omble de fontaine sont celles illustrées précédemment. La mouche du jour sera celle qui imite le mieux l’espèce d’insecte en émergence.

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Comment pêcher à la mouche ?

Il faut exécuter plusieurs mouvements de fouet pour positionner la ligne au-dessus de l’endroit où le pêcheur veut présenter sa mouche. Une fois déposée, il ramène lentement sa ligne et la mouche à la surface de l’eau en tirant sur la soie avec la main (le moulinet ne sert pas à la récupération comme sur les autres équipements). En ramenant la ligne, le pêcheur fait travailler sa mouche en petites saccades pour agacer le poisson et lui laisser le temps de venir prendre la mouche. La pêche à la mouche est plus adaptée pour la pêche en surface et en rivière.

PENDANT LA PÊCHE ET LORS DE LA CAPTURE

  • Soyez prudents dans l’embarcation : portez vos vestes de flottaison, ne faites pas de déplacement brusque et si vous ne voulez pas faire peur au poisson, ne faites pas de bruit. En lançant votre ligne, prenez garde de ne pas crocheter vos compagnons de pêche;
  • Quand on lance et récupère la ligne, il faut que le leurre circule à la profondeur fréquentée par le poisson en ajustant le poids installé sur sa ligne et en adaptant la vitesse à laquelle on ramène le tout vers l’embarcation en moulinant;
  • Peu importe la technique de pêche choisie, il faut toujours conserver une tension sur sa ligne pour sentir l’attaque du poisson et ferrer la prise au bon moment. Il faut aussi maintenir la tension en ramenant la prise pour éviter qu’elle ne se détache de l’hameçon;
  • Quand vous sentez une touche, laisser une seconde au poisson pour avaler l’appât avant de le ferrer en redressant la canne vivement;
  • Garder votre canne relevée en ramenant la prise si le poisson reste au fond de l’eau, elle absorbera mieux les coups ; baissez votre canne de côté au fil de l’eau si le poisson reste en surface et cherche à sauter hors de l’eau. Gardez la tension sur la ligne. Ajuster le frein du moulinet si nécessaire;
  • Si la récupération est difficile, soyez patient ; récupérez le poisson en redressant la canne puis embobinez le fil gagné sur votre adversaire tout en abaissant la canne et recommencez la manœuvre;
  • Quand le poisson arrive près de l’embarcation, redoublez de prudence et restez patient. Ne le laissez pas se cogner sur l’embarcation ou la puise, il pourrait se détacher. Puisez-le quand il faiblira ou balancez-le prudemment en hauteur dans la chaloupe sans heurter le bord de l’embarcation. Si vous prévoyez remettre le poisson à l’eau, il est préférable de couper ou d’écraser l’ardillon des hameçons avec des pinces pour éviter de le blesser sérieusement;
  • Mouillez votre main avant de manipuler le poisson pour protéger sa peau et le mince mucus qui la protège;
  • Laissez les ombles dans l’eau pour enlever l’hameçon, une main sous l’abdomen ; les branchies sont très fragiles, ne les touchez pas;
  • Assurez-vous que le poisson libéré est en bonne condition et capable de nager à nouveau;
  • Un omble qui subit une blessure profonde et qui saigne a peu de probabilité de survivre; il est préférable de le conserver et de le compter dans votre limite quotidienne;
  • Pour les autres espèces, un hameçon piqué trop profondément dans la gorge pour être enlevé peut être laissé dans le poisson en coupant la ligne près de l’hameçon. Le poisson pourra « digérer » l’hameçon qui disparaîtra et la blessure cicatrisera. Cette solution est préférable à une blessure fatale au poisson.

LA REMISE À L’EAU DU POISSON

Saviez-vous que l’activité du poisson peut changer selon l’heure du jour, selon une cadence que l’on nomme le « rythme nycthéméral ». C’est la quantité de lumière qui dictera son niveau d’activité. Souvent, l’activité du poisson est plus intense à l’aube et au crépuscule et c’est aussi le moment où la pêche sera la meilleure.

