Look fifties and sixties (1)

A la fin de la seconde guerre mondiale, les gens étaient habitués à vivre avec le minimum.

En France, bien que le rationnement fût toujours en place, les choses commencèrent à changer à partir du New Look, quand Dior officia pour les femmes en 1947.

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En effet, le 12 février 1947, la première collection de la marque Dior, une nouvelle maison de couture, Christian Dior, financée par l’industriel du textile Marcel Boussac, présente à Paris sa première collection. Sa ligne de robes baptisée « Corolle » connaît un succès immédiat. Dès le premier défilé, les critiques sont unanimes : un nouveau style est né, c'est le "New look".

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Le New Look est marqué par une taille très marquée et des épaules rondes.

La maison Christian Dior sublime la femme dans une période noire d’après-guerre. Grâce à cette maison de couture, la féminité est réinventée avec des jupes laissant dépasser les jambes, des tailles cintrées ou des poitrines hautes.

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Sa ligne Corolle stylise une femme en rupture avec la « femme-soldat » qui, selon Dior, domine encore l’après-guerre : sa « femme-fleur » a, elle, les épaules petites et rondes, la poitrine haute et affirmée, la taille fine soulignée par des hanches marquées. Ce corps regalbé est paré d'atours luxueux, la jupe est rallongée de 20 centimètres. La directrice de Harper's Bazaar parle d’un « new look », adoubant ainsi une féminité opulente et décorative.

S'inspirant du second Empire, Dior restaure des artifices de construction (tissus doublés de percale, corsages bustiers à baleines, jupons gonflant la robe, paddings aux hanches, guêpières et corsets) qui effacent l'héritage de la génération anti-corset Poiret-Chanel-Vionnet. La générosité des métrages du new look, la « main » de ses tissus à armure serrée (satins, taffetas, ottomans, velours) en réaction aux ersartz sans tenue de la guerre, la richesse de ses broderies, affranchissent les femmes, de manière encore irréelle, d'années de privations et de restrictions.

Ce déploiement d'étoffes ne fut pas sans accrocs : mannequin assaillie par des ménagères de la rue Lepic à Paris, manifestations hostiles au Little Below the Knee Club aux États-Unis, où Dior effectue une tournée en 1947. En 1948, avec la fin de la pénurie, le new look triomphe. Il meurt officiellement en 1954 quand Christian Dior crée la ligne H qui décintre la taille.

La mode des années 1950 prend une nouvelle tournure à la fin de la décennie. En 1957, Hubert de Givenchy présente les robes « Sack », aux lignes droites.

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L’année d’après, quelques mois après la mort de Christian Dior, son remplaçant Yves Saint Laurent présente la collection « Trapèze » dont les robes sont droites et triangulaires, suivie la même année par les premières robes Empire, serrées sous la poitrine et au tombé droit.

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À l’approche des années 60, Mary Quant raccourci notablement ses robes et commence à introduire la minijupe qui deviendra l’un des plus gros phénomènes des Sixties.

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Aux Etats-Unis, la mode des années 50 est synonyme de grâce et d’élégance : Hollywood est en pleine expansion avec des films à succès comme "Certains l’aiment chaud" et les actrices glamour imposent leur style de pin-up voluptueuse. Avec ses longs gants en satin, son porte-cigarette et son diadème, Holly Golightly incarne à la perfection le style glamour. Audrey Hepburn devient l’égérie de Givenchy, le grand couturier va d’ailleurs créer ses tenues dans Diamants sur canapé. Cette tenue, l'une des plus inoubliables du cinéma, est signée Hubert de Givenchy. "Nous avons vécu quarante ans d'amitié amoureuse", confie-t-il.

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Rarement une actrice aura été autant le symbole du charme, de la beauté, de l'élégance, et une icône de la mode. L'inverse, un mannequin devenu une grande actrice, n'étant encore jamais arrivé. La petite robe noire, les lunettes de soleil et le collier de perles de Diamants sur Canapé sont inoubliables. Et que dire des ensembles qu'elle a portés dans Sabrina, Deux Têtes Folles et Drôle de frimousse ?

