Rocky Mountain oysters

Voici l’une des spécialités du Colorado. On appelle ça des « Rocky Mountain oysters », soit des « huîtres des montagnes rocheuses ». Méfiez-vous, car là, nous sommes bien loin de la mer.

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Vous ne remarquez rien à l’image !!!

Tout ce qui marche, nage, rampe, ou vole peut être mangé. Il suffit d’avoir une large ouverture d’esprit et un estomac qui vous le permet. Bien sûr, certaines personnes sont capables de tout manger. Les Rocky Mountains Oysters (littéralement « les huîtres des Rocheuses », la fameuse chaîne de montagnes du centre-ouest des Etats-Unis), également connues sous le nom de « huîtres des prairies », « tendre entrejambe du Montana », « caviar du cow-boy », ou encore « bœuf endiablé », sont de véritables gourmandises dans le Western.

Mais que sont exactement les Rocky Mountain Oysters ?

Elles sont cette partie du taureau qui est retirée pendant sa jeunesse afin qu’il puisse ainsi être plus docile, plus charnu, et se comporter de manière moins virile. Lorsque les veaux sont marqués, les testicules sont coupés et jetés dans un seau d’eau. Ils sont ensuite pelés, lavés, roulés dans la farine et le poivre, et frits dans une poêle. En France on appelle ça des animelles.

Ils sont considérés comme étant une authentique spécialité et un délice gustatif. À l’instar d’autres abats, les Rocky Mountain Oysters peuvent être cuits de diverses manières : entièrement frits, coupés en larges ou fines lamelles, ou marinés.

Manger les organes génitaux des animaux remonte à l’Antiquité romaine, où l’on croyait que la consommation de l’organe d’un animal sain pourrait soigner l’organe correspondant de la personne malade. En raison de cette croyance, cette pratique s’est poursuivie jusqu’à nos jours, en particulier en Asie, où les organes génitaux des animaux sont considérés comme un aphrodisiaque. Elle fut également très populaire en Europe.

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Les gens originaires de la région des Rocky Mountain ne sont pas trop délicats. Les festivals de « testicules » sont organisés chaque année au printemps et à l’automne dans le Montana. Si vous ne pouvez pas vous rendre à l’un de ces festivals, de nombreux restaurants et bars dans le Montana, l’Idaho, et le Kansas servent les Rocky Mountain Oysters toute l’année.

Comment préparer les Rocky Mountain Oysters ?

Si la spécialité vous tente, vous pouvez la cuisiner vous-même.

1. Avec un couteau bien aiguisé, divisez la peau très dure qui entoure chaque testicule. Retirez la peau (vous pouvez enlever la peau facilement si les testicules sont gelés, puis pelez-les pendant la décongélation). Soit vous préférez les cuisiner entières soit vous les coupez en lamelles. Placez-les dans une grande casserole avec assez de bière pour les submerger, couvrez, et laissez reposer 2 heures.

2. Dans un bol, mélangez les œufs, la farine, la semoule de maïs, le sel et le poivre.

3. Retirez les testicules de la bière, égouttez-les, et faites-les paner soigneusement avec le mélange de farine. Puis, dans une grande casserole profonde, chauffez l’huile à 190 degrés. Faire frire 3 minutes ou jusqu’à coloration dorée (jusqu’à qu’ils remontent à la surface). Égouttez sur du papier absorbant.

4. Servir chaud avec la sauce de votre choix (épicée de préférence).

Finalement, ça a l’air appétissant ! Tout le monde pourrait le manger sans savoir ce que c’est réellement. Le mangeriez-vous ?

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Finalement, c’est au Buckhorn Exchange à Denver, un resto hors du temps, que nous allons déguster ce plat.

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Sur la porte, un vieux panneau en bois : « Welcome. This is the place. Cause there’s no place just like this place anywhere near this place » (Bienvenue. C’est l’endroit. Car il n’y a pas d’endroit comme cet endroit où que ce soit près de cet endroit »).

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Ce bâtiment, c’est le Buckhorn Exchange, le plus vieux restaurant de Denver, l’un des plus vieux des Etats-Unis, est. in 1893. Et on se rend vite compte que pas grand chose n’a bougé depuis cette époque. Même le garçon à l’accueil semble tout droit sorti d’un Sergio Leone.