LA MANIPULATION DU POISSON : CONSERVATION, NETTOYAGE (ÉVISCÉRATION), CUISSON

  • Le pêcheur doit apprendre à manipuler le poisson pour éviter les blessures. Il existe des gants destinés au pêcheur qui améliorent la prise du poisson pour ne pas l’échapper. Chez les espèces qui n’ont pas de dents coupantes, le pêcheur peut les saisir par la mandibule de la gueule (partie inférieure);
  • Certains poissons ont des rayons épineux sur des nageoires ou près des opercules. On peut les saisir par la tête pour rabattre les épines vers l’arrière du corps (voir illustration ci-bas);
  • Une fois le poisson maîtrisé ou à bord, il faut lui retirer le leurre ou l’hameçon de la gueule. Une paire de pinces à long nez est très utile pour retirer l’hameçon en évitant de se blesser et en épargnant la sévérité de la blessure au poisson. Sortez la pointe de l’hameçon vers l’arrière puis ramenez le tout hors de la bouche. Il pourra ainsi rester en vie plus longtemps, surtout s’il est petit et qu’on veuille le remettre à l’eau;
  • Une fois le poisson capturé, il faudra le conserver en bon état si on veut le préparer et le manger plus tard. Le mieux est de placer les poissons au froid dans une glacière. En été, il est difficile de garder en bon état des ombles de fontaine vivants. La chair du poisson est délicate et supporte mal d’être laissée à la chaleur pendant toute une journée de pêche;
  • Il est possible d’attacher les poissons pour les garder vivants dans l’eau (les espèces qui vivent en eau fraîche ou chaude). Une chaine munie de cerceaux à crochet est une option si on peut l’attacher dans l’eau. Il faut passer le cerceau dans la gueule du poisson et le faire sortir par la fente des branchies puis le refermer. Gardez à l’esprit que l’eau des lacs peut être plus chaude en surface qu’à la profondeur de confort du poisson. Cette solution est donc temporaire (partie de la journée seulement) et met
  • les branchies en difficulté. Maintenez les captures à l’ombre si possible;
  • Il existe aussi de paniers grillagés qui peuvent être attachés dans l’eau pour y mettre les poissons si ceux-ci sont de taille modeste (15 à 30 cm environ). Il faut s’assurer de très bien attacher la chaîne ou le panier au bateau ou à la rive sans quoi on risque de perdre ses prises qui en plus resteront captives au fond de l’eau;
  • À la fin de votre pêche, n’oubliez pas d’enregistrer vos prises, même celles déjà mangées !

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À la fin de la pêche, il faudra nettoyer et préparer le poisson pour la cuisson. La technique minimaliste consiste qu’à ne vider l’abdomen (le ventre) du poisson en l’ouvrant avec un couteau pointu pour retirer les organes qu’il contient. Cela peut suffire si le poisson en entier tient dans la poêle ou sur le gril. Un examen de l’estomac permettra de savoir quelles sont les proies du poisson à cette période de la saison. Dans le cas de l’omble de fontaine, la peau et même la tête peuvent être conservées car les écailles sont très petites et imperceptibles. La peau se séparera facilement après la cuisson et permettra d’éviter une cuisson trop forte de la chair.

Le poisson peut être épongé avec un essuie-tout ou un linge, roulé dans la farine et frit à la poêle dans un corps gras. On peut l’assaisonner à son choix de sel, de poivre, d’oignon, de citron. Il ne faut pas trop cuire la chair. La cuisson est terminée quand celle-ci commence à se détacher en lamelles, à la fourchette.

Une autre technique consiste à rouler le poisson nettoyé dans une double épaisseur de papier aluminium. Il peut être garni de beurre, de tranches d’oignons, de citron ou de tout autre assaisonnement selon vos goûts, votre imagination et ce que vous avez sous la main. Il pourra cuire ainsi dix à vingt minutes au four selon la grosseur de la pièce.

Certains préfèreront ne prélever que les filets sur le poisson rond. Votre couteau à fileter devra être très bien affûté. On se blesse plus facilement avec un couteau qui coupe mal qu’un autre qui coupe bien. Certains poissons devront être écaillés si vous laissez la peau pour la cuisson.

Il faut d’abord tailler le côté en oblique, du haut de la tête derrière l’opercule jusqu’à la colonne vertébrale ; ensuite on entaille le dos par le milieu pour séparer chaque côté de la colonne et des arêtes. On laisse en place l’abdomen et les viscères. La peau peut être laissée ou enlevée. On sépare la chair de la peau en plaçant le filet côté peau sur la planche et en glissant la lame du couteau à la jonction de la peau et de la chair, de l’avant vers l’arrière.