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Le charme et l'élégance d'Audrey étaient à l'opposé d'actrices de la même époque comme Marilyn Monroe ou Elizabeth Taylor. Monroe par exemple, était considérée comme le plus grand sexe symbole de son temps grâce à se formes généreuses. En comparaison, Audrey était jugée trop grande et trop maigre par rapport aux cannons de la beauté des années 50. Mais elle avait le don d'attirer les regards et de séduire tout le monde, hommes et femmes confondus, par son visage, son regard, son port de tête royal, ses bonnes manières et son éducation toute aristocratique.

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Elle ne dégageait pas un sex-appeal évident, et pourtant elle était le symbole de la féminité.

Avant même son association bienheureuse avec son grand ami et célèbre couturier Hubert de Givenchy, elle avait déjà marqué et influencé le monde. Quelle femme dans l'histoire a autant influencé le choix des autres femmes, à part peut-être Jacqueline Onassis, la Princesse Diana ou Coco Chanel ?

Audrey Hepburn a porté des vêtements mieux que toutes les autres actrices. C'était un point essentiel de ses personnages.

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Dès la sortie de Vacances Romaines, son premier grand rôle au cinéma et véritable succès mondial, Audrey marquera les femmes, et le monde de la mode ne sera jamais plus comme avant. Edith Head reçut d'ailleurs l'Oscar des meilleurs costumes pour ce film.

Son élégante robe cintrée, son chemisier, son foulard, ses sandales plates et ses cheveux courts sont encore dans les mémoires. Cette tenue avait été créée par Edith Head, mais c'était Audrey qui avait eu l'idée du foulard et de la ceinture. Avec son flair instinctif, elle commençait alors à influencer les couturiers et stylistes.

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La princesse Anne se libère des contraintes du protocole de la cour, en s'habillant décontracté, et en se faisant couper ses longs cheveux normalement sérés en un chignon austère.
De nombreuses femmes adoptèrent alors son style de coiffure, mèches courtes et en désordre sophistiqué.

Juste après Vacances Romaines, son nouveau film Sabrina la confirma dans son statut d'icone de la mode, et marqua le début de sa longue amitié et collaboration avec Hubert de Givenchy.
Alors qu'il était occupé par sa prochaine collection, Audrey essaya certaines des robes déjà disponibles et trouva exactement ce qu'elle souhaitait pour son rôle.

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Givenchy : "Elle savait exactement ce qu'elle voulait. Elle connaissait parfaitement son visage et son corps, ses points forts et ses défauts. J'ai ensuite essayé d'adapter mes créations à ses désirs. Elle a voulu une robe de soirée aux épaules nues, modifiée pour cacher les cavités derrière ses clavicules. Ce que j'ai inventé pour elle est finalement devenu un style si populaire que je l'ai nommé ' le décolleté Sabrina ' ".

Après Sabrina, ils retravailleront ensemble sur les films Drôle de frimousse, Ariane, Diamants sur Canapé, Charade, Deux Têtes Folles et Comment voler un Million de Dollars. Givenchy s'occupera aussi de ses robes pour son second mariage et les baptêmes de ses fils.

On peut se demander si l'élégance et la sophistication d'Audrey auraient étés les mêmes sans Givenchy. Audrey a-t-elle créé Givenchy ou est-ce l'inverse ? Le couturier Ralph Lauren disait : "J'estime vraiment qu'Audrey a donné un look à Givenchy. Durant leur collaboration, je pense qu'elle a choisi ce qui était Audrey en Givenchy. [...] Cela aurait pu être dans Sears, Roebuck ou Givenchy ou dans un surplus de l'armée, peu importe, elle portait quelque chose et vous disiez 'C'est elle !'. Très peu de personnes peuvent le faire. Les vêtements semblent beaux ou pas selon qui les porte." Le plus important c'est qu'ensemble, ils ont créé l'essence de l'élégance.

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Drôle de frimousse est un des films qui a le plus inspiré les créateurs de mode. La mode en est d'ailleurs le sujet principal, et l'histoire inspirée par la vie de Richard Avedon, un très célèbre photographe américain.

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Que se soit la robe rouge flamboyante quand Audrey descend les marches du Louvre, le justaucorps noir quand elle danse dans le club parisien, la petite robe noire à taille fine quand elle tient le bouquet de ballons, ou l'ensemble de voyage en laine bouclée quand elle attend à côté du train, enveloppée de fumée et tenant son chien Famous dans les bras; toutes ses tenues sont d'une élégance rare.

