La nature de notre immigration, passée et présente (1905)

Notre immigration est peut-être la question publique la plus débattue et la moins comprise qui se pose actuellement à la population. D'un côté, une partie de nos citoyens prétendent que toutes sortes de maux économiques et sociaux doivent être attribués à l'immigration. Les partisans de l'autre camp sont eux certains que la croissance et le progrès de la nation sont dus à ces races étrangères. Les arguments pour et contre ont généralement pour but de démontrer un cas particulier et, en tant que tels, ne sont pas toujours fiables.

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1954. Manhattan apparaît au loin derrière une fenêtre d'Ellis Island. Trois jeunes filles, une Sicilienne, une Chinoise et une Espagnole commencent à étudier l'anglais et l'histoire américaine en attendant de passer les formalités de douane et de naturalisation.

Les uns et les autres tombent néanmoins d'accord sur une chose, à savoir que, pour les pauvres d'Europe, l'Amérique est synonyme de tous les possibles." (…)

Les migrations ont plusieurs origines : c'était la famine, ou le goût des conquêtes, qui poussait les gens à prendre leurs affaires et à s'aventurer dans des contrées inconnues.

L'ambition inspirait certains; les persécutions religieuses, les révolutions en inspiraient d'autres; tandis que l'attrait de l'or restait toujours un facteur déterminant. (…)

Un nouveau type de migration a commencé avec la découverte de l'Amérique et la nouvelle route vers l'Inde au large du cap de Bonne-Espérance, que l'on peut qualifier de colonisation. (…)

L'intention des immigrants européens était de construire un pays qui serait autosuffisant et jouirait de la même civilisation que leur patrie. En même temps, ils ne s'en séparaient pas, mais restaient sous son emprise politique. Les relations entre les deux pays étaient dans l'ensemble amicales et loyales. Ils restaient des "Français", des "Anglais" ou des "Hollandais", comme ils l'avaient été chez eux. Le statut d'"Américain" n'existait pas encore. Il n'est pas exagéré de dire que les migrations des siècles compris entre le XVème et le XIXème ont entièrement modifié l'aspect de la planète. (…) Cette colonisation a jeté les bases du commerce mondial et apporté les produits de toute la terre aux habitants de l'Europe; elle a multiplié par dix l'échelle des choses. Elle a fait davantage : elle a changé la position relative des nationalités; elle a imposé la race et la langue anglaises dans le monde entier. (…) Les Huguenots, venus de France après la révocation de l'édit de Nantes, ont formé une importante colonie dans le Sud. (…)

Ce mélange de sang et de races diverses a engendré ce qui est reconnu comme le caractère national le plus grand du monde civilisé, et l'amalgame des idées a eu un effet considérable sur le caractère immuable des institutions dont nous disposons aujourd'hui. (…)

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Au milieu des années 1950, des réfugiés entrent dans le port de New York. Grâce au Refugee Relief Acte de 1953, des milliers d'Européens peuvent émigrer aux Etat-Unis à certaines conditions. A leur arrivée, ils peuvent bénéficier d'une aide pour s'installer dans leur nouveau pays. 

Les immigrants subissaient des traitements qui nous sembleraient incroyables aujourd'hui. La plupart d'entre eux ne pouvaient payer leur voyage, et étaient vendus à leur arrivée par les compagnies maritimes. Pendant tout le XVIIIème siècle, le prépaiement du voyage était une exception, et donc l'esclavage la règle.

Il n'y a jamais eu qu'une Ellis Island au monde

Racialement, en termes numériques, ce sont les Italiens qui, l'an passé, furent les plus nombreux à entrer sur le territoire, avec 196.208 arrivées. (…) Les Hébreux arrivent derrière, avec 106.236 personnes qui, à l'exception de quelques centaines, appartiennent à la branche de cette race qui, durant des siècles, a trouvé asile en Russie, en Autriche et en Roumanie. (…) L'immigration polonaise est aujourd'hui d'environ 67.000 individus par an, également répartie entre la Russie et la Galicie d'Europe centrale, un millier venant des provinces polonaises d'Allemagne. (…) L'immigration grecque est essentiellement constituée de garçons et de jeunes hommes, avec une seule femme pour trente hommes. (…)

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Depuis le début, il y a eu une lutte constante pour l'assimilation entre les races, et la capacité d'absorption des Etats-Unis s'est montrée supérieure à celle de tout autre pays, à la seule exception de la Chine. Par contre, l'assimilation des Chinois est impossible. Leur fécondité et leur manque d'intérêt pour toute autre civilisation que la leur, leurs us et coutumes, ainsi que leur refus d'admettre de nouvelles idées ne leur en donnent pas l'occasion. (…)

Il n'y a jamais eu qu'une Ellis Island au monde; aucun autre pays n'a son équivalent, parce qu'aucun n'offre les incitations aux pauvres de la planète comme nous le faisons. Rendons grâce à Dieu pour cet état de fait et prions pour que nous soyons capables de le maintenir ainsi, pour que le XXème siècle apporte à l'Amérique la concrétisation de tous ses espoirs, et que le niveau de progrès et de liberté que son histoire a insufflé soit la torche qui éclairera le monde sur la même voie. (…)

 

 

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