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La pêche est une activité formidable pour prendre contact avec la nature et vivre des moments agréables en famille et entre amis.

Elle constitue une occasion de découvertes et d’émerveillement. Le réseau des réserves fauniques vous offre le décor idéal pour vivre ces moments privilégiés. La Société des établissements de plein air du Québec qui les gère ne ménage pas les efforts pour améliorer la qualité du milieu et de la pêche. Depuis plusieurs années, des travaux sont réalisés pour aménager des habitats plus productifs. Lorsqu’ils sont exploités, les poissons offrent une valeur économique appréciable qui permet les investissements nécessaires à la restauration de leurs habitats dégradés. Par ailleurs, les poissons servent aussi d’espèces sentinelles pour évaluer la qualité de l’environnement dans lequel l’humain évolue également. Sachez en profiter et assurez-vous que les autres pourront aussi partager ce plaisir.

La germination

Faire germer des graines en voyage devient intéressant dès lors que la durée du séjour dépasse la durée de vie des légumes à manger cru. Le procédé est simple : on met les graines à tremper dans une gourde durant 12 heures environ. Puis on remplace le bouchon de la gourde par un filet ou un morceau de moustiquaire fixé par un élastique, et on vide la gourde de son eau. On baigne ensuite les graines deux ou trois fois par jour, le temps de remplir et de vider de son eau la gourde qu'on coince dans les bagages ou sous un ballon de pointe de canot. Les jeunes pousses font leur chemin hors de la semence pour donner une verdure vigoureuse qui rendrait la santé à un scorbutique !

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La germination de lentilles donne un bon volume de pousses qui sont délicieuses seules, en vinaigrette ou mélangées à la carotte râpée par exemple. Plus frêles, la luzerne, l'amer fenugrec et la fève Moong sont également de bons sujets à la germination. Plus lourd et plus farineux, le pois chiche est au nombre des candidats.

Le temps de germination est variable d'une graine à l'autre en fonction des caprices de la température. Même la robuste lentille, qui prend normalement de six à sept jours pour donner une belle pousse verte, ne germera pas ou timidement sous des températures inférieures à 15° C environ.

Graines germées : vitalité hiver comme été !

Des aliments gorgés de vie

Nous ne sommes pas tous jardinier, néanmoins nous avons tous besoin d'aliments vivants et frais pour nourrir notre corps. Pendant toute l'année, et particulièrement pendant la saison froide, les jeunes pousses et les graines germées, ces mini végétaux que chacun peut faire pousser facilement chez soi sont un vrai don de la nature pour nous aider à conserver notre vitalité.

Décrites par E. Bordeaux Szekely comme étant dans leur phase “Biogénique”, c'est à dire qui génère la vie, les graines en croissance voient leurs processus biochimiques accélérés par la germination. Ces aliments crus extraordinaires sont encore vivants au moment où  nous les portons à notre bouche, ils nous transmettent alors tout leur potentiel vital. Les photos ci dessous permettent de visualiser l'énergie vitale des aliments. .

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Photo Kirlian d’une lentille germée crue
Copyright Christopher Wodtke www.kirlian.com

Photo Kirlian d’une lentille germée 
cuisson douce 2/3 minutes à 60°C
Copyright Christopher Wodtke www.kirlian.com

Pour préserver toute la vitalité des graines, on préfèrera les consommer à l'aide de couverts non métalliques : couverts ou baguettes en bois; récolte des jeunes pousses à l'aide d'un couteau en céramique.

Les graines germées : de nombreux bénéfices

Les bénéfices des graines germées sont innombrables : la production de graines germées est locale et écologique, pas de transport ni de transformation, disponibilité toute l'année les graines sont bon marché, ce sont les aliments qui, avec les algues sont situés le plus bas dans l'échelle alimentaire, et de ce fait, ne concentrent pas les polluants.

Leur profil nutrionnel surpasse celui de pratiquement tous les aliments que nous mangeons couramment

Leur disponibilité est presque immédiate : inutile de semer et d'attendre de longues semaines pour obtenir une récolte qui peut être incertaine : en quatre jours vos graines sont là. Une semaine de plus et vous avez de superbes jeunes pousses.