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Audrey n'a pas suivi les modes. Se connaissant parfaitement, jouant de sa taille et de sa finesse, elle s'est créé son propre style. Petites robes cintrées de chez Givenchy ou tee-shirts et pantalons courts Vichy, ballerines plattes, foulards, chapeaux... un style intemporel, indémodable, simple et toujours élégant.

Après tant d'années, Audrey Hepburn est toujours universellement considérée comme la plus élégante vedette, et reste encore aujourd'hui une icône puissante et influente de la mode.

Son style subtil a attisé l'imagination de beaucoup de créateurs, bien évidemment Hubert de Givenchy, mais aussi Salvatore Ferragamo, Manolo Blahnik, Calvin Klein, Paco Rabane et Ralph Lauren.

Elle est apparue dans de nombreux magazines de mode comme le Vogue et le Harper's Bazaar.

Pendant ce temps, Marilyn Monroe et Lauren Bacall imposent leur style glamour, robes corolle et gants fins montant jusqu’aux coudes, ou jupes « crayon » arrivant à hauteur des mi-mollets dans « Comment épouser un millionnaire ? ».

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Certains vêtements, vus dans des classiques du grand écran, sont passés du statut de costume à celui de pièce phare, indémodable et intemporelle. A l'origine, des films légendaires comme Sept ans de réflexion (1955) ou Diamants sur canapé (1961).

Les légendaires Marilyn Monroe et Audrey Hepburn rendent populaires les robes blanches et noires. Symbole du chic et d'une simplicité étonnante, les deux actrices élèvent ces pièces au rang de must absolu. Le modèle porté par la célèbre interprète du Happy Birthday Mr. President, appelé outre Atlantique The Subway Dress, a été vendue des millions de dollars lors d'une vente de charité au mois de juin 2012.

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Icône des sixties en France et dans le monde, Brigitte Bardot fut à l'origine de beaucoup de tendances, notamment la dentelle qui fait son retour en force sur les podiums et dans les placards.

Dans ses tenues ce sont les matières naturelles comme le coton ou la corde qui sont mises à l’honneur sans oublier l’imprimé vichy véritable symbole de l’enfance. Mais l’essence des tenues de Bardot c’est surtout la mise en valeur des courbes ultra sexy, marquant la taille et dévoilant la poitrine. La marinière, le corsaire, les jupons et l’imprimé vichy sont les codes du look B.B.

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Mais c'est bien la mini-jupe qui a le mieux résisté au temps. Plus sexy que la robe, elle fut également le symbole de la révolution sexuelle des femmes.

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C'est dans les années 60 que la mini-jupe fait son apparition en Angleterre tout d'abord, puis en France, pour finalement s'étendre dans plusieurs autres pays touchés par les "trente glorieuses". Cette période comprend des innovations importantes dans la mode qui n'ont malheureusement pas toujours été acceptées par la population. La mini-jupe est un symbole très fort pour les femmes, il serait alors intéressant de se demander si elle est un moyen de nous révéler un passage d'un monde à un autre.

La mini-jupe est lancée en 1962 par une jeune anglaise, Mary Quant. Cette jeune femme autodidacte naît le 11 février 1934 à Londres et devient l'une des plus grande créatrice de mode de sa période. C'est grâce à ses créations qu'une révolution s'est déclenchée dans la société nouvellement consommatrice de l'époque. En 1955, elle ouvre, en partenariat avec deux de ses amis, Alexandre Plunket Greene et le photographe Archie Mc Nair, une boutique appelée Bazaar sur King’s Road dans le quartier de Chelsea à Londres. Elle est à l’origine, vers la fin des années 1960 de la ligne "modern" appelée également "Chelsea  look". Son design est du style "pop", en parfait accord avec son époque.

 

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En France, elle influencera, comme nous l'avons vu plus haut, un grand couturier parisien nommé André Courrèges. Ce couturier, né à Pau en 1923, est tout d’abord ingénieur de formation, puis devient le disciple de Balenciaga qui est lui aussi un couturier et créateur de mode réputé. André Courrèges crée sa propre maison de couture en 1961, puis en 1965 sa nouvelle collection révolutionne la haute couture française avec l’apparition dans sa collection été de la mini jupe, qui donne une vision plus futuriste et plus moderne que celles réalisées par Mary Quant.

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Après ces deux pionniers de la création, d'autres couturiers se sont intéressés à la mini jupe avec une plus grande ampleur. Cette dernière s'est de plus en plus développée au fil des années qui ont succédées à sa création et à son succès.