L’intérieur ressemble à une cabane de chasse. Du bois sombre, et 500 animaux empaillés garnissent les murs. Désolé pour les végétariens mais il faudra passer son chemin. Mountain lion, elk, moose, mule deer, faucon, même un jackalope (créature imaginaire entre antilope et jackrabbit)… Il y en a de partout. On nous installe dans l’annexe (plus récente, snif), à l’étage. On commande deux bières locales, on nous donne les menus, qui ressemblent à de vieux journaux (« Osage gazette »). On en apprend un peu plus sur le Buckhorn Exchange.

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Buffalo Bill, Teddy Roosevelt et JFK

En novembre 1893, Henry H. « Shorty scout » Zietz a ouvert un saloon dans ce bâtiment qui avait été construit en 1886 par la Neef Brothers Brewing Company. Fréquenté par les ouvriers du chemin de fer, travaillant de l’autre côté de la rue, il a changé plusieurs fois de nom pour devenir le Buckhorn exchange. La légende voudrait que Zietz eût été à la fois un frontiersman, un porte-flingue de Buffalo Bill, un guide de chasse pour le président Theodore Roosevelt (un buffalo du Cap tiré par Teddy orne l’un des murs) et qu’il aurait travaillé dans les mines de Leadville, qui appartenaient au sénateur Horace W. Tabor.

Shorty s’est occupé du saloon jusqu’à sa mort en 1949, moment où son fils Henry Jr. (également avide chasseur de gros gibier) est devenu propriétaire. Pendant trois générations, la famille Zietz a collectionné des centaines de trophées de chasse, armes à feu d’époque, des artifacts indiens, des photos et plein d’objets western, qui sont aujourd’hui exposé dans le restaurant.

En 1978, ce dernier a été vendu à un groupe de Denverites mené par Roi Davis. Ils ont rénové avec précaution et restauré cette pièce importante de l’histoire du Colorado. L’intérieur original a été conservé, y compris le bar en chêne blanc , datant de 1857, qui venait de la taverne de la famille Zietz a Essen en Allemagne. La licence d’alcool numero 1 de l’état du Colorado trône derrière ce bar, qui est à l’étage. Au fil des années, le Buckhorn, réputé pour ses steaks et ses repas de chasse, a accueilli des gens célèbres (Bob Hope, Charlton Eston), des têtes couronnées, un épisode de « Man vs. Food », des présidents (Reagan, Carter, JFK, gros tippeur) et des morceaux de l’histoire US, tels Buffalo Bill ou Sitting Bull (qui a offert un aigle empaillé). Bref, ce n’est pas n’importe quel restaurant.

Paradis pour carnassiers

La carte envoie du lourd pour les carnivores. Queue d’alligator, saucisses de buffalo, ribs, boeuf, cerf, saumon, canard, yak, poule de cornouailles… Paradis pour carnassiers mais cauchemar pour portefeuilles. Comptez 56 dollars pour un T-bone… Pour arroser ça, vous pouvez choisir un Dom Perignon à 200 bucks la bouteille.

Mais reconcentrons nous sur notre objectif. Et on passe commande : Rocky Mountain Oysters en entrée, ribs et… oh… du rattlesnake (serpent à sonnette), histoire de faire le mélange le plus étrange qu’ait connu notre estomac.

Les « Oysters » sont à 8 dollars la demi-portion (la couille ?), 12,5 $ l’entière et sont servies avec des sauces cocktails et horseradish. Pour l’aspect, ça ne ressemble pas à une glinche. Les testicules de taureau sont découpées en lamelles puis frites. Du coup, avec cette manie de frire un peu tout ce qui passe, le goût n’est pas très prononcé (entre foie et veau). La texture, elle, oscille entre calamar et veau. Un petit air de cousin éloigné d’andouillette aussi. Au final, c’est plutôt bon. Mais ça reste sur l’estomac (peut-être parce qu’on n’est pas très fiers et qu’on a du mal à assumer).

Pour la suite, les ribs, on connaît. De l’autre côté de la table, il y a le serpent. Emietté sur un gratin ultra-creamy (citronné) et accompagné de nachos, on est très proche du poisson (et de l’alligator). La serveuse nous explique que c’est donc du rattlesnake d’élevage, qui vient d’Arizona.

Pour le prix, pour deux bières, les Oysters, deux plats, deux salades, on en a eu pour 90 dollars. Assez cher. Mais le cadre, nom de dieu…

Le verdict

4 morfalous pour l’expérience et surtout pour le décorum. Ce restaurant, véritable morceau d’histoire, est un must-see à Denver.

Le coin pratique

L’adresse : The Buckhorn exchange, 1000 Osage street, Denver (Colorado). Réservation plus que conseillée. 

Le site  : http://www.buckhorn.com/

Merci à http://alafindelaroute.com/

 

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