Les graines germées sont faciles à faire pousser et nécessitent peu de place.

Décoratives, elles sont aussi pédagogiques pour les enfants qui peuvent semer et récolter la même semaine.

Enfin, les graines germées ont de véritables vertus thérapeutiques et sont utilisées à cette fin dans de célèbres centres de santé comme l'Institut Hippocrates en Floride depuis plusieurs décennies

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Les jeunes pousses

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Une jeune pousse est une graine germée qui a produit deux foliole vertes.

Le profil nutritionnel des jeunes pousses est souvent complémentaire de celui des graines germées car il comporte de la chlorophylle qui résulte de  la transformation de l'énergie solaire. Cette chlorophylle possède une structure moléculaire très proche de celle du sang (le noyau “fer” de l'hémoglobine est remplacé par un noyau “magnésium” dans la chlorophylle). Dans les jeunes pousses, l'énergie solaire est rapidement disponible au corps humain pour la régénération et la guérison des cellules.

Une graine particulièrement intéressante à produire en jeune pousse est le tournesol. Il faut pour cela disposer de tournesol oléagineux non décortiqué (petites graines noires   sans striures blanches). Le tournesol possède une teneur exceptionnelle en acides gras polyinsaturés (66% des lipides totaux), en protéines (28% du poids total avec tous les acides aminés essentiels), et en vitamines, en particulier la vitamine D.

Cette richesse, notamment en acides gras polyinsaturés la rend aussi très fragile et sensible. Les jeunes pousses de tournesol doivent être régulièrement humidifiées et doivent bénéficier d'une bonne oxygénation pour ne pas développer de moisissures.

Il sera ainsi préférable de la faire pousser sur terreau en plateaux à l'extérieur ou bien à l'intérieur, sous atmosphère humide et ventilée, dans un germoir automatique.

Une graine plus facile à faire pousser en jeune pousse est le sarrasin non décortiqué, qui donnera de très beaux plateaux dont on pourra utiliser les pousses en salades.

Des trésors nutritonnels assimilables par le corps facilement et rapidement.

Les graines germées contiennent une réserve de nutriments en dormance capable de donner vie à une plante entière. Ces nutriments sont stockés sous la forme de molécules de taille importante et les processus enzymatiques sont maintenus en dormance grâce à différents inhibiteurs d'enzymes.

Dès que la graine rencontre des conditions favorables à sa germination, les inhibiteurs d'enzymes sont libérés dans l'eau et des processus biochimiques très complexe rentrent en jeu, on va observer l'apparition de nouveaux nutriments et la transformation de ceux déjà présents :

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Teneur en minéraux, en mg pour 100g, dans le Blé pour 100g (en mg)
extrait de “Vitalité et graines germées” Ludmila de Bardo éditions Vert Océan

  • L'amidon de réserve est transformé en sucres simples, assimilables plus facilement.
  • Les protéines sont décomposées en acides aminés, eux aussi assimilables sans effort de digestion.
  • Les lipides sont fragmentés en acides gras directement assimilables au niveau de l'intestin grêle.

Les taux de vitamines augmentent de façon spectaculaire :
Vitamines contenues dans du blé germé à 5 jours de germination.
B1 + 20%
B2 + 300%
B3 + 40 à 50%
B6 + 200%
C + 500%
A : + 225%

Les minéraux contenus dans les graines germées sont en plus forte concentration  dans une structure chélatée (activée) qui facilite leur bio-disponibilité.

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Teneur en vitamines (mg/kg) avant 
et après 5 jours de germination - blé

extrait de “Découvrez les graines germées, livre de culture” 
Marcel Monnier éditions Vivez Soleil

D'autres substances bénéfiques apparaissent lors de la germination : phytonutriments, enzymes, oligoéléments ainsi que la chlorophylle.

Les substances inhibitrices : pourquoi est il indispensable de faire tremper toute graine ?

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Toute céréale, légumineuse ou graine oléagineuse consommée sous une forme non trempée ou germée possède des substances inhibitrices spécifiques qui immobilisent les réserves des graines. On a pu observer qu'après 24 heures de mise en germination, ces substances nuisibles à la santé sont désactivées ou dégradées. Cette dégradation est très importante, et c'est la raison pour laquelle il est vivement conseillé d'utiliser des germoirs dans lesquels de l'eau pure est distribuée pour chaque plateau indépendamment.