La mode des années 60-70 connaît de grandes innovations. Courrèges cherche à toucher un plus large public au sein de l'élite contrairement à Mary Quant qui vise une population plus défavorisée qui n'a pas forcément les moyens de débourser beaucoup d'argent pour être à la mode. Malgré tout, elle habille aussi bien des mannequins comme le célèbre mannequin Twiggy que des adolescentes qui souhaitent uniquement être au goût du jour. Elle innove pour créer des vêtements avant-gardistes qui s'éloignent considérablement du "standard" et qui permettent aux jeunes filles de ne plus s'habiller comme leurs mères.

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Dans son livre "Quant par Quant", elle avoue que dès l'ouverture de sa boutique "Bazaar" à Londres, elle bricolait déjà des robes pour une jeunesse désargentée. La première mini-jupe qu'elle a faite était pour elle, puis elle a commencé à habiller des copines qui trouvaient amusant et provoquant de montrer leurs jambes aux autres.

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Courrèges a tenté plusieurs fois de créer la mini-jupe entre 1962 et 1964, mais sans succès évident. C'est dans sa collection été de 1965 qu'il expose essentiellement des mini-jupes et des pantalons devenus très courants à cette époque. Courrèges souhaitait que la mini-jupe fasse "jeune". Florence Muller, une historienne de la mode à Paris dit qu'à l'époque les créations de Courrèges rajeunissaient les femmes. Pour cela, il se serait inspiré de la mode vestimentaire des petites filles en réduisant la longueur des jupes et en redescendant la taille.

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Les couturiers classiques de l'époque grincent des dents face à l'image que donne Courrèges de la femme telle que Coco chanel. Malgré ses propos, Coco Chanel, André Courrèges et Mary Quant habillent les mêmes femmes tels que Twiggy, Françoise Hardy, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot et d'autres.

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Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la société voit la mode en pleine période d’innovation avec l'apparition des magazines de mode et la création de la mini-jupe. Les femmes utilisent celle-ci afin de s’identifier auprès des autres. La mini-jupe leur permet de s’affirmer, et de montrer qu’elles ont une identité, ce qui a suscité d’énormes scandales, car à l’époque dévoiler ses jambes était impensable, même quand il s'agit d'une "révolution". La mini-jupe pourrait être un fort symbole de liberté et une évolution des mœurs pour les jeunes femmes qui cherchent à mieux s'intégrer dans la société.

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Pour les femmes, la mini-jupe leur permet de s’exprimer et de montrer à ceux qui les entourent qu’elles existent et qu’elles sont désormais indépendantes et libres, en particulier devant l'autorité paternelle pour qui elles devaient, en théorie, témoigner le plus grand respect. Les femmes veulent provoquer la gente masculine, et se mettre à leur niveau, car ainsi elles montrent qu’elles sont libres de leurs faits et gestes. Il lui est désormais possible de se différencier de sa mère et des autres femmes qui côtoient son environnement. Elle dévoile son corps en portant la mini-jupe et en montrant ses jambes qu'elles ne pouvaient montrer avant.

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Ce que disait Roland Barthes lors d'une interview, c'est que la longueur de la mini-jupe est alternée par des périodes de mode qui sont tantôt longue et tantôt courte. Il prévoyait ainsi que la période des jupes courtes verrait à sa suite une période de jupe longue et ainsi de suite. De plus, il a remarqué un changement entre la signification de la mode de la période précédente et celle dans laquelle se trouve la mini jupe. La mode, qui n'avait aucun rôle se voit attribuer celui de l'individualité, d'un symbole de liberté, etc. On remarque que la façon de penser des femmes et de la société, vis à vis de certaines choses de l'époque, comme les études, les valeurs et le droit, (auxquelles on ne prêtait pas attention), veulent être pensées différemment. La mode et la pudeur ont une tout autre signification et les femmes s'en servent pour provoquer et obtenir leur liberté et leurs droits. De nouvelles valeurs et de nouveaux désirs interviennent dans la société, (on le voit en mai 1968), les mœurs se libèrent pour les jeunes de l'époque et tout ceci englobe une importante symbolique pour ceux qui se battent envers cela.

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Dans le domaine de la mode, les années soixante marquent un tournant : le boom économique et l'expansion de la culture américaine, la libération des mœurs, la contestation, bouleversent les normes en cours. S'ajoutent à cela l'avènement des techniques modernes et le rétrécissement de l'espace qui réduisent les frontières et mettent le monde entier à portée de main. Après la décennie de pénurie qui marque l'après guerre, la France est entrée dans la période des « trente glorieuses », le pouvoir d'achat s'est accru. La mode n'est plus réservée à une élite sociale mais imposée à une nouvelle génération, qui n'a pas connu les privations de la guerre. Une société de consommation s'est mise en place. Le monde rural recule au bénéfice de l'urbanisation, le paysage immobilier se transforme avec l'apparition de cubes de béton et de grands ensembles. Les appartements modernes entraînent l'arrivée de plus de bien-être auxquels la population s'habitue vite.

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Le temps est venu où une multiplicité d'acteurs nouveaux entrent : les « jeunes », dont le poids au sein de la société ne cesse de grandir jusqu'à devenir une réalité sociale et culturelle. Ceux que l'on dénomment les « teenagers » achètent les derniers produits de consommation en vogue : le transistor et l'électrophone sur lesquels ils écoutent les chansons de leurs idoles. Pour la première fois, en raison du phénomène du baby boom, la jeunesse forme une classe d'âge déterminée, avec ses codes et sa culture propres. Donnant le ton, les 16-25 ans composent un univers qui accède simultanément à l'enseignement et à la consommation. La scolarité prolongée offre la possibilité de se retrouver entre soi et donne accès à un certain savoir qui n'est plus seulement à la portée des familles aisées. Cette jeunesse récolte les fruits de la croissance et dispose d'un budget à elle (argent de poche ou salaire) qu'elle souhaite dépenser à sa guise. Compte tenu de sa semi-indépendance financière, elle n'hésite plus à réserver une partie de cette somme à ses vêtements et le rôle de la mère, responsable traditionnelle de la garde-robe familiale, tend à s'estomper. Par ailleurs, les jeunes sont nombreux à réclamer une tenue mieux adaptée à leur genre de vie. Sans en avoir conscience, au moins au début, ils pèsent dans le domaine de l'apparence et imposent leurs idées. Ceux qui partagent une même façon de vivre veulent pouvoir se reconnaître, et s'identifier grâce à des symboles communs. Ils vont se mettre à « consommer de la mode », tout en la produisant. Cette génération a une exigence primordiale : ne plus faire partie du monde codifié et strict régi par les adultes. Les médias et la publicité font désormais partie intégrante de leur décor quotidien. Des lieux spécifiques occupent le devant de la scène : l'Angleterre, référence culturelle majeure ; la rue, avec son public caractéristique et ses boutiques. Des mots nouveaux, « prêt-à-porter », « stylistes », « fibres textiles » (polyamide, polyester), rejoignent le vocabulaire de l'apparence et s'y amalgament. La presse, les magazines féminins, la radio, les disques, la télévision dont la démocratisation s'accélère, veulent imposer une mode devenue l'expression d'un choix de vie et dont le mot d'ordre est : « soyons résolument jeunes et libres ! »

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Parmi les principaux créateurs de mode qui ont marqué les swinging sixties :

Déjà cité, en Angleterre, MARY QUANT et le look qui la rendit célèbre: mini-jupe, botte en cuir, collant opaque, maquillage sombre sur les paupières et coupe au carré. Pour la touche finale, peut être un imperméable en plastique...elle fut aussi responsable du look lolita dit aussi Baby Doll.

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PIERRE CARDIN, qui habille les Beatles (leurs fameuses vestes sans cols, c'est lui) et réalise les costumes de Chapeaux Melons Et Bottes De Cuir (The Avengers en VO). Passionné par l'espace il crée des collections SPACE AGE aux formes rondes. Des vêtements inventifs, parfois jouant sur l'asymétrie, et immédiatement identifiable, comme ces robes trapèzes aux couleurs pop, sur laquelle sont cousus des motifs futuristes.

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PACO RABANNE : à l'origine concepteur de bijoux fantaisies, il n'aura de cesse de travailler sur les matériaux de ses vêtements et accessoires. Il présente en 1966 sa première collection de "robes importables en matériaux contemporains". Une de ses créations les plus connus est la robe en métal qu'il déclina en plusieurs modèles. Sa recherche se fait aussi sur les procédés de fabrications. Ainsi Il réalisa par la suite une longue série de vêtements, des capes, des manteaux ou des pantalons fabriqués à partir d'un moule dans lequel on a injecté du plastique. Tout un tas d'autres modèles qu'il qualifie de "dingues" sont conçus par ses soins durant la décennie (notamment des robes en papier). Avant-gardiste..

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ANDRE COURREGES : de nombreux hauts-faits pour ce couturier visionnaire. Parmi eux, Ils crée les premières collections futuristes, invente la mini-jupe avant Mary Quant, dans le même temps offre aux femmes le pantalon de ville, impose pour les robes la forme dites trapèze comme standard incontournable des 60s et crée le look "moon girl", ces filles en mini-jupes, chaussées de bottes en plastique blanc.

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YVES SAINT-LAURENT : un des plus grands couturiers français. Des collections célèbres où l'on retrouve l'iconique robe Mondrian, d'autres robes d'inspirations pop art, la saharienne...Dès 66 il apporte des coupes masculines avec ses smokings et pantalons pour femmes. On lui doit aussi d'avoir instauré le look rive gauche inspiré par les étudiants bohèmes vivant à Paris et qui tentait de démocratiser la mode en introduisant des éléments des classes laborieuses dans le monde chic de la haute couture. Innovant et audacieux il disait que les vêtements était une "forme de protestation".

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Sean Connery et Robert Redford auront rendu populaire le costume canadien ou classique grâce à leurs films.

 

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Le smoking de James Bond est devenu au fil des années l'ultime symbole de classe et d'élégance au masculin. L'espion de la reine, de Sean Connery à Daniel Craig, y a sa part de responsabilité. Ce costume chic par excellence n’était à l’origine qu’une simple et vulgaire veste d’intérieur, et oui, le smoking était l’habit des smokeurs, des fumeurs, les hommes la revêtaient pour passer au fumoir, une pièce interdite aux femmes. Quand ils en sortaient, ils s’en débarrassaient pour ne pas incommoder le nez délicat de leur dame. Cette élégante pratique est née en Angleterre au sein de la cour du roi Georges V. C’est d’ailleurs son fils, le duc de Windsor, Edouard 8, qui m’y fin à cette galanterie typiquement britannique, en gardant sa veste de smoking pour recevoir ses invités à dîner. La mode du smoking comme tenue de soirée était alors lancée. Ce sont les Américains qui imposèrent le smoking comme la tenue d’exception réservée aux très grandes occasions comme le festival de Cannes. En général sur le carton d’invitation est précisé « smoking exigé », il se porte à la tombée de la nuit mais certainement pas l’après midi. Bref, on ne porte pas un smoking n’importe ou et n’importe quand, cette tenue répond à des codes très précis. Si vous n’avez jamais porté de smoking entraînez-vous avant, cela s‘appelle culotter un vêtement, essayez le la veille, ainsi vous le rendrez plus confortable et surtout vous aurez l’air d ‘un véritable gentleman.

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En deux ou trois pièces et accessoirisé d'un charmant nœud papillon (tant apprécié par Alber Elbaz, le directeur artistique de Lanvin) ou d'une cravate, 007 a donné au costume ses lettres de noblesse.

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Aujourd'hui, la maison Salvatore Ferragamo tente de se le réapproprier, et les codes de la marque italienne ont séduit Ryan Gosling, it-boy du moment. Adapté au féminin par Yves Saint Laurent puis Dolce & Gabbana, le tuxedo a réussi le pari fou de s'imposer dans les gardes-robes féminines, après que des top models comme Eva Herzigova y ont succombé.

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Le costume canadien de Robert Redford a longtemps été considéré comme ringard. Mais la mode a revu son jugement concernant le duo jean sur jean, ancien symbole rural et fermier. Et après un retour sur les podiums, notamment avec Chloé, la tendance s'impose dans la rue.

 

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Dernière victime en date : Heidi Klum. L'Homme Qui Murmurait à l'Oreille Des Chevaux est devenu un précurseur. Preuve que la mode appartient à tous.

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Commentaires (1)

Marylou
  • 1. Marylou | 31/01/2014

Bonjour,
Actuellement élève au lycée Pontus de Thyard en première économique et sociale, et dans le cadre des TPE; nous souhaiterions mes camarades et moi utiliser certaines des images de votre site.
Serait-il possible de les utiliser ?
Merci de votre réponse.
Cordialement,
Marylou CZAPLICKI

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