Les anciens avaient pour habitude de faire tremper leur céréales et légumineuses une nuit avant de les consommer.

Les deux principales substances qui inhibent la germination sont :

  • L'acide phytique contenu dans les céréales : il s'associe avec le calcium et le fer  pour former des phytates qui sont des sels insolubles éliminés par les selles. Cette élimination de calcium et de fer est source de déminéralisation.
  • Les inhibiteurs de protéase des légumineuses bloquent l'action de la trypsine (une enzyme de dégradation des protéines en acides aminés secrétée par le pancréas) sur les protéines et empêchent la segmentation des protéines végétales contenues dans les végétaux. Pensez donc bien à faire tremper une nuit vos graines ainsi que toutes les céréales, légumineuses, amandes, noisettes...etc que vous consommez : elles n'en seront que plus digestes et assimilables.

Quel type de germoir choisir ?

Pour le voyage : les sacs à germer

Populaires aux USA (“sprouting bag”) mais encore difficiles à trouver en France, les sacs à germer sont en lin ou alors en tissu type rideau ou moustiquaire et peuvent facilement être réalisés à la main. Ils permettent de faire tremper des graines, puis de les transporter facilement en voyage ou en randonnée.

 

Germoirs type “plateaux” : Très pratiques. Néanmoins il faudra avoir à l'esprit que les plateaux inférieurs reçoivent des eaux de rinçage des plateaux supérieurs.

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a) Germoirs en terre cuite

La porosité de la terre cuite permet de conserver une bonne humidité de l'ensemble, l'eau circulant par capillarité entre les plateaux. Les plateaux étant poreux et humides, le système est “auto réfrigérant” en cas de chaleur. La porosité est aussi un inconvénient, en effet, ces germoirs doivent bénéficier d'une hygiène irréprochable. Notamment, en cas de moisissures, les spores microscopiques peuvent facilement se loger dans ces micro espaces et sont difficiles à éliminer sans un nettoyage rigoureux.

b) Germoir en matière plastique

Même si le plastique est issu du pétrole, ce type de germoir est un bon compromis pour commencer. On veillera à choisir un modèle qui possèdera une aération correcte, une hauteur suffisante au niveau du dernier plateau pour réaliser des “jeunes pousses”, une forme circulaire régulière et des orifices de forme conique au niveau des plateaux pour permettre un nettoyage facile entre chaque utilisation. Il est préférable de réaliser la phase de trempage à l'extérieur de ce type de germoir.

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Germoirs en verre

Pratiques, peu encombrants et faciles à emporter avec soi, ces germoirs munis de grilles en matière plastique ou en métal sont aussi à réserver aux graines de taille moyenne ou importante. Intelligemment conçus, ils permettent d'intégrer la phase de trempage qui sera suivie de la phase de germination dans un seul et même récipient, ce qui évite ainsi les manipulations.

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Germoirs automatiques

Les graines germent dans des conditions idéales. Elles sont arrosées avec une eau propre et dynamisée et ventilées automatiquement plusieurs fois par jour. Leur vitalité et leur saveur est incomparable. Il suffit de les disposer sèches dans les plateaux et de les récolter quelques jours plus tard. Un modèle transparent, fermé et suffisamment haut permettra tant la culture de graines germées que celle des jeunes pousses ou de l'herbe de blé ou d'orge.

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Une recette originale et rapide : le pâté de tournesol germé

A préparer au dernier moment si possible, se garde 1 à 2 jours

Passez l'ensemble de ces ingrédients dans votre robot hachoir (avec une lame en S) :

Une tasse (250ml) de graines de tournesol trempées une nuit. Si cette recette est pour le diner, vous pouvez laisser germer vos graines pendant la journée

1 petit oignon
1 gousse d'ail
1/2 botte de persil
1 cuillère à soupe de shoyu ou de tamari
1 jus de citron
1/3 de poivron ou autre légume de saison
1 pointe de couteau de curry

(photo ci contre : rouleaux de concombre fourrés au tartare d'algues marine